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Archives du 05/03/2018

CENTRAFRIQUE : TOUADERA ET MECKASSOUA :LA BATAILLE DE BANGUI ?

La ville de Rafaï située à 150 Km de Bangassou dans la préfecture du Mbomou a été prise d’assaut tôt ce dimanche 4 mars 2018 par des hommes armés du mouvement rebelle UPC.
Craignant pour sa vie, la majeure partie de la population s’est réfugiée en brousse.

Au même moment à Bangui à plus de 300Km de rafai, une autre bataille se livre cette fois dans les arcanes du pouvoir.

Le bras de fer qu’on croyait fini se poursuit entre l’exécutif et le législatif au grand dam du Centrafricain lambda qui observe la mort dans l’âme ce spectacle désolant au sommet de la Republique.

La dernière déclaration de Didacien Kossimatchi à la presse, en date du jeudi 1er mars laisse présager des nuages sombres dans le paysage politique centrafricain. Comme dans ses habitudes Kossimatchi a pris en charge le président de l’assemblée nationale Karim Meckassoua l’accusant d’instrumentaliser le bureau de l’Assemblée nationale, en retardant l’élection pour le renouvellement dudit bureau qui devrait se tenir samedi.

Face à ces manœuvres, le Porte-parole du comité des soutiens au président Touadera a invité sa base à prendre d’assaut le Palais du peuple, si élection il y avait samedi dernier pour, dit-il, empêcher des fraudes qui seraient orchestrées par le Groupe parlementaire ‘’Le Chemin de l’espérance’’ du PAN, Abdou Karim Meckassoua.

Ce samedi 3 mars, le Président du Haut conseil de la communication (HCC), José Richard Pouambi a signé la Décision n° 07/HCC/P/VP/RG/18, interdisant aux Soutiens du Président de la République, notamment le Comité de soutien du Chef de l’Etat incarné par son indomptable Porte-parole Blaise Didacien Kossimatchi, d’avoir accès aux médias d’Etat.

La réaction de Kossimatchi est foudrayante dans la presse pour déclarer ouvertement la guerre à l’institution républicaine en charge de la régulation des communications.

Selon nos informations les deux camps se prépareraient à une bataille rangée.

Les proches de Meckassoua affirment que le président de l’Assemblée Nationale aurait commandé une centaine de pick up destinés aux députés, stationnés actuellement à Betou(Congo Brazzaville).

Des soutiens au president Touadera qualifient ces informations sur la centaine de pick Up de propagande électoraliste et croient savoir que le PAN Meckassoua est un démagogue qui jouerait sur la naïveté des parlementaires majoritairement analphabètes car aucun véhicule n’existerait.

Certains témoins rapportent que le premier Ministre Mathieu Simplice Sarandji aurait réuni à son domicile les parlementaires du groupe ‘’Les Cœurs unis’’ du Président Touadera pour des consignes électorales en prélude à ce renouvellement du bureau de l’Assemblée Nationale..

Un conclave aurait même été prévu à Boali la veille de cette élection du bureau de l’Assemblée Nationale.

A en croire nos sources, certains députés auraient qualifié la déclaration de Kossimatchi comme une atteinte à leur honneur et seraient prêts à sanctionner le président Touadera qui laisse cet agitateur s’attaquer aux institutions de la République.

En fin politicien, l’honorable Meckassoua avait pris le soins de remanier son cabinet en introduisant des calibres tels que Laurent Gomina Pampali(Directeur de Cabinet), Mme Eugénie Yvonne Léocadie Yarafa, née Poungoula(Secrétaire général), M. Robert Rengandé( Secrétaire Général adjoint), Mme Marie Solange Pagonendji Ndakala(conseillère en charge des dossiers de la réconciliation nationale) et M.Jean Bruno Vickos(Chargé de Mission NTIC).

Déjà à ce niveau Karim apparait comme un rassembleur contrairement à l’immobilisme qui caractérise Faustin avec le choix de ses collaborateurs basés sur clan ou l’ethnie.

Avec ce bras de fer la Centrafrique est devenue la risée et totalement embourbée dans un Chaos indescriptible. La guerre inutile entre les différentes institutions ne nous grandira point.

En observant les deux belligérants, on se rend compte que pour le renouvèlement d’un bureau de l’Assemblée Nationale, nos dirigeants n’arrivent pas à s’accorder à plus forte raison pour pacifier le pays ?

Tout porte à croire que notre pays va mal et plusieurs questions reviennent à l’esprit du centrafricain :

Quel camp remportera le bureau de l’Assemblée Nationale ?

En cas de victoire du camp Meckassoua, va-t-on vers une motion de censure contre le gouvernement Sarandji ?

En cas d’échec de son groupe Touadera peut-il dissoudre l’Assemblée Nationale ?

QUI VIVRA ENCORE VERRA.

Bangui, le 05 Mars 2018

Par Charlie Joseph LARABO

 
 
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