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CENTRAFRIQUE : des soldats français racontent le chaos de Sangaris

sangaris

Un soldat français en patrouille dans un village au nord de Bangui, la capitale de la République centrafricaine, le 3 janvier 2014.REUTERS/Andreea Campeanu

Cinq militaires comparaissent ce jeudi devant une cour militaire pour des violences commises en Centrafrique et témoignent des abus commis par les forces françaises et des carences de leur hiérarchie.

Pour l’Armée française, le cauchemar de Sangaris tarde à se dissiper. Cinq soldats et officiers comparaissent aujourd’hui devant un conseil militaire à Poitiers, pour des violences commises au cours de cette opération de sécurisation en Centrafrique, qui s’est achevée en juin dernier. 

Au delà des faits qui leur sont reprochés, leurs témoignages dévoilent la triste réalité de l’intervention française: pénurie de moyens, absence de hiérarchie, complicité passive face aux exactions commises par les troupes tchadiennes. Un an après la dénonciation par l’ONU des viols perpétrés par des casques bleus français sur des mineurs centrafricains, la « grande muette » est de nouveau éclaboussée par ces révélations embarrassantes.  

Ces témoignages sont consignés dans un rapport d’enquête, menée au printemps dernier pour appuyer les poursuites disciplinaires à l’encontre des soldats. Le Parisien a révélé ce jeudi matin quelques extraits de ce document confidentiel.  

Pénurie de matériel

Les faits remontent à début 2014: depuis le 5 décembre, les troupes françaises sont engagées en République centrafricaine pour mettre fin aux violences interreligieuses. Des affrontements sanglants opposent milices chrétiennes anti-balaka et rebelles musulmans de la Séléka. Les exactions se multiplient, la guerre civile confine au génocide. Les militaires du 2e Rima débarquent au milieu du chaos. Postés à l’entrée nord de la capitale, Bangui, il se retrouvent aux premières loges des massacres. 

« On est arrivés dans un pays en guerre civile et on est arrivés au moment le plus fort, raconte un soldat aux enquêteurs. Nous n’avions pas de couchage, pas de lits picots, pas de moustiquaires. On prenait les cartons des rations pour dormir dessus. Parallèlement à ça, on était menacés par la hiérarchie d’être punis en cas de paludisme. »  

Un seul véhicule blindé pour plusieurs dizaines d’hommes, alors que les combats de rue font rage. Les militaires improvisent et plaquent des gilets pare-balles sur leurs camions pour assurer un semblant de protection. Matériel vieillissant et inadapté, manque d’eau potable et de munitions, conditions d’hygiène déplorables, l’intendance peine à suivre ces petites unités dispersée à travers la ville. Des conditions matérielles dénoncées à plusieurs reprises par les soldats de retour chez eux. 

Obligés de subir le feu de leurs alliés

« Au quotidien, c’était des embuscades, des mouvements de foule, maintien de l’ordre, des découvertes de cadavres (…). Chaque fois que l’on trouvait des cadavres ex-Séléka, on était obligés de monter la garde pour éviter que les anti-balakas, voire la population, les découpent et les mangent », raconte l’un des soldats.  

Pour les militaires, la confrontation avec l’horreur est quotidienne. L’arrivée des soldats tchadiens ne fait qu’aggraver les choses. Le président Idriss Deby, premier allié de l’Élysée dans la région, a envoyé des troupes en renfort pour sécuriser la capitale. Mais, indisciplinées et en majorité musulmanes, elles ne tardent pas à se joindre aux exactions contre les civils. 

L’un des officiers mis en cause évoque un « massacre de la population » et « au moins trente corps ». Dans la confusion, les militaires français sont eux aussi pris à parti. Impossible de répliquer à ces ingérables frères d’armes: le commandement ne transmet aucun ordre. « J’étais obligé de poster les mecs en leur donnant l’ordre de ne jamais ouvrir le feu sur les Tchadiens. Nous n’avons jamais reçu de conduite à tenir du PC (NDLR : poste de commandement). » 

Livrés à eux-mêmes, témoins d’atrocités quotidiennes, les « marsouins » flanchent peu à peu. « Face aux horreurs que l’on a vues là-bas, on a commencé à devenir agressifs », confesse ce même officier. Ils basculent à leur tour, en mars 2014: alors que l’opération s’achève, les cinq prévenus décident de ramener des baïonnettes gravées, en souvenir, et les commandent à un marchand local… qui s’enfuit avec l’argent avancé. Il est localisé et rattrapé par les militaires quelques jours plus tard.   

Il est roué de coups, puis attaché à un arbre, les mains dans le dos, un sac en plastique sur la tête. Il ne sera libéré qu’au bout de plusieurs heures, par un officier qui le menace du bout de son fusil: « Si tu parles, ou si on te revoit dans les parages, c’est finex (sic) pour toi », rapporteLe Parisien.  

Cette agression, dénoncée en avril dernier, a conduit à la suspension des militaires impliqués. Ils pourraient être définitivement révoqués si les faits son avérés. Quelles que soient les sanctions disciplinaire, ils n’en auront pas terminé avec la justice: la section militaire du parquet de Paris a également ouvert une enquête. Elle pourrait révéler d’autres manquements dans la conduite des opérations

Source : Express

 

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CENTRAFRIQUE: CENTRAFRICAINS, TRAVAILLONS TOUS ENSEMBLE POUR UNE PAIX DÉFINITIVE

Publié par CARnews ou RCAinfo le 12-12-2015/Bruno-Serge PIOZZA & AE
CENTRAFRIQUE: CENTRAFRICAINS, TRAVAILLONS TOUS ENSEMBLE POUR UNE PAIX DÉFINITIVE

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Le Chemin de la Paix et de réconciliation en Centrafrique est encore long et épineux mais avec la volonté, la patience et la détermination on y arrivera. Chaque Centrafricain doit apporter sa contribution dans ce processus de la recherche d’une Paix durable, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale. Il n y a pas de fatalité lorsqu’on s’est rendu compte qu’on s’était trompé dans nos actes et qu’on demande pardon aux victimes.Parlons-en et unissons-nous car on fait toujours la paix après chaque guerre ou conflit. Ainsi l’heure de la paix, de la réconciliation a sonné. Que Dieu vous bénisse et qu’il aide la République Centrafricaine a retrouvé le chemin de la Paix définitive et durable ainsi qu’une bonne cohésion entre les Centrafricains. Chacun trouvera sa place dans ce beau pays plein d’amour, de richesse et de diversité.

Par Bsp Bruno-Serge Piozza

 

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CENTRAFRIQUE: La République Centrafricaine, un chaos inextricable ?

RCA

Malgré l’intervention militaire Française et une présence de la MINUSCA, la RCA semble retomber dans les tourments de la guerre civile. Les exactions reprennent, les civiles fuient, le pouvoir vacille. Depuis son indépendance, la RCA, ne connait que dictatures, chefs d’Etat fantasques et coups d’Etat à répétition.

Après l’assassinat d’un jeune chauffeur de taxi moto musulman le jour de l’Aid El Kebir, Bangui est retombé dans un chaos proche de la guerre civile. En quelques jours, ce n’est pas moins de 50 victimes décédées et 150 blessés comptabilisés. Plusieurs ONG ont été vandalisées et une église incendiée. De multiples manifestations ont éclaté partout dans la capitale. Afin de stopper une marche vers le palais présidentiel, les casques bleu Burundais ont usé de la force, tuant trois manifestants.  La Présidente de transition, Madame Catherine Samba Panza a dû interrompre son séjour à New-York pour rentrer d’urgence à Bangui. Cette résurgence de violence rappelle dangereusement la guerre civile de 2012-2014.

Carte guerre RCA

En 2012  plusieurs mouvements de rébellions s’unissent pour former la force « Séléka » (« alliance » en langue Sango). Elle est composée de groupes rebelles très hétérogènes mais souvent musulmans. La Séléka devient rapidement une force militaire puissante dont l’objectif est affiché clairement  « depuis 50 ans que les chrétiens dirigent ce pays les résultats sont catastrophiques, ils ont échoué, il faut à présent donner l’occasion à un musulman de tenir les rênes du pays ». Le Président Bozizé, sentant le danger imminent, demande de l’aide à la France et aux USA. Aucune des deux puissances ne souhaite intervenir. La Séléka prend rapidement le pouvoir et certains de ses éléments tentent d’appliquer la charia en Centrafrique. Le pays s’enfonce dans un conflit meurtrier, obligeant la communauté internationale à intervenir. Les forces françaises, appuyées par le Tchad et le Burundi, reprennent rapidement Bangui, et nomment un gouvernement de transition. Depuis, l’ordre et les élections démocratiques peinent à revenir.

Un conflit inextricable ?

Pour beaucoup d’observateurs la situation en République de Centre Afrique  semble trop confuse voir même inextricable. Pour d’autres celle-ci se résume en un simple conflit religieux : musulmans vs chrétiens. La situation est bien plus complexe, pour mieux l’appréhender voici les grands facteurs de la crise en RCA :

1/ Un facteur ethnique fort :

Carte ethnies RCA

Plusieurs centaines d’éthnies cohabitent en République de Centre Afrique, sans vouloir en faire la liste exhaustive en voici les principales et leurs caractéristiques :

  • Les Gbayas et les  Bandas, ce sont deux peuples de la savane, à elles seules les deux ethnies représentent plus de la moitié des habitant de la RCA. Les Gbayas sont les plus nombreux, il semble qu’il s’agisse du peuple originel de la RCA. Organisés en petits villages très autonomes, les Gbayas sont initialement des cultivateurs/chasseurs, ils sont réputés pour être d’excellents guerriers et chasseurs. L’organisation traditionnelle de leurs sociétés est basée sur l’autonomie des villages. Seuls des chefs de guerres, et uniquement en période de conflit, peuvent prétendre à une autorité sur les communautés. Pendant la colonisation française, les Gbayas n’ont jamais réellement cédé à l’autorité.  Encore aujourd’hui ce trait de caractère est fort. Les Gbayas formaient l’essentiel de la force armée combattante face aux sélékas.

  • Les Rungas sont un peuple d’origine sahélienne, parlant arabe de pratiquant la religion musulmane sunnite. Il s’agit d’un peuple de culture nomade, qui allie traditionnellement commerce, élevage et razzia. Les Rungas sont aussi présents au Tchad et au Soudan. Il existe un conflit historique entre les Rungas et les Bandas. En effet, les peuples nomades du nord ont une forte tradition d’opposition avec les sédentaires pour des motifs territoriaux, notamment pour les pâtures du bétail. Les Rungas ont toujours refusé l’autorité des peuples de la savane, jugés inférieurs.

  • Les Oubanguiens, sont le peuple des rives  de l’Oubangui. Hommes de pêche et de commerce, les hommes du fleuve disposent d’une culture à l’identité très affirmée. Leurs communautés ont de fortes relations avec celles similaires le long du fleuve, notamment en RDC.

  •  Les Saras représentent 8 % de la population centrafricaine. L’organisation traditionnelle de la société Saras est basée sur la culture et l’élevage. Les Saras organisent leurs villages autour de plantations communes à tous les habitants. Contrairement au Bandas ils ont une organisation communautaire.

  • Les Nzakarazandes, sont un peuple guerrier d’origine soudanaise. Contraints de migrer pour fuir la traite esclavagiste arabe, ils ont atteint l’Est de la RCA à partir du X siècle. Avec une culture riche et une organisation sociétale forte, ils créèrent un royaume puissant qui perdurera jusqu’à la colonisation.

  • La minorité Peuls, Non représentée sur la carte. Les peuls sont présents à l’Est du pays. Peuple de commerçants et d’éleveurs prospères ils vivent entre les zones non habitées et les territoires Bandas.

Outre leurs multitudes, les ethnies centrafricaines sont profondément différentes par leurs organisations sociales, leurs cultures, leurs activités vivrières ainsi que leurs origines géographiques. La colonisation, puis le développement à partir du milieu du 20éme siècles bouleversa l’organisation et les modes de vies ethniques. Aujourd’hui restent seules les langues, quelques traditions, et les rancœurs entre éthnies.  Les luttes de pouvoir entre les éthnies sont importantes et conditionnent la vie politique en RCA. A son arrivée au pouvoir en 1993, le Président Patassé, marginalisa les ethnies du Sud, au profit de sa propre ethnie les Saras. A la suite d’un coup d’état le Président Bozizé prit la direction du pays, excluant aussitôt les Saras, au profit de son ethnie les Gbayas. De façon systématique, le nouveau leader du pays exclut l’éthnie du précédent et impose la sienne. En créant au passage des animosités constantes ainsi qu’un profond trouble dans l’organisation de l’administration et de l’Etat.

2/ Une guerre religieuse

En plus du facteur ethnique s’ajoute un conflit et des tensions religieuses importantes.Les tensions religieuses sont initialement fortes en RCA, deux raisons à cela :

  • Une raison historique profonde ; les peuples sédentaires chrétiens et animistes ont souffert pendant des siècles de razzias organisées par des peuples nomades et musulmans (originaires de l’actuelle Libye, du Soudan et du Tchad). Ceux-ci cherchaient à s’accaparer des ressources ainsi qu’à capturer des esclaves, vendus par la suite aux commerçants arabes. Cette traite a laissé des traumatismes et des rancœurs importants dans les populations.

  • Une raison historique contemporaine ; la RCA a accueilli au cours du dernier siècle de nombreux réfugiés Tchadiens et Soudanais, victimes de guerre religieuses ou civiles dans leurs pays.

Ces tensions, même si elles sont fortement enracinées, n’ont pas compromis le « vivre ensemble » de la société Centrafricaine.   Principalement  car les communautés vivent séparées, chacunes dans leurs zones, le Nord du pays et le quartier PK05 de Bangui, pour les musulmans. La donne a changé quand les rebelles du Nord, pourtant musulmans modérés, ont choisi de faire alliance avec des groupes bien plus extrêmes, issus notamment du Tchad et du Nord-Soudan. Mêmes groupes qui suite à la chute du Colonel Kadhafi, ont eu accès à un stock d’armes et de munitions ultra abondant et donc très bon marché.

 La coalition ainsi formée, appelée « Séléka », n’a pas eu de mal à mettre une armée centrafricaine sous-équipée en déroute. Le pays fut rapidement pris et le Président Bozizé déchu. Après sa prise de pouvoir la Séléka connait des tensions internes importantes, les lignes politiques des rebelles Centrafricains modérés et des groupes extrêmes extérieurs ne peuvent s’accorder. La Séléka est de facto brisée, les éléments les plus extrêmes tentent d’appliquer la charia dans les zones sous leur contrôle, quant aux éléments rebelles du Nord de la RCA, ils restent totalement dépassés par les évènements. De nombreux crimes de guerres sont commis et les victimes civiles des exactions sont estimées à plus de 30 000.

En représailles aux assassinats de masse, aux viols et aux exactions en tous genres, une rébellion s’organise. Dés éléments proche de l’ancien Président Bozizé, des anciens militaires, et des membres de familles de victimes, créent les « anti-balaka ». Le groupe mal commandé, sous ou pas armé, ne peut s’attaquer frontalement au groupe Séléka. Sans faire de discernement, ils s’attaquent à une cible plus facile ; les civils musulmans centrafricains.

Les tensions anciennes, nourries par des exactions et des crimes bilatéraux entraineront rapidement le pays dans une guerre religieuse.

3/ Un état failli

La Centrafrique est considéré à tort comme un état failli. La RCA n’est pas un état failli car elle n’a même jamais été un Etat. Déjà pendant sa période coloniale le pays n’a pas reçu les investissements de base nécessaires à sa bonne administration. C’est un pays sans routes, sans administration ni infrastructure, qui accède à l’indépendance en 1960. Sans registre des populations ni moyens de transports sûrs, la levée de l’impôt est pratiquement impossible. Les seules ressources sont les subventions internationales et la vente de diamants.  Les coups d’état et le détournement  de l’argent public finiront par achever la situation financière du jeune pays. L’administration accumule les retards de paiement des salaires. De façon symétrique la corruption gangrène progressivement le pays.

4/ Des influences extérieurs fortes :

Les influences externes régionales se caractérisent principalement par le soutien initial du Tchad à la rébellion séléka.  Rappelons par la même que le groupe rebel est formé à plus de 30 % de Tchadiens.  Les objectifs initiaux du Tchad sont nombreux, d’abord économiques, la majeure partie des hydrocarbures en RCA proviennent du Tchad. Une pacification de la zone du Nord de la Centrafrique permettrait l’exploitation de gisements de gaz et de pétroles, qui offriraient l’autosuffisance au pays et qui par la même priverait le pays d’Idriss Deby d’une ressource importante. En outre, le gouvernement Tchadien  espérait qu’un régime « reconnaissant » en RCA faciliterait la coopération entre les deux Etats, notamment en renforçant l’hégémonie de N’Djamena  dans la sous-région. Enfin, au vue du caractère particulièrement instable des éléments tchadiens de la Séléka, il est plus sûr de les « occuper » à l’extérieur du pays, que de les garder en son sein, et de risquer de graves troubles intérieurs.

Le Soudan du Nord est aussi un fidèle soutien aux rébellions Centrafricaines. En effet le Soudan du Nord, principalement Musulman, est en guerre contre le Soudan du Sud à majorité chrétienne, dont un des soutiens locaux était le régime du Président Bozizé. Par conséquent le Soudan du Nord cherche à saper les  régimes soutenant sont ennemi.  En outre, le Soudan du Nord est considéré comme un allié important de la chine en Afrique. La chine investit de façon abondante dans le pays en échange de juteux contrats d’exportations d’hydrocarbures. Pekin a notamment financé deux usines d’armement, qui produisent des AK47 ainsi que des mitrailleuses lourdes. Le Soudan a donc ainsi trouvé des clients  à son industrie d’armement. Peu regardant sur les moyens de paiement, le Soudan a accepté le butin de guerre des Séléka (Or, Diamants et bois précieux), avant de l’expédier chez son partenaire asiatique.

La Chine a joué une influence discrète mais importante dans le conflit. A la recherche de matières premières et de zones d’influences, Pekin a d’abord cherché à conclure des accords avec le régime Bozizé. Quelques contrats ont été signés, mais la proximité entre le régime et la France n’a pas permis une réelle coopération  Sino-Centrafricaine.  La chine s’est alors tournée vers la rébellion nordiste par le biais de son partenaire soudanais. Les conditions de travail et le droit social chinois n’étant pas particulièrement restrictif, les entreprises chinoises ne craignent pas de signer des marchés dans des zones de guerre et d’y envoyer des employés. L’année dernière plus de 400 employés chinois sont d’ailleurs décédés sur le continent africain…

Enfin principal soutien international de la RCA : la France. Elle joue un rôle important dans la situation centrafricaine. La position française a d’abord été très en retrait du conflit, afin de ne pas froisser son allié Tchadien. Le gouvernement avait déjà engagé les forces armées au Mali et ne souhaitait pas lancer une seconde intervention simultanément. Ce n’est que plusieurs mois après la prise de pouvoir de la Séléka, et devant l’ampleur du désastre humanitaire et sécuritaire, que la France décide d’intervenir. Cette intervention tardive permet de mettre un frein au conflit et de défendre les intérêts français sur place.

5/ Une situation géographique difficile :

carte des ressources en RCA

Le pays est recouvert en partie par une forêt de bois précieux et semi-précieux, en plus de cette ressource importante, le sous-sol centrafricain est riche d’or, de cuivre, de diamant ou encore d’hydrocarbure. Malheureusement la position enclavée du pays ainsi que l’absence d’infrastructure, rend le commerce particulièrement complexe. Le pays est desservi par deux axes routiers de mauvaises qualités : l’axe Bangui-Douala et l’axe Bangui-Pointe noire. Cette dépendance rend la déstabilisation du pays aisée. Les exactions des coupeurs de routes et autres bandits créent parfois une paralysie complète du pays. En quelques jours le prix des denrées de base explose et les quelques exportations cessent. Pour aller plus loin sur ce sujet, retrouvez notre article : RCA, bénis par les dieux, maudite par sa géographie.

La guerre civile en RCA est donc nourrie par un conflit éthnique, un conflit religieux et des influences extérieures contradictoires. Le tout dans un pays sous-développé, corrompu et enclavé. Une solution de paix viable, devra allier désarmement des groupes (ex-séléka, anti-balaka), politique de réconciliations et de justice, politique de décentralisation, sécurisation de l’intégralité du territoire, refonte de l’administration, ainsi qu’un plan d’investissement important afin de relancer l’économie d’exportation. Une équation qui semble difficile à tenir sans une aide internationale importante.

Par Globaldiplomatie  

Antoine VALENTIN
Co-fondateur du Blog Globale Diplomatie.com, étudiant en école de commerce et à l’IRIS SUP (institut des relations internationales et stratégiques). Auditeur jeune de l’IHEDN (institut des hautes études de la défense nationale) et de l’IFP (Institut de formation politique). Contact : a.valentin@globalediplomatie.com
 
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Publié par le 15/10/2015 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE : LA VIOLENCE NE RÉSOUT JAMAIS LES CONFLITS. ARRÊTEZ ! LE SANG A TROP COULE. LA RELIGION N’EST PAS UNE NATIONALITE NI UNE IDENTITE CENTRAFRICAINE

CENTRAFRIQUE : LA VIOLENCE NE RÉSOUT JAMAIS LES CONFLITS. ARRÊTEZ ! LE SANG  A  TROP COULE. LA RELIGION N’EST PAS UNE NATIONALITE NI UNE  IDENTITE CENTRAFRICAINE

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Je suis Centrafricain de confession Chrétienne

J’ai deux sœurs mariées à des Centrafricains de confession musulmane

J’ai un frère qui s’est islamisé

J’ai une grand- mère de confession musulmane Fatima

J’ai deux neveux et une nièce de confession musulmane.

J’ai deux cousins qui se sont islamisés et portent le nom Aboubacar et Mahamat à Kaga Bandoro

J’ai des amis d’enfance, collègues et des copines de confession musulmane qui étaient comme des frères et sœurs pour moi.

A l’heure où je vous parle notre chemin a été brusquement séparé.

Mon  neveux de 12 ans a été déchiqueté à coups de machette en morceau le 8 Janvier 2014 au village Boyali route de Bossemtélé enterré dans une fosse commune jusqu’à présent.

Un autre cousin Bruno islamisé a été exécuté au village Féré à la limite Damara-Sibut.

Un autre a été confondu à un musulman centrafricain devrait être déchiqueté à Combattant à eu la vie sauve grâce à la MISCA Burundais.

Un grand père au nom de NGUIPA  âgé de 71 ans a été exécuté froidement à Féré ce 14 Janvier 2014.

Mes collègues de confession musulmane  se trouvent à SAHR et connaissent  personne dans ce nouveau pays où ils n’ont jamais mis pieds. Ils dorment avec sa famille à même le sol dans un gymnase et m’appellent tout le temps pour me dire que c’est dur.

L’autre collègue s’est séparé de sa femme et son fils et se trouve dans deux pays différents.

Une autre cousine a été exécutée froidement par les mercenaires Tchadiens où Soudanais de la Séléka

Je suis Centrafricain et je veux la Paix, rien que la Paix quelque soit la conviction religieuse.

La couleur de sang est la même et unique pour Chrétien où Musulman.

Ce conflit n’est pas confessionnel et ce sont les journalistes occidentaux qui  l’a rendu confessionnel.

La violence n’est pas la solution et ne résout jamais les conflits.

J’ai perdu une partie de moi et je suis sûr que certaines personnes pleurent comme moi.

J’ai le cœur serré mais un cœur qui a pardonné et cherche à oublier car on est fait  pour vivre toujours ensemble quelque soit la conviction religieuse.

Ne confondez pas Mercenaires Tchadiens Soudanais aux musulmans Centrafricains.

Ne confondez pas non plus les antis balaka aux chrétiens Centrafricains

Je veux revoir mes amis, mes collègues à Sarh, Sido, N’Gaoundéré, Douala, Bafoussam, N’djamena  la liste est assez longue.

Il faut qu’on pardonne à nos ennemis pour tourner la page et commencer une nouvelle vie car la vie n’a pas de prix.

Oublions et unissons nous pour  retrouver la quiétude, symbiose et l’harmonie qui sévissaient entre les deux communautés pour un Centrafrique nouveau uni et fraternel.

Enterrons la haine et la vengeance pour un pardon et une réconciliation durable et sincère.

PAR : Bruno-Serge PIOZZA

 
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Publié par le 07/02/2014 dans Uncategorized

 

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CENTRAFRIQUE : D’après une ONG, certains soldats tchadiens de la Misca jouent un double jeu

CENTRAFRIQUE : D’après une ONG, certains soldats tchadiens de la Misca jouent un double jeu

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Participer à une opération de paix tout en prenant parti pour un camp : c’est à ce double jeu que se livrent certains éléments tchadiens de la Misca, la force africaine déployée en Centrafrique d’après l’ONG Human Rights Watch et de nombreux témoignages recueillis. Un parti pris de ces Tchadiens en faveur de la Seleka, l’ancienne rébellion en cours de désarmement.

« Des éléments tchadiens de la Misca sans autorisation de l’état-major ont évacué des chefs de l’ex-Seleka de Bangui et de Bossangoa pour les libérer et [leur permettre] de continuer leurs atrocités contre la population, témoigne Peter Bouckaert, directeur des urgences de Human Rights Watch, au micro de RFI. J’ai vu moi-même un grand convoi d’éléments tchadiens de la Misca en train d’évacuer, protéger par des véhicules blindés, un groupe de 8 ou 9 voitures de l’ex-Seleka avec leur général dedans. Après ça, ils sont allés avec les éléments de l’ex-Seleka de Bossangoa, commandés par le colonel Saleh bien connu pour ses atrocités contre la population civile de Bossangoa jusqu’à Sibut avec l’assistance des Tchadiens de la Misca. »

Peter Bouckaert explique ainsi avoir discuté avec un responsable de la Misca, qui lui a confirmé que les Tchadiens n’étaient pas sous le contrôle de l’état-major de la force africaine. « Leurs actions sont hors du mandat de la Misca, donc c’est important qu’ils soient suspendus de la mission et que l’on enquête sur leurs actes », exhorte l’humanitaire.

Morts et règlements de compte à Boali

La ville de Boali a connu ainsi, ces deux derniers jours, un nouvel épisode dramatique. Mardi 4 février, des informations en provenance du nord effraient les habitants. A Yaloké et à Bossembélé, des éléments tchadiens de la Misca, venus chercher leurs ressortissants, ont semé la terreur en tirant sur les populations chrétiennes. Quelques heures plus tard, en fin de journée, ils arrivent effectivement à Boali. « Ils ont voulu passer la nuit ici, raconte l’abbé Boris de la paroisse Saint-Pierre de Boali. La Misca congolaise, qui se trouve là sur place, a refusé. Ils ont demandé à les escorter jusqu’au niveau de la sortie de la ville. Et en passant, le convoi tchadien tirait à bout portant sur la population. »

Bilan au moins 3 morts. Des scènes de paniques et une population chrétienne chauffée à blanc. Toute la nuit les anti-balaka, avides de vengeance, encerclent l’église ou sont retranchés depuis 15 jours plus de 800 musulmans et dont l’entrée est protégée par des Congolais de la Misca. « On était couchés à même le sol sous le banc avec les frères musulmans, poursuit l’abbé Boris. Ça tirait de toute part. »

Mercredi matin, les Tchadiens reviennent en ville et se remettent à tirer à leur tour sur les habitants qu’ils croisent. Ils se postent ensuite devant l’église et appellent un certain nombre de noms, ceux des déplacés qu’ils ont emmenés avec eux.

A Bangui, la Misca affirme que les soldats tchadiens en question n’appartiennent pas à la force de paix et que ses membres auraient été la cible d’embuscades à Yaloké et Boali au cours desquelles ils auraient perdu trois hommes.

 

Le 06 Février 2014

Human Right

 
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Publié par le 06/02/2014 dans Uncategorized

 

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