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CENTRAFRIQUE : DEUIL NATIONAL (recueil de poésies )

10 Sep

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Les poèmes de ce recueil, je les ai écrits au fil de l’actualité douloureuse qu’a vécue la Centrafrique, entre 2013 et 2015. Ce sont, pour la plupart, des cris d’indignation, des cris d’horreur, que j’ai commencé à pousser le jour où j’ai réalisé qu’aucun reportage, qu’aucune tribune compassionnelle ne parviendrait à me consoler des massacres et des tueries.

Deuil national n’est pas pour autant une litanie de lamentations, encore moins un répertoire de massacres qui ont endeuillé la Centrafrique. Le seul massacre qui y est évoqué est celui du 13 janvier 2013, à travers des << réactions >>. Tous les autres ont été réduits à des toponymes, qui ouvrent le recueil à leur manière.

LE TITRE. Il s’est imposé en mars 2015, quand j’ai décidé de faire publier trois poèmes du recueil sur Sangonet. C’étaient, je vous le rappelle, CAPITALE NAIROBI, JANVIER 2014 ( dédié à Zarambaud Assingambi ) et UNE MINUTE DE SILENCE, que j’ai légèrement modifié.

Comme chacun sait, le premier deuil que commémorent tous les ans les Centrafricains est celui de leur président fondateur, disparu dans un accident d’avion, le 29 mars 1959. Cette disparition prématurée, qui prive le futur bébé État de son fils le plus méritant, semble avoir scellé  le sort de la Centrafrique. Depuis, elle glisse de catastrophe en catastrophe. La dernière ( est-ce bien la dernière ), l’ayant secouée jusque dans ses fondements existentiels. La dernière ( est-ce bien la  dernière ), l’ayant fissurée de toutes parts, comme un tremblement de terre. C’est à n’en pas douter, sa plus grande catastrophe, celle dont chaque Centrafricain portera pendant longtemps le deuil.

LE POÈME LIMINAIRE. Je l’ai écrit peu après l’envahissement de l’aéroport Bangui-Mpoko par des riverains, fuyant les exactions de la soldatesque de Djotodia. Mais ici aussi il n’y a ni fuite éperdue ni bousculade mortelle. L’aéroport est un lieu d’ouverture, la porte d’entrée et de sortie d’un pays. En Centrafrique, son unicité en fait un véritable microcosme, le miroir du pays. En l’envahissant et en interrompant son trafic, les populations traquées et paniquées l’avaient automatiquement placé sous les feux des projecteurs, en tant que scène du drame qui se jouait à ciel ouvert…

Ensuite les pérégrinations tragiques des sœurs Sissoko, chassées de Centrafrique, et en quête d’une patrie de substitution m’ont inspiré une élégie, le dernier poème du recueil avant sa composition.

Mais le lecteur attentif aura remarqué qu’il y a, dans Deuil national, un poème de circonstance ( dans mon esprit, l’expression n’est pas péjorative ). Je l’ai écrit à la hâte alors que mon recueil était déjà composé. Ce poème, la quatrième élégie, ouvre le recueil à un autre deuil.

Enfin je dédie Deuil national à tous mes compatriotes qui ont tremblé pour leur pays, à tous ceux qui ont écrit pour le défendre, à tous ceux qui ont parlé pour le défendre, à toutes les personnes de bonne volonté qui se sont opposées à son sabordage, à notre premier poète, Bamboté Makombo, qui nous a quittés, et à tous ceux qui sont morts pour rien.

   Voici un extrait de la première élégie, lequel se trouve sur la quatrième de couverture :

             << En vain j’ai hurlé aux vents européens

                  De courir de voler vous alerter Vous le pouvez, vous le pouvez

                  Faites-le pour mon pays, ma patrie, mon patrimoine

                  Mais la Tramontane m’a soufflé au nez

                  As-tu perdu la tête Quel message voudrais-tu que j’aille délivrer

                  Sous les tropiques

                  A des gendarmes qui sont sans cesse en maraude

                  A la recherche des murmures à décortiquer de la Françafrique

                  Moi je ne souffle que dans le Languedoc

                  Et que dans le Roussillon >>

 Anatole GBANDI 

Deuil national

 Ed. Edilivre, 108 pages,

 

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