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CENTRAFRIQUE : Le rassemblement des forces du progrès pour une alternance crédible en République centrafricaine

Publié par CARnews ou RCainfo le 22-11-2015/Bruno-Serge PIOZZA & AE
CENTRAFRIQUE : Le rassemblement des forces du progrès pour une alternance crédible en République centrafricaine
Par Alain LAMESSI

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C’est dit et répété. C’est connu de tous et reconnu par tous : la crise multiforme à laquelle est confrontée, à son corps défendant, la République centrafricaine depuis décembre 2012, a fortement ébranlé les fondements de la république. Elle l’a littéralement précipitée dans l’abîme, au-delà d’abominables viols, vols et du nombre incalculable des pertes en vies humaines dont nous ne cesserons de pleurer la mémoire. Elle a surtout remis en cause nos propres certitudes : Nous n’étions pas un Etat fort. Nous n’avions pas d’institutions solides. Nous n’étions pas un peuple uni. Notre armée nationale était en lambeaux. Depuis belle lurette. Nos dirigeants malgré tout n’ont pas toujours été à la hauteur de leur responsabilité.

Pour une alternance crédible

Cette crise nous interpelle. Elle nous oblige de changer la manière de percevoir la réalité de notre pays. Au demeurant elle exige de nous de prendre conscience d’une néo réalité : la nécessité de nous rassembler pour envisager l’avenir de notre pays comme un défi commun à relever. C’est un défi titanesque qui nécessite bien sûr de mobiliser toutes les énergies et toutes les intelligences. Aucun bras ne sera de trop dans cette nouvelle configuration.

L’élection présidentielle du 27 décembre prochain est un tournant historique que nous devons prendre. C’est un virage à 90° que nous devons négocier avec sérieux, lucidité et sang froid. A la sortie de ce virage, doit être prise une nouvelle direction devant aboutir à la naissance d’un Centrafrique nouveau. L’objectif est de tourner le dos à ce passé tumultueux par trop négatif pour impulser une dynamique nouvelle au pays.

Que veut dire alternance crédible aux régimes passés ? Cela veut dire des idées nouvelles, des pratiques revisitées, des hommes et des femmes politiques nouveaux ou à tout le moins renouvelés. A la vérité, le peuple centrafricain a besoin de profonds changements structurels pour ne pas parler de la révolution qui est aujourd’hui hélas un mot bien galvaudé. Ces changements structurels doivent déboucher à très courts termes sur de changements significatifs dans ses conditions de vie et d’existence : travail, santé, école, route, alimentation, logement, etc. Qui d’autres que les centrafricains peuvent apporter ces changements aux centrafricains.

Vers une stratégie de l’unité des forces démocratiques

La pléthore des candidats à l’élection présidentielle est le meilleur indicateur de la déliquescence de l’Etat. En effet, plus un Etat est fort, solide et crédible, moins il y a des candidats à l’élection présidentielle. A l’inverse, plus un Etat est faible et fragile plus il ya des candidats à l’élection présidentielle. C’est une hypothèse qui mérite d’être vérifiée.

En République centrafricaine, tout le monde ou presque pense être compétent pour résoudre comme par coups de baguette magique les multiples problèmes qui se posent au pays sans jamais prendre en compte sa capacité réelle, sans jamais réfléchir au préalable sur la complexité du problème en présence et surtout sans même jamais préciser quels sont les moyens à mettre en œuvre. C’est la conception magique du pouvoir qui prévaut comme on peut en observer chez les adolescents. Nous ne sommes pas loin de l’état métaphysique décrit par Auguste COMTE au XVIIIe Siècle dans sa théorie de « la loi des trois états ».

Pire, on se croirait dans une compétition où toutes les catégories sont confondues : Les poids-plumes, les poids-coqs et les poids-légers défient allègrement les poids lourds et les mi-lourds sur un ring en bois où tous les coups sont permis. Les minimes, les cadets et les juniors jouent sur le même terrain en latérite que les seniors et les vétérans, les uns pieds nus et les autres en bottines sans arbitre ni juge de touche. Le spectacle peut être délirant si ce n’est dramatique à la fin.

Une évidence s’impose d’emblée : la multiplication des candidatures à l’élection présidentielle a pour inconvénient majeur de favoriser l’émiettement de l’électorat, l’exacerbation du clivage ethnique, régionaliste, religieux, et le repli identitaire. Si nous sommes aujourd’hui en République centrafricaine dans une situation de fractures sociales multiples, béantes et purulentes, il y a à craindre que celles-ci ne se métastasent pour devenir un cancer généralisé. De la démocratie peut naître un monstre. HITLER accéda au pouvoir par le jeu démocratique. Son bilan est connu. De l’élection présidentielle peut accéder au pouvoir un incompétent de la pire espèce d’autant plus que les critères subjectifs vont encore prévaloir sur les critères objectifs. Et demain nous n’aurons que nos yeux pour pleurer.

La stratégie de l’unité est de loin meilleure à la stratégie de la division et de l’émiettement des forces populaires. Par conséquent, dépasser les clivages artificiels et sectaires, les égoïsmes partisans, ethniques et religieux doit être le premier défi à relever après l’instauration de l’autorité de l’Etat et le renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire. D’ailleurs, on ne trouve aucune ligne de démarcation idéologique crédible entre les différents partis politiques : tous ou presque y compris les derniers nés se réclament du socialisme ou de la social-démocratie dont le commun des militants ne comprend rien. On peut même s’étonner que les dix ou quinze partis politiques de cette obédience ne soient pas en mesure de s’unir à moins que ce ne soit encore que des coquilles vides. Par ailleurs, pourquoi aucun parti politique ne se réclame du libéralisme pourtant à la mode dans les grandes démocraties ?

Même dans la tradition centrafricaine, ne devient pas chef du village qui veut. Il y a des critères sélectifs rigoureux parfois mystiques, toujours éthiques qui président au choix consensuel du chef du village. Pourquoi, dans un contexte de crise généralisée que connaît la République centrafricaine doit-on laisser au hasard le choix du futur Président de la république ? Pour éviter ce cas de figure, il faut privilégier le rassemblement des forces du progrès. Alors qui peut faire consensus ? C’est un vœu pieux, je l’admets.

Par Alain LAMESSI

Source :Publié depuis OverBlog et Twitter et Facebook et LK
 
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