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Archives du 04/05/2019

CENTRAFRIQUE: RECUEIL D’ANECDOTES ET SOUVENIRS SPORTIFS YASSI – TOUNGOU 1974

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« Quelque fois, le souvenir d’un bonheur passé équivaut à un bien présent; on renait en esprit, à ces heures délicieuses d’amour ou de succès, où l’on savourait la vie dans sa plénitude ».
-Louis-Auguste Martin

CENTRAFRIQUE VS SENEGAL
(Finale du 7ème Championnat Africain de Basket-ball –avril 1974-)

Dimanche 14 Avril 1974 (fête de Pâques), la République Centrafricaine a remporté pour la première fois de son histoire, la coupe d’Afrique des Nations de Basketball.
L’ambiance était folle, la rencontre se jouait à guichet fermé au Centre National de Basketball, et était retransmise en direct à la radio par le regretté reporter sportif Jean Malé; reportage suivit par plusieurs centaines de milliers de supporters, certains regroupés devant le Centre National de Basket avec des couvercles de casseroles, de tam-tam, roulements de tambours, des instruments à percussion, afin de faire plus d’animation possible et démontrer leur joie, soutien patriotique par des chansons populaires d’encouragement à l’équipe nationale, tandis que d’autres accrochés à leur poste transistor collé à l’oreille suivaient la retransmission, comme de nombreuses familles restées à leur domicile, regroupées autour d’un poste récepteur, soient à l’intérieur des maisons ou dans l’arrière-cour en plein air, les plus âgés avec des bouteilles de bière MOCAF ou HEINEKEN en main devisaient sur leurs joueurs préférés. 
C’était le match tant attendu, sommité de la balle au panier, Centrafrique face au Sénégal champion en titre. Le Sénégal venait remettre son titre en jeu, remporté à la dernière édition de la coupe d’Afrique des Nations en battant l’Egypte, et avait une très bonne équipe avec de très bons joueurs de talent tels, Sérigne Der (alias Adidas) intrépide meneur et capitaine, et le pivot surnommé « Ngbo » par Jean Malé à cause de sa grande taille. Les sénégalais étaient habillés en maillot et short couleur verte, tandis que les fauves du « Bas Oubangui » en maillot jaune avec l’inscription CAR (RCA en anglais) et short de même couleur, car ces équipements furent achetés aux Etats-Unis d’Amérique.

Cette confrontation au sommet était officiée par les arbitres Baba Tolla du Nigéria et Elonga du ZaÏre (aujourd’hui Rép. Démocratique du Congo). La rencontre fût âprement disputée, avec un engagement physique intense qui a conduit à la malencontreuse poussée d’épaule de James Gambor sur ‘’Adidas’’ dans la raquette, jugée intentionnelle par l’arbitre Baba Tolla et, sanctionnée par une faute technique disqualifiant. Le puissant ailier fort, James Gambor, devrait alors se résoudre à abandonner tout malheureux en milieu de 2ème mi-temps, ses coéquipiers acculés par les sénégalais. Le salut ne viendra que de Sonny Pokomandji qui coup sur coup allait enrayer deux passes décisives en défense, face aux attaquants sénégalais ‘’à 2 contre un’’, et faire marquer en contre-attaque ses camarades.
Dans les dernières secondes, Séréfio qui partait en double pas, fût bousculé dans son élan par le joueur sénégalais ‘’Ngbo’’, mais parvint à assurer le panier avec faute. Il eût droit à un lancer franc qu’il réussit et porta le score à 72 contre 69. Ces derniers points donneront la victoire à la République Centrafricaine qui remporta alors, pour la première fois la Coupe d’Afrique des Nations en battant le Sénégal. Cette coupe fût baptisée par le reporter sportif Jean Malé « Yassi- Toungou ». La RCA accomplit l’exploit de régner sur le 7eme championnat d’Afrique des Nations de Basketball en remportant le trophée sans concédée de défaites en match de poule. Au coup de sifflet final, une indescriptible explosion de joie se manifesta dans tous les arrondissements, quartiers de la capitale Bangui, une ferveur qui gagna le pays profond, manifestée dans l’arène de la victoire au Centre National de Basket ball par l’exécution de l’hymne national par la fanfare de la garde républicaine, et reprit en chœur par la foule. Aussitôt le président de la fédération centrafricaine de basket ball, François Péhoua est porté en triomphe ainsi que le coach Grussing. Au dehors, concerts de klaxon, où l’on assista à des scènes surréalistes, de grappes humaines juchées sur les toits de voitures ou camions, des véhicules bondés roulant à vive allure, vitres baissées avec des passagers torses nus, hors de l’habitacle et fanions aux couleurs nationales en main, s’exhibaient au vent. Tout le long des grands artères, la foule en liesse sautait, dansait, qui avec des feuilles de palmiers, de manguiers, symbole de réjouissance dans la pureté, de bénédiction aux divinités pour avoir exaucé les vœux de la population banguissoise en communion avec leur équipe de basket ball, nos champions encensés dans la pure tradition ancestrale.
La Coupe a été remise par le représentant du Président de la République, à l’équipe centrafricaine, car le Chef de l’Etat de l’époque Jean-Bedel Bokassa était en mission à l’étranger. Les héros en cette année de 1974 étaient :
#4 Dominique Ganabrondji, #5 Félicien Ngounio, #6 Sonny Pokomandji, #7 Gaston Gambor (James), #8 Mathieu Wilibozoumna (Wilis), #9 Barnabé Sanga (Papa Kimba), #10 Martin Ngoko (Sam Jones), #11 Jacques Séréfio (Africa), #12 Marcel Bimalé, #13 Koyou Koumbélé, #14 Jean Bengué, #15 Youssouf Adam et leur coach Grussing de nationalité américaine (USA) – Président de la fédération centrafricaine de basket ball François Péhoua.

A son retour, il fût accueilli à sa descente d’avion par l’équipe des champions d’Afrique, les vainqueurs du tournoi, avec leur capitaine Jean Bengué qui lui remis le trophée continental.
La première déclaration du Chef de l’Etat a été de décerner des distinctions honorifiques à ces valeureux fils de la nation puis de leur remettre, à chaque joueur une enveloppe de 300. 000 F cfa avec la promesse d’un complément de dotation en voiture Renault 4, au total 12 véhicules qui ne seront jamais gratifiés (promesse non tenue).

La fédération se contentera de gérer le Centre National de Basket ball, ancien hangar d’aéronefs aménagé et transformé en salle couverte de jeu, grâce au génie de François Péhoua, sur financement du trésor public centrafricain. Elle bénéficiera aussi du bus « Renault Super Galion » qui a servi pour le transport des joueurs de notre équipe nationale durant le 7ème championnat.

Toutefois la promesse d’honorer l’effort de la jeunesse centrafricaine dans la pratique du sport, a été concrétisée par la construction du stade omnisport, infrastructure moderne (basket, hand, volley), grâce à la coopération centrafricano-yougoslave. Bijou sportif, qui sera détourné de sa mission première durant de nombreuses années.

*Yassi-Toungou, un nom donné à la coupe d’Afrique des Nations par le populaire reporter sportif Jean Malé que tout le pays adorait suivre à la radio pendant les évènements sportif et surtout internationaux. Jean Malé adorait attribuer des noms, parfois des mélanges de Sango (langue nationale) et de sa langue maternelle, le Banda. Yassi-Toungou en l’occurrence signifie « une très belle fille noire et mince ».

*A ce jour nous avons connu la disparition de quelques élites membres de cette équipe qui a fait notre gloire en 1974, paix à leur âme, ce sont :
Martin Ngoko décédé dans les années 1980 des suites de maladie, et a été inhumé dans son village natal Koro-Mpoko à 50 kilomètres de Bossangoa,
Sanga Barnabé décédé en septembre 1996 à Bangui des suites de maladie, et a été inhumé à Bangui au cimetière de Ndrès,
François Péhoua décédé des suites de maladie en 2000 et inhumé à Bangui, repose en paix dans la propriété privée de Kolongo.
Jean Béngué décédé en France (Loir-et-cher) le 27 avril 2015, et repose en paix à Savigny-sur-Braye.

La victoire au 7ème championnat africain de basket ball de 1974 est un évènement qui a marqué la population centrafricaine, l’environnement sportif, a suscité des vocations dans la pratique du basket, et plusieurs clubs ont vu le jour, le nombre de licenciés a ainsi évolué.

La mise en place du programme de mini basket bien suivi, a fini par générer une nouvelle catégorie de joueurs talentueux des années 80, qui conduira au sacre continental à Tunis, par la victoire de la RCA à la coupe d’Afrique des Nations en 1987 et, sa participation aux jeux olympiques de Séoul en 1988.

Source : ACAP/Bamara e-Book

 

CENTRAFRIQUE :  Une mère Centrafricaine résidente à Nantes (France) a pu introduire du piment dans le vagin de sa fille.

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Une mère de famille a été condamnée mercredi à trois mois de prison avec sursis, après avoir glissé un piment dans le vagin de sa fille adolescente et lui avoir tondu le crâne afin qu’elle n’ait plus de nouvelles relations sexuelles avec des garçons.
Six fugues en trois mois
La prévenue, âgée de 44 ans et habitant en Eure-et-Loir, devra aussi accomplir un stage de « réflexion sur son rôle de parent » en compagnie d’éducateurs. Son autorité parentale ne lui a toutefois pas été retirée par le tribunal correctionnel de Nantes (Loire-Atlantique).
Son neveu – qui l’avait aidée à raser les cheveux de cette fille de 14 ans, et qui était comme elle inconnu de la justice – a lui aussi été reconnu coupable pour « violences » sur sa cousine, mais a été dispensé de peine. Ce jeune de 23 ans avait expliqué avoir obéi à un « ordre » de sa tante, et qu’il risquait d’être mis à la rue s’il ne l’exécutait pas.
Les faits s’étaient en fait produits le 31 décembre 2017, quand la famille habitait encore à Nantes : l’adolescente venait alors de faire six fugues en l’espace de trois mois. 
Frappée à coups de ceinture
Ses parents avaient alors appris qu’elle aurait eu « des relations sexuelles avec le gardien de nuit » d’un foyer pour adolescents. « Via les réseaux sociaux, ils croyaient aussi qu’elle se livrait à la prostitution« , a aussi expliqué leur avocat.
Ils étaient donc partis la récupérer à la gare SNCF de Nantes, où la jeune fille envisageait de prendre un train pour Paris avec une amie. Elle avait été ramenée manu militari dans un sous-sol, où elle avait été frappée à coups de ceinture avant de se voir donc introduire le piment dans le sexe et de se faire raser le crâne « pour qu’elle soit vilaine », selon son cousin.
L’adolescente, qui s’était vu prescrire trente jours d’arrêt, avait par la suite été « immédiatement placée par les services sociaux » : sa famille voulait ensuite l’envoyer en Centrafrique « pour la désenvoûter », selon son avocat, bien qu’elle soit née en France.
La présidente du tribunal correctionnel a résumé :
On est au-delà des violences, on est dans les sévices. »
Des faits de violences récurrents
« Si les autorités avaient agi autrement, ces faits n’auraient jamais eu lieu : trois signalements, de plus en plus alarmants, avaient été faits par le CHU au parquet », a souligné l’avocat de la partie civile, Me Emmanuel Geffroy, qui se verra octroyer 1 € symbolique de dommages et intérêts.
Elle décrivait alors des violences depuis plusieurs mois, émanant de toute sa famille. »
Mais la justice avait considéré cette affaire dans un premier temps « sous l’angle d’une jeune fille qui ne respecte pas l’autorité », a-t-il déploré. « C’est toute une communauté qui, pour des raisons culturelles, fait preuve d’une violence incroyable envers cette jeune fille car elle croit que c’est bénéfique pour elle », a dit lui le procureur de la République.
« Votre audience ne va pas avoir d’effet pédagogique sur ma cliente : on jette l’anathème ce qu’elle a fait, en lui disant que c’est inadmissible et interdit par la loi… Mais ces faits qui peuvent choquer, quand on les annonce, elle-même en a été victime », avait plaidé l’avocat de la mère de famille, Me Loïc Cabioch.

Source: AFP/OF/DC

 

CENTRAFRIQUE : APPEL URGENT AUX RESPONSABLES DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE DE CENTRAFRIQUE.

Chers imams et responsables islamiques,
Vu la tension socio-politique qui règne actuellement dans notre pays, il est très IMPORTANT de vous voir, nos leaders religieux de tracer définitivement une ligne de démarcation d’un côté, entre l’ISLAM et ces bandits armés du Km 5 et de l’intérieur du pays, et de l’autre côté, entre l’ISLAM et le monde politique centrafricain, très égoïste et inhumain.Face à cette dure circonstance, je vous demande très humblement trois choses à savoir:
1- Se rapprocher des familles de toutes ces victimes innocentes et sans défense pour compatir à leurs peines en ce grand moment de tristesse qui traverse leurs cœurs.
2- Rejoindre tous les acteurs publics ou associatifs pour continuer à désarmer les cœurs, favoriser la cohésion sociale et la réconciliation entre toutes les communautés de la République Centrafricaine.
3- Organiser le plus rapidement possible, une rencontre nous les musulmans pour mettre sur la table les vrais problèmes qui minent notre ISLAM, qui se fait rattacher à tort à des situations loin de ses principes fondamentaux.
Cette rencontre doit être sanctionnée par de fortes recommandations pour résoudre définitivement ce problème qui nous met à mal avec nos compatriotes et surtout crée des dégâts collatéraux contre notre propre communauté.
Par ailleurs, j’appelle tous les musulmans du pays à rester calme, à éviter de tomber dans des pièges de ceux qui veulent utiliser notre religion pour justifier leurs motivations politiques, à ne pas circuler dans les zones chaudes ni répondre à des provocations de qui que ce soit. Devant toute gravité, faisons toujours un recours à la LOI du pays qui garantit l’ordre public.
N’oublions pas aussi de fermer hermétiquement dans nos rangs toutes les portes par lesquelles les mains extérieures s’en servent pour jouer leurs cartes de division, de la domination et du pillage de nos ressources naturelles.

Pour finir, le temps est à la grande prière pour implorer sans limite Allah, notre Seigneur Tout Puissant afin qu’IL nous aide à prêcher l’amour, le pardon et la tolérance et surtout à abandonner des pratiques susceptibles de créer des tensions intercommunautaires.

Source:ACAP/fcbk/mh

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CENTRAFRIQUE : 13 août 1960 La Centrafrique, de l’indépendance au chaos

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Petit État très pauvre au cœur du continent africain, la République centrafricaine – ou Centrafrique – est sorti de l’ombre en 1979 avec l’affaire des diamants de l’empereur Bokassa Ier.

Il revient à la Une de l’actualité en 2013 avec l’occupation de la capitale par les Tchadiens et les musulmans du Nord dans un nouvel épisode de la lutte multiséculaire entre les « Noirs » de la forêt et les « Blancs » du Sahel. Par un préjugé hérité de l’Histoire, les premiers voient dans les seconds et plus généralement dans tout musulman des trafiquants d’esclaves et des oppresseurs…

La colonie de l'Oubangui-Chari à sa création en 1910

Entre savane et forêt

Quadrilatère un peu plus vaste que la France (620 000 km2), avec une population de seulement cinq millions d’habitants mais en croissance très rapide, le pays présente une savane arborée, relativement fertile et bien arrosé, propice à la chasse, mais avec pour seules ressources exportables un peu de coton et quelques mauvais diamants d’origine alluvionnaire.

Les populations centrafricaines sont noires. Fuyant les trafiquants d’esclaves arabes, elles sont venues au XIXe siècle du Soudan voisin et se sont principalement implantées dans les forêts du sud. Elles ont été très massivement christianisées au XXe siècle, pendant la colonisation française.

Baptisée Oubangui-Chari en 1905, la colonie a été intégrée en 1910 à l’Afrique Équatoriale Française (AEF). Sous-administrée et sous-peuplée, elle fut pillée par des « sociétés concessionnaires » qui instaurèrent le travail forcé dans les plantations d’hévéas ou de coton. Au moins les habitants échappèrent-ils aux razzias des nomades du Sahel en quête d’esclaves…

Après l’indépendance, quelques groupes ont été islamisés à la pointe nord du pays, à la frontière du Tchad et du Darfour (Soudan), autour de Birao. Ils représentent moins de 5% de la population totale. Par ailleurs, des musulmans venus des pays voisins,  Toubous, Peuls ou « Arabes », se sont installés dans les villes de Centrafrique, occupant essentiellement des emplois dans le commerce. Ils représenteraient 5 à 10% de la population totale.  

Une indépendance chaotique

Le pays a obtenu son indépendance le 13 août 1960, tout en restant étroitement liée à la France par des accords de coopération militaire, administrative et économique, comme la plupart des autres colonies françaises d’Afrique noire.

Le chef nationaliste Barthélemy Boganda ayant trouvé la mort dans un accident d’avion, c’est son neveu David Dacko qui devint le premier président de la République. Mais il fut renversé le 1er janvier 1966 par son cousin Jean-Bedel Bokassa (45 ans), un ancien capitaine de l’armée française. Fantasque, le nouveau président en vint dix ans plus tard à s’octroyer le titre d’empereur. Il se fit couronner sous le nom de Bokassa Ier dans un faste kitsch inspiré de la geste napoléonienne, avec la complaisance des autorités françaises.

Discrédité par ses turpitudes réelles et supposées Bokassa fut déposé le 21 septembre 1979 et David Dacko (49 ans) réinstallé au pouvoir au grand soulagement de la France…

L’effondrement de l’État

Le drapeau de la République centrafricaineEn 1981, David Dacko est une nouvelle fois renversé et, de coup d’État en coup d’État, la Centrafrique retombe dans le chaos politique… Or, tandis que disparaît l’administration laissée par la puissance coloniale, nul ne prend la mesure du changement géopolitique en cours dans la région.

Au Tchad voisin, les nomades musulmans du Nord, généralement appelés Toubous, ont enlevé le pouvoir à la majorité noire, chrétienne ou animiste, du Sud. Au Soudan, la guerre redouble de violence entre les Blancs musulmans du Nord et les Noirs chrétiens du Sud.

La Centrafrique, État noir et chrétien de l’aire équatoriale, fait dès lors figure de poste avancé face aux « Blancs » musulmans de la bande sahélienne qui ont repris leur progression multiséculaire vers le Sud, un temps arrêtée par la colonisation européenne.

En 2006, le pays est une première fois victime de l’intrusion de nomades en provenance du Soudan et du Tchad. Il est une nouvelle fois assailli en 2012, quand des bandes armées tchadiennes et soudanaises, auxquelles se rallient des musulmans du nord, se rassemblent sous l’appellation de Séléka et marchent sur la capitale.

La Sélékaentre à Bangui le 23 mars 2013 et chasse le président en place. Son chef, un musulman du nord, « Michel » Am-Nondokro Djotodia, s’autoproclame président. Massacres, viols et pillages obligent la France à intervenir à l’automne…

 

https://www.herodote.net/13_ao_t_1960-evenement
 

CENTRAFRIQUE : LE PREMIER MINISTRE TIENDRA T-IL DANS LE DÉLAI LES ENGAGEMENTS VALIDÉS PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE ? 

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Après la mise en place du gouvernement dit inclusif imposé par les accords de Khartoum, le premier ministre a engagé la responsabilité du gouvernement en présentant dans le respect du délai constitutionnel le programme du gouvernement pour solliciter la confiance des parlementaires.
On notait dans l’hémicycle la présence des représentants des institutions républicaines et des partenaires au développement. Ce traditionnel exercice démocratique s’inscrit dans le respect des dispositions de l’alinéa 1 de l’article 54 de la constitution du 30 mars 2016 qui dispose : « après la nomination des membres du gouvernement, le premier ministre chef du gouvernement se présente dans un délai maximum de soixante (60) jours devant l’assemblée nationale et expose son programme de politique générale ».
Il faut noter que la procédure constitutionnelle exige une délibération du programme politique au conseil des ministres suivie d’une adoption sous l’autorité du président de la république, ensuite après débats contradictoires les députés votent à la majorité absolue des suffrages exprimés.
C’est ainsi que le programme politique du gouvernement a été voté à une majorité écrasante par 122 députés sur 131. On enregistre par ailleurs cinq (5) votes défavorables, trois (3) abstentions et un bulletin nul. Ce long discours programme s’appuie sur plusieurs domaines dont les quatre (4) principaux piliers qui vont de la paix, sécurité et justice à la relance économique, ensuite de la bonne gouvernance, de l’action humanitaire à la réconciliation et cohésion nationale. Le programme politique du gouvernement se veut ambitieux mais les défis à relever sont énormes et multiples. Combatif, le premier ministre veut avancer contre vents et marées même si limité dans le temps son discours s’apparente à un nuage de mots ou le parfum du déjà vu qui peine à convaincre les observateurs avertis et les acteurs de la vie politique centrafricaine.
Ainsi, au delà de toutes surprises, le citoyen lambda habitué des discours creux et vides de contenu s’interroge : Le premier ministre pourra t-il tenir ses ambitieux engagements en moins de deux ans des prochaines échéances électorales ? Avec un gouvernement abusivement incomplet depuis sa mise en place, le rythme du travail sera-t-il en adéquation avec ce vaste programme ? Sachant que la réalisation de ces engagements dépend largement de la paix et la sécurité, peut-on croire à un tel discours des  lors que les groupes armés ne sont toujours pas désarmés ? Dans la suite logique du raisonnement, à quand le respect du premier engagement imposé par l’accord de Khartoum aux groupes armés ?
Le premier ministre a t-il mesuré le poids et les conséquences politiques de ses engagements ? S’agit-il d’un véritable programme politique intégrant les besoins prioritaires du peuple ou tout simplement des contraintes nées des accords de paix de Khartoum ? Comment traduire ce programme politique en faits visibles dans le quotidien du peuple ? Le fait que le programme politique du gouvernement a récolté un vote à majorité écrasante des parlementaires est-il synonyme d’un bon programme ? En faisant abstraction des tumultueuses coulisses de vote parfois récompensées de billets de banque, pensez-vous que les parlementaires qui ont voté contre le programme ou qui se sont abstenus ne sont-ils pas cohérents à la problématique de l’heure ?
Fort de ce qui précède, il est important de dénoncer ou de déplorer le caractère non chiffré du programme et surtout l’absence d’indication sur les sources de financement à moins qu’on veut perpétuer la politique de la main tendue. Le vote à majorité écrasante du programme de gouvernement ne veut rien dire car il s’agit d’une hypocrisie démocratique justifiée par le fait que le pouvoir a toujours la majorité à l’assemblée nationale.
Le vote du programme est certes acquis mais il annonce beaucoup de difficultés pour notre jeune premier ministre à réaliser cette promesse. Ce dernier doit non seulement convaincre mais résoudre en urgence le problème récurrent de l’eau potable et de réparation de l’électricité…sa marge de manœuvre est extrêmement et notoirement réduite mais avant de finir, nous lui proposons d’expliquer au peuple à travers une conférence de presse la quintessence du programme et l’opportunité des préférences dans les priorités afin de bénéficier éventuellement d’un délai de grâce. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi.
Paris le 4 mai 2019
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Bernard SELEMBY DOUDOU 
Juriste, Administrateur des élections 
Tel : 0666830062.
 
 
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