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CENTRAFRIQUE: VISITE DE LA DELEGATION DE HAUT NIVEAU DES NATIONS UNIES EN RCA VERBATIM DE LA CONFERENCE DE PRESSE

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Omar Hilale, Ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies et président de la Configuration République centrafricaine de la Commission de la consolidation de la paix des Nations unies (PBC) 

Effectivement, c’étaient trois jours intenses de rencontres avec tout le spectre politique et associatif de la République centrafricaine, en commençant par SE le Président de la République, le président de l’Assemblée Nationale, les ministres, la société civile, la police, la gendarmerie, la communauté humanitaire, des contributeurs de fonds. Ça a été une visite très fructueuse, mais surtout – je dirais – une visite très heureuse parce qu’elle survient à quelques jours après la signature de Khartoum, Ça a été l’occasion, dans tous les entretiens, à tous les niveaux, pour dire que nous sommes là pour soutenir cet accord, pour l’appuyer. Pour dire que les Nations Unies dans ses différentes composantes et également les Etats membres des Nations Unies se félicitent tout d’abord de cet accord, l’appuient et sont prêts à l’accompagner par tous les moyens. Car nous y voyons une fenêtre, une opportunité pour sortir le pays de la crise et surtout pour commencer une nouvelle ère de paix, de réconciliation, de reconstruction, de consolidation de l’Etat de droit et des institutions de ce pays. Pour ce faire, aussi bien les Nations Unies que la communauté des donateurs, les agences onusiennes, les institutions financières, sont toutes disposées, également les pays membres, sur le plan bilatéral, à prendre les décisions nécessaires en termes de flexibilité, rapidité de l’action, mais également en termes de substance pour accompagner cet accord, parce que pour nous, cet accord représente une chance. Pas seulement pour la République centrafricaine, mais également pour l’ensemble de la région, car comme vous le saviez, la stabilité et la paix en République centrafricaine, ont et auront un impact sur l’ensemble de la région, d’où l’importance également du rôle des pays de la région, qui est fondamental, les pays voisins. Le rôle également de l’Union Africaine qui a été l’initiateur de cet accord de paix et les Nations Unies qui ont été là. C’est dire, c’est un accord inclusif dont nous saluons la dimension, l’inclusivité. Vous allez certainement poser la question « quelle est la différence entre cet accord par rapport aux autres accords ? » J’anticiperais votre question en disant, tout d’abord, c’est un accord global, un accord exhaustif dans la mesure où il aborde tous les aspects, les aspects économiques, les aspects de droit de l’homme, les aspects participation au gouvernement, les aspects institutionnels, les aspects d’autorité de l’Etat, les aspects de réconciliation, les jeunes, les femmes également, pratiquement toutes les composantes, toutes les strates de la société centrafricaine c’est la première différence. Deuxième différence, c’est un accord qui bénéficie de l’appui de la communauté internationale, pas seulement quelques pays mais l’Union africaine, bien sûr les états voisins, les Nations Unies. Donc vous avez là, un socle de partenaires, d’institutions, d’organisations internationales qui sont là pour vous appuyer, pour mettre en œuvre l’accord et pour renforcer les chances de paix, de réconciliation et de stabilité. C’est également un accord différent, parce que c’est le premier du genre à se projeter sur le court et le long terme. C’est un accord qui vise principalement et stratégiquement à tourner la page de tout ce qui est déstabilisation mais se focaliser sur la stabilité du pays. Et le rôle de toutes ses composantes pour en quelque sorte offrir aux femmes, aux jeunes, à tout l’ensemble de la population, un avenir meilleur basé sur le respect de l’autre, basé sur la coexistence, le vivre en commun. Mais également basé sur les perspectives de prospérité, de développement, de dignité qui reviennent aux citoyens centrafricains à travers l’emploi, la scolarité, la santé, le désenclavement des régions et à travers également l’autorité de l’Etat mais aussi et surtout à travers la justice. La justice à tous les niveaux, pas seulement à Bangui mais sur l’ensemble du territoire. Je conclurais cette introduction juste pour vous dire que le message que nous allons transmette au Conseil de sécurité, c’est un message d’optimisme que nous avons recueilli auprès de tous nos interlocuteurs, particulièrement la société civile, les acteurs associatifs, c’est un message également d’engagement et de détermination de la gouvernance des leaders politiques et du gouvernement de SE Monsieur le Président de la République, de les mettre en œuvre, de n’épargner aucun effort pour sa réussite. Et c’est également un engagement de mobilisation de la communauté internationale. C’est ce triple message que nous allons transmettre au Conseil de Sécurité, déjà la semaine prochaine le 21, et nous espérons Inchallah, lors de la prochaine visite ici, ce serait pour voir le premier dividende de la paix et de la réconciliation et surtout de la reconstruction de ce pays, et des réponses à ses attentes et ses aspirations. Je donne maintenant la parole à mes collègues des Nations Unies.  

Bintou Keita, Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique Merci Monsieur le président et bel après-midi à tous. Comme vous avez vu des images qui vous sont projetées et l’introduction qui a été faite, pour les personnalités que nous avons rencontrées, les associations que nous avons rencontrées, je voudrais juste partager avec vous, ce que moi je retiens de la visite. Il est clair que la signature de cet accord – cela a été déjà dit plusieurs fois – correspond à un moment que nous jugeons historique. Et en particulier, parce qu’il y a déjà eu d’autres accords et on vous a déjà donné les éléments qui font que cet accord est particulier. Et sur la question de la mise œuvre de cet accord, il y a un message important qui nous a été communiqué alors que nous sommes arrivés depuis trois jours, c’est : « il ne faut pas confondre vitesse et précipitation ». Cela a été dit à plusieurs reprises parce qu’il y a des problématiques qui existent depuis de longues années. Et il y a des problématiques qui vont continuer à exister même dans le contexte de mise en œuvre de l’accord, il va falloir penser à du court, à du moyen et à du long terme. Donc, cette coexistence c’est ce qui fera qu’à un moment donné, on aura une durabilité de la paix en ce qui concerne la République Centrafricaine. Par rapport à la mise en œuvre, il est aussi important – on nous a communiqué de façon très répétitive -, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi eu les acquis du Forum de Bangui. Et par rapport au Forum de Bangui, on insiste sur le fait que la Constitution était fondamentale dans cet aspect. Et notamment aussi de se mettre en face que la lutte contre l’impunité fait partie de tout ce paysage pour la durabilité de la paix. J’ai entendu quelqu’un dire – et ça m’a marqué : « vous savez que cet accord n’est pas un accord d’une personne ou de plusieurs personnes, c’est un accord pour la Centrafrique ». Et pour moi, ça fait une différence fondamentale. Ça veut dire que c’est un collectif, c’est la population toute entière, c’est le pays qui doit se mobiliser pour la mise en œuvre de cet accord avec l’accompagnement des partenaires, les partenaires des Nations Unies, les partenaires bi et multilatéraux et les partenaires de la société civile dans toutes ses composantes, y compris vous qui êtes dans cette salle et vous des médias qui sont en train de suivre tout cela en dehors de cette salle. Un autre élément que j’ai retenu des discussions a été la question de la vigilance, et je pense que la vigilance, elle est fondamentale parce qu’elle insiste sur le fait que les populations sont en attente, elles sont en attente depuis très longtemps et personne ne peut laisser tomber la population. Donc la vigilance exercée pour que la population puisse bénéficier des dividendes de la paix, maintenant, demain et après-demain est quelque chose qu’il faut avoir en tête. Et dans cette population, il avait une demande très particulière de la part des femmes et de la part des jeunes, donc ça veut dire que quelque soient les prochaines approches d’interventions d’activités, il faut faire en sorte que les hommes, les femmes, les jeunes puissent faire partie de ce processus. Un autre élément que je prends et que je ramène au niveau de New York, c’est l’enthousiasme des autorités centrafricaines. Lorsqu’on parle d’enthousiasme, ça veut dire que les énergies vont être déployées pour faire en sorte que très vite, les différents aspects d’obligation puissent être au rendez-vous. Et on sait aussi et là, c’est important, il va y avoir de l’impatience, il va y avoir des difficultés et par rapport à ces impatiences et ces difficultés, il faut se dire que la mise en œuvre de l’accord prendra plusieurs étapes. Et dans ces plusieurs étapes, il est important que chacun se souvienne que 10 km commencent avec un premier pas, et c’est quelque chose sur laquelle je vais insister, parce que la communication que vous allez faire autour de cet accord en tant que media doit aussi gérer les impatiences, parce que les gens attendent depuis longtemps. Finalement il me semble aussi qu’il y’a et il y aura des malentendus, il y aura des aspects de clarification, et pour ces aspects de malentendus et clarifications sur des principes, vous avez un rôle particulier et ce rôle particulier c’est de faire en sorte que tout ce que vous allez dire, tout ce que vous allez faire, vient pour apaiser les cœurs et pas pour enflammer les cœurs. Parce que le rôle d’apaisement est un rôle individuel mais c’est aussi un rôle collectif et en tant que media, vous avez aussi cette responsabilité de faire que les cœurs s’apaisent et les cœurs ne s’enflamment pas. Et enfin, s’il faut communiquer pour communiquer, il est clair que la communication pour les élites est différente de la communication pour la population. Et on sait que la radio est l’un des éléments essentiels que la population écoute, à 49%. Donc ça veut dire qu’il va y avoir une communication dans la langue que la population comprend et ça c’est fondamental. Mais je pense que c’est important qu’on ait aussi de la communication qui soit non écrite et qui utilise le monde des artistes pour que le contenu de l’accord et les débats qui vont se passer puissent être faits et relayés par les artistes. Et finalement il va falloir poser des gestes très forts et parmi les gestes très forts, c’est de faire en sorte que demain et après-demain dans les journaux, qu’on ait un accompagnement de la mise en œuvre qui rassure les gens. Qu’il y a des étapes à franchir et qu’il y aura des étapes difficiles à franchir, mais que ce n’est pas insurmontable. Et enfin, rassurer tout le monde et toute la population et vous dans cette salle que les Nations Unies, dans son ensemble, la mission, la MINUSCA a toujours été à vos côtés, continuera d’être à vos côtés, pour faciliter la mise en œuvre de l’accord. Et nous du siège, nous avons aussi un rôle à jouer qui est de continuer à communiquer autour de cet accord, dans l’espoir qu’offre cet accord de manière à ce que les hommes, les femmes, les jeunes, les moins jeunes de la République centrafricaine sentent que tout le monde est au service de la République. Je vous remercie.  

Oscar Fernandez-Taranco, Sous-secrétaire général de l’appui à la consolidation de la paix Merci. Je crois que mes collègues viennent d’expliquer, se référer à ce qu’on appelle tous un moment historique. Un moment historique, d’espoir. Je crois que pour une fois, on a pu entendre les représentants du gouvernement, les représentants de la société civile, beaucoup de nos partenaires qui sont présents ici en République centrafricaine. Comme un moment très crucial dans l’histoire du pays pour essayer justement de mettre en œuvre des éléments, pas seulement de l’accord auxquels on est en train de se référer mais aussi beaucoup d’instruments de la politique de développement national, le RCPCA qui fait l’objet d’une attention particulière. Donc sa mise en œuvre est importante parce que, comme ont dit mes collègues, beaucoup de ce qui a été dit et accordé est aussi basé sur l’esprit de ce qui a motivé le forum de Bangui. Donc je crois qu’il y a trois éléments clés, le forum de Bangui, la RCPCA et ces accords qui viennent comme une stratégie nationale pour justement promouvoir la paix, promouvoir l’entente, promouvoir la réconciliation. Moi, je représente ici une partie du siège des Nations Unies qui accorde les fonds de consolidation de la paix. On a eu l’honneur et l’opportunité de travailler avec beaucoup d’instances nationales pour ces aspects clés, l’appropriation nationale de ces processus de réconciliation.

Je crois qu’il y a des chiffres déjà montrés ici, on a pu faire un très grand effort pour accompagner le redéploiement et la présence de l’Etat dans les provinces des différentes régions, appuyer les efforts des jeunes et des femmes, appuyer les efforts des agriculteurs, les efforts de la gendarmerie et de la police nationale, les préfets et toute l’assistance du système judiciaire. Donc ça fait partie d’un grand effort d’appuyer la cohésion sociale. Je crois que ce qui nous inspire et nous motive c’est de voir comment les Centrafricains trouvent des moyens justement pour se réconcilier.

C’est clair qu’il y avait eu beaucoup de cœurs à réconcilier, la paix commence avec la réconciliation de chaque cœur individuel, mais aussi les cœurs des différentes communautés, c’est un pays qui est très riche dans sa diversité, c’est un pays qui fort et qui a un grand potentiel. Moi je viens de l’Argentine et je suis vraiment impressionné par les ressources impressionnantes qu’a ce pays et les potentiels magnifiques que vous avez, et, comme l’a dit ma collègue, la paix commence toujours par soi-même. Il y a une responsabilité particulière des médias ici, de promouvoir la paix, les discours de tolérance, les discours d’acceptation, de tendre la main et de donner une chance justement de bâtir.

Et je crois que les Nations Unies sont ici pour bâtir, pour appuyer les efforts nationaux, les efforts de citoyens de la République centrafricaine. On a aussi eu l’opportunité d’accompagner, d’appuyer les efforts de l’Union africaine. L’Initiative de l’Union africaine a reçu justement un appui de ces fonds du Secrétaire général, de consolidation de la paix. On est très impliqués justement dans l’appui aux importants efforts locaux et on vient d’appuyer un projet transfrontalier entre la République Centrafricaine et le Tchad en ce qui concerne l’appui à la transhumance, pour s’assurer que cette interaction entre éleveurs et agriculteurs est méditée à travers des comités de paix locaux qui sont notamment dirigés par les femmes, les jeunes et les leaders traditionnels. On est en train d’appuyer les efforts, les instances du gouvernement à se rendre présentes pour rendre les services essentiels de santé, d’éducation, d’approvisionnement en eau, de provision des ressources importantes. On est très engagés, on va voir de quelle manière appuyer les efforts qui émanent justement d’une décision de ceux qui ont été signataires de cet accord. Le dernier point c’est effectivement l’importance de la communication de cet accord, l’importance du rôle de la tolérance, l’acceptation et les pas en avant pour bâtir ce moment très unique. C’est une fenêtre d’opportunité qui ne va pas durer longtemps si tous – je dis les acteurs nationaux, les acteurs internationaux, régionaux -, n’agissent pas de façon concertée. Je vous remercie pour cette opportunité de nous diriger vers votre public et de dire qu’on sera là. Les Nations Unies vont continuer à appuyer les efforts du peuple de la République Centrafricaine et qu’on vous souhaite beaucoup de courage et beaucoup dédication, de leadership pour traduire les accords en réalité, pour tout le monde ici. Merci. 

QUESTION DES JOURNALISTES Bangui FM (Alexis Maximus Koalane)Les responsables des Nations Unies sont ici à Bangui pour soutenir l’accord de paix qui a été signé entre le gouvernement et les groupes armés. Alors, au cas où, un signataire de cet accord n’arrive pas à le respecter, quelles seront les sanctions envisagées vers lui ? 

Omar Hilale : Nous sommes dans une logique de réussite. Nous comptons sur la responsabilité de tout un chacun pour assumer ses obligations et mettre en œuvre le plan de paix. Bien sûr, les dispositions du plan prévoient les sanctions mais ce n’est pas le moment de parler de sanctions. Il y a différentes instances qui vont s’en occuper, mais l’essentiel pour nous, c’est voir l’espoir, la mise en œuvre, l’engagement et surtout la paix. Nous ne sommes pas dans une logique de sanction, nous espérons que vous aussi vous allez vous inscrire dans cette logique. Merci. 

Lengo Songo (Marcelin Endjikele-Kossikako)Ma préoccupation va directement à l’endroit de Monsieur Oscar Fernandez-Taranco, il venait à peine de souligner un aspect ici concernant le déploiement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire centrafricain. Au fait, le peuple centrafricain en a marre, se dit ceci, je cite « nous avons tant de difficultés concernant les Nations Unies puisqu’elles n’ont pas réellement soutenu l’arrière-pays, parce que 80% du territoire sont occupés par les groupes armés ». Comment vous pouvez justifier cela ? 

Oscar Fernandez-Taranco : Je vais être très bref. L’extension et la présence de l’Etat pour fournir les services sociaux de base dépend de la sécurité de tous les citoyens et ça c’est une responsabilité de tous les citoyens. L’Etat ne peut pas faire plus que ce que les citoyens font. Et je crois qu’ici, c’est la raison pour laquelle cet accord est important. Parce que, pour que la paix, le développement, la croissance économique, pour que l’emploi, les services de l’Etat puissent atterrir dans les régions les plus éloignées de Bangui, il faut qu’il y ait la paix, il faut que les armes soient enterrées, il faut que le dialogue et la réconciliation l’emportent. Le mandat de la MINUSCA c’est se focaliser sur les besoins de paix, de protection, de développement du peuple centrafricain. C’est impossible de faire le développement si on est dans des communautés où il y a des conflits. Donc il faut justement, respecter les accords signés, entamer ce processus de paix et mettre les citoyens de la République centrafricaine comme les principaux clients de tout ce qu’on est en train de faire ici. C’est ma réponse sur ce qu’il faut faire, entamer la paix au niveau local pour que tous les partenaires – je ne parle pas seulement des Nations Unies -, on a des partenaires très importants, les institutions financières, la coopération multilatérale, bilatérale, qui sont tous prêts, avec des moyens très importants pour venir en appui aux populations. Mais il faut qu’on ait une situation de paix. 

RJDH (Auguste Bati-Kalamet)Ma question va vers la sécurité, parce que les frontières de Tchad et le Soudan, c’est là d’où parfois viennent les armes. L’accord a été signé entre les groupes armés et le gouvernement. Comment ce processus de la sécurisation des frontières pourra amener une solution et la confiance entre la population centrafricaine, les groupes armés et les pays frontaliers ? 

Bintou Keita : Comme vous avez dit, il y a le gouvernement, il y a les groupes armés et il y a des pays de la région. Une des différences majeures par rapport à cet accord, ça a été l’implication des pays de la région et en particulier les pays que vous avez mentionné, étaient bien présents dans les discussions à Khartoum. Et par rapport à ça, l’accélération des commissions mixtes qui existent entre le Tchad, la République centrafricaine, le Soudan, le Cameroun, lorsque nous avons rencontré la ministre des Affaires étrangères, elle nous a bien parlé de l’accélération des conversations dans le contexte de ces commissions mixtes bilatérales.

Donc je crois que c’est un élément en faveur de ça. Vous avez aussi entendu qu’il y a un projet qui concerne la transhumance, et qui est la première entre le Tchad et la République centrafricaine. Donc il y a plusieurs interventions qui vont permettre d’aller dans le sens de la sécurisation des frontières.


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CENTRAFRIQUE : APPLIQUER L’ACCORD DE KHARTOUM C’EST BIEN MAIS RESPECTER SON ESPRIT C’EST MIEUX. 

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Quelques semaines après avoir trinqué, dansé, jubilé en faisant des selfies avec les bourreaux et paraphé l’accord de Khartoum, la phase la plus difficile, la plus cruciale demeure sa mise en œuvre. Au demeurant, chaque partie contractantes avait respectivement une carte à jouer : les groupes armés non conventionnels réclamaient de façon non négligeable l’abandon des poursuites tandis que le pouvoir revendiquait la paix pour le restant de la mandature.
Au delà des revendications traditionnelles de tout accord de paix et après d’âpres discussions, les principaux engagements sont axés sur la cessation des hostilités, le désarmement, le retour à la vie civile des combattants, la suspension des poursuites, la mise en place d’un gouvernement inclusif et le redéploiement effectif de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national.   Après la publication entourée de mystères des textes de l’accord, on remarque une interprétation abusive et erronée qui s’installe autour des dispositions de l’article 21 du dit accord qui évoque la mise en place d’un gouvernement inclusif. Cet article semble être compris de l’autre côté de rive comme la désignation d’un premier ministre issu des rangs des groupes armés non conventionnels.
Nous tenons à ce propos à rappeler qu’il faut une bonne interprétation dans l’esprit de l’accord pour faciliter sa bonne application. Ces diverses interprétations à tort ou à travers confirment que la victoire à l’arraché de la diplomatie internationale reste fragile. Pour tenter de mettre un terme à toutes ces spéculations stériles, le citoyen lambda s’interroge : Chacune des parties contractantes respectera t-il les engagements prévus par l’accord de Khartoum ? Pensez-vous que ces chefs de guerre qui sont habitués à jouer aux héros vont-ils accepter de jouer un second rôle dans le gouvernement inclusif ? Sans calculs politiciens, la communauté internationale remplira t-elle sa mission telle que prévue par les accords de Khartoum ?
En référence à la guerre de positionnement dans le camp du pouvoir, peut-on affirmer que le président de la république est pris en otage ? Par souci d’associer le peuple au débat, peut-on envisager d’organiser un référendum pour jauger le degré d’acceptation de l’accord par le peuple synonyme de légitimation du processus ? L’absence de date buttoir constituant un vide juridique dans le processus de désarmement n’est-elle pas un handicap à l’exécution efficace de l’accord de Khartoum ? En tout état de cause, l’accord de Khartoum représente un pas décisif, important et historique dans la reconquête de la paix.
Ce pas franchi démontre de la volonté des centrafricains à se transcender et de croire qu’une solution politique à la longue crise meurtrière est possible. Pour garantir une paix durable, juste et équitable, de nombreux défis sont à relever parmi lesquels la mise en place de structures pédagogiques pour expliquer, vulgariser le contenu de l’accord qui est incompréhensible pour un grand nombre de populations analphabètes. Il faut également relever que la mise en œuvre de cet accord va bouleverser l’architecture, l’ossature du droit positif centrafricain car il sera impérieux d’actualiser et d’harmoniser des lois dont l’esprit et les objectifs sont contradictoires au corpus de l’accord de Khartoum.
Pour ce faire, chaque partie contractante doit s’acquitter de ses droits, devoirs et obligations. En conséquence de ce qui précède, nous pouvons affirmer que la signature de cet accord est une aubaine pour le pouvoir pour palier à son manque d’ouverture démocratique et de corriger ses errements en matière de gouvernance…la paix ne sera complète que si chaque partie s’investisse en respectant ses engagements. C’est dans ce contexte que nous invitons humblement le président de la république de vite mettre en place les mécanismes de suivi de l’accord au risque de devenir obsolète.
La lenteur dans la mise en œuvre de l’accord générera des doutes pouvant enfreindre le processus. Pour ce faire, le Président de la république doit agir avec sagesse, intelligence en prenant de mesures concrètes et immédiates car la moindre imprudence, erreur servira d’alibis ou de prétextes aux groupes armés non conventionnels de dénoncer l’accord et de se conforter dans leur position traditionnelle plus que juteuse.
Nous rappelons in fine au chef de l’état qu’il lui faut de la persévérance et du courage autour d’un programme cohérent et orienté vers la paix, la réconciliation nationale et le vivre ensemble car plus ça traîne…plus ça se complique. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi. 
Paris le 15 février 2019
Bernard SELEMBY DOUDOU 
Juriste, Administrateur des élections 
Tel : 0666830062
 

CENTRAFRIQUE :« LE PAYS DOIT SE MOBILISER POUR LA MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD DE PAIX ET DE RÉCONCILIATION », SELON LES NATIONS UNIES 

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Bangui, 15 février 2019 – Au terme d’une visite de trois jours en République centrafricaine (RCA), une mission de haut niveau des Nations Unies appelle les Centrafricains à s’approprier l’accord de paix signé le 6 février dernier à Bangui entre le Gouvernement et les principaux groupes armés actifs dans le pays et réaffirme la mobilisation de la communauté internationale pour la mise en œuvre du texte. 

« Nous sommes là pour soutenir cet accord, pour l’appuyer, pour dire que les Nations Unies, dans ses différentes composantes, et également les Etats membres l’appuient et sont prêts à l’accompagner par tous les moyens. Nous y voyons une fenêtre, une opportunité pour sortir le pays de la crise et surtout pour commencer une nouvelle ère de paix, de réconciliation, de reconstruction, de consolidation de l’Etat de droit et des institutions de ce pays », a déclaré l’ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies et président de la Configuration République Centrafricaine de la Commission de la consolidation de la paix des Nations unies (PBC), Omar Hilale. 

« Nous saluons d’abord l’inclusivité de cet accord qui a pris en compte tous les aspects des crises en Centrafrique. Cet accord est différent des autres car c’est un accord global et qui a bénéficié de l’appui de la communauté internationale », a ajouté le président de la Configuration RCA. L’officiel ainsi que la Sous-Secrétaire générale des Nations unies pour l’Afrique, Bintou Keita, et le Sous-Secrétaire général de l’appui à la consolidation de la paix, Oscar Fernandez-Taranco, ont rencontré la presse vendredi à la fin de leur visite. 

De son côté, la Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique, Bintou Keita, a affirmé être consciente de l’impatience et des demandes de clarification l’application de cet accord mais les difficultés sont « des étapes à franchir ». « Dix kilomètres commencent par un pas », a souligné cette responsable des Nations unies, en ajoutant que la communication autour de l’accord est nécessaire pour « gérer les attentes ». « Le pays doit se mobiliser pour la mise en œuvre de cet accord », y compris les médias, a-t-elle dit, précisant que le « rôle d’apaisement est un rôle individuel, mais c’est aussi un rôle collectif. En tant que médias, vous avez aussi un rôle, faire que les cœurs s’apaisent et ne s’enflamment pas ». 

Pour sa part, le Sous-secrétaire général de l’appui à la consolidation de la paix, Oscar Fernandez-Taranco, a rappelé que les Nations Unies, qui a toujours été aux côtés des Centrafricains et qui soutient actuellement le plan de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA), appuiera les initiatives visant la mise en œuvre de cet accord de paix. Par ailleurs, il a appelé les différentes parties signataires à son respect et sa mise en application, car dit-il, « pour que la paix, le développement, l’emploi puissent atterrir dans les régions les plus éloignées, il faut qu’il y ait la paix, il faut que les armes soient enterrées, il faut que le dialogue et la réconciliation l’emportent ».


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CENTRAFRIQUE : Les accords de Khartoum, un nouveau succès de Poutine en Centrafrique

Pour la première fois, la Russie a été la cheville ouvrière d’un huitième accord de paix entre le pouvoir centrafricain et les groupes armés, négocié à Khartoum et signé à Bangui, le 6 février 2019.

L’accord signé au Soudan a certes bénéficié de la logistique et de l’apport diplomatique de l’ONU et de l’Union africaine, mais il n’aurait pas existé sans les négociations préparatoires et les projets de compromis, organisés et maîtrisés par la diplomatie russe. On peut aussi se demander si avec cette rupture du statu quo, qui l’arrangeait, le président Touadera n’a pas entamé une grande partie de la confiance de ses partisans et augmenté sensiblement le nombre de ses adversaires politiques. 

La Russie maître du jeu

En un peu plus d’une année, la Fédération de Russie a imposé son leadership en Centrafrique, en prenant en mains la plupart des leviers de commande pour la concrétisation d’un accord de paix entre les autorités centrafricaines et les groupes armés, essentiellement ceux contrôlant la partie orientale du pays qui sont issus de l’ex-Seleka. 
En faisant nommer comme conseiller politique de Faustin-Archange Touadera, Valery Zakharov, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a placé un pion essentiel sur l’échiquier centrafricain. Ce diplomate enjoué a été omniprésent et omnipotent face à une gouvernance anémiée du président Touadera. Il s’est arrogé un pouvoir qu’aucun ressortissant étranger n’avait obtenu depuis le colonel français Jean-Claude Mantion (1980-1993), surnommé le « pro-consul ». 
Valery Zakharov est vite devenu indispensable au président Touadera. Il a pu lui assurer une protection rapprochée avec des mercenaires russes, permettre aux forces armées centrafricaines de bénéficier du savoir-faire d’environ deux cent instructeurs russes et d’assurer, sans controle, la livraison de milliers d’armes et munitions. Sa grande réussite aura été d’amener les principaux groupes armés à la Table des négociations.

La Centrafrique orientale, au coeur de la stratégie russe

Même si plusieurs sociétés filiales, comme Lobaye Invest, du groupe Wagner appartenant à l’oligarque  Evegeniy Prigozhin, s’intéressent plus particulièrement aux gisements aurifères et de pierres précieuses situés dans le sud-ouest, c’est surtout la Centrafrique orientale qui intéresse la Russie. Abandonnées par Bangui depuis de nombreuses années, les populations notamment les Goula et Rounga, se sont progressivement tournées vers le Darfour où la Russie est très présente. Depuis un an, les missions militaro-humanitaires russes partent de ces territoires soudanais pour sillonner le nord-est centrafricain que tiennent notamment les quatre principaux chefs de guerre que sont Nourredine Adam ( FPRC), Abdoulaye Hissen ( FPRC), Ali Darass ( UPC) et Al-Khatim (MPC). Ce sont ces quatre seigneurs de la guerre qui ont été au coeur de la stratégie russe.

La diplomatie russe en action

Valery Zakharov, avec l’accord du président Touadera, a organisé une réunion décisive à Khartoum, les 27 et 28 août 2018, avec les quatre chefs de guerre précités et un responsable d’une branche antibalaka. Il est vrai que contrairement aux principaux mouvements rebelles issus de l’ex-Seleka, les antibalaka ne sont pas organisés en mouvements structurés et ressemblent davantage à des milices villageoises d’auto-défense.

Très curieusement, les mêmes jours, les 27 et 28 août 2018, l’Union africaine avait programmé une réunion avec les mouvements rebelles à Bouar, et attendait les chefs rebelles qui ont préféré se rendre à Khartoum. Les facilitateurs de l’Union africaine se sont retrouvés avec des seconds couteaux et sans mandat de négociation. La négociation menée par la Russie à Khartoum avait pris le pas sur celle de l’Union africaine. La présidence centrafricaine était également représentée à Khartoum et pas à Bouar.

Le Kremlin avait envoyé à Khartoum l’ambassadeur itinérant Konstantin Chouvalov pour mener les débats et permettre une plate forme des revendications et des propositions de paix des chefs de guerre contrôlant une grande partie la partie orientale du pays. Ce fut fait avec la « Déclaration d’entente » de Khartoum du 28 août 2018. Ni l’ONU ni l’Union africaine ne furent associées à cette réunion.

Ce document essentiel servira de base de négociation au président Touadera et à son directeur de cabinet, le ministre d’État Firmin Ngrebada pour les futurs pourparlers de Khartoum de janvier 2019. Le président Touadera enverra, le 29 août 2018, une lettre de remerciements à son « cher ami Vladimir Poutine », dans laquelle il met tous ses ses espoirs dans la médiation russe.

Les pourparlers de Khartoum

Le choix de Khartoum pour les pourparlers de paix avait été peu apprécié par l’ONU et l’Union africaine qui auraient préfèré Brazzaville. Le président Touadera resta inflexible pour maintenir ce lieu qui avait la préférence de la Russie où « Elle jouait à domicile »

C’est l’homme fort du rapprochement avec la Russie, Firmin Ngrebada, qui mena les discussions avec les signataires de la « Déclaration d’entente » du 28 juillet 2018. Du côté de l’Union africaine, après le retrait du facilitateur mauritanien Hacen ould Lebatt proche du président de la Commission, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ce fut l’Algérien Smaïl Chergui, commissaire à la Paix et à la Sécurité  qui dirigea les débats. Cet ancien ambassadeur de l’Algérie à Moscou, russophile et russophone, était l’homme idoine pour la Russie.L

La solitude du président Touadera

La publication de l’Accord de Khartoum a pris beaucoup de temps. Le président Touadera savait qu’il engendrait des réactions hostiles, notamment  venant de son Premier ministre, qui a du sacrifier ses conseillers historiques, dont Fidele Gouandjika, une partie de la  population et les antibalaka. Deux de leurs leaders, Patrice-Édouard Ngaïssona et  Alfred Yelatom ne sont-ils pas incarcérés par la CPI à La Haye ?

En Centrafrique, beaucoup se demandent si l’accord de paix n’est pas plutôt une capitulation du président Touadera. Le terme « amnistie » est soigneusement évité, mais l’impunité est en filigrane. Les conseils et comité de suivi, de justice et de réconciliation seront paritaires avec les mouvements rebelles.

Comment imaginer la poursuite des crimes de guerres et les crimes contre l’humanité ? A quoi va servir la Cour pénale spéciale, alors que des responsables de l’ex Seleka et des antibalaka seront au gouvernement ? Le rétablissement de l’État dans les territoires sous contrôle des mouvements des ex-Seleka se fera-t-il avec des préfets issus de leur rang ? Les signataires de l’accord de Khartoum auront-ils l’autorité suffisante pour imposer les obligations de l’accord de paix ? L’opposition et la société civile ne trouvent pas leur compte dans l’accord de Khartoum, en revanche la Russie peut compter sur la reconnaissance des quatre chefs de guerre  déjà présents à Khartoum, en août 2018. L’influence de la Russie en zone orientale est désormais consacrée.

En revanche, le président Touadera n’est plus essentiel pour le Kremlin.  Dès la signature de l’accord de Khartoum, Valery Zakharov  a été rappelé à Moscou. L’ambassadeur Segueï Lobanov,  en poste depuis juin 2011, à également quitté Bangui, le 9 février 2019.  Leurs missions étaient terminées. Le président Touadera  et Firmin Ngrebada vont désormais se trouver bien seuls.

 

Source : Aza Boukhris /https://mondafrique.com/les-accords-de-khartoum-un-nouveau-succes-de-poutine-en-centrafrique/
 

CENTRAFRIQUE : APPEL A CANDIDATURE POUR LES POSTES D’AGENT COMPTABLE ET DE CONTROLEUR FINANCIER A LA COUR DES COMPTES DE LA CEMAC A N’DJAMENA AU TCHAD

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CENTRAFRIQUE: LA MINUSCA ET SES PARTENAIRES RESTENT ENGAGES DANS LA LUTTE CONTRE LA PROBLEMATIQUE DES ENFANTS SOLDATS 

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Bangui, 13 février 2019 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont réaffirmé leur engagement, aux côtés d’autres partenaires, de poursuivre la lutte contre l’enrôlement et l’utilisation des enfants dans les groupes armés en République centrafricaine. Au cours d’une conférence de presse conjointe, mercredi à Bangui, les deux institutions ont aussi réitéré leur engagement à aider les autorités centrafricaines à lutter contre ce phénomène et à poursuivre l’engagement avec les groupes armés. 

« Nous espérons qu’avec la signature de l’accord signé entre le Gouvernement et les groupes armés, les groupes réaffirmeront leur engagement à cesser de recruter ou à libérer les enfants en leur sein », a indiqué la Représentante de l’UNICEF en RCA, Christine Muhigana. La Représentante a par ailleurs énuméré une série de conditions nécessaires à la réintégration des enfants notamment un environnement de réintégration plus sécurisé, un système éducatif fonctionnel et accessible à tous, des opportunités de réintégration et d’un marché de l’emploi, des mécanismes de prise en charge spécialisés ainsi que des ressources financières suffisantes et de longue durée. 

De son côté, le conseiller à la Protection de l’Enfant de la MINUSCA, Charles Fomunyam, a rappelé que plus de 10.000 enfants séparés des groupes armés en RCA depuis 2014, dans le cadre du dialogue avec ces groupes. « Depuis 2016, la MINUSCA en collaboration avec l’UNICEF et les différents partenaires de la protection des enfants organisent des activités de sensibilisation à travers le pays pour maquer l’esprit sur les questions des enfants associés, surtout d’en dissuader les groupes armés de recruter et utiliser les enfants, les populations d’encourager leurs enfants à se joindre aux groupes armés et les enfants eux-mêmes », a-t-il rappelé. 

Les deux responsables s’adressaient à la presse à l’occasion de la Journée internationale de la main rouge, célébrée le 12 février, et dont l’objectif est de sensibiliser l’opinion publique sur les souffrances subies par les enfants soldats dans le monde et notamment en RCA. Les activités se poursuivent jusqu’au 9 mars à Bangui, Bouar, Bambari, Bria, Kaga-Bandoro, Paoua, grimari et Alindao. 

Pour sa part, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a annoncé le début d’une mission de haut niveau des Nations Unies, qui séjournera trois jours dans le pays. La délégation rencontrera les autorités centrafricaines et débattra des thèmes comme le processus électoral et le plan de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA). La délégation est composée des Sous-Secrétaires généraux aux opérations de maintien de la paix, Bintou Keita, celui de l’appui à la consolidation de la paix, Oscar Fernandez-Taranco, et de l’ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies et président de la Configuration République Centrafricaine de la Commission de la consolidation de la paix des Nations unies (PBC), Omar Hilale. 

Au cours de leur visite, la délégation visitera des projets financés par le Fonds de consolidation de la paix (PBF) dans le pays, à savoir un projet à l’intention des femmes parlementaires ainsi que les écoles de police et de gendarmerie récemment réhabilités pour permettre la formation des 500 policiers et gendarmes recrutés en 2018. Entre 2008 et 2018, le fonds a soutenu 45 projets en RCA pour une valeur totale de 71.483.285 millions de dollars (41.174 372.160 francs CFA).


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AFRIQUE:« Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour libérer le plein potentiel de l’Afrique » – Akinwumi Adesina, lauréat du Prix Sunhak de la paix 2019

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Le président de la Banque africaine de développement fait don de son prix de 500 000 dollars à la lutte contre la faim en Afrique

Séoul, Corée du Sud, le 11 février 2019 – Lauréat du Prix Sunhak de la paix 2019, Akinwumi Adesina s’est engagé à redoubler d’efforts en faveur du combat que mène l’Afrique pour éradiquer la faim, la pauvreté et le chômage des jeunes. Le président de la Banque africaine de développement et sa co-lauréate Waris Dirie, qui s’est fait connaître dans le monde entier pour sa lutte contre les mutilations génitales féminines, se partagent le prix prestigieux d’un million de dollars, remis lors d’une cérémonie qui s’est déroulée le 9 février 2019 à Séoul, en Corée du Sud.

« Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour libérer le plein potentiel de l’Afrique », a déclaré M. Adesina. Reconnu à l’échelle internationale pour sa détermination inébranlable à réduire la pauvreté dans le monde, M. Adesina a ajouté : « Ma vie n’a de sens que dans la mesure où elle contribue à sortir des millions de personnes de la pauvreté ».

M. Adesina a aussitôt annoncé qu’il faisait don de sa part de la récompense, soit 500 000 dollars, à la lutte contre la faim en Afrique.

« Le monde connaît d’énormes souffrances. Malgré tous les progrès accomplis, nous sommes loin de gagner la guerre contre la faim dans le monde. La paix est impossible dans un monde qui a faim.La faim continue de sévir dans les régions et les lieux en proie à des conflits et à des guerres, ou en situation de fragilité. Ceux qui en souffrent le plus sont les femmes et les enfants », a déclaré M. Adesina lors de la cérémonie de remise des prix.

Waris Dirie a joué un rôle majeur en attirant l’attention du monde sur la lutte contre les mutilations génitales féminines et sur la nécessité de promulguer des lois qui les interdisent.

« Les mutilations génitales féminines marquent leurs victimes de cicatrices physiques, émotionnelles et mentales », a lancé Mme Dirie.

Plus de 200 millions de filles et de femmes aujourd’hui sont excisées, dans 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie, où les mutilations génitales féminines sont pratiquées sur les filles entre la petite enfance et l’âge de 15 ans, selon l’Organisation mondiale de la santé. 

Convaincu que l’instauration de la paix dans le monde passera par la sécurité alimentaire, M. Adesinaa souligné que 1 % de la population la plus riche du monde détient à elle-seule 50 % des richesses de la planète.

« Il n’y a rien de plus important que de s’assurer de pouvoir nourrir le monde et d’éliminer la faim et la malnutrition. La faim est une ignominie pour l’espèce humaine. Une économie qui prétend être en croissance sans nourrir sa population est une économie défaillante. Personne ne devrait avoir faim, quelle que soit sa couleur de peau – blanc, noir, rose, orange, etc., peu importe ».

Le président de la Banque africaine de développement a déclaré aux participants, parmi lesquels se trouvaient plusieurs dirigeants internationaux : « Il faut rendre des comptes aux pauvres. Nous devons réduire les inégalités salariales dans le monde. Certes, nous avons besoin de richesses, mais nous en avons besoin pour tout le monde, pas seulement pour quelques-uns. Aujourd’hui, les pauvres sont dans l’impasse et ne reçoivent au mieux que les miettes qui tombent de la table des riches. Ce sentiment d’exclusion et le manque d’équité ou d’égalité entraînent souvent des conflits. Nous avons la possibilité de renverser la situation grâce à une agriculture durable qui soit une activité commerciale et non sous la forme d’un programme d’assistance ».

Plus de 1 000 personnes d’influence venues du monde entier, parmi lesquels d’actuels ou d’anciens chefs d’État et de gouvernement, des dirigeants du secteur privé, des investisseurs et des experts en développement, étaient présents à cette remise du Prix Sunhak de la paix et au Sommet des dirigeants mondiaux pour la paix. Chaque année, le Prix Sunhak de la paix rend hommage à une personne ou à une organisation qui contribue notoirement à la paix dans le monde et au bien-être de l’humanité.

Contact :

Chawki Chahed, Chargé de communication en chef, Département de la communication et des relations extérieures – c.chahed@afdb.org I Tél. : +225 20 26 27 02 I Mob. : +225 75 75 31 20 /

 

 

 

 

 

 

CENTRAFRIQUE : LES MINISTRES HENRI-MARIE DONDRA ET FELIX MOLOUA ONT REPRESENTE LA RCA A LA 33EME SESSION DU CONSEIL DES MINISTRES DE L’UNION ECONOMIQUE DE L’AFRIQUE CENTRALE

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Le ministre des finances et du budget Henri-Marie Dondra et son collègue de l’économie, du plan et de la coopération ont pris part aux côtés de leurs collègues de l’Afrique centrale, à la 33ème session du Conseil des ministres de l’Union Economique de l’Afrique Centrale dont les travaux se sont déroulés le 8 février à Malabo, capitale de la Guinée Equatoriale.

Le budget de la communauté au titre de l’exercice 2019 constitue l’ossature des points inscrits à l’ordre du jour de cette rencontre. Ce budget a été adopté avec amendement par l’ensemble des ministres participants. 
Il consacre l’approfondissement des actions visant l’intégration régionale, reconnue comme déterminante majeure de la diversification de l’économie de l’espace CEMAC.

Cette rencontre de Sipopo a été une opportunité pour le Conseil des ministres de sensibiliser les Etats de la CEMAC en vue « d’un engagement marqué des Etats en faveur de la mobilisation des financements de la Communauté, dans un contexte de gouvernance et de sécurité restauré ».

Il convient de signaler que cette réunion sous régionale intervient dans un contexte régional marqué par la persistance des tensions sécuritaires, nonobstant la signature de l’accord de paix entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés.

Nous osons croire que la bonne volonté des uns et des autres permettra la restauration pérenne de la paix et de la sécurité, socle d’un développement économique durable.

Signalons que le duo ministériel de la RCA a été assisté par la chargée de mission banques et institutions financières du ministère des finances et du budget madame Evelyne Loudégué, madame Godeuï conseillère aux affaires étrangères, madame Christelle Sapo de l’ambassade de la Centrafrique près la Guinée Equatoriale.

 

 

Source : Infos Vraies-RCA/ Ministère des Finances et du Budget

 

CENTRAFRIQUE: EMBARGO SUR L’ACCORD DE KHARTOUM?

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Dans les environs de 12h du mercredi 06 février 2019, un phénomène insolite s’est produit à l’Aéroport et au centre-ville de Bangui, notamment au niveau du Rond point 0 et des principales artères de la ville. Lesdits lieux étaient sous haute sécurité et haute surveillance. Les militaires des FACA, les policiers et les gendarmes, tout comme les casques bleus de la MINUSCA, étaient en surnombre. La plupart ne riait pas, ils avaient l’air menaçant.
Renseignements pris, les dispositions étaient prises pour l’arrivée de l’avion transportant les chefs des 14 groupes armés et la délégation gouvernementale et des partis politiques et de la Société civile qui ont fait le voyage de Khartoum. Jamais l’aéroport et le centre-ville n’ont été placés sous surveillance sécuritaire de cette manière. On saura quelques minutes après que la cérémonie de signature de l’Accord de Khartoum n’aura plus lieu à l’Assemblée nationale comme initialement annoncée mais plutôt au Palais de la Renaissance.

ACCORD DE KHARTOUM, ACCORD DE BANGUI OU ACCORD D’ADDIS-ABÉBA?

Les organisateurs de l’évènement ont fait marcher le peuple qui n’a pas eu droit à l’information. Comme à Khartoum, ni les observateurs invités (représentants des partis politiques et de la société civile) ni les journalistes des médias nationaux et internationaux ou étrangers n’ont vu la couleur du papier de l’Accord dit de Khartoum. Et pourtant, on leur avait dit à Khartoum que c’est après la signature de l’Accord à Bangui que le texte sera rendu public. Certains journalisticules zélés des médias d’Etat ont même proféré des menaces à l’endroit de ceux, journalistes ou pas, qui ne faisaient que demander le texte pour en prendre connaissance. On les comprend, mais cela est quand même une drôle de manière de défendre leur bifteck ou d’espérer une ascension à des petits postes de directeurs ou de DG. Qu’à cela ne tienne !
Demander la publication du texte intégral de l’Accord est devenu un sujet qui fâche. Bizarre. Vraiment bizarre ! Et même des journalistes des médias privés ont perdu leur indépendance, leur professionnalisme et les principes directeurs des entités qui les emploient pour jouer aux griots, souvent malgré eux. Ils sont loin de rassurer sur la disponibilité du texte signé à Bangui.
La cérémonie de signature de l’Accord à Bangui terminée, le Protocole annonce, au grand dam du peuple, que le texte sera d’abord présenté au sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine courant la semaine à Addis-Abéba, capitale de l’Ethiopie où se trouve le siège de l’UA, qu’il sera encore signé là-bas avant d’être rendu public. Quelle histoire !
Pourquoi cache-t-on le texte de l’Accord au peuple au nom duquel le président Touadéra a signé et au nom duquel même les groupes armés disent défendre les intérêts? En attendant Addis-Abéba, ne pouvait-on pas ne serait-ce que lire à haute voix le contenu de l’Accord signé à Bangui pour la gouverne du peuple? N’a-t-on pas violé le sacro-saint principe du droit du peuple à l’information? Si le texte signé prenait en compte l’intérêt du peuple, pourquoi le cacher au peuple? Telles sont les questions qui sont sur toutes les lèvres.

DES REPORTAGES TENDANCIEUX ET CONTRADICTOIRES

A propos de la cérémonie du mercredi 06 février à Bangui, voici ce que nous rapporte de façon laconique l’Agence Centrafrique presse (ACAP), agence de presse gouvernementale:
« Début à Bangui de la cérémonie de signature de l’Accord de Khartoum entre le gouvernement et les groupes armés »
Bangui, 6 fév. (ACAP)- La cérémonie de signature de l’Accord de paix global conclu à Khartoum par le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés a démarré, mercredi 6 février en milieu d’après-midi au palais de la Renaissance à Bangui.
Répondant à l’appel du protocole, les représentants de 11 groupes armés et du gouvernement se sont succédé pour apposer leur signature au bas du document, préalablement signé par le FPRC de Nourredine Adam, l’UPC d’Ali Darass et le FDPC d’Abdoulaye Miskine.
« Que le clairon de la paix soit entendu », a notamment déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Parfait Onanga Anyanga, deuxième à prendre la parole, après le Commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine, Smaïl Chergui.
Le programme de la cérémonie prévoit 3 autres allocutions avant la conclusion définitive du dialogue de Khartoum. (Mercredi 6 Février 2019)
Quand au Réseau des journalistes pour les droits de l’homme (RJDH) sous la plume de son rédacteur en chef Fridolin Ngoulou:
« Centrafrique: Accord de paix et de la réconciliation signé à Bangui »
Tous les groupes armés ont signé l’accord de paix ce 6 février au Palais de la Renaissance:
1-Noureddine Adam, Ali Darras, Abdoulaye Miskine ont signé et paraphé hier à Khartoum;
2-Les représentants Onu, UA, Ceeac, Congo et Tchad ont aussi signé l’accord.
3-L’accord sera publié après la signature des autres chefs d’État qui vont se réunir cette semaine à Addis Abeba pour leur Sommet.
4-Le président Touadera et chaque groupe armé se rendront dans leurs zones pour la vulgarisation et le démarrage de la mise en œuvre de cet accord.
5-Le président invite la population au calme et dénonce les manipulations car il ne pourra pas trahir le peuple et faire une chose en dehors de la constitution et des recommandations du Forum de Bangui».
Si l’ACAP a l’excuse de sa soumission aux règles de la verticalité communicationnelle politiquement correcte, le RJDH par contre, qui défend non seulement les droits de l’homme et le peuple, n’a aucune excuse de dire ce qu’il a dit. Indépendamment des contradictions manifestes que l’on peut constater, il ya lieu de faire observer qu’on perd son latin en cherchant à savoir dans quel intérêt l’association privée et indépendante (je suppose), se donne le privilège usurpé de répondre à la place des officiels, surtout que, et je le répète, le RJDH est sensé être du côté du peuple qui a droit à l’information. Se permettre de dire des choses que même les griots de la presse d’Etat ne disent pas est gravissime. Les points 3 à 5 du post RJDH posent en effet énormément de problèmes et de questions.
Comment les groupes armés peuvent déjà être dans leurs zones pour « vulgariser » et « mettre en œuvre » (je cite) un document intitulé « Accord » qu’ils n’ont pas en main, car devant être encore ratifié au sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine? Peut-on raisonnablement penser que les éléments et soutiens tant visibles qu’occultes des groupes armés n’ont pas aussi besoin de lire le document entre les lignes?
De plus, lorsque le reporter se permet de dire que « Le président invite la population au calme et dénonce les manipulations car il ne pourra pas trahir le peuple et faire une chose en dehors de la constitution et des recommandations du forum de Bangui », on peut aisément se faire une idée des instructions qu’il aurait reçues de Khartoum pour dire cela. Et à quel prix? That’s the question.
Et pourtant, le discours du chef de l’Etat d’hier après-midi est un discours trop prudent. Il y a lieu de faire la différence entre ce que le chef d’Etat a dit et les commentaires personnels. Car à la vérité, Touadéra a déjà à plusieurs reprises trahi le peuple et son serment en violant les dispositions de la Constitution (article 28 par exemple) et les décisions du Forum national de Bangui en nommant des chefs rebelles, ainsi que des combattants et soutiens intellectuels et économiques des groupes armés dans le gouvernement, aux cabinets de la Présidence de la République, de la Primature, de la Haute Administration et des Institutions de la République. Aucun journaliste centrafricain défenseur des droits de l’homme digne de ce nom ne peut pas dire qu’il ne le sait pas. Le contenu de ce reportage est donc surprenant.
Quelqu’un ou une association qui se dit du côté du peuple, « avec le peuple », ne doit pas ignorer que le peuple a le droit à l’information, et que ce refus de rendre public l’Accord déjà signé par les protagonistes est une violation caractérisée du droit de ce peuple constamment massacré par les groupes armés et abandonné à son triste sort par le gouvernement.
Celui qui joue le jeu d’un camp ou des 2 camps, est en dehors de la ligne éditoriale du RJDH et des principes fondamentaux que l’association défend. Lorsqu’on est réellement avec ce peuple trahi et négligé jusqu’à ce point, on ne doit pas se permettre de faire ce genre de reportage.

PALIMPSESTE ET HERMÉNEUTIQUE

Touadéra et les siens sont en train de faire un jeu de cache-cache avec le peuple. Le fait de cacher l’Accord de Khartoum au peuple signifie tout simplement que:
-Touadéra est conscient que des dispositions du fameux Accord de Khartoum ne répondent pas aux prescriptions de la constitution, des lois de la République et des recommandations du Forum national de Bangui auxquelles le peuple est attaché. Il craint donc la réaction des Centrafricains dans leur écrasante majorité;
-Touadéra a perdu la bataille politique et diplomatique de Khartoum, et il est coincé entre la réaction du peuple et celle des groupes armés qui l’empêchent d’aller à Bambari, à seulement 300 km de la capitale. D’où sa décision d’imposer un embargo provisoire sur ledit Accord qui est pour lui une véritable patate chaude dans ses souliers, le temps de chercher des soutiens politiques et militaires à Addis-Abeba et ailleurs avant de prendre le « mauvais risque ».
Au risque de nous répéter, cet Accord de Khartoum semble ne pas être bon pour le peuple et pour l’avenir politique de Touadéra. D’où sa non publication. Tout cela n’augure rien de bon.
Si la prétendue « victoire » de Khartoum était du côté du gouvernement, le fameux Accord de paix et de réconciliation serait depuis longtemps brandi comme un trophée par le gouvernement et les hérauts du pouvoir. Comment alors ne pas être inquiet?
Mesdames et Messieurs du pouvoir, il ne faut pas prendre les Centrafricains pour des demeurés ni « les fils du Bon Dieu pour des canards sauvages » (sic).
A bon entendeur, salut!

Par Cyrus-Emmanuel Sandy, 

 
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Publié par le 09/02/2019 dans Uncategorized

 

CENTRAFRIQUE : L’INCOMPRÉHENSIBLE ACCORD DE PAIX DE KHARTOUM ET LA PROBLÉMATIQUE DE SON EXÉCUTION.

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Les registres statistiques des experts se sont amusés à affirmer que la Centrafrique capitalise sept accords de paix depuis 2012 mais aucun d’entre eux n’a connu un début d’exécution.
C’est dans ce climat de désespoir ambiant qu’un énième accord de paix qualifié d’accord de la dernière chance parrainé par l’ONU et l’Union Africaine (UA) a été paraphé à Khartoum et signé formellement dans la modeste capitale centrafricaine. La particularité de cet accord se résume par la présence effective des chefs emblématiques des groupes armés non conventionnels aux assises.
L’accord dans sa globalité génère des des droits, devoirs et obligations entre les deux parties c’est à dire le gouvernement et les groupes armés non conventionnels. Les coulisses tumultueuses des travaux de cet accord suivi du mystère qui a entouré la publication du dit accord appellent les observateurs avertis de la vie politique centrafricaine à une méfiance accrue. Cet accord d’une trentaine d’articles agencés à dessein alimente un flou, une ambiguïté sur les principales attentes de la population. En effet, face à l’hostilité de la population sur la notion d’impunité, l’accord n’a nullement évoqué l’amnistie mais entretien un divertissement sur le volet de la justice.
En outre l’accord énonce la mise en place d’un gouvernement inclusif, l’arrêt des hostilités et violences, le déploiement de l’autorité de l’état sur l’étendue du territoire national, la décentralisation etc…Lassé par des accords de paix qui se succèdent et qui se ressemblent, le citoyen lambda s’interroge : pensez-vous que ce énième accord endiguera la profonde crise centrafricaine ? Pensez-vous que les groupes armés non conventionnels vont respectés leur engagement ? Pourquoi les célèbres chefs de guerre n’ont pas finalisé le document à Bangui ? Qu’est-ce qui différencie cet accord des précédents qui n’ont pas été respectés ?
Qui est le véritable gagnant du dialogue de paix téléguidé de Khartoum ? Pourquoi la publication de l’accord de paix a pris tant de retard ? Face à l’hostilité de la population, certains concepts comme l’amnistie ont-ils été retirés du document initial ? Pourquoi l’accord n’est-il pas clair sur les poursuites judiciaires ? Comment les groupes armés peuvent accepter de signer le document sachant qu’il rejette l’idée de l’impunité sans évoquer l’amnistie ? Pourquoi l’accord ne renseigne pas de façon explicite sur la sanction applicable en cas de non-respect frôlant ainsi une entorse au célèbre principe de légalité des délits et des peines ? Comment va fonctionner la décentralisation prévue par l’accord alors que la constitution confère la gestion des grandes décisions au pouvoir central de Bangui ?
Sachant que toutes les dépenses de l’état sont ordonnées de façon centralisée selon le principe de l’unicité de caisse, comment peut-on organiser une autonomie des régions sans violer ce principe ? Devant ces interminables interrogations, nous pouvons remarquer que l’opinion nationale considère les groupes armés à travers des « clichés ou idées reçues » comme des analphabètes mais ils ne sont pas dupes et sont gagnants de ce round de Khartoum. S’ils n’ont pas reçu de garanties suffisantes de non poursuites, les groupes armés n’allaient pas accepter dîner, trinquer, faire de selfies et danser au rythme arabe dans cette somptueuse salle.
Il est important de rappeler que l’on ne peut échapper aux actes criminels que par trois procédés juridiques. D’abord la prescription qui est un délai après lequel une peine ne peut être appliquée, ensuite le droit de grâce présidentielle qui est une dispense d’exécution de la peine octroyé par le président de la république dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire après jugement et enfin l’amnistie qui fait disparaître légalement l’infraction par voie législative. Visiblement, les groupes armés ne bénéficient d’aucun de ces procédés juridiques.
En dehors de ces trois procédés juridiques, pensez-vous que les groupes armés vont déposer les armes et renoncer à leur plan machiavélique ? Nous osons croire comme tout le monde au père Noël mais avec une énorme réserve. Sur le plan politique et juridique, l’accord de Khartoum n’a aucune assise juridique, non conforme à la constitution du 30 mars 2016 et est loin d’endiguer la béante crise centrafricaine. Selon une autre interprétation, c’est purement et simplement une trêve ou une accalmie négociée à coup de promesses en vue de faciliter la préparation des prochaines échéances électorales.
Finalement, en s’évertuant à privilégier la négociation avec les groupes armés, le pouvoir est tombé dans son propre piège. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi.
Paris le 08 février 2019
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Bernard SELEMBY DOUDOU 
Juriste, Administrateur des élections 
Tel : 0666830062
 
 
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