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CENTRAFRIQUE : LA RÉPUBLIQUE DES HYÈNES AFFAMÉES?

10 Sep

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Lorsqu’on cherche à comprendre la situation de la crise sociopolitique actuelle de la Centrafrique qui perdure,

une question surgit à l’esprit : quelle est la conscience démocratique de ceux qui détiennent actuellement les guidons de l’Etat centrafricain ?

Que fait cette minorité dirigeante pour satisfaire l’intérêt général celui de la masse silencieuse?

Pour être plus précis, dans un pays où l’on préfère les mensonges bien dits aux vérités mal construites, la conscience collective est très difficile à mobiliser sur les sujets les plus vitaux.

L’un de ces sujets vitaux est notre patrimoine commun légué par nos ancêtres et que nous devrons protéger pour léguer à notre tour à la génération future.

La Centrafrique est un pays qui regorge de potentielles richesses naturelles. Du nord au Sud de l’Ets à l’Ouest, ces richesses constituent notre patrimoine commun.

Que faisons-nous de ces immenses ressources naturelles dont la nature nous a dotés ?

Depuis une décennie, sous prétexte de rechercher le développement de la nation les gouvernements successifs de Bokassa, Dacko, Kolingba, Patassé, Bozizé, Djotodia en passant par Samba Panza ont toujours bradé nos ressources aux réseaux d’affaires locaux et extérieurs. Le peuple désabusé décriait la mauvaise gestion de ce patrimoine commun.

On croyait le pillage qu’ont orchestré bon nombre de dirigeants qui ont fait main basse sur ce patrimoine national révolu avec l’arrivée de Faustin Archange Touadera, « l’homme de la rupture » au pouvoir.

Le centrafricain lambda attendait à ce qu’avec cet intellectuel, professeur des universités, la distribution en catimini de nos richesses finisse, le clanisme et les intérêts égoïstes dans la redistribution des richesses disparaissent, le respect des règles de base de la transparence soit observé conformément à la constitution du 30 Mars 2016.

Mais hélas, dans ce pays de controverses, Faustin Archange Touadera et sa clique ont profité du suffrage des centrafricains pour perpétuer la tradition de gabegie d’atan : la loi est devenue l’exception et le profit la règle.

Disons les choses telles qu’elles sont présentement : l’horizon économique de notre pays parait sombre que clair. Si ce n’est pas un déni de démocratie, sommes-nous déjà, à notre corps défendant, dans un Etat-des opportunistes où la volonté des intérêts catégoriels serait la loi ? 
Le refus catégorique de Faustin Archange Touadera et sa clique de reconnaitre et de respecter les principes de base d’une démocratie établie renforce les doutes, les frustrations et crée la multiplication des groupes rebelles qui contrôlent notre patrimoine commun.

Depuis les élections de 2016, les pratiques politiques de l’exécutif et de son chef, déguisées sous le vocable trompeur et difficile à cerner de « rupture », s’éloignent chaque jour de sa promesse de campagne, disons sa profession de foi, de lutter contre la corruption et l’impunité.

La constitution du 30 Mars 2016 est l’unique contrat qui lie le Président de la République et les Centrafricains. Le développement économique exige le respect scrupuleux et rigoureux de la loi fondamentale.

Faire le contraire, c’est tomber volontairement dans un déni de démocratie.

N’est-ce pas ce à quoi nous assistons avec indignation ? Toute une génération politique impliquée dans les affaires louches ?

Et, si certains doutent encore d’une telle réalité, les nombreuses violations de la constitution constatées dans les attributions de dizaine de contrats miniers aux investisseurs étrangers sans pour autant se conformer à l’article 60 de la Constitution du 30 mars 2016 illustrent la prédation érigée en mode de gouvernance politique.

Depuis 2 années, l’exécutif gère ces contrats et le parlement n’a aucun droit de regard sur les dossiers mais comme une simple caisse de résonance, l’Assemblée Nationale sera consulter plutard pour procéder à leurs régularisations.

Au fil du jour Faustin Archange Touadera braderait le patrimoine national en signant de nombreux contrats miniers aux investisseurs Russes, Libanais, Israéliens et Chinois sans pour autant recueillir l’aval du parlement national.

Ces contrats d’exploration ( De recherche) se sont transformés sur le terrain à l’exploitation des ressources naturelles sous le regard complice de nos autorités.

A ce rythme de braderie sauvage, les populations autochtones ne voient pas les retombées immédiates dans leurs communautés locales. Seuls Touadera et ses hyènes affamées profitent dans ces affaires avec des retro commissions colossales.

Cela n’est pas un incident isolé. C’est au contraire le signe qui révèle sans doute, plus que le style, la nature profonde du pouvoir actuel.

Arrivé pour nettoyer les écuries d’Augias de la politique centrafricaine, Faustin Archange Touadera, l’ancien recteur, puis premier ministre de François Bozizé qui connaissait le sérail du pays où il avait vécu dans l’ombre du prince, montre qu’il y patauge avec un bonheur sans partage.

Prince à son tour, il s’évertue par un silencieux mépris à prouver que son pouvoir est un conglomérat d’opportunistes.

La cour des opportunistes et des arrivistes qui ont accompagné son étonnante accession au trône s’emploie à réduire le pays à leurs desiderata irresponsable. 
C’est un régime népotique, de kleptocratie. Le pouvoir est mis au service d’un enrichissement personnel massif,

Selon nos constats, le gouvernement s’est illustré comme un régime de bandits qui brade nos ressources, et fait sienne les réseaux de trafic d’or, de diamants et d’ivoire pour s’enrichir au détriment du peuple souverain.

Mieux, les concessions minières accordées aux entreprises russes, chinoises révèlent davantage ce déni si ce n’est pas un mépris vis-à-vis du peuple souverain, les Centrafricains.

Ne soyons pas naïfs ! Il existe une gestion occulte et non une gouvernance transparente de nos richesses naturelles par les dirigeants actuels.

Dans ce marché de dupe, il n’existe malheureusement pas de transparence pour garantir l’avenir de futures générations et le peuple abusé n’a aucun pouvoir de maintenir nos ressources à l’abri et aux assauts des hyènes affamées.

Ce gouvernement de Mathieu Simplice Sarandji attribue des permis d’exploitation des minerais et forets qui échappent totalement au contrôle du Parlement voire du peuple.

Dieu Touadera décide de brader nos richesses sans l’avis du peuple qu’il tient à l’écart des plus importantes décisions, il n’informe pas le Parlement, qu’il ne considère pas comme organe représentatif du peuple, il n’informe pas les partis politique, et il décide en son âme et conscience de confier notre patrimoine commun aux investisseurs douteux.

Le Président use et abuse de ses fonctions pour agir en faveur des mercenaires et autres investisseurs comme le sauveur providentiel et par ce geste indécent, il plonge tout un peuple dans une situation inextricable, de misère, mettant en péril la vie et l’avenir de nos jeunes qui préfèrent mourir en brousse que de subir la hogra généralisée et officialisée par le régime du professeur Touadera.

Le président Touadera se présente toujours comme le sauveur de voleurs, d’affairistes et de voyous qui sont en train de ruiner notre économie. Zéro poursuites judiciaires contre son entourage corrompu. Un incivisme criant au sommet de la nation.

En ce moment, les voleurs, les escrocs, les affairistes, les magouilleurs, les corrupteurs et les corrompus du monde entier sont heureux de la protection de son pouvoir.

Ils peuvent continuer à dilapider nos richesses, ils continueront le gaspillage et ils sont pratiquement certains qu’avec le mathématicien, ils sont quasiment assurés, qu’ils peuvent compter sur cette mafia et qu’ils peuvent ruiner le pays en toute impunité.

Pendant ce désastre indescriptible, les centrafricains malheureux sont affamés, tués, égorgés, violés. 
Que Dieu nous préserve de cette mafia cruelle et sanguinaire.

La pauvreté endémique des populations centrafricaines ne relèverait donc ni d’une malédiction biblique ni seulement de causes exogènes. Elle serait systémique et enracinée dans une pratique locale de pouvoir.

L’exploitation et la domination exercées par l’ancienne puissance colonisatrice ne constitueraient pas l’unique cause de la paupérisation des populations centrafricaines.

Notre ennemi le plus implacable n’est-il pas nos dirigeants avec leur mode de vie ostentatoire, leur propension à accumuler des biens de prestige et à les exhiber comme signe de pouvoir et de richesse?

L’un des indices de la source endogène de la pauvreté des masses, est, incontestablement, la richesse scandaleuse de Touadera et son entourage dans cet océan de misère, dans un pays qui foisonne de scandales géologiques en termes de richesses minières.

Chacune des parades de FAT à l’étranger renforce le doute et le malaise chez le centrafricain. Ainsi, cette fois, doute aucun, le déni de démocratie s’est installé confortablement. La prédation est devenue le lei motiv des autorités.

Les semaines et mois à venir nous diront si le Centrafrique est devenu une «République des Hyènes affamées ? ». Du moins un État-voyou ?

QUI VIVRA ENCORE VERRA.

Bangui, le 10 Septembre 2018

Par Charlie Joseph LARABO

 

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