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Economie


La Centrafrique a de fortes contraintes structurelles d’ordre macro- et micro-économiques, ainsi que de forts potentiels, dont il convient de donner succinctement les principaux traits caractéristiques, pour mieux souligner les grands axes et vecteurs de solutions pour une croissance économique durable.

I. Les contraintes structurelles

Classé parmi les pays les moins avancés avec un revenu par tête d’habitant de 306 dollars par an, la RCA a été depuis 1985 l’objet de graves crises économiques et financières dont l’indicateur premier est une baisse du PIB et un important déficit budgétaire qui ont entraîné : un appauvrissement de la population, une détérioration des infrastructures de base, du système éducatif et sanitaire.

Ses autres traits caractéristiques constituant des inconvénients, peuvent être soulignés par les points successifs, plus marquant sous forme d’exemples frappant :

Pays enclavé, il faut 1500 Km pour atteindre le port de Douala à partir de la capitale de Bangui, => surcoût de transports, une baisse de compétitivité des produits centrafricains à l’exportation, un renchérissement du prix des produits importés et des biens manufacturés, => une dépendance par rapport aux deux principaux voisins (donnant un accès à la mer) et à leurs vicissitudes économiques et politiques.

L’immensité du territoire et la faiblesse numérique de la population, sa dispersion et son inégale répartition, rend :

d’une part le contrôle des frontières difficile [concentrée dans l’ouest, le centre et le sud, la région de l’extrême nord et de l’est servent souvent de base de repli à des rebelles Tchadiens et soudanais, à des coupeurs de routes de diverses origines appelés  » Zaraguina « , ou à des braconniers, => Climats d’insécurité] ;

d’autre part le marché centrafricain exigu et la base productive étroite (le secteur primaire représente 51% du PIB, le secteur tertiaire 32% et le secteur minier 17%), caractérisé par un mode d’exploitation peu performant.

Dans l’ensemble, le pays est peu bancarisé et certaines zones, dont l’est et le nord-est, sont faiblement monétisés, faute d’infrastructures de base et de transports favorisant les échanges.

A tous les niveaux socio-économiques, les ressources humaines sont insuffisantes qualitativement et quantitativement, et l’initiative privée est limitée.

Quant à l’administration, pendant plusieurs années, le Trésor public a été géré à vue et aucun livre comptable n’était tenu à jour. L’Etat a perdu de sa crédibilité. Enfin l’endettement et l’absence d’épargne budgétaire ont réduit la capacité d’investissement public.

Ainsi, la RCA est passée de 5,5% en 1994 de croissance à -2% de croissance en 1996 (en terme réel), ce qui a fait dire à certains observateurs internationaux (notamment le Moniteur du commerce international) que la RCA a obtenu le ruban bleu de la croissance. Cependant, si l’on observe le contenu de cette croissance, outre la remontée des cours de matières premières dopée par la dévaluation de 1994, il y a eu une augmentation de 20% du volume des produits dans le secteur des boissons gazeuses et de la bière. Parallèlement, il y a eu une augmentation des exportations des secteurs miniers, du coton, du café, du bois et des produits de l’élevage.

La RCA a atteint statistiquement l’autosuffisance alimentaire en 1985, même si depuis l’exode rural ne ralentit pas, en réalité du fait de l’absence d’une politique cohérente de distribution et de ravitaillement en produits vivriers, des régions déficitaires par les provinces excédentaires. L’enclavement intérieur du pays (il n’est pas seulement extérieur), interdit aux paysans de pouvoir compter sur la vente régulière de leurs excédents, d’autant plus que les routes existantes se dégradent de plus en plus, malgré les efforts d’un département des travaux publics inefficacement organisé avec très peu de moyens [en 1990, 17 milliards de FCFA étaient alloués par l’association internationale de développement pour la réfection de 4 000 Km de routes, 720 Km de pistes et des infrastructures fluviales et aériennes, une partie des aides est allé à Ngbare Kangué (village natal du chef de l’Etat)].

Tous les éléments précédemment cités, montrent bien que même en période très favorable pour l’économie centrafricaine, ce dernier reste 1/ tributaire des mouvements cycliques propres aux marchés des produits de base ;

2/ dépendante de l’extérieur : par exemple, les investissements étrangers représentent 3/5 des investissements et 2/3 des investissements étrangers sont français. Ces derniers se concentrent dans 38% des entreprises recensées dans le secteur moderne, dans lequel la part moyenne du capital investi est de l’ordre de 70%, concentré dans les secteurs du bois, des produits consommables (boissons, tabacs), du coton, des consommations, ainsi que des carburants.

3/ et des recettes publiques chroniquement inférieures aux dépenses avec un secteur informel (le phénomène des  » Bouba-Nguéré « ) qui se développe et qui  » tue  » l’économie centrafricaine (en occasionnant notamment des sorties conséquentes de devises), conjuguées à l’importance des fonds spéciaux (de l’ordre de milliard).

Pour faire face à tous ces déséquilibres structurels et assainir les finances publiques, dégager une épargne afin de financer les investissements, plusieurs programmes d’ajustements structurels ont été mis en place. Ce fut un échec :

en 1986, avec le concours des institutions de Bretton-Woods (le Fonds monétaire international et la Banque mondiale) et d’autres bailleurs, a été mis en place le Plan d’ajustement structurel (PAS) I, jusqu’en septembre 1988 ;

en juin 1988, la mise en place du PAS II, appelé plutôt PASA (programme d’ajustement structurel agricole), jusqu’au 30 juin 1989 ;

le PAS III a pris le relais en août 1989 jusqu’en décembre 1991 ; l’objectif était la poursuite d’assainissement financier, la relance économique par le biais des exportations traditionnelles (coton, café) et la diversification des produits agricoles, ainsi que le parachèvement de la réforme du secteur public et la restructuration du secteur parapublic.

En réalité, une grande partie des réformes n’ont pas été appliquées, ce qui a bloqué le fonctionnement des accords, en particulier le décaissement de la deuxième tranche du PAS. En 1993, les principaux bailleurs avaient cessé de soutenir la RCA.

En 1994, avec un nouveau gouvernement constitué à l’issu des élections démocratiques, eu lieu une nouvelle concertation en mai 1994 avec l’appui du PNUD, pour unprogramme dit de  » redémarrage « . Trois priorités ont été définies : 1/ la gestion économique et financière, 2/ les états généraux de l’éducation (sachant que 30% des enseignants ont été licenciés dans les années 1980, dans un pays qui compte environ 60% d’analphabètes) et 3/ la santé ;

des difficultés de mise en œuvre de l’ajustement ont entraîné en 1995, la négociation du PAS IV conditionné par l’amélioration des procédures budgétaires, l’élargissement de l’assiette fiscale, la réforme de la fonction publique et du secteur parapublic. Là encore, on connaît les résultats qui ont abouti aux multiples mutineries depuis 1996 dont le pays dans son affaissement économique n’avait pas besoin, ainsi que l’échec des différentes négociations avec les bailleurs de fonds devenant de plus en plus incrédules.

Actuellement, dans un contexte de retour à la paix grâce à une médiation africaine, mais qui reste très difficile du point de vue économique (retards de salaires de plus de 6 mois, …), une mission du FMI conduite par Klaus-Walter Riechel (Chef de mission), Richard Randriamaholy et Abdelrahim Bessala, conduite dans le cadre du Comité technique permanent, s’est rendu à Bangui du 18 au 27 octobre 1997, afin d’aider les autorités centrafricaines à assainir les finances publiques et à apurer les arriérés accumulés vis-à-vis des bailleurs. Le rapport issu de cette mission, a souligné avec des échéances précises (ne dépassant pas six mois) un certain nombre de mesures à prendre, préalable à tout autre accord avec le FMI. Il serait trop long de donner le contenu de ce rapport. Nous espérons qu’il va permettre de sortir de la logique de l’échec endémique des PAS en Centrafrique.

Toutefois, quels que soient les résultats des prochaines discussions avec le FMI, outre la réduction du degré des contraintes structurelles citées précédemment, les orientations économiques devraient 1/ tenir compte d’un certain nombre de potentiels et 2/ renforcer les capacités organisationnelles et en ressources humaines du pays,notamment en faisant recours aux compétences externes à l’administration.

II Les potentiels

Si l’agriculture était florissante, la RCA serait riche; car, c’est un secteur qui occupe plus de 65% de la population active, et représentait en 1989 41% du PNB. La RCA partage avec le Zaïre le triste record des rendements les plus bas du continent. Il faut savoir que :

37% des superficies ensemencées ne reçoivent ni engrais, ni insecticides ;

les produits de base de la RCA sont dépendants des cours de matières premières et les faibles quotas qui lui sont attribués, conjugués à une époque (sans doute révolue) où le dysfonctionnement de la CAISTAB (360 millions se F CFA non dévalués disparu dans la nature en 1989, sans qu’il y ait coupable et/ou responsable) ont fini par déstabiliser l’un des secteurs les plus productifs du pays ;

le tabac a pratiquement disparu : 285 tonnes en 1988 contre près de 3 000 tonnes au début des années 1970 ; le bois de la RCA qui a près de 250 essences est la 2ème production du secteur primaire. Ces

activités ont quatre fois plus de potentiels par décennie (estimation faite à partir d’un modèle de croissance tenant compte d’une dynamique transitionnelle)

Le sous-sol centrafricain est aussi un véritable scandale : diamant, or, cuivre, étain, calcaire, uranium,…

le diamant rapporte en moyenne 45 milliards de F CFA (dévalué) pour une production de 500 000 carats, or les diamantaires d’Anvers qui importent presque la totalité du diamant centrafricain, en achètent le double. En fait, les gouvernements ont toujours tiré profit du trafic illicite des pierres, notamment la grande concession de Mingala et Dimbi et les sociétés récemment crées avec des appuis extérieurs. Le redéploiement des forces publiques entraînées et bien payées dans les régions diamantifères et une réforme sérieuse du secteur permettraient d’endiguer cette hémostase.

Le gisement de l’uranium de Bakouma est estimé à 700 000 tonnes. Une société d’uranium centrafricaine (URCA) a été pourtant créé, sans qu’il y n’ait de suite.

En fin, il est plus qu’urgent de développer en même temps le secteur privé (parallèlement à une administration de mission faisant appel à des compétences centrafricaines pour des missions précises dans leur durée, leur objectif, nécessitant des compétences pointues) et la méritocratie (recrutement par concours supervisés par des personnalités de qualités et de différents horizons). Pour le développement des initiatives privées, ça ne se décrète pas : seule la réduction du risque-pays et le développement des infrastructures inciteraient les investisseurs à venir en RCA. Pour ces derniers les sciences économiques seules sont insuffisantes.

 Repères économiques

  • Parité Euro1 € vaut (au 01/01/2012) 655,96 Francs CFA
  • Parité Dollar1 $ vaut (au 01/01/2012) 496,63 Francs CFA .
  • RNB par habitant PPA810 $/hab .
  • Répartition du PIB
  • Primaire :56%
    Secondaire :15%
    Tertiaire : 29%
  • Inflation1,8%
  • Investissement intérieur brut 12,419% du PIB .
  • Investissements Directs Etrangers 72 millions de $ .
  • Exportations 187 millions de $ .
  • Importations 285 millions de $ .
  • Principales ressources Agriculture (coton), diamant, bois. .
  • Risque pays (Coface)D

PHOTOS PUBLIEES

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