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CENTRAFRIQUE : Révélation / M. Touadéra et M. Bokassa : Comment Africard détourne les fonds nés de la délivrance des passeports AFRICARD

 

Bangui, le 10 Août 2016 De Directeur Général d’AFRICARD Co RCA A Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances et du Budget Bangui Réf : 059/2016 Objet : Versement de la part de l’Autorité du troisième Trimestre de l’année 2015

Excellence Monsieur le Ministre,

Suite à votre correspondance datant du 21 Juillet 2016, Réf.053/2016, nous avons l’honneur de vous présenter la quittance de 21.000.000 de Francs CFA (Vingt Un Millions de Francs CFA) comme preuve de paiement de la part d’AFRICARD du Troisième Trimestre de l’année 2015, comme déjà cité dans notre correspondance susmentionnée. La quittance indique le transfert du montant mentionné ci- haut vers votre compte auprès de la BEAC sous le numéro 30311101.0.3001, selon votre lettre datant du 08.11.2013 Réf : 727/MSIEOP/DIRCAB/SP.

Veuillez agréer Monsieur, mes salutations les plus distinguées. Directeur Général Anthony Mikhael (é) Ci – joint : . Quittance du transfert de la BPMC vers la BEAC Ampliation :  Présidence de la République (Comité des passeports) ; .Ministère de la Sécurité de l’Emigration et de l’Ordre Public ;. Monsieur le Directeur Général du Trésor Public Nota Bene : Où sont donc les quotes – parts de l’Etat du 4ème trimestre 2015, et des 1er et 2ème trimestres 2016 ? Pourquoi ce retard dans le virement ou le transfert sur le compte du Trésor Public des reliquats sus – mentionnés ? Pourquoi l’inspection générale d’Etat et l’inspection générale des finances, promptes à mener des missions de recouvrement en lieu et place du trésor public, ne se sont- elles jamais attaquées à cet épineux dossier ?

Il est vraiment grand temps que le Président Touadéra puisse frapper du poing sur la table, secouer le cocotier et, s’il en était besoin, engager des poursuites disciplinaires contre les auteurs de ces actes de détournements. Toute la lumière doit non seulement être faite sur cette gestion des recettes nées de la délivrance des passeports, mais surtout sur celle des cartes nationales d’identité, celle des cartes de séjour et celle des visas où , des cadres du ministère de la sécurité publique, et certains puissants lobbies se sont remplis les panses sur le dos de la République.

 

Par Jean – Paul Naïba

 
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Publié par le 09/09/2016 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE: LA MINUSCA SE FELICITE DE LA TENUE DE LA PREMIERE SEANCE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE

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Bangui, le 4 mai 2016 – La MINUSCA s’est félicité de la tenue, le 3 mai 2016, de la première séance de l’Assemblée nationale, nouvellement élue.

«La MINUSCA exprime sa volonté de continuer à apporter son appui aux nouvelles autorités démocratiquement élus dans leurs efforts à consolider la paix et la sécurité et la restauration de l’autorité de l’Etat », a indiqué mercredi la porte-parole de la MINUSCA, Uwolowulakana Ikavi-Gbétanou, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la mission de paix.

«Ce nouveau pas marque la fin de la transition politique et envoie un signal fort sur la volonté du peuple centrafricain à renouer avec l’ordre constitutionnel», a-t-elle ajouté.

Dans cette dynamique, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga Anyanga, a rencontré ce mercredi le Premier ministre et les membres du gouvernement pour un échange sur les nouvelles orientations de l’appui de la mission des Nations Unies auprès à la Centrafrique. Cette réunion intervient au moment où s’ouvrent une série de consultations sur les contours du nouveau mandat que le Conseil de sécurité des Nations Unies confiera à la MINUSCA.

Dans le cadre de son mandat actuel, la MINUSCA poursuit l’appui au processus électoral. Trois tonnes de matériels destinés à l’organisation des législatives partielles du 15 mai sont arrivés le 2 mai 2016 à Bangui. L’Autorité nationale des élections (ANE) a réceptionné le matériel et l’acheminera vers les circonscriptions électorales concernées avec l’appui de la Mission.

Concernant le volet de la restauration de l’autorité de l’Etat, la Direction régionale de la jeunesse, des arts et de la Culture de Bossangoa a reçu du matériel informatique (5 ordinateurs de bureau et leurs accessoires) destiné au Centre multimédias de la Maison des jeunes. Les fonctionnaires et les jeunes de Bossangoa bénéficieront des formations en informatique, bureautique et nouvelles technologies de l’information. En outre, Mme Ikavi-Gbétanou, a annoncé le financement de la construction de trois ponts dans la sous-préfecture de Bouar.

Au chapitre de la cohabitation pacifique et de la reconstruction communautaire, 258 jeunes vulnérables ont travaillé à Bangui, Bouar, Bambari et Kaga Bandoro dans des projets de reconstruction d’édifices publics. Ceci est une opportunité pour les jeunes d’apprécier les dividendes de la paix et de la réconciliation.

Sur la promotion et la protection des droits de l’Homme, Mme Ikavi-Gbétanou a fait état de 30 cas de violation des droits de l’Homme qui ont fait 83 victimes. Parmi les responsables présumés de ses abus figurent, selon la police de la MINUSCA, des membres des Anti-Balakas, des ex-Selekas ainsi que des membres de la police, de la gendarmerie et des forces armées.

De son côté, le porte-parole de la Force, le Lieutenant-Colonel Rachid El Meckaoui, a indiqué que la semaine passée a été marquée par plusieurs affrontements entre groupes armés. « La MINUSCA reste vigilante et renforce sa présence et ses patrouilles en fonction de l’évolution de la menace », a-t-il indiqué. «La Force accorde une attention particulière à la situation sécuritaire dans la région de Kouï dans la préfecture de l’Ouham Pende à l’approche des élections partielles »,  a-t-il ajouté. De plus, la présence de la MINUSCA sera renforcée sur l’axe Bambari–Kouango pour rassurer la population et les protéger en cas de confrontation entre les différentes factions des groupes armés.

 

Source : Service de communication de la MINUSCA pour CARnews ou RCAinfos

 

 
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Publié par le 05/05/2016 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE: Politique / Touadéra et Sarandji : Voici le français de M. Leffa, ministre de l’Habitat, dans son droit de réponse à la décision portant sa suspension par l’UNDP UNION NATIONAL POUR LA DEMOCRATIE ET   LE PROGRES (UNDP)

Bangui, le 25 Avril 2016

Bureau sous fédéral du 5ème arrdt N°…………./BP/2016 Objet : Droit de réponse aux allégations indignes contre Le Ministre de l’Habitat et de Logement.

C’est avec le regret que nous avons lus dans le journal le Media + paru le mercredi 13/04/2016 et suivi sur la station radio Ndeke – Luka. La déclaration de quelques compatriotes du parti de l’UNDP. Quelques mots sur le passé du Ministre, ce que les gens ignorent le Ministre actuel a fait ses preuves. Dans certains pays africains pour combattre quelqu’un. La probité intellectuelle exige de le connaitre par son passé. Ainsi le chargé de Mission : Mr NGODJI Enoch n’a pas fait d’effort dans le sens, son préjugé est un véritable coup d’épée dans l’eau, même les Etats unies qui sont une grande Puissance aujourd’hui ne doivent pas leur prestiges seulement aux docteurs, aux agrégés d’université, que les centrafricains comprennent ça une fois.

Cette leçon partant de cette mise au point : Nous tenons à faire remarquer que les 4 vices présidents du bureau politique de l’UNDP défend de toutes les allégations non fondées dirent aujourd’hui qu’ils sont dans le gouvernement de leur propre chef est bien regrettable. Aux accords politiques avec le candidat Faustin Archange TOUADERA au 2ème tour, il était dit que l’UNDP devait apporter son soutien à ce candidat malheureusement certains membres de ce parti qui doutaient de la victoire de Faustin Archange TOUADERA avaient optés pour d’autres partis politiques qu’ils croyaient potentiels. Ce qui n’a pas été le cas. Ceux – ci se rendront compte de la bonne victoire ont voulu faire volte face pour revenir s’accaparer de la position de ceux qui ont soutenu le candidat jusqu’à la victoire comme sont laisser dans le partage, ils se servent maintenant des cailloux pour lancer dans toutes les directions afin d’atteindre qui que ce soit pour leur cause.

Ses prédateurs politiques, ses assoiffés de poste ministériel ne disposent en rien du pouvoir pour exclure un militant dans un parti politique qui est régis par le Règlement Intérieur et Statut qui stipule que toute exclusion au sein du parti doit se faire qu’à l’issue d’une assemblée générale cet effet nous lançons un vibrant appelle à l’endroit des militants dignes de l’UNDP de demeurer unis derrière le 4ème vice président du bureau politique RENOVE qui exerce actuellement dans le but de promouvoir la paix la concorde la cohésion sociale sans laquelle aucun développement n’est possible. On appelle, également aux autorités légales aux autorités investies de tout pouvoir de veiller sur ses agitations pour éviter à la RCA un autre éventuel désarroi.

Fait à Bangui, le 25 Avril 2016

Le Président (é) NGOUANGUERE Fidele Soul (SOUDJIAT)

 
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Publié par le 03/05/2016 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE: Nation / Quand des individus usent du nom du GEPPIC pour être reçus par le président Touadéra

presse

Décidemment, l’une des causes profondes des crises récurrentes et politico militaires dont souffre l’âme de la République et que vit le peuple centrafricain, depuis plus de trois (3) décennies, est incontestablement la crise des valeurs. La dépravation des mœurs, la corruption des valeurs et l’institutionnalisation de l’immoralité en préceptes de vie, en habitudes sociales et en règles de comportements, légitimées et acceptées par tous. Ces tares, ces laideurs, et toutes ces indignités ont fini par tuer la vie et le sens de l’intérêt général, par la corruption de nos dirigeants, nos hommes politiques, nos chefs religieux et nos leaders de la société.

De ce fait, l’anormalité s’est substituée à la normalité, l’indignité à la dignité, le mensonge à la vérité, et la médiocratie à la méritocratie. C’est ainsi que la vendeuse du café du quartier Mbossoro qui n’a jamais mis les pieds dans une salle de classe, peut avoir son baccalauréat avec mention « Très Bien », que le petit soudeur du quartier Gbakondjia peut devenir lui aussi ministre de la République, du jour au lendemain, que le plombier du quartier Boy – Rabe, peut être nommé directeur général d’une société d’état, et que l’électricien du quartier Fondo peut devenir chargé de mission en communication à la primature ou à la présidence de la République. La déification et la vénération de ces contre valeurs par ses propres fils a conduit, à la ruine et à l’abîme, la République centrafricaine, un pays de cocagne qui était promis à un bel avenir, au lendemain de son accession à l’indépendance, le 13 août 1960.

L’héritage de ce règne de la tribulation et de la tricherie est tout simplement honteux et se passe de tout commentaire : un Etat en lambeaux, sans armée, sans administration digne de ce nom, avec un peuple abandonné à lui – même, sébile à la main pour quémander sa nourriture, et livré à la merci des hordes de mercenaires tchadiens et soudanais et des bandes armées qui agissent en de véritables conquistadores sur toute l’étendue du territoire national. C’est pour mettre un terme au règne terrifiant et honteux de ce désordre institutionnalisé que le peuple centrafricain, de l’est à l’ouest, du nord au sud, s’est levé comme un seul homme, le 30 décembre 2015, pour sanctionner dans les urnes toute la classe politique, responsable de ce chaos, et porter son choix sur la modeste personne du président Touadéra. Mais, à peine eut – il pris officiellement fonction que les agents du diable, solidement incrustés dans l’âme de la République et puissamment organisés en réseaux, en clans et en sectes, commencèrent à agir afin de défendre leurs petits et bas intérêts et maintenir le peuple dans l’esclavage et sous l’emprise de la corruption généralisée. C’est ainsi que nous avons appris avec surprise et grand étonnement que des individus qui ne sont ni membres ni sympathisants de l’association, dénommée Groupement des Editeurs de la Presse Privée et Indépendante de Centrafrique en abrégé GEPPIC, dûment reconnue par le ministère de l’administration du territoire et le ministère de la justice et dont les membres du Bureau Exécutif sont connus de tous, ont usé à tort du nom du GEPPIC, et ont été reçus avec tous les honneurs par le président Touadéra. Pour s’entretenir avec lui et évidemment lui extorquer de l’argent dans la perspective de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse, prévue le 3 mai 2016.

Qui a fait rentrer dans les entrailles des entrailles de la présidence de la République ces faux membres du GEPPIC ? Les services de renseignements de la présidence sont –ils si inefficaces et si incompétents que des faussaires peuvent user de tous les moyens et de tous les titres pour accéder si facilement au président de la République ? Qu’en disent alors les ministres de la communication, de l’administration du territoire et de la justice ? Voilà des questions auxquelles les nouveaux maîtres de la République doivent répondre avant qu’il ne soit trop tard.

Dans tous les cas, cet acte d’indignité, d’usurpation de titre et de faux et usage de faux doit non seulement être dénoncé de la manière la plus ferme, mais surtout être condamné et réprimé par les nouvelles autorités en charge de la gestion des affaires de la cité, après vérification faite dans les registres des services du ministère de la justice et du ministère de l’administration du territoire.

C’est ici pour elles l’occasion de comprendre que la guerre entre le peuple centrafricain et ses ennemis qui ont l’avantage de l’effectif, est toujours en cours. Pour l’emporter et traduire en actes l’espoir suscité et tant souhaité par tous, elles se doivent d’être en alerte et perpétuellement dans le combat de vérification préalable de l’identité de ceux ou de celles qui viennent et viendront vers elles. Car, comme l’ont annoncé les saintes écritures, elles n’ont pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est à ce prix qu’elles porteront la bataille dans l’état – major du diable, viendront à bout de la corruption qui a enlaidi notre société, contribueront à tourner la page et à inventer le futur pour le bonheur et le bien – être du peuple centrafricain.

Jean – Paul Naïba

 

 
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Publié par le 01/05/2016 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE : La distribution de passeports de complaisance

CENTRAFRIQUE : La distribution de passeports de complaisance

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Sous Bozizé, c’était une tradition. La distribution de passeports de complaisance a profité à d’innombrables hommes d’affaires, conseillers et amis de la présidence. Une pratique perpétuée sous Djotodia. Mais aujourd’hui, les nouvelles autorités centrafricaines veulent faire le ménage.

Sud-est de la France, juillet 2013. Moukhtar Abliazov, homme d’affaires devenu opposant politique à Noursoultan Nazarbaïev, le président du Kazakhstan, se sait traqué. Autrefois patron de la banque BTA, cet ex-ministre de l’Énergie est accusé d’avoir détourné 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la Russie ; et le Royaume-Uni, où il avait trouvé refuge dans un premier temps, l’a condamné à vingt-deux mois de prison. Le 29 mai, son épouse, Alma Chalabaïeva, et sa fille avaient été arrêtées par les forces spéciales italiennes dans la banlieue de Rome, avant d’être transférées au Kazakhstan. Pour Moukhtar Abliazov, caché dans une jolie villa de Mouans-Sartoux, non loin de Cannes, la cavale prendra fin deux mois plus tard : le 31 juillet, la police française déploie les grands moyens pour interpeller le milliardaire kazakh… et citoyen centrafricain.

Car l’oligarque disposait d’un passeport ordinaire estampillé « RCA ». Un faux, ont affirmé les nouvelles autorités du pays à la justice française. Sur son passeport diplomatique délivré à Bangui en avril 2010, Alma Chalabaïeva apparaît, elle, sous la fausse identité d’Alma Ayan. Son titre : « conseillère diplomatique à la présidence ». Le document est authentifié par la signature du général Antoine Gambi, ministre des Affaires étrangères sous François Bozizé. Comme lui, plusieurs hauts fonctionnaires sont soupçonnés d’avoir distribué ou revendu des passeports diplomatiques dits de complaisance.

Et ils sont nombreux les hommes d’affaires, vrais et faux conseillers, consuls et experts en sécurité, à avoir papillonné dans l’enceinte de la présidence avant d’en repartir avec le précieux sésame, qui, selon la convention de Vienne, garantit une immunité complète à son heureux détenteur. « C’était une tradition solidement établie sous Bozizé », s’amuse l’un d’entre eux, muni de trois passeports de complaisance.

C’est ainsi qu’une ancienne conseillère de Mouammar Kaddafi s’est retrouvée affublée du titre de « secrétaire à la présidence » sur son passeport diplomatique centrafricain. Comme elle, des marchands de pétrole, de diamants ou d’armes, des militaires reconvertis dans le privé et de nombreux businessmen forment un bataillon de « diplomates » centrafricains qui peuvent échapper aux contrôles insistants dans les aéroports.

Sous la pression de la France, il est cependant arrivé que François Bozizé se résigne à lever l’immunité diplomatique de l’un de ces personnages. Il en a été ainsi, en 2009, pour l’homme d’affaires indo-pakistanais Saifee Durbar, nommé vice-ministre centrafricain – avec résidence à Londres – alors qu’il était recherché par la justice française, qui l’avait condamné pour escroquerie deux ans plus tôt.

Lors de leur prise du palais présidentiel, le 24 mars 2013, des éléments de la Séléka ont découvert plusieurs milliers de passeports diplomatiques vierges. Le stock de la présidence a un temps été mis à l’abri par des membres de la rébellion hostiles à Michel Djotodia, pour éviter que l’éphémère président de la transition ne les distribue à son clan. En pure perte. Djotodia a finalement réussi à mettre la main sur ces passeports et, perpétuant la « tradition » de son prédécesseur, a accordé le statut diplomatique à des figures sulfureuses de la Séléka, dont le très controversé Noureddine Adam, son ex-chef de la sécurité. Selon nos informations, ce dernier, qui serait désormais réfugié au Nigeria, en a lui-même délivré à des Occidentaux. Il était d’ailleurs porteur d’un tel laissez-passer lorsqu’il a été brièvement arrêté à Douala, en janvier.

Le trafic de ces documents est d’autant plus aisé qu’ils sont fabriqués à Bangui. Sous François Bozizé, c’est la société Africard qui a obtenu le marché de production, de distribution et de vente des passeports (au prix de 50 000 F CFA l’unité, soit 76 euros). L’État centrafricain, partenaire de l’entreprise, avait imposé la présence de Socrate Bozizé, l’un des fils de l’ancien président, au conseil d’administration –  contacté à ce sujet, l’intéressé n’a pas souhaité réagir.

Dans le contrat daté du 13 janvier 2010 – que Jeune Afrique a pu consulter -, il est précisé qu’Africard bénéficie d’une exemption de toute taxe. La société reverse toutefois 10 % du prix de chaque passeport à l’État – une part qui devait passer à 25 % à compter de 2014. « Sur toute activité lucrative, la présidence imposait une taxe informelle et exigeait d’être actionnaire, directement ou indirectement », confie un ancien fonctionnaire.

Pour les nouvelles autorités, il ne fait aucun doute que ce contrat a été signé dans « des circonstances suspectes ». Déjà, sous Djotodia, « les rapports entre l’État et Africard [étaient] délicats, expliquait Arsène Sendé, alors ministre de la Justice. Les passeports diplomatiques délivrés sous Bozizé ont été passés au peigne fin avec les moyens du bord, très limités. Et des enquêtes ont été lancées sur la part de responsabilité d’Africard ». Une commission interministérielle a même été créée à ce sujet, et Charles Zouein, un ancien général libanais devenu directeur d’Africard, est sur la sellette. Ses liens étroits avec Socrate et Jean-Francis Bozizé, deux des fils du président déchu, sont minutieusement examinés.

« Nous travaillons au service des Centrafricains, pas d’un clan ou d’un parti politique, se défend Charles Zouein. Nous n’avons rien à nous reprocher et nous continuons de fabriquer des passeports pour le compte des nouvelles autorités. » Et la profusion de passeports diplomatiques centrafricains sortis de son imprimerie ? « Ce ne sont que des rumeurs », balaie-t-il. Reste qu’au sein du gouvernement nombreux sont ceux qui souhaitent tourner la page d’Africard et rompre le contrat.

À Bangui, les enquêtes se poursuivent lentement, malgré les changements politiques et une situation sécuritaire chaotique. En tout état de cause, la circulation anarchique de ces passeports – qui se revendent encore 10 000 euros sur le marché informel à Paris – préoccupe les nouvelles autorités, qui veulent faire le ménage. « Il y va de la sécurité de l’État, souligne un fonctionnaire. Certains détenteurs de passeports diplomatiques constituent une menace pour la Centrafrique. »

En mars, Denis Ouangao Kizimalé, le ministre de la Sécurité publique, a annoncé devant le parlement de transition que plus de 8 000 passeports ordinaires et 900 passeports diplomatiques octroyés dans des conditions jugées douteuses sous Djotodia et bien avant pourraient être purement et simplement annulés. Et si le pouvoir reconnaît qu’il ne détient pas la liste exhaustive des bénéficiaires de tels documents, un laborieux processus de dénombrement est en cours, en coordination avec Interpol.

La chasse à ces vrais-faux passeports constitue un défi sécuritaire d’autant plus urgent à résoudre que, d’ici à la fin de 2015, le pays doit s’équiper en matériel d’identification biométrique pour se conformer aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Faute de quoi il n’y aura plus de vols internationaux au départ et à destination de Bangui.

Le 30 Avril 2014

AFP

 
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Publié par le 30/04/2014 dans Uncategorized

 

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