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CENTRAFRIQUE: PLUS DE 3000 EX-COMBATTANTS ENREGISTRES DANS LE CADRE DE PRE-DDR

 

Bangui, 20 juillet 2016 – Les opérations du pré-DDR se poursuivent à travers la Centrafrique alors que le nombre d’ex-combattants enregistrés dans le programme est désormais de 3.154, depuis son lancement par la MINUSCA en octobre 2015. Cette annonce a été faite au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission ce mercredi 20 juillet, par le porte-parole Vladimir Monteiro. 

Selon Monteiro, une délégation de Bangui s’est réunie à Bria avec les autorités locales et notamment le président du comité pour le pré-DDR local, les représentants d’ex-combattants ainsi que leurs superviseurs afin de discuter de la nécessité de poursuivre les efforts de sensibilisation et collecte d’armes. Les combattants ont été invités à mettre un terme aux actes de violence commis dans leurs localités. D’autres initiatives ont eu lieu à Bouar, avec une rencontre avec les responsables du Ministère de l’Education nationale sur l’élaboration d’un programme d’alphabétisation pour des ex-combattants, et à Birao, où plus de 50 participants au pré-DDR ont aménagé près de 4.000 mètres carrés de terres pour la culture d’arachides, dans le cadre de la campagne «Birao Propre ». 

S’agissant de la protection et de la promotion des Droits de l’Homme, le Porte-parole a fait état de 18 incidents de violations et abus des droits de l’homme qui ont fait au moins 73 victimes. Les auteurs de ces violations seraient les ex-Séléka, les Anti-Balaka, la LRA et les agents de l’état dans une moindre mesure. 

De son côté, le porte-Parole de la Force, le Lieutenant-Colonel Clément Cimana, a souligné que la perméabilité des frontières au Nord du pays, le rassemblement des mouvements ex-Seleka et les actes de représailles entre groupes armés contribuent à exacerber la tension et la violence. En réponse et en guise de la prévention, la Force de la Minusca a mis en place un système de surveillance pour renforcer la protection de la population et augmenté ses patrouilles. Par ailleurs, au cours de la semaine écoulée, la Force a escorté environ 750 véhicules commerciaux sur les trois grands axes routiers centrafricains (Bangui-Cantonnier, Bangui-Kaga Bandoro-Kabo et Bangui-Sibut-Bria). 

Pour sa part, la porte-parole de la Police de la Minusca, Oana Popescu, a rappelé les efforts conjugués des autorités centrafricaines et de la Minusca, avec le renforcement de la surveillance dans les secteurs où des cas de violence à caractère intercommunautaire ont été signalés. La Police de la MINUSCA a également intensifé les patrouilles en collaboration avec les forces de sécurité intérieure centrafricaines, selon Popescu. Par ailleurs, 140 policiers et gendarmes de l’Unité de police constituée (UPC) de la République du Congo sont arrivés le 15 juillet à Bangui, dans le cadre des rotations au sein de l’institution.

 

Source : Service de communication de la MINUSCA pour CARnews ou RCAinfos

 

 

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CENTRAFRIQUE: La Centrafrique toujours « en danger » prévient Touadéra après 100 jours

Les présidents François Hollande et Faustin Touadera lors d'une conférence de presse à Bangui le 13 mai 2016.
Source: AFP/Les présidents François Hollande et Faustin Touadera lors d’une conférence de presse à Bangui le 13 mai 2016.

La Centrafrique est toujours « en danger », avec des « régions entières » contrôlées par des groupes armés, a prévenu le président Faustin-Archange Touadéra en tirant ce week-end le bilan de ses 100 premiers jours au pouvoir.

« La patrie est en danger. Nous devons la sauver par tous les moyens légaux », a déclaré dans un discours retransmis par les médias le dirigeant investi fin mars.

Professeur de mathématiques, M. Touadéra a été élu avec pour mission de mettre fin aux violences intercommunautaires avec l’aide d’une force des Nations unies (près de 12.000 hommes de la Minusca), alors que la France a annoncé la fin de son opération militaire Sangaris.

« Au moment où je m’adresse à vous, certaines régions entières du pays sont sanctuarisées par des groupes armés », a-t-il ajouté alors que la Centrafrique a connu un regain de violence depuis mi-juin.

« La communauté internationale est lassée de porter le poids de nos errements politiques », a admis le président, saluant l’aide des Nations unies et de différents pays et organisations.

Il a demandé « la levée totale de l’embargo sur la commercialisation des diamants », qui « a privé l’Etat d’énormes ressources et encouragé le trafic illicite ».

Il a aussi promis « une vaste opération de recensement des victimes de violences » et ajouté avoir « promulgué, le 3 juin 2016, la loi portant création, organisation et fonctionnement de la Cour pénale spéciale » pour juger les coupables.

Le président, qui continue à enseigner à l’université de Bangui, a fait le tour des besoins en termes d’enseignement, d’infrastructures, d’eau potable…, rappelant la tenue d’une conférence des donateurs prévue le 17 novembre 2016 à Bruxelles.

Avec le désarmement des groupes armés, la reconstruction de l’armée, plus de 300.000 réfugiés au Cameroun et au Tchad, 415.000 déplacés internes, la Centrafrique fait face à des défis immenses après avoir basculé dans le chaos en 2013 avec le renversement du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka.

La France avait lancé en décembre 2013 l’opération Sangaris, redoutant un « génocide » entre la Séléka et les milices chrétiennes anti-Balaka dans ce pays de quelque 4,5 millions d’habitants.

Source :AFP

 
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Publié par le 10/07/2016 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE:DISCOURS BILAN DES 100 JOURS DE FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA.

Touadera

Centrafricaine, Centrafricains,

Mes Chers Compatriotes ;

Il y a 100 jours, jour pour jour, j’ai été investi Président de la République, Chef de l’Etat.

Je suis conscient qu’en ce jour, beaucoup de nos compatriotes attendent que je m’adresse à eux avec la sincérité qu’impose la situation socio-économique, humanitaire et notamment sécuritaire de notre pays.

Mes pensées vont d’abord vers les victimes innocentes de la grave crise qu’a connue notre pays.

Mes pensées vont également vers les nombreuses personnes déplacées internes ainsi qu’à celles qui se sont réfugiées dans les pays voisins et qui, dans un extrême dénuement, aspirent légitimement à regagner leurs domiciles et leur sol natal.

Je leur exprime donc toute ma compassion et ma sollicitude.

Je salue et encourage l’action de la communauté internationale en faveur du retour à la légalité constitutionnelle dans notre pays, et plus particulièrement les Nations-Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC), la CEMAC, la France, les Etats-Unis d’Amérique.

En votre nom et au mien propre, Je voudrais également rendre un hommage appuyé à mes homologues et frères de la sous-région pour leur aide salutaire pendant les dures épreuves qui ont secoué notre pays et leur soutien constant aux efforts de relèvement de la République Centrafricaine.

Le peuple centrafricain et moi-même n’oublieront jamais cet extraordinaire élan de solidarité et de fraternité.

Mes chers Compatriotes,

Dans ma profession de foi que vous avez massivement approuvée lors des dernières consultations électorales, je vous ai promis la rupture.

Je me suis m’engagé à respecter strictement les exigences de gestion d’un Etat républicain et démocratique.

J’ai donc axé ma gouvernance sur la transparence dans les actes, le dialogue républicain et la recherche du consensus, sur les questions qui divisent.

Pour relever les défis majeurs auxquels le pays est confronté, je me suis fixé des priorités qui se traduisent par des engagements autour de quatre(4) axes que sont :

– La paix, la sécurité et la réconciliation nationale ;

– L’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs ;

– La réforme de l’administration et

– La satisfaction des besoins essentiels.

Fidèle à mon engagement, je viens aujourd’hui devant vous, mes Chers Compatriotes, pour faire le point des actions accomplies par mon équipe, pour asseoir les fondements de l’Etat et de la démocratie, durant les Cent premiers jours de mon mandat.

Mes Chers Compatriotes,

Comme vous le savez tous, la République Centrafricaine, notre beau pays, a été plongée dans une grave crise militaro-politique qui a durement ébranlé les fondements de la Nation et détruit le tissu économique.

Certaines parties du pays étaient occupées par des forces non conventionnelles qui ont commis des violations massives et répétées des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Nous avons assisté, de manière quasi impuissante, au déferlement des violences au nombre desquelles, des exactions sur les populations, des assassinats, des meurtres, des viols, des prises d’otages, des enlèvements, des arrestations illégales et séquestrations de personnes, des destructions des plantations, des quartiers et villages, des pillages des richesses minières, des destructions de la faune par le braconnage sauvage.

Ces crimes odieux ont été commis à grande échelle et malheureusement en toute impunité.

Les fonctionnaires et agents de l’Etat ont dû fuir leurs postes d’affectation pour la capitale, abandonnant ainsi les populations locales à leur triste sort.

Les forces de défense et de sécurité, en déconfiture, ne pouvaient assumer leur mission traditionnelle de protection des personnes, de la propriété et de défense de l’intégrité du territoire.

Malgré les efforts déployés par les Autorités de Transition dont je salue au passage le sens élevé de responsabilité, la situation ne s’est guère améliorée.

Le fil amer de la haine, de la division, de l’esprit de vengeance avait inondé tous les cœurs.

A ce tableau sombre, il faut ajouter la résurgence du phénomène des coupeurs de route, le problème des couloirs de transhumance, les effets nuisibles de la LRA et le grand banditisme.

C’est dans ce contexte difficile que j’ai accédé à la Magistrature suprême de l’Etat.

Mes Chers Compatriotes ;

Dès mon investiture, j’ai nommé le Premier Ministre, Chef du Gouvernement suivi de la formation du Gouvernement, sur la base des critères de compétence et d’intégrité morale.

L’Assemblée Nationale a été mise en place.

Le Gouvernement s’est donc immédiatement mis au travail.

Son programme a été adopté à l’unanimité par les élus de la Nation.

Mais je n’ai pas attendu la mise en place des institutions de la République pour me mettre au travail, tant les attentes de mes compatriotes sont immenses.

Ma participation aux foras internationaux ainsi qu’aux rencontres de haut niveau ont permis de renouer le contact avec la communauté internationale et replacer notre pays dans le concert des Nations.

I- Dans le domaine de la paix, de la sécurité et de la réconciliation nationale, il convient de noter que depuis mon investiture, je n’ai ménagé aucun effort pour permettre aux Centrafricaines et Centrafricains, de tous les horizons, de vivre en paix et en sécurité sur l’ensemble du territoire.

C’est donc dans la recherche effrénée de la paix que j’ai reçu et discuté avec les responsables des groupes armés et des groupes militaro-politiques, afin de les exhorter à adhérer volontairement au processus DDRR.

Ce n’est pas un acte de faiblesse, mais c’est parce que j’ai la conviction que la paix réside dans le dialogue et qu’aucun pays ne peut se développer sans la paix et la sécurité.

Pour réponde à cet impératif de sécurité et de défense du territoire national, nous avons, grâce à l’appui de la communauté internationale et le retour à l’ordre constitutionnel, entamé le processus de réorganisation des FACA.

Mon ambition, dois-je le rappeler, est de passer d’une armée de projection à une armée de garnison.

Les FACA doivent reprendre leur mission régalienne qui est celle d’assurer la protection des personnes et des biens et de défendre l’intégrité du territoire.

Pour ce faire, j’ai aussitôt mis en place la chaîne de commandement organique et fonctionnelle.

De nombreuses formations non opérationnelles et des cycles de recyclages des officiers et sous-officiers ont été dispensés par l’EUMAM et la MINUSCA/DAC.

Par ailleurs, nous avons négocié et obtenu la réouverture des coopérations bilatérales avec l’Egypte, le Maroc et la Chine.

Tirant les leçons de l’ancien DDR, j’ai créé, au sein de la présidence de la République, un Comité stratégique du DDRR/RSS/RN et un comité technique aux fins de me permettre de suivre personnellement la mise en œuvre de ce programme.

Sur invitation du Groupe des Amis de la RSS des Nations-Unies et avec l’appui de la MINUSCA, une délégation de la République Centrafricaine composée du Ministre de la Défense Nationale, du Ministre Conseiller spécial, Coordonnateur du DDRR/RSS/RN à la Présidence de la République, du Président de la Commission Défense à l’Assemblée Nationale et du Conseiller à la Présidence de la République chargé de la RSS, a effectué une mission à New-York, au siège des Nations-Unies, aux fins de présenter les stratégies et programmes de la RSS en RCA.

Au cours de cette grande rencontre, tous les participants ont décidé de soutenir nos efforts, et ce, en reconnaissance des efforts de dialogue que j’ai entrepris dès ma prise de fonction en direction des groupes armés.

Je saisis cette occasion pour saluer les engagements de la France, du Maroc, de l’Italie, de la Suède, de la Banque Mondiale et des USA qui ont annoncé des financements déjà disponibles pour certaines actions du DDRR et de la RSS.

En ce qui concerne la sécurité intérieure, la Gendarmerie et la Police ont connu une montée en puissance de leurs capacités opérationnelles, grâce au déploiement des Gendarmes et Policiers dans certaines villes de province, à savoir Bambari, Boda, Bria, Ndélé, Bozoum, Paoua, Carnot, Gadzi, Bocaranga, Bossangoa et Koui.

Sur les 122 Brigades de Gendarmerie, 96 sont déjà opérationnelles. Cette opération doit s’étendre petit à petit à d’autres villes de provinces, sur la base d’un plan prévisionnel.

Nous avons, en perspectives, de créer au moins trois(3) Légions de Gendarmerie Territoriale et Mobile et un Escadron de Gendarmerie Mobile par Groupement pour prendre en compte la densité de la population et l’augmentation du taux de criminalité dans les villes.

Aussi, les Forces de Défense et de Sécurité doivent renforcer le contrôle de nos frontières contre les menaces asymétriques, la cyber criminalité transfrontière, la prolifération des armes légères et des petits calibres, le blanchissement d’argent, le trafic de drogue et de stupéfiant, le terrorisme et la traite des humains.

Le Gouvernement s’attèle à l’assainissement des effectifs tout en veillant au changement de comportement afin d’avoir des soldats aptes à accomplir les missions qui leurs sont dévolues.

Ces mesures contribueront, j’en suis convaincu, au renforcement de la lutte contre l’insécurité.

Dans le domaine de la justice et des droits de l’homme, convaincu que seule une lutte implacable contre l’impunité peut créer les conditions de rétablissement de l’Etat de droit, j’ai promulgué, le 3 juin 2016, la loi portant création, organisation et fonctionnement de la Cour pénale spéciale.

Un comité de sélection des membres nationaux est mis en place.

Je veillerai personnellement à ce que cette sélection se fonde sur des critères de compétence et d’intégrité morale, afin que la corruption et la complaisance ne viennent pas compromettre les résultats escomptés.

S’agissant des membres internationaux, le Gouvernement a déjà approuvé la procédure et les termes de référence soumis par les Nations-Unies.

Je salue les contributions financières de la France, des Etats-Unis d’Amérique, de la Hollande et de la MINUSCA grâce auxquelles cette juridiction pénale sera bientôt rendue opérationnelle.

C’est ici l’occasion de rappeler, mes chers Compatriotes, que les auteurs des crimes graves qui ont endeuillé des milliers de foyers et qui défient au quotidien l’autorité de l’Etat répondront devant la justice de notre pays.

Je ne renierai pas mon ambition de faire de notre pays un Etat démocratique, et vous savez qu’il n’est pas d’Etat démocratique sans une justice forte et équitable.

En matière de promotion et de protection des droits de l’homme, j’exhorte l’Assemblée Nationale a voté très rapidement la loi portant création de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales en vue de sa promulgation.

Dans ce même chapitre, j’ai fait de la Réconciliation Nationale une des priorités de mon action.

C’est ainsi que j’ai instruit le Gouvernement de célébrer, le 11 mai 2016, la mémoire de victimes des conflits en Centrafrique et à organiser un séminaire gouvernemental d’échanges et d’appropriation du processus de mise en place de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation.

Des Comités locaux de Paix ont été créés aux fins de démarrer les actions visant la cohésion sociale et le vivre ensemble au sein des communautés de base.

En perspective, nous envisageons de finaliser la stratégie de retour et de relocalisation des personnes déplacées des sites de l’intérieur du pays au début du mois de novembre 2016.

Aussi, avec l’appui de nos partenaires, il sera lancé une vaste opération de recensement des victimes de violences sur l’ensemble du territoire national afin leur prise en charge globale dans le cadre de la Commission Vérité-Justice-Réparation-Réconciliation et leur réinsertion dans les activités socio-économiques du pays.

Dans le domaine du Genre, j’ai instruit le Gouvernement de rendre opérationnelle l’Unité Mixte d’Intervention Rapide pour la Protection des femmes et des filles et lancer les activités du Centre de prise en charge holistique des victimes de violences.

Mes Chers Compatriotes,

L’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs constituent des axes importants de mon quinquennat, tant les méfaits de la corruption rampante sur l’économie et les finances publiques ne sont plus à démontrer.

C’est pourquoi, j’ai instruit le Gouvernement de faire l’état des lieux de tous les secteurs.

L’objectif est de permettre au gouvernement de tirer les leçons du passé et de mettre en place un système continu de contrôle a priori et a posteriori en vue d’obliger les administrateurs de crédits, les gestionnaires et les comptables à la bonne gouvernance qui est un gage de réussite dans le développement économique de notre pays.

Pour cela, les Ministres devront collaborer avec les institutions supérieures de contrôle de notre pays. Il ne s’agit nullement d’une chasse aux sorcières, comme d’aucuns tentent de le faire croire.

Revenant sur les Finances publiques, je voudrais dire que durant ces Cent premiers jours, l’accent a été mis sur la Coopération Internationale. Les résultats obtenus à ce jour sont satisfaisants.

En effet, le Gouvernement a signé un programme de Facilité Elargie de Crédits (FEC) avec le FMI d’un montant de 66, 7 milliards de FCFA.

Il a obtenu de la Banque Mondiale le financement des politiques sectorielles (agriculture, élevage, mines, forêts et énergie) pour un montant de 66 milliards de FCFA. Il faudra mentionner la mobilisation auprès de la Banque Africaine de la somme de 1.115, 3 millions de FCFA.

Dans le cadre de la coopération bilatérale, le Gouvernement a obtenu du Fonds Saoudien pour le Développement (FSD) :

– le versement de l’avance d’environ 1, 7 milliard de FCFA, pour le projet de réhabilitation du tarmac de l’aéroport Bangui M’POKO d’un montant total de 7, 5 milliards de FCFA ;

– la signature d’un contrat de 6 milliards de FCFA pour la réalisation du projet de reconstruction de la route aéroport-PK0 ;

– Le projet de renforcement des capacités de l’ENERCA par la construction de quatre générateurs pour un montant de 6 milliards de FCFA ;

Avec la France, le Gouvernement a obtenu un appui budgétaire d’environ 5 milliards de FCFA sous financement AFD.

Le gouvernement organisera une conférence des donateurs prévue le 17 novembre 2016 à Bruxelles, aux fins de mobiliser davantage les ressources nécessaires au développement du pays.

Dans le domaine de l’énergie, de l’hydraulique et des mines, il s’est agi d’apporter des réponses concrètes aux problèmes fondamentaux qui se posent au pays, notamment les délestages d’électricité, les pénuries d’eau potable et l’embargo sur les exportations de diamants bruts.

Les premières actions menées dans ces domaines commencent à porter leurs fruits:

– L’installation des lampadaires solaires au niveau de l’hôpital général de Bangui, du Lycée des Martyrs, des Commissariats des huit Arrondissements de Bangui et de l’Avenue des Martyrs ;

– Le remplacement des cinq turbines de l’usine de Boali 1 sur financement de la Banque mondiale ;

– La réhabilitation de trois groupes de la centrale thermique de Bangui sur financement de la BAD ;

– L’installation des lampadaires solaires photovoltaïques au PK 26 route de Boali en vue de la réouverture du site douanier et à Nguerengou, route de Damara ;

– La levée partielle de l’embargo sur l’exportation des diamants centrafricains, ce qui va certainement soulagé les acteurs du secteur et je pense ici particulièrement aux artisans miniers.

J’ai donc instruit le gouvernement de suivre les travaux de réhabilitation des installations de l’usine de Boali 1 ; la réalisation des travaux relatifs à l’augmentation des capacités de Boali 2 et Boali 3 d’ici trois ans. Grâce à l’effort du gouvernement, le Trésor a déboursé 600 millions de FCFA pour acheter du carburant et de lubrifiants dans les groupes thermiques de Bangui pour atténuer les effets de délestage d’électricité dus aux arrêts de l’usine de Boali 1.

Le gouvernement veillera également à la réalisation de l’étude de faisabilité de la centrale hydroélectrique sur le site de DIMOLI (200MW) et celui de Lobaye (72MW).

Dans le domaine du sous-secteur pétrolier aval, le gouvernement s’attèle à l’augmentation de la capacité de stockage des produits pétroliers et à la sécurisation l’approvisionnement régulier des produits pétroliers par la voie routière à partir du Cameroun et par la voie fluviale à partir d’IMPFONDO en République du Congo.

S’agissant du sous-secteur pétrolier amont, je dois dire que malgré les contraintes, les études menées pour trouver du pétrole progressent avec un espoir d’avenir heureux pour la population centrafricaine. J’ai instruit le gouvernement d’entreprendre la mise en place de la politique pétrolière et la révision du code pétrolier.

En ce qui concerne les mines, la priorité est la levée totale de l’embargo sur la commercialisation des diamants.

C’est dans ce cadre que sur mon invitation, le Président du Processus de Kimberley a séjourné du 17 au 21 juin 2016 à Bangui afin d’évaluer le niveau de sécurité dans les autres zones minières de l’Ouest du pays et discuter directement avec les acteurs de ce secteur productif.

Je réaffirme que l’embargo sur l’exportation des diamants centrafricains n’a pas atteint l’objectif escompté, bien au contraire, il a privé l’Etat d’énormes ressources et encouragé le trafic illicite de nos diamants vers des marchés parallèles.

J’ai par ailleurs instruit le gouvernement de tout mettre en œuvre pour que notre pays reprenne sa place au sein de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).

L’accent sera également mis sur la recherche minière, la lutte contre la fraude minière, la canalisation des réseaux de collecte de diamants, la révision du code minier et la politique fiscale.

Dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement, le gouvernement a poursuivi le projet d’Urgence de réhabilitation des infrastructures et services urbains (PIRUSU) sur financement de la Banque Mondiale.

Il en est résulté l’approvisionnement en eau potable des populations des quartiers les plus défavorisés de la ville de Bangui, la construction de 5 microsystèmes d’approvisionnement en eau potable à Boeing, Damala, Yembi 3, au marché à bétail et Nzako.

Grâce au projet de réhabilitation de conduite d’eau potable dans la ville de Bangui financé par le CICR, 4Km de conduites primaires ont été réalisés au niveau de l’Avenue des Martyrs.

Aussi, le gouvernement a poursuivi le projet d’extension du réseau et de la construction de 8 kiosques à borne fontaine dans les 3ème et 5èmearrondissements de Bangui en vue d’accompagner le retour des réfugiés.

Il a réalisé 37 forages dont 20 dans la Préfecture de la Lobaye, 12 dans l’Ouham et 5 dans l’Ouham-Pendé et lancé 63 forages équipés de pompes à motricité humaine.

Pour faire face aux défis liés à l’insuffisance des ouvrages d’eau potable et d’assainissement, dans l’arrière-pays, j’ai instruit le gouvernement de procéder à la révision des études pour l’alimentation en eau potable des villes de Berberati, Bouar et Bossangoa et de démarrer dans les meilleurs délais les projets d’adduction d’eau potable dans les villes de Bambari et de Bozoum, financée par la Banque Arabe pour le Développement Economique de l’Afrique (BADEA) ; de procéder à la réalisation du projet de construction des points d’eau dans la Ouaka et l’Ouham.

Dans le domaine de l’agriculture et du développement rural, le Gouvernement a finalisé et édité les plans régionaux d’actions prioritaires de développement agricole 2016-2018.

Il a par ailleurs relancé les activités de la Cellule Coton de Bossangoa pour la production des semences en vue de la campagne 2017 avec reprise en vue des activités de la SDIC.

Par ailleurs, le gouvernement a renoué le dialogue avec Géo coton en vue de la relance de la filière coton dans les autres préfectures cotonnières.

Il a mis en place une cellule chargée de l’opérationnalisation de l’Office National du Matériel Agricole et pastoral et la Cellule Agriculture-Environnement chargée d’élaborer les stratégies nécessaires à la mise en application des dispositions de la COP 21de Paris 2015.

J’envisage de mettre en œuvre des plans régionaux à travers les programmes et projets en cours d’élaboration en conformité avec le plan pour la relance de notre agriculture.

La poursuite des rencontres avec les partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux, le rapprochement du milieu rural, pour redonner confiance aux acteurs ruraux et crédibiliser la politique du Gouvernement en matière agricole sont les perspectives de mon action immédiate.

Parallèlement, le 11ème Programme Indicatif National du Fonds Européen de Développement (FED) se poursuivra par la formulation des stratégies d’intervention dans le secteur agricole et rural en prenant en compte un autre axe de concentration qui concerne l’éducation et la formation professionnelle des jeunes.

S’agissant de l’élevage et de la santé animale, et sur le plan de la production animale, le gouvernement a assuré le suivi-encadrement de 500 jeunes formés ayant bénéficié de kits avicoles dans les huit arrondissements de Bangui, Bimbo et Begoua pour la conduite d’élevage de poulet de chair et l’encadrement de 60 groupements des pisciculteurs formés aux nouveaux itinéraires techniques piscicoles et dotés en matériels piscicoles à Bangui. Il a assuré le suivi de 27 hectares aménagés et empoissonnés de tilapia niloticus.

En matière de protection animale, des campagnes de vaccination du bétail ont été réalisées avec l’appui du Fonds BEKOU et la participation de la FAO, de l’ANDE, de la FNEC et des ONG.

J’ai instruit le gouvernement d’orienter les jeunes vers l’aviculture et la pisciculture professionnelles afin qu’ils contribuent à la sécurité alimentaire et à l’économie nationale.

J’envisage donc intégrer les diplômés-chômeurs dans l’encadrement des éleveurs.

J’ai également instruit le Gouvernement de tout mettre en œuvre aux fins de démarrer la prochaine campagne de vaccination avec l’objectif d’atteindre une couverture vaccinale de 80%.

Dans le cadre de la cohésion sociale, nous suivons de près le retour des éleveurs déplacés et réfugiés. Une réunion de transhumance sera organisée, si possible au mois d’octobre 2016. A l’occasion, je donnerai des consignes claires pour l’amélioration des activités de pastoralisme et de transhumance.

La création d’un marché à bétail terminal répondant aux normes, la réduction des abattages clandestins pour ne pas porter atteinte à la santé publique, ainsi que l’ouverture progressive des marchés à bétail à l’intérieur du pays constituent l’essentiel de ce qui est envisagé dans un proche avenir.

Dans le domaine de l’environnement, du développement durable, des eaux, Forêts, chasses et pêches, différentes actions ont été menées, au nombre desquelles la mise en production des Permis d’exploitation et d’aménagement nouvellement attribués, la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Volontaire APV/FLEGT signé avec l’Union Européenne, l’opérationnalisation de l’Unité anti-braconnage, le démarrage des travaux de construction d’un barrage rudimentaire sur le site de la station piscicole de Landja.

En termes de perspectives, j’ai instruit le gouvernement de réviser les valeurs mercuriales et FOT des essences forestières pour une meilleure base de taxation des produits bois, de relire le code de la faune et de la pêche et aquaculture avec l’appui de la BAD et d’élaborer un plan national de lutte anti-braconnage et un plan de développement de l’aquaculture.

J’ai également ordonné le démarrage effectif du projet de développement de la Région du Sud-ouest (PDRSO) financé par l’AFD et le Fonds français pour l’Environnement Mondial (FFEM) à hauteur de 6,5 millions d’Euros sur 4 ans.

Le gouvernement devra aussi mettre en œuvre le projet de désenclavement rural et de la relance du secteur agricole financé par la Banque Mondiale à hauteur de 40 millions de Dollars US sur trois ans dans les zones d’intervention dont la zone forestière et la zone d’intérêt cynégétique du nord.

En ce qui concerne le Tourisme, plusieurs actions ont été mises en œuvre.

Ainsi, suite à mes instructions, un projet de document de création d’une Agence Nationale de Développement du Tourisme (ANDT) a été élaboré. La révision du cadre juridique et institutionnel du secteur des Arts et de la Culture est amorcée.

En termes de perspectives en matière de tourisme, j’ai instruit le Gouvernement d’organiser un grand forum du secteur en vue de renforcer le cadre de partenariat avec les opérateurs privés.

Il devra aussi élaborer un plan stratégique de développement du tourisme et mettre en place une stratégie de développement intégré de l’écotourisme à Dzanga Sangha et un plan de marketing international.

Dans le domaine des Arts, un accent est mis sur la relance de la coopération avec les partenaires techniques et financiers du secteur, à savoir, l’UNESCO, l’OMPI et l’OAPI. De même, il sera mis en place, dans un bref délai, le Bureau Centrafricain des Droits d’Auteur (BUCADA) ainsi que les textes législatifs et réglementaires régissant les droits d’auteur en vue de faire bénéficier les artistes des retombées de leurs œuvres.

S’agissant de la Francophonie, le Gouvernement s’attèle à la promotion d’un partenariat stratégique avec les opérateurs de l’OIF tels que l’Agence Universitaire de la Francophonie, la TV5 Monde, l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), l’Université Senghor d’Alexandrie, afin de tirer le meilleur parti de leurs actions pour le bonheur de notre pays.

Le gouvernement fera aussi la promotion de la culture numérique dans le sens d’une forte accessibilité des jeunes et des femmes aux technologies d’information et de communication.

Mes chers Compatriotes ;

Comme je l’ai annoncé au début de mon intervention, la réforme de l’administration constitue le troisième pilier de mon action.

Ainsi, j’ai pris des mesures tendant à la restauration de l’autorité de l’Etat par le redéploiement progressif des fonctionnaires et agents de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national.

Le bilan de la restauration de l’autorité de l’Etat est éloquent : 13 Préfets sur 16, 63 Sous-préfets et leurs collaborateurs sont en poste.

Aussi, selon le rapport de mission de redéploiement des fonctionnaires et agents de l’Etat, au moins 80% de ceux-ci sont redéployés à leurs postes d’affectation, ce qui permet de rapprocher l’administration des administrés.

Afin de moderniser notre administration, le gouvernement a mis en place un système de gestion du personnel de l’Etat et de la solde par la fusion des deux bases de données en vue de garantir la sécurité du fichier.

L’Office National d’Informatique a développé une application de suivi des mouvements mensuels (AS2M) en vue de la mise à jour régulière de la situation administrative des Fonctionnaires et agents de l’Etat par les directeurs de ressources, sous la supervision de la Direction générale de la Fonction Publique.

Parallèlement, j’ai ordonné que le projet de loi portant code des collectivités territoriales et se trouvant sur la table de l’Assemblée Nationale soit voté et promulgué dans les meilleurs délais.

J’ai instruis le gouvernement que ce dossier, qui a connu quelques dérapages pendant la période de transition, soit réexaminé afin que la réhabilitation des infrastructures administratives et sociales ainsi que l’important problème de domiciliation des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat soient réglés pour réussir la restauration de l’autorité de l’Etat.

Le gouvernement est également instruit d’élaborer une nouvelle politique nationale en matière de protection civile quant à la prévention, la gestion des crises et des catastrophes.

C’est dans ce but que j’ai participé personnellement au Sommet Humanitaire Mondial à Istanbul en Turquie.

J’ai ordonné, après avoir constaté les risques de catastrophes humanitaires sur le site de l’aéroport international de Bangui M’poko, la relocalisation à partir du mois d’août 2016, d’au moins 2400 ménages jugés plus vulnérables sur les sites D’AVICOM et 2200 à leur lieu de résidence.

Dans le même sens, des résolutions durables pour le retour de nos compatriotes déplacées à l’intérieur du pays dans leurs zones d’origine dans le pays sont à l’étude ainsi que la création d’une plateforme nationale de prévention et de gestion des risques et des catastrophes.

Dans le domaine de la promotion de la jeunesse, du développement des sports et du service civique, il convient de rappeler que les malheureux évènements intervenus dans notre pays ont entraîné dans leur sillage un bouleversement social important.

Les valeurs communautaires qui fondent l’âme du peuple centrafricain à savoir la fierté, la fraternité, la tolérance, le dialogue, la solidarité ont disparu. Pour pallier cette situation regrettable, j’ai ordonné l’exécution d’un grand projet conjoint d’appui à la prévention et réduction de la vulnérabilité des jeunes et adolescents dans huit localités, avec l’appui de l’UNFPA et de l’UNICEF pour une durée d’un an, à hauteur de 900.000.000FCFA.

Grâce à l’appui financier du Gouvernement, nos Fauves de Football ont remporté les deux matchs sur leur chemin de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations Gabon 2016, en battant coup sur coup le Madagascar et l’Angola, une grande première dans l’histoire du football centrafricain.

Je tiens à réitérer mes félicitations aux Fauves ainsi qu’à leur encadrement technique pour cet excellent résultat.

En termes de perspectives, j’ai instruit le Gouvernement de transmettre à l’Assemblée Nationale, pour examen et adoption, le projet de loi portant création du Fonds National de Développement du Sport.

La signature prochaine d’une convention avec la Coopération française permettra de redynamiser les sports scolaires et universitaires et de détecter les jeunes talents dans les différentes disciplines sportives.

Mes chers Compatriotes ;

Dans le cadre de la satisfaction des besoins essentiels, j’ai fait de l’éducation et la formation le point nodal de mon action.

Sous mon impulsion, les besoins prioritaires ont été identifiés parmi lesquels les manuels scolaires et matériels didactiques dans nos écoles. Le Gouvernement avec l’appui multiforme de la Coopération française a élaboré le projet « Londo Education » qui vise à mettre à la disposition des instituteurs des outils techniques performants afin de leur permettre, en situation de classe, d’améliorer leurs prestations.

Préoccupé par la modernisation de l’Education Nationale, j’ai instruit le Gouvernement qui, grâce à l’appui de la Coopération Française, a formé 60 formateurs à l’utilisation des liseuses numériques et a remis 200 liseuses comprenant les fiches pédagogiques des six premières années du primaire aux instituteurs du centre pédagogique régional de Mbaïki.

Sur le plan de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le gouvernement a payé les arriérés de vacations à l’Université de Bangui et créé cinq écoles doctorales à l’Université de Bangui.

En termes de perspectives, l’éducation et la formation de qualité resteront au cœur de mes priorités. C’est ainsi qu’en ce qui concerne l’éducation de base (F1-F2) et l’enseignement général, le gouvernement a été instruit pour redynamiser le système scolaire par la formation des ressources humaines de qualité et en quantité. Ainsi, deux écoles normales d’instituteurs seront créées à l’Ouest et au Nord pour la formation de 120 instituteurs à raison de 360 enseignants et passer ainsi du ratio enseignant/élève de 1/120 – 220 à 1/80. Dans cet élan, j’ai instruit le gouvernement d’augmenter le budget de l’Education Nationale qui est de 4% à 22 % pour qu’elle s’assume pleinement.

En ce qui concerne l’enseignement technique, la réhabilitation des centres des formations techniques et professionnelles, la création d’un lycée technique de grande envergure pour limiter la main d’œuvre extérieure ainsi que la création des centres d’alphabétisation pour récupérer les enfants déscolarisés et assurer leurs réinsertions sociales, professionnelles et leurs auto-prises en charge constituent l’essentiel de mes actions dans l’avenir.

Dans le cadre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, mon souhait le plus ardent est de hisser l’université de Bangui au rang des universités internationales et surtout par rapport au système Licence – Master – Doctorat (LMD).

Pour ce faire, l’accroissement de la capacité d’accueil de l’université, la création des universités régionales à Berberati et à Bambari dont le projet de loi va être soumis bientôt à l’Assemblée Nationale, le recrutement et la formation des enseignants dans toutes les filières, l’amélioration de leurs conditions de travail, le renforcement des capacités opérationnelles et la création d’un cadre institutionnel du développement en lien avec les pôles d’excellence et le développement de la recherche scientifique devaient permettre d’atteindre les objectifs en la matière.

Dans le domaine de la Santé, de l’hygiène publique et de la population, le gouvernement a réhabilité certaines structures sanitaires détruites et équipé 170 formations sanitaires en matériel biomédical.

J’ai ordonné la poursuite des actions prioritaires du gouvernement en cours en mettant l’accent sur l’évaluation des plans existants afin d’amorcer à la fin de la période de mise en œuvre du plan de transition du secteur santé, l’élaboration du plan national de développement sanitaire III.

A cet égard, un accent particulier sera mis sur la construction d’un centre devant abriter le scanner et l’hémodialyse sur financement du projet de la BAD et le redéploiement des 15 kits solaires dans les régions sanitaires avec l’appui de la Banque Mondiale. De même, je suivrai particulièrement la mise en œuvre des Paquet Minimum d’Activités (PMA) et Paquet Complémentaire d’Activités dans les formations sanitaires et les structures de soins.

S’agissant des personnes vulnérables, j’ai instruit le gouvernement d’assurer la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant au niveau communautaire. Un projet d’un montant de 4.500.000 Euros appuyé par l’UNICEF et l’Union Européenne ciblant les enfants de moins de cinq ans dans six préfectures sanitaires est en cours d’exécution dans deux préfectures pilotes, à savoir la Nana-Gribizi et l’Ouham.

Le projet conjoint entre le Ministère de la Santé et celui de la Jeunesse intitulé « Appui à la réduction de la vulnérabilité des adolescents et jeunes » dans les localités de Bangui, Bimbo, Boda, Yaloké, Bouar, Sibut, Dékoa, Kaga-Bandoro, Kouango et Bambari d’un montant de 1.573.542 Dollars US avec l’appui de l’UNFPA et l’UNICEF, en cours d’exécution, va permettre la prise en charge de la santé des adolescents et des jeunes.

Le gouvernement continuera à appuyer les équipes-cadres des districts sanitaires dans le rôle de régulation du système de santé, la prise en charge des maladies et urgences de santé ainsi que le leadership du ministère de la Santé.

Je veillerai particulièrement sur l’amélioration de l’offre de soin et la poursuite de la gratuité ciblée des soins.

Soucieux du déficit grave en matière de logement accru par les conflits armés ayant occasionné les destructions d’habitations et les déplacements massifs des populations vers les abris de fortune, j’ai fait du logement des centrafricains en général et des personnes déplacées internes et refugiées en particulier l’une des urgences à résoudre.

Ainsi, les actions de plaidoyer que j’ai menées ont commencé à porter leurs fruits et il importe de noter l’octroi par le Maroc, pays frère, d’un don de 100 logements sociaux.

La phase opérationnelle de ce don permettra, dans un futur proche, de soulager les souffrances des compatriotes par l’attribution et le relogement progressif des personnes déplacées internes dont les habitats ont été sinistrés et dont la précarité des conditions n’est plus à démontrer.

Mes chers Compatriotes ;

La réussite de notre objectif de développement socio-économique passe par les infrastructures de base. Comme vous le savez, il ne peut y avoir développement sans un réseau routier permettant de relier nos villes et villages ainsi que notre pays à d’autres régions du monde par la desserte aérienne.

C’est ainsi que des opérations d’urgence ont été réalisées pour améliorer nos infrastructures routières prioritaires et sauvegarder le réseau routier.

J’ai instruit le Gouvernement de saisir l’entreprise chinoise pour le démarrage dans les meilleurs délais la construction du pont SAPEKE dont le coût des travaux s’élève à 5.500.000.000 FCFA.

Grâce au financement du Fonds saoudien, un projet de financement des travaux de bitumage qui s’étend de PK-0 jusqu’à l’Aéroport international de Bangui M’POKO pour un coût total de 6.500.000.000FCFA sera réalisé.

Dans le cadre des projets intégrateurs, il est prévu les études de la route OUESSO-BANGUI-NDJAMENA et de la navigation sur le fleuve Congo, les rivières Oubangui et Sangha dont le coût des travaux est de 4 milliards de FCFA.

En ce qui concerne le transport aérien, nous avons signé des accords aériens avec les EMIRATS ARABES UNIS et le RWANDA pour renforcer la desserte aérienne de notre pays. Grâce au fonds saoudien, nous avons démarré les travaux de réhabilitation de la piste de l’Aéroport et la route allant de l’Aéroport au PK-0.

Dans le domaine du commerce et de l’industrie, le gouvernement a mis en place un Programme de Restructuration et de mise à niveau des industries (PRMN) financé par l’Union Européenne et exécuté par l’ONUDI.

Ce programme vise à renforcer les capacités techniques, humaines et financières des industries nationales afin qu’elles soient à même de faire face à la forte concurrence qui découleront de la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’Union Européenne.

La réforme du cadre juridique des affaires et la promotion des investissements seront marqués par la révision de la charte nationale des investissements, l’adoption du code de commerce, des lois sur la normalisation et la métrologie.

Le développement industriel et le renforcement des capacités d’offre devront se faire à travers la création d’une zone industrielle, le renforcement des capacités commerciales du cadre intégré renforcé, la mise en œuvre des industries de développement de transformation de produits locaux.

La redynamisation de la Chambre de commerce et du guichet unique des formalités des entreprises, l’opérationnalisation du bureau national de mise à niveau des industries, la mise en place de centre de gestion agréé constitueront les points importants du renforcement du service d’appui aux entreprises que nous envisageons.

Aussi, la politique commerciale sera révisée en vue de renforcer la capacité des comités nationaux de négociation commerciale, des mesures sanitaires et phyto sanitaires et des facilitations des échanges.

En ce qui concerne l’approvisionnement du pays, j’ai veillé à ce qu’il n’y ait pas de rupture d’approvisionnements du pays en produits pétroliers et en produits de première nécessité par le renforcement de la sécurité sur le corridor Bangui-Garou Boulay.

Afin de pérenniser ces acquis, les négociations avec les pays voisins pour faciliter le transit vers la RCA, les réunions avec les producteurs, importateurs et exportateurs feront partie des mesures à prendre.

Le gouvernement soutiendra l’activité privée, notamment les grands projets étrangers, mais aussi les projets portés par les investisseurs locaux qui restent très nombreux et marquent la confiance dans l’avenir de notre pays. Nous devons garantir la sécurité des investissements étrangers et la libre circulation des capitaux.

Dans le domaine de la Communication et de l’Information, le Gouvernement a procédé au redéploiement de huit correspondants de la Radio rurale à Berberati, Bossangoa, Nola, Bouar, Bozoum, Sibut, Mbaïki et Yaloké.

Mon objectif est de permettre à toute la population sans exception d’avoir accès à l’information quel que soit son lieu d’habitation et de faire de la communication un outil de développement et un vecteur de paix et de cohésion nationale.

Dans ces perspectives, la radio et la télévision seront érigées en office avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Des radios régionales en fonction du découpage administratif et un centre national de diffusion seront créées avec l’installation de plusieurs émetteurs en ondes courtes.

Dans ce cadre, quatre projets de conventions avec le Groupe chinois STARTIMES, sur financement de l’Etat chinois permettront de réaliser le projet de construction des infrastructures et de modernisation des systèmes d’exploitation de notre Radio et Télévision nationales.

Parallèlement, les personnels de media tant publics que privés seront formés et leur condition de travail améliorée pour un rendement meilleur. A cet égard, j’envisage de créer une école nationale de journalisme.

Dans le domaine des Postes et Télécommunications, le Gouvernement a entrepris des négociations avec les partenaires financiers dont WESTERN UNION pour l’offre très prochaine des services de transfert de fonds dans les sites pilotes comme la recette principale, le bureau de Bangui-SICA, le bureau de Poste de l’Aéroport Bangui M’POKO. Ce service sera étendu progressivement aux autres villes de l’arrière-pays.

Grâce à la remobilisation des ressources, la SOCATEL a procédé au lancement officiel de son produit internet et d’un cyber dans les locaux de Bangui-SICA.

J’ai instruit le Gouvernement de soumettre à l’Assemblée Nationale les projets de loi portant respectivement sur la communication électronique et le règlement des activés postales. La restructuration de la SOCATEL, le déploiement de la fibre optique en étude auprès des partenaires techniques et financiers, le passage de l’analogique au numérique font partie désormais de mes priorités.

Dans le domaine de l’Entreprenariat national, de l’Artisanat et de la Promotion des Petites et Moyennes entreprises, le Gouvernement a relancé les principales structures à caractère corporatiste. Il a donc validé l’étude de faisabilité relative à la création du fonds national de garantie et d’investissement. L’objectif recherché est d’encourager la propriété privée, créatrice d’emplois.

En termes de perspectives, le gouvernement fera adopter le Code des Petites et Moyennes entreprises et rendre opérationnel le Centre d’Assistance aux petites et Moyennes Entreprises, (CAPMEA) afin d’assurer l’encadrement des Petites et moyennes entreprises.

J’ai donc instruit le Gouvernement de restructurer le village artisanal touristique, de redynamiser le laboratoire national de taxidermie et de recadrer les activités du Guichet Unique de Formalités des Entreprises afin de le rendre plus performant.

Mes chers Compatriotes,

Comme vous l’avez constaté, les défis qui nous interpellent sont à la mesure des espoirs nombreux et constants et pour les relever, il me paraît logique de les inscrire dans la logique de la rupture. Le Gouvernement a déployé beaucoup d’efforts à travers la prise des mesures pour résoudre les défis qui se posent à nous.

Leurs impacts sont timidement palpables au vu de l’immensité des attentes. J’ai rappelé dans certaines circonstances que nous revenons de loin, de très loin. Le relèvement du pays prendra du temps, mais il doit se faire si nous voulons reconquérir notre place dans le concert des nations.

Le gouvernement est à l’œuvre et poursuivra les actions entreprises. Comme le dit un proverbe, « Pour bien faire, mille jours ne sont pas suffisants, pour faire mal, un jour suffit amplement ». Et pour bien faire il nous faut choisir des cadres et agents de l’Etat lucides et clairvoyants, dotés de compétences et d’intégrité morale. Nul n’ignore que la corruption au sens large a gangréné l’Etat. Chaque pas doit être assuré. Nous n’avons plus droit à l’erreur.

Mes chers Compatriotes ;

Je le reconnais, au moment où je m’adresse à vous, certaines régions entières du pays sont sanctuarisées par des groupes armés, privant ainsi certains de nos compatriotes de leurs libertés fondamentales.

Nous assistons depuis un certain temps à une recrudescence incompréhensible des actes de violences dans notre pays. Je voudrais citer ici la prise d’otages de six policiers dans l’exercice de leurs fonctions par une bande armée sévissant au KM5.

Je rappelle que les actions des bandes armées tant à Bangui que dans l’arrière-pays ne doivent pas nous décourager, mais au contraire, elles doivent renforcer notre solidarité et notre sentiment patriotique. La patrie est en danger. Nous devons la sauver avec tous les moyens légaux.

Nous savons que la stratégie de victimisation adoptée par les ennemis de la paix et du développement de la RCA cache mal leurs desseins machiavéliques de plomber les actions du Gouvernement et de retarder le processus de réconciliation et la justice qui doit être rendue aux victimes de leurs actes ignobles.

Je voudrais ici réitérer ma ferme condamnation des actes criminels qui se commettent et réaffirmer mon intention de mettre hors d’état de nuire les auteurs, coauteurs, complices et commanditaires des crimes crapuleux.

Centrafricaines ;

Centrafricaines ;

Mes Chers Compatriotes ;

Nous avons trop fait la guerre et personne n’en est sortie vainqueur.

Nous devons, tirant les leçons de cette malheureuse aventure, éviter de créer d’autres conditions d’embrasement de notre pays.

La communauté internationale est lassée de porter le poids de nos errements politiques. Il nous faut marquer un pas et retourner résolument sur la voie de la bonne gouvernance, du dialogue, de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

Aucune autre considération ne prime sur ma volonté de rassembler les Centrafricains et d’asseoir une base saine de développement socio-économique de notre pays.

J’ai compris et je l’ai dit et souligné dans mon discours inaugural que la sécurité durable et la défense du territoire national constituaient les priorités des priorités.

J’ai compris que notre rêve à tous, le rêve d’un Centrafrique enfin pacifiée, apaisée et reconstruite, ne sera possible sans une vraie réconciliation et une forte cohésion sociale.

Ainsi, la sécurité, le DDRR, la RSS, la levée de l’embargo sur les armes imposée aux FACA, la réconciliation nationale, la question de retour des déplacés et réfugiés, la lutte contre l’impunité et les inégalités sociales, voilà ce qui continuera à mobiliser mon énergie et celle du Gouvernement dans les prochains jours.

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine.

Je vous remercie.

Bangui, le 09 Juillet 2016
Par Joseph LARABO

 

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CENTRAFRIQUE:L’ONU met en garde contre le risque d’une nouvelle flambée de violences en Centrafrique

 

Après une série de violents incidents survenus dans la capitale et plusieurs zones rurales, l’ONU a averti lundi, par voie de communiqué, que la situation sécuritaire pourrait à nouveau se dégrader dans le pays.

« Alors que 2016 avait débuté sous de bons auspices, avec les élections réussies de février 2016, les événements récents qui se sont déroulés à Bangui et dans plusieurs endroits du pays me font craindre une nouvelle escalade de violence dans les mois à venir », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, dans un communiqué rendu public lundi 4 juillet.

« Il est urgent de désarmer les groupes armés, qui restent bien trop puissants et ont toujours le potentiel de rallumer le conflit, de rétablir l’autorité étatique et l’état de droit, et de garantir la sécurité de tous les civils », a-t-il ajouté.

Regain des violences

Le jour-même, indique le haut responsable, les Casques bleus de la mission de l’ONU en Centrafrique (la Minusca) ont dû intervenir pour faire évacuer des membres de la police centrafricaine et de la mission onusienne qui se trouvaient dans les locaux d’un commissariat de la capitale encerclé par une foule hostile et armée.

Au total selon l’ONU, les heurts qui ont éclaté depuis mi-juin entre des éléments armés et les Casques bleus de la mission onusienne en Centrafrique (Minusca) dans l’enclave musulmane du PK5 de Bangui ont fait six morts (parmi les hommes armés) et blessé une quinzaine de civils. Le 24 juin, un Casque bleu sénégalais avait été tué dans les rues de la capitale par des hommes armés non identifiés et dans des circonstances non élucidées. 

« Plusieurs incidents récents ont aussi eu lieu dans diverses régions, où les groupes armés continuent d’exercer leur contrôle, de commettre des violations graves des droits de l’homme et de prendre les civils pour proie », a souligné le Haut-commissaire. Selon l’ONU, ces affrontements impliquant des groupes armés, y compris les ex-Séléka et anti-Balaka, ont fait au moins 17 morts depuis début juin.

Zeid Ra’ad Al Hussein a également exprimé sa préoccupation face aux violations continues des droits de l’homme commises dans le sud-est du pays par l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), qui s’est rendu coupable de meurtres à grande échelle, de mutilations, d’enlèvements, d’esclavage sexuel et de recrutement forcé d’enfants soldats.

S’appuyant sur des « informations crédibles et troublantes », le Haut-Commissaire s’est dit tout autant préoccupé par les violations et aux droits de l’homme qui auraient été commises cette fois par des membres de l’armée ougandaise déployés en Centrafrique dans le cadre d’opérations contre la LRA. Parmi ces allégations figurent notamment des accusations de violence et d’exploitation sexuelle, d’enlèvement et de mariage forcé.

« Les autorités ougandaises doivent garantir que d’autres abus ne surviennent pas, que tous les auteurs présumés fassent l’objet d’une enquête et qu’ils soient condamnés et punis avec toute la rigueur de la loi, si des preuves suffisantes sont réunies », a insisté le Haut-Commissaire.

 

Source: Jeune Afrique

 

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CENTRAFRIQUE: LA MINUSCA DEMANDE LA LIBÉRATION SANS CONDITION DES POLICIERS DÉTENUS DANS LE 3eARRONDISSEMENT

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Bangui, le 22 juin 2016 – La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine, Diane Corner, et le Commissaire de la Police des nations Unies (UNPol), Luis Carrilho, ont tenu une conférence de presse ce mercredi 22 juin pour faire le point sur la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays. Cette rencontre avec les medias intervient à un moment où Bangui, la capitale, connait un regain de violence suite au kidnapping de six policiers centrafricains par des individus armés du 3e arrondissement. La conférence de presse a aussi été l’occasion de faire le point des actions de la Mission eu égard à la multiplication d’ilots d’insécurité dans plusieurs préfectures à travers le pays.

D’emblée, Diane Corner et Luis Carrilho ont condamné énergiquement la privation de liberté de représentants de l’autorité publique. Ils ont rappelé qu’il est important de libérer sans condition les policiers détenus par les éléments armés. La Représentante spéciale adjointe et le Commissaire de la Police de la MINUSCA ont enfin affirmé être en contact permanent avec les autorités et les communautés impliquées pour calmer les tensions. Tout en privilégiant le dialogue afin d’éviter une escalade de la violence, la Mission n’exclut pas l’usage d’une action robuste en fonction de l’évolution de la situation, ont-ils martelé.

A la faveur de la conférence de presse et concernant la recrudescence de la violence à travers la RCA, le leadership de la MINUSCA a réitéré que la protection des civils demeure la priorité de la Mission. C’est à cette tâche que s’attellent les 10 750 soldats et les 2080 policiers de la MINUSCA. Dans le cadre de l’exécution de cette tâche prioritaire, la Mission suit de très près l’évolution des points sensibles afin d’apporter les solutions les plus adaptées. C’est ainsi que les mouvements de transhumance ainsi que les tensions qu’ils induisent sont surveillés avec la plus grande attention en sus du travail de prévention qu’effectue la Mission. En effet, avec son maillage de onze bureaux de terrain, la MINUSCA a été en mesure d’établir un contact étroit avec les populations pour raffermir la cohésion sociale et le dialogue et répondre à leurs besoins dans le cadre de son mandat. 

La Représentante spéciale adjointe et le Commissaire de la UNPol ont aussi rappelé que la population est fatiguée de ce conflit qui perdure et que la majorité des Centrafricains aspirent à la paix et à la stabilité. Et c’est encourageant de voir que chaque fois que l’on implique la population, comme lors des consultations à la base, en prélude au forum nationale de Bangui, et des élections, il y a eu des avancées.

Diane Corner et Luis Carrilho ont conclu en rappelant que la situation sécuritaire de la RCA est encore fragile malgré les énormes progrès qui ont déjà été réalisés. Ils ont appelé tous les acteurs à s’attaquer aux causes profondes du conflit qui a affecté la RCA en trouvant des moyens paisibles et des solutions durables.

 

Source : Service de communication de la MINUSCA pour CARnews ou RCAinfos

 

 
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Publié par le 22/06/2016 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE : l’experte de l’ONU note l’urgence de désarmer les groupes armés  et de rétablir l’autorité de l’Etat

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BANGUI / GENEVE (21 juin 2016) – Au terme de sa septième visite en République centrafricaine, l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, s’est inquiétée de la menace que font peser les groupes armés affiliés aux Anti-balaka et aux ex-Seleka et le grand banditisme sur la protection des civils, les ressources naturelles et les perspectives d’une sortie de crise durable.
       
Malgré la présence d’opportunités pour une amélioration des droits de l’homme, Mme Keita-Bocoum a constaté une situation sécuritaire encore très précaire et imprévisible, marquée par les violences survenues depuis le 10 juin à Bangui, dans le quartier de PK5, et à Ngaoundaye, dans l’ouest du pays. 

« J’invite le gouvernement, en coordination avec les forces internationales, à mettre en œuvre des mesures robustes pour faire cesser les affrontements, assurer l’impératif de protection des civils et des acteurs humanitaires, et porter assistance aux victimes et aux personnes déplacées », a déclaré Mme Keita Bocoum. 

Elle a noté l’urgence de désarmer les groupes armés, de réformer les forces de sécurité et de défense nationale, et de rétablir l’autorité de l’Etat par une présence effective de l’administration sur l’ensemble du territoire centrafricain. 

« Au cours de ma visite, j’ai fait le constat d’une société civile inquiète et qui attend de voir les premières mesures du gouvernement se réaliser de manière inclusive et stratégique, notamment en matière de sécurité et de justice. J’ai aussi noté la frustration et le sentiment d’exclusion parmi les jeunes, les femmes et les communautés religieuses, à Bangui et l’intérieur du pays», a déclaré l’experte.

Au lendemain du discours de politique générale du gouvernement devant l’Assemblée nationale, Mme Keita-Bocoum a encouragé les autorités à rendre opérationnels cette feuille de route et les plans d’actions sectoriels dans les meilleurs délais, avec l’appui coordonné des partenaires internationaux. Elle a salué la reconnaissance de l’importance de mettre en œuvre les mesures du Pacte républicain adopté à l’issue du Forum de Bangui en mai dernier, notamment en matière de lutte contre l’impunité, et en faveur de l’inclusion des personnes et des groupes qui se sentent marginalisés

Mme Keita-Bocoum a noté avec satisfaction les récents progrès en faveur de la mise en place de la Cour Pénale Spéciale chargée de juger les crimes commis depuis 2003, notamment l’adoption de son budget de fonctionnement. Elle a encouragé les autorités à accélérer les processus de recrutement afin de rapidement démarrer les enquêtes et établir un programme de protection pour les victimes et les témoins qui participeront aux procédures judiciaires. 

En matière de justice ordinaire, l’experte a invité les autorités à valider la feuille de route pour la réforme de la justice et à mettre en œuvre les premières actions urgentes, dont notamment la seconde session des audiences criminelles devant la Cour d’assises.

L’experte a insisté sur le fait que des mécanismes non-judiciaires de recherche de la vérité et des mesures de réparation seront également nécessaires pour faire la lumière sur le passé, tourner la page de l’héritage des violences antérieures et garantir la non-répétition.   

Au cours de sa visite à Bangui et à Ndélé, l’experte a rencontré plusieurs représentants du nouveau gouvernement, y compris le Premier Ministre, les ministres de la justice, de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration du territoire, des affaires sociales et de la réconciliation et de l’environnement. Elle a également échangé avec le Président de l’Assemblée Nationale et les membres de son bureau, des partenaires internationaux, des représentants de la société civile et des autorités religieuses.

L’experte indépendante s’est également informée de la situation des allégations d’exploitation et abus sexuels portés à l’encontre des forces internationales. Elle a pris note des efforts déployés en matière d’enquête, de protection des victimes et des témoins et des mesures prévention pour mettre fin à ce fléau. 

Le 28 juin, Mme Keita Bocoum discutera, devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, de la question de la justice transitionnelle avec des représentants des autorités centrafricaines, de la MINUSCA et des organisations de la société civile.

L’experte indépendante présentera son rapport final au Conseil des droits de l’homme en septembre 2016. 

 

Source: Service de communication de la MINUSCA pour CARnews ou RCAinfos

 

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CENTRAFRIQUE : UNSAC : Bangui accueille la 42e réunion ministérielle sur les questions de sécurité du 6 au 10 juin

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Source: MINUSCA : Photo : une vue des participants lors de la cérémonie officielle d’ouverture de la 41e session ministérielle de l’UNSAC le 26 novembre 2015 à Libreville. Copyright : UNOCA/Norbert N. Ouendji

Libreville (Gabon), 1er juin 2016 – La  42e réunion ministérielle du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC) aura lieu du 6 au 10 juin 2016 à Bangui, la capitale de la République centrafricaine (RCA). L’UNOCA, qui assure le Secrétariat dudit Comité depuis mai 2011, a pris les mesures habituelles pour apporter l’appui nécessaire au pays hôte afin de garantir le succès des travaux. 

Ces travaux commenceront le 6 juin avec la réunion des experts. Pendant trois jours, ils feront le tour d’horizon des dossiers sécuritaires de la sous-région : piraterie maritime dans le golfe de Guinée, prolifération des armes légères et de petit calibre, phénomène du braconnage et du trafic illicite des espèces sauvages, tensions électorales, trafic des drogues, criminalité transnationale organisée, groupes armés et terroristes, etc.  Dans ces derniers chapitres, la lutte contre Boko Haram et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) font partie des points qui mobiliseront l’attention des participants. La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) présentera une revue permettant d’avoir une idée générale sur ces questions. Au-delà des derniers développements politiques, institutionnels et humani­taires dans la sous-région, l’exposé mettra en lumière les enjeux liés à la gouvernance, aux droits de l’homme, à la sécurité intérieure et transfrontalière. Un expert de la CEEAC proposera aussi un état de la situation géopolitique dans les onze pays membres (Angola, Burundi, Cameroun, République centrafricaine, Congo, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Tchad). 

A l’issue de leurs réflexions et discussions, les experts adopteront un rapport qui sera soumis à l’appréciation des Chefs de délégations lors de la session ministérielle. L’ouverture officielle de ladite session est prévue le 9 juin – en présence du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale, Chef de l’UNOCA, M. Abdoulaye Bathily, qui lira le message de circonstance de M. Ban Ki-moon. Un nouveau bureau du Comité sera mis en place à cette occasion. Selon les usages, la présidence tournante, actuellement assurée par le Ministre gabonais des Affaires étrangères, sera confiée à son homologue centrafricain pour six mois. Ce sera alors la deuxième fois que la RCA assumera cette responsabilité depuis que l’UNOCA est chargé du Secrétariat de l’UNSAC. Elle en avait déjà pris les commandes à l’issue de la 33e réunion tenue du 5 au 9 décembre 2011 à Bangui. C’est au cours de cette session historique  que les Etats membres avaient adopté « la Déclaration sur une feuille de route pour la lutte contre le terrorisme et la non-prolifération des armes en Afrique centrale ». Le suivi de la mise en œuvre de cette Déclaration a abouti au développement puis à l’adoption d’une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes légères et de petit calibre en Afrique centrale. Ce processus a été conclu en novembre 2015 à Libreville (Gabon) lors de la 41e réunion du Comité 

Mis en place le 28 mai 1992 par l’ONU (à la demande de la CEEAC), l’UNSAC a pour mission de promouvoir la limitation des armements, le désarmement, la non-prolifération et le développement en Afrique centrale. Il mène également des activités de reconstruction et de renforcement de la confiance entre les États membres. A cet égard, le Chef de l’UNOCA réaffirme son soutien aux efforts que ces Etats déploient afin d’atténuer les tensions et les conflits, de favoriser la paix, la stabilité et le développement durables dans la sous-région. 

Source : Service de communication de la MINUSCA pour CARnews ou RCAinfos

 

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CENTRAFRIQUE : COMMUNIQUE DE PRESSE DU MPC  RELATIF AUX CONCERTATIONS AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SON EXCELLENCE Faustin Archange TOUADERA

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CENTRAFRIQUE: Nation / Mme Rachel Ngakola nargue et défie Touadéra et Sarandji en refusant de passer le service à Inamo Bangui, 20 mai 2016.

 ngakola

 Il était 14 h 30 mn. Après une journée pas très fructueuse en contacts, en affaires, en évènements et en bière, je suis rentré à la maison pour me reposer. Et le sommeil m’a emporté, profondément. A 15 h 46 mn, je me réveille soudainement et consulte immédiatement mon téléphone. Plusieurs appels en absence émanant des numéros qui ne sont pas disponibles dans mon répertoire, apparaissent. Aussitôt, mon cœur se met à battre la chamade. Une réaction tout à fait normale dans un pays où l’anormalité a été érigée en normalité et où la mort peut vous surprendre suite à un coup de fil.

Après plus de trois (03) décennies de crises récurrentes, il suffit d’un mot mal placé pour que le malheur arrive et que vous trouviez rendez – vous avec la mort. Que s’est – il passé ? Comme dans mes habitudes, je rappelle le dernier numéro et tombe sur un cadre de la douane qui me somme d’alerter la presse et de descendre à la direction générale de la douane et des droits indirects pour couvrir un évènement :

la passation de service entre la directrice générale sortante de la douane et le directeur général entrant. Alors je réussis à mettre la main sur Monsieur Constantin de la RNL qui m’embarque quelques minutes plus tard. Arrivé à destination, je constate que la cour de la direction générale est pleine de véhicules et de motos, dons d’un partenaire au développement. Je rentre sous le hall et je vois des collègues douaniers parmi lesquels des nouveaux promus :

Monsieur Dieudonné Koyangbo, directeur général adjoint, chargé des services internes, un de mes anciens formateurs à la direction de la solde et des pensions dans les années 94 et Monsieur Aubin Koyanga, directeur général adjoint, chargé des services extérieurs, un cadet du Petit Séminaire Saint Marcel de Sibut. Et sur un banc, sont assis Monsieur Sidoine, un autre collègue de longue date, et à côté de lui, Monsieur Frédéric Inamo, le nouveau directeur général, frère cadet du président de la République. Sur ce, je m’avance vers les inspecteurs en charge de cette mission de passation de service et demande à être reçu par le chef de la mission, en ma qualité de communicateur du peuple. Un autre cadet dont je tais le nom par pudeur et respect que j’ai encadré à la direction générale du budget, lorsque j’étais un ancien dignitaire de la République. Refus catégorique. Refus automatiquement contesté par une autre voix, surgit de la bouche de quelqu’un qui se trouvait à ce moment précis derrière moi, qui n’est pas membre de la mission, selon les termes du chef de la mission, mais qui n’a pas hésité à demander à hautes voix que la presse soit tenue informée des circonstances dans lesquelles se déroule cette passation de service.

Après ces quelques moments de tensions, le chef de la mission revient à de meilleurs sentiments, se tourne vers nous et nous rassure de sa disponibilité à s’entretenir avec la presse à la fin de la mission. En réalité, c’était une manière très polie de botter définitivement à la touche la presse, c’est – à – dire et moi et le journaliste de la RNL. Pourquoi ? Pourquoi refuser que les professionnels des médias puissent couvrir une cérémonie de passation de service, afin de rendre compte de la gestion des affaires publiques, au peuple ? Malgré maintes insistances, aucun mot ni de la part du chef de la mission ni de la part du nouveau directeur général qui a communiqué néanmoins, après avoir été investi par un procès – verbal de carence dans ses fonctions, ses coordonnées à Constantin, ne sera dit à la presse. Ne pouvant en savoir officiellement un peu plus sur les circonstances dans lesquelles cette passation de service s’est déroulée, je me suis contenté des informations portées à ma connaissance par quelques douaniers qui étaient là, médusés et hébétés, mais résolument déterminés à assister à cette cérémonie. En fait, Mme Rachel Ngakola a été relevée de ses fonctions, la veille par un décret lu sur les antennes de la radio nationale, et comme le prévoient les dispositions en la matière et afin d’éviter que l’intéressée ne puisse avoir accès à son bureau et jouir de l’opportunité d’emporter ou d’extraire des documents comptables de haute importance, l’inspecteur général des finances a décidé de la prendre de vitesse. C’est ainsi que tôt le matin, alors que le nouveau directeur général était en train de se coiffer, son téléphone a sonné et au bout du fil son interlocuteur de lui demander de s’apprêter pour la passation de service, prévue pour 14 h.

Finalement, c’est à 15 h 30 que la cérémonie a commencé par la notification de l’ordre de mission à Mme Rachel Ngakola. Sur ce, cette dernière s’emporte et refuse de passer le service prétextant de son indisponibilité et proposant de reporter la cérémonie à lundi 23 mai 2016, au plus tard. Une proposition qui est aussitôt rejetée par le chef de la mission. Alors, s’énervant, paniquée et emportée, Mme Rachel Ngakola appelle son mari, le premier ministre sortant, Mahamat Kamoun qui, quelques minutes plus tard, arrive en compagnie d’un élément de la Minusca, l’embarque et sort en trombe. Comme pour lancer à Touadéra et à Sarandji : « Venez la prendre à la maison, si vous avez des couilles » !

Devant cet acte de désobéissance avéré, le chef de la mission n’a de solution que d’ordonner que la porte du bureau soit cassée afin d’avoir accès aux documents comptables et de procéder à la passation de service. Il en sera de même pour tous les autres services sensibles, hormis un seul bureau dont les portes ont été scellées à nouveau, suite au départ du serrurier. Finalement, c’est à 16 h 30 mn que le nouveau directeur général, M. Frédéric Inamo a été installé dans ses fonctions, à la grande joie de tous les cadres et agents de la douane présents dans la cour. Pourquoi Mme Rachel Ngakola a – t – elle refusé de passer le service à son successeur ? Y aurait – il pas anguille sous roche ? N’a – t – elle pas suffisamment le dos cuirassé pour envoyer ce message de défi à Touadéra et Sarandji ? Ne leur a – t – elle pas apporté son soutien, pendant la campagne électorale ? Que feront alors les nouvelles autorités pour laver l’affront subi ? Affaire à suivre….

Jean – Paul Naïba

 

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CENTRAFRIQUE : TOUADERA, GOUVERNEMENT PARALLÈLE ET LA CONSTITUTION.

Le gouvernement parallèle est l’une des pratiques institutionnelles et politiques déviante depuis l’indépendance de la République Centrafricaine, pratique susceptible de déboucher sur la déformation institutionnelle ou perversion institutionnelle de la présidence.
I-Historique des Gouvernements parallèles

La pratique du « gouvernement parallèle à la Présidence » nait en République Centrafricaine par un Décret N°64/011 du Président David Dacko qui, le 11 janvier 1964, nomme Marcel Douzima, Ministre d’État à la Présidence de la République chargé de la Justice, avant de l’étendre à d’autres personnalités.
Depuis, cette pratique est désormais bien établie dans le système institutionnel centrafricain. On l’observe sous tous les régimes.

L’Empereur Jean-Bedel Bokassa s’était lui aussi régulièrement adonné cette pratique ; l’Empereur avait par exemple nommé, le 15 février 1979, Joachim Da Silva Ministre délégué à la Présidence chargé du Développement Rural et des Eaux et Forêts .

Le Président André Kolingba s’entourait au palais présidentiel des ministres conseillers à la présidence nommés par lui.
Le Président Ange Félix Patassé ne s’était point distingué puisqu’il avait nommé, entre autres, Michel Gbézéra-Bria, Ministre d’État chargé des affaires présidentielles.

Le Président François Bozizé nommait de façon récurrente des ministres à la présidence, à l’image de Côme Zoumara, Ministre Conseiller et Porte Parole de la Présidence de la République. Le 19 avril 2011 étaient nommés plusieurs « ministres délégués à la présidence », c’est-à-dire rattachés et placés directement sous l’autorité du Président de la République : Ministre délégué à la Présidence de la République, chargé de la Défense nationale, des Anciens Combattants, des Victimes de Guerre et de la restructuration de l’Armée: Colonel Jean Francis Bozizé, Ministre délégué à la Présidence de la république, chargé des Mines : Obed Namsio , Ministre Délégué à la Présidence de la République, chargé des Pôles de Développement : David Banzoukou, Ministre Délégué à la Présidence de la République, chargé de l’Aviation Civile et du Transport Aérien : Théodore Jousso.

Cependant et incontestablement, c’est sous le régime de la transition politique instituée par les Accords de Libreville du 11 janvier 2013 et confortée par la Charte Constitutionnelle du 18 janvier 2013 que la pratique du « gouvernement parallèle à la présidence » a nettement pris de l’ampleur, ce qui ne contribue point à sortir l’État centrafricain de son malheur déjà majeur.

Dans un premier temps, le Président Michel Djotodia, arrivé au pouvoir le 24 mars 2013, nomme le 27 mai plusieurs ministres à la Présidence : Mahamat Kamoun, Ministre d’Etat Directeur de Cabinet, Dieudonné Salamatou, Ministre Conseiller Diplomatique et aux organisations Internationales, Josué Binoua, Ministre Conseiller chargé des affaires religieuses et des minorités ethniques , Jean Jacques Démafouth, nommé Ministre conseiller à la présidence de la République chargé des programmes du Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), de la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS), et de relation avec la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique(MISCA).

Dans un second temps, Catherine Samba-Panza qui succède à Michel Djotodia ne rompt pas avec la pratique du « gouvernement parallèle à la présidence ». Dans le Cabinet Présidentiel qu’elle constitue par le Décret N° 14/016 du 03 février 2014, la Cheffe de l’État de Transition, nomme deux Ministres d’État, et neuf Ministres Conseillers :
Ministre d’Etat, Conseiller Spécial : Kamoun Mahamat ;
Ministre d’Etat, Directeur de Cabinet : Joseph Mabingui ;
Ministre Conseiller Diplomatique : Léonie Bangha-Bothy, née Mbazoa ;
Ministre Conseiller en matière de sécurité, chargé des relations avec la Misca et Sangaris : Jean-Jacques Démafouth ;
Ministre Conseiller en matière d’administration du territoire : Léon Diberet ;
Ministre Conseiller en matière de Développement rural : Mathieu Ngoubou ;

Cette pratique institutionnelle et politiquement incorrecte refait encore surface avec le démocratiquement élu Faustin Archange Touadera.

Une des grosses erreurs d’ordre institutionnel qu’il faut absolument corriger en République Centrafricaine, c’est la pratique récurrente et inconstitutionnelle de la transformation de facto du Cabinet Présidentiel en ce qu’on peut désigner sous le vocable de « gouvernement parallèle à la présidence ».

On a une illustration magistrale de cette théorie en Centrafrique avec la dernière nomination à la présidence de la République.
Obed Namsio est désigné secrétaire général de la présidence. Au poste de Chef d’État major particulier, le général de brigade Antoine Gambi. Pierre Mapouka remplace Jean Edouard Koyambounou à l’inspection générale d’État.
Donatien Maleyombo occupe le poste du chef de cabinet particulier.

Au cabinet civile, Jean Wilibiro Sacko est nommé ministre conseiller spécial, coordonnateur au Désarmement-démobilisation et réinsertion (DDR), à la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) et la réconciliation nationale.
Fidèle Ngouandjika refait surface comme ministre conseiller spécial charge des relations avec des organisations nationales.

Au poste de ministres conseillers :

Marie Noëlle Koyara s’occupe désormais de l’agriculture. Rameaux Claude Biro devient ministre conseiller économique. Le poste du ministre conseiller en charge du suivi des projets revient à Georges Kougoué. Jean Baptiste Koba, ministre conseiller chargé des investissements. Stanislas Moussa-Kembé ministre conseiller diplomatique. Regina Kozimongo, ministre conseillère en matière de Réconciliation nationale.

Au poste de conseillers :

Conseiller à la RSS, le général de division François Mobebou. Conseiller au DDR, le colonel Noël Bienvenu Séléson. Conseiller en matière des Finances, Lazare Dokoula. Isidore Alphonse Dibert conseiller politique. Conseiller en matière des ressources naturelles, Rufin Bénam. Gina Roseline Nalotèyé Roosalem est nommée conseillère en matière de l’habitat du logement et de la reforme foncière. Conseiller en communication, porte parole de la présidence, Albert Mokpem.

Et enfin au poste des chargés de mission, Wilfrid Sébiro à la Communication, Thierry Oronfio aux nouvelles technologies, et Alain Mbaya, à la Jeunesse et aux ONG.

Pour certains observateurs, ces personnalités ont officié quand Touadéra était Premier ministre et seraient proches de François Bozizé et de Sylvain Ndoutingai c’est la raison principale de leur nomination.

Ce super gouvernement serait piloté par Obed Namsio, ancien directeur de cabinet de Sylvain Ndoutingai qui dans la réalité serait le vrai premier ministre pendant ce quinquennat.

A côté du gouvernement Simplice Mathieu Sarandji, constitué et fonctionnant conformément aux règles constitutionnelles d’un État, on assiste, dans ce même État, à l’existence d’un second « gouvernement »

Ce gouvernement de Namsio qui regroupe des hommes et femmes du sérail serait plutôt établi dans une logique de contestation ou de rejet du premier gouvernement.

Sa mission est de participer à l’évaluation et au suivi des politiques publiques et d’être force de proposition vis à vis des différentes parties prenantes et instances concernées.

II- L ’Inconstitutionnalité du gouvernement parallèle.

Il faut souligner que la nomination, à côté du gouvernement officiel, de plusieurs ministres dans le Cabinet Présidentiel dénature aujourd’hui le Cabinet Présidentiel, créant ainsi une confusion institutionnelle au sommet de l’État.

Puisque les membres de ce Cabinet Présidentiel sont perçus plus comme des ministres que comme des membres d’un Cabinet, nous totalisons plus de 45 ministres sous ce début de mandature du démocratiquement élu, or c’est inconstitutionnel.

Ces personnalités ne sont absolument rien d’autre que des membres du Cabinet Présidentiel, des collaborateurs personnels du Président de la République, des personnalités naissant et disparaissant avec le Président de la République, dépourvues de pouvoir de décision et n’ayant que des missions d’assistance et de conseil auprès du Chef de l’État.

Violation de la constitution ?

Sur le plan juridique, est absolument inconstitutionnelle la pratique consistant à nommer des membres du cabinet présidentiel tout en leur attribuant une fonction supplémentaire, la fonction ministérielle.
L’inconstitutionnalité de cette pratique tient à plusieurs raisons ;

En premier lieu, et depuis la naissance de cette pratique, le Chef de l’État qui nomme des Ministres à la Présidence par ailleurs dotés d’une fonction de cabinet, a toujours agi en s’affranchissant du pouvoir de proposition constitutionnellement reconnu au Premier Ministre. Si, d’un point de vue constitutionnel, le Président de la République est le seul compétent pour nommer les ministres, la quasi-totalité des textes constitutionnels Centrafricains depuis l’indépendance assortissent cette prérogative présidentielle d’une condition, le pouvoir de proposition du Premier Ministre.

En deuxième lieu, les ministres nommés à la présidence et dotés d’une fonction de cabinet présidentiel ne peuvent pas être considérés comme des membres du gouvernement constitutionnel c’est-à-dire celui constitutionnellement placé sous l’autorité immédiate du Premier Ministre, celui-ci étant défini par la Constitution comme le Chef du Gouvernement.

En troisième lieu, les ministres nommés dans le cabinet présidentiel ne disposent pas chacun d’un cabinet, contrairement aux ministres placés sous l’autorité immédiate du Premier Ministre.

Si chacun des ministres conseillers à la Présidence devait disposer d’un cabinet, on aurait, à côté du Cabinet Présidentiel, une multitude de cabinets ministériels à la Présidence, ce qui donnerait naissance à une pétaudière institutionnelle, et ne serait pas sans conséquence sur le budget de l’État notamment les fameux fonds spéciaux ou secrets affectés à la Présidence de la République.

En quatrième lieu, contrairement aux membres du gouvernement officiel, les ministres nommés à la Présidence et dotés d’une fonction de cabinet ne peuvent prétendre au statut de chef de département ministériel.

En cinquième lieu, les membres du « gouvernement parallèle à la Présidence » ne peuvent pas, d’un point de vue constitutionnel, prendre part au Conseil des Ministres. Conformément à la constitution, cet organe collégial n’admet en son sein que les seuls ministres nommés par le Président de la République mais sur proposition obligatoire du Premier Ministre, et chargés ensuite de la gestion politique et administrative d’un département, conformément à la politique générale du gouvernement.

En dernier lieu, les membres du « gouvernement parallèle à la Présidence », n’étant pas chargés de la mise en œuvre sectorielle de la politique générale du gouvernement, et à défaut d’avoir bénéficié ab initio de la légitimité politique conférée aux membres du gouvernement officiel par le parlement lors de l’adoption de la politique générale du gouvernement, ne sont pas assujettis au principe constitutionnel de la responsabilité politique du gouvernement devant le parlement.

La rupture chantée sur tous les toits voudrait aussi que cessent les pratiques institutionnelles et politiques incorrectes.
Le Cabinet Présidentiel peut être constitué de tous les postes que le Président de la République estimera utiles pour l’aider à exercer ses fonctions, à la seule condition d’ordre constitutionnel qui est de ne pas y nommer des ministres.

Les éminentes personnalités politiques, notamment les anciens candidats aux élections présidentielles, Premiers ministres et ministres, qui veulent servir à nouveau le pays en voulant intégrer le Cabinet Présidentiel doivent s’incliner devant l’exigence constitutionnelle, mieux la volonté souveraine du peuple opposable au Chef de l’État, qui lui commande de ne point attribuer aux membres de son Cabinet la qualité de ministre.

En plus d’être un dédoublement institutionnel, une anomalie institutionnelle, la pratique du « gouvernement parallèle à la présidence » contribue à banaliser et à rabaisser la fonction de ministre en Centrafrique.

Un ministre n’est pas un collaborateur personnel du Chef de l’État, à l’inverse d’un membre du Cabinet Présidentiel.
Un ministre est plutôt un serviteur éminent du peuple. Fonction ministérielle et fonction de cabinet donc sont incompatibles.

La seconde est au service de la première.

L’archange a-t-il compris qu’il vient de perpétuer la vieille tradition en planant sur la constitution de la Républica?

QUI VIVRA ENCORE VERRA.
Bangui, le 20 Mai 2016
Par Charlie Joseph LARABO

 

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