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Archives du 30/10/2018

CENTRAFRIQUE :YEKATOM RAMBO :LA FIN DU SURSIS ?

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Alfred Yékatom Rambo puissant chef rebelle Antibalaka, élu député de Mbaiki 3 a été conduit manu militari par les forces de l’ordre le lundi 29 octobre 2018 et incarcéré à la SERD.

L’incident s’est produit ce vendredi 29 Octobre au palais du peuple au moment ou l’Honorable El hadji Moussa Laurent Ngon Baba, candidat n°2 à la présidence de l’Assemblée Nationale présentait à la tribune du parlement son plan d’action quand le député Alfred Rombhot Yekatom sort son arme contre son collègue l’honorable Clement Ndombet de Berberati , et tire deux coups en l’air.

La salle se vide et les forces de l’ordre déployées à l’Assemblée Nationale neutralisent le député de Mbaiki 2 qui est aussitôt embarqué à destination du parquet de Bangui.

Dans la foulée de la débandade, les députés Vackat de Mogoumba, Florent Kema de Nana Bakassa 2 et Aristide Symphorien Nampessa de Bossangoa 4, tentent de sortir de la cour de l’Assemblée Nationale.

En fouillant leurs véhicules à la sortie, des armes sont retrouvées par les forces de l’ordre qui procèdent à leurs arrestations.

Selon plusieurs sources concordantes, les quatre députés arrêtés, ont été mis à la disposition du parquet qui aurait ouvert une enquête.

Rappelons que ces 3 des 4 députés interpellés sont issus des rangs des Anti-Balaka, un groupe rebelle.

Ils avaient voté, vendredi dernier en faveur du maintien de l’ancien président de l’Assemblée Nationale Abdou Karim Meckassoua qui a été destitué et l’acte que l’honorable Yekatom a posé s’apparente à un mécontentement suite à cette destitution.

Mais un tel comportement est-il admissible au sein d’un parlement ?

Soulevant le cas de Alfred Yekatom, cette arrestation vient à point nommé car cet ancien chef des anti balaka est cité depuis 2014 dans plusieurs rapports d’organisation de défense de droit de l’homme qui l’accusent d’assassinat de civils, de prélèvement des taxes illégales entre Bangui et Mbaiki, d’exploitation illégale de ressources du pays dans la Lobaye.

Ces faits ont conduit à l’inscription de son nom le 20 aout 2015 dans la liste des personnes et entités « se livrant ou apportant un appui à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en RCA » conformément au paragraphe 11 de la résolution 2196 du conseil de sécurité des Nations-Unies.

De sources bien informées proches du parquet de Bangui, contactées ont confirmé la saisine de la justice sans vouloir commenté. Aucune enquête n’est encore ouverte.

Elle ne pourrait être possible que si l’Assemblée Nationale vote la levée de l’immunité parlementaire des députés mis en cause.Ce qui ne saurait tardé affirme une source proche du parlement.

Cependant une information non encore confirmée par les autorités révèle que les députés centrafricains auraient une autorisation d’Achat et de port d’armes délivrée par décision numéro 662 du 05 Aout 2016 du ministre de la sécurité publique de l’époque.

Cette information si elle se confirmait pourrait alléger la peine des trois autres députés arrêtés à l’exception du tristement célèbre Rambo qui a fait usage de son arme dans l’hémicycle.

Le puissant chef de bandits qui roule sur l’or et mène grand train, pendant que le peuple meurt de faim, parfois avec tous les excès qui le caractérise,se croit tout permis.
Certes à un moment de l’histoire trouble du pays, il était un chef incontesté des miliciens mais aujourd’hui les choses ont changé.

Très hautain ce Rambo se vante toujours en bombant le torse d’être un héros national.Mais le Centrafricain lambda s’interroge :

Ou a-t-il fait la guerre ?Combien de victoire a-t-il remporté ?
Si ce n’est que viol , corruption et enrichissement personnel, biens mal acquis, tortures, assassinats , crimes contre l’humanité.

Cet hors la loi doit maintenant répondre de tous ses crimes devant la justice de notre pays.

La nation toute entière est émue de cet acte crapuleux venant d’un député fut il chef rebelle.

Dans une démocratie, la loi du plus fort n’est toujours pas la meilleure.

Dans cette affaire,la force restera t-elle à la loi ?

QUI VIVRA ENCORE VERRA.

Bangui, le 30 Octobre 2018

Joseph_Larabo

Par Charlie Joseph LARABO

 
 
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