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Archives du 25/08/2017

CENTRAFRIQUE : COUP D’ ÉTAT : UNE ABSURDITÉ CENTRAFRICAINE ?

L’image contient peut-être : personnes assises

L’affaire de la disparition de 1000 armes au camp de Roux, les rumeurs sur les infiltrations des mercenaires dans la capitale et la dernière affaire de saisie des 80 talkies à l’aéroport de Bangui Mpoko renforcent indubitablement l’idée d’un coup d’état en préparation.

Y aurait-il actuellement une épidémie de complotite aiguë au sein des acteurs de la vie politique centrafricaine?

Des acteurs politiques et leurs réseaux de soutiens, plus discrets mais avides de pouvoir et d’enrichissement personnel, agissent dans l’ombre en soutenant et perpétuant ces idées qui coupent le sommeil au centrafricain lambda.

Depuis toujours ces bantous ont cru user du coup d’état comme moyen de résoudre les contradictions que traverse leur pays.

Depuis 1960, les pouvoirs se sont succédé aux coups de canons et de la baïonnette. Au moins six coups d’état ont réussi dans ce pays et plus de 18 tentatives de coups d’états ont échoué sans oublier des rebellions qui continuent de déstabiliser la nation.

Les coups d’états se succèdent et se ressemblent dans le pays de Boganda sans changer véritablement les conditions de vie du peuple souverain ;

Les centrafricains sont-ils friands de coup d’état ?

S’il existe une offre conspirationniste en Centrafrique, c’est qu’elle répond à une demande, particulièrement avide des politiques en quête du pouvoir personnel.

Presque 2 ans et quelques mois à la date d’aujourd’hui après les élections démocratiques que cette fameuse idée refait surface et fait son petit bout de chemin.

Certes le président Touadera héritant d’un pays en lambeaux avait promis le changement qui tarde encore à produire des résultats probants.

Et relativement à la crise actuelle, le cap stratégique n’est pas fixé, les faits stylisés non, les besoins et objectifs quantifiés pas encore, les leviers ne sont nullement ciblés.

Sous cet angle, la politique de rupture promise tarde à produire ses effets.

La pauvreté est absolue, ici, chaque jour, se dresse sur ses ergots, défiant les êtres et les choses. L’emploi est problématique. Le lendemain est aléatoire avec des violences quotidiennes. Les ordures disputent l’espace aux humains.

Des sentiers que l’on veut bien tenir pour des voies, ne conduisent nulle part. L’insécurité est galopante. Un quotidien sans pitié, des vécus sans honneur. Tout est à refaire.

Tout incite à la mobilisation. La mobilisation consciencieuse pour dire non à l’insécurité, pour refuser un destin nain de sous-hommes.

C’est dans ce contexte explosif, à presque début- étape d’un mandat qu’il s’est promis de nous faire « Renaitre », Touadera se trouve-t-il au milieu d’un gué ?

Ses détracteurs utilisent ces ratés pour oser dire que « le fauteuil présidentiel est vide » et que l’homme ne serait pas à la hauteur de la tâche.

Du coup, ces mêmes détracteurs, les mains sous les manteaux s’activent et veulent occuper le palais de la renaissance par le forceps conspirationniste.

Ce phénomène touche plus les candidats malheureux qui cultivent un goût commun du complotisme. , mais aussi tous les partis politiques et des militaires. Certains en ont même fait leur fonds de commerce.

Acculés par la pression populaire et obnubilés par leur survie politique, ils ont tous succombé à la tentation de dégoupiller la grenade ultime pour justifier leurs avatars : le coup d’état.

Y a-t-il autant de bénéfices à perpétrer un coup d’état contre l’ordre constitutionnel actuel? Pas si sûr.

Un coup d’État est toujours un mauvais coup porté à la démocratie que cela se joue directement ou par ricochet, et ne peut constituer un moyen légitime pour en finir avec une dictature ou des difficultés passagères.

Depuis son élection, le président Faustin Archange Touadera se heurte à de fortes pressions, tant de la part des groupes armés que de la communauté internationale et du monde politique.

Mais Touadera investi d’un mandat qui doit durer 5 ans poursuit résolument pas à pas son rêve absolutiste.

Faute d’avoir pu restaurer l’autorité de l’état sur tout le territoire, Touadera est accusé de ne rien faire face aux violences et donc in capablement MANAGER EN CHEF de la Centrafrique, riche en ressources naturelles.

SOLUTION : IL FAUT GOMMER LE PETIT INTELLO FAT.

Et pour ses détracteurs, la seule voie pour le faire sortir c’est un coup d’état comme on avait fait à Bokassa, à Dacko, à Patassé et à Bozizé.

Le coup d’État est une pratique consciente et volontaire de l’armée ou d’une partie de l’armée pour s’emparer des institutions étatiques et occuper le pouvoir d’État.

En Centrafrique, un grand nombre d’acteurs, pseudos démocrates arborant « le kaki » de circonstances ne rêvent que d’un putsch.

Il faut dire que contrairement aux élections démocratiques, un coup d’état est l’œuvre d’un nombre réduit d’acteurs qui décident de s’accaparer du pouvoir étatique par la force. 
Pourtant, au niveau de l’opinion publique centrafricaine, les indignations et condamnations envers le coup d’État opéré le 24 Mars 2013 par la Seleka reste fortement gravé dans les esprits.

.Un sentiment de regret qui s’était emparé de la même opinion lors du forum de Bangui pour dire stop aux coups d’état.
Cette mise en garde du peuple ne dit absolument rien aux aventuriers politiques et leurs complices.

Aujourd’hui encore dans les coulisses des chancelleries, des couloirs de l’ONU ou des endroits lugubres, certains continuent à murir cet esprit revanchard et anticonstitutionnel.

Si nous nous fions au principe de base de tout régime démocratique qui stipule que le choix, le maintien ainsi que le renouvellement des dirigeants au pouvoir ne sont légaux que s’ils passent par les urnes, la réponse serait clairement non.

En démocratie, il faut toujours attendre les prochaines échéances électorales pour convaincre le peuple.

Or certains apprentis sorciers plus patriotes que le peuple veulent stopper la marche en plein début par une prise du pouvoir par les armes.

Des scénarios sont concoctés à tous les niveaux : soit les groupes armés passent aux fusils toutes les préfectures et ceinturent Bangui :Toudera va démissionner ; soit un commando aguerri porte atteinte à l’intégrité physique du président de la République.

Et tout sera accompli.

Un contraste qui pourrait nous donner l’impression que les hommes politiques préfèreraient ce raccourci de coup d’État aux vérités des urnes.

Si ce penchant est réel, la question qui se pose serait de savoir Qu’ont apporté les précédents coups d’états au peuple de Boganda?

Et qu’apportera un nouveau coup d’état dans le contexte actuel de notre pays ?

Mais les rhétoriques justificatrices utilisées par les putschistes centro s’apparentent par bien des aspects aux discours des populismes démocratomorphes articulant revendication démocratiques et réclamations d’actions musclées qui ne s’encombrent pas de juridisme légal.

Et pour la Centrafrique, avec la longue tradition putschiste des forces vives de la nation, en injectant Faustin Archange Touadera, c’est récidiver la fiction du sauveur de la démocratie.

Actuellement tenter un putsch serait aussi une forte mauvaise nouvelle pour la Centrafrique. Il y’aura des morts, la fuite des capitaux et des divisions politiques bien plus profondes que ne le croiraient les auteurs de ce forfait.

Des grands désespoirs qui se solderont par une catastrophe imbécile.

Pourquoi ne pas laisser Touadera réaliser les changements constitutionnels qu’il attend depuis longtemps, qui lui permettront de renforcer la présidence et de réconcilier le pays ?
Un coup d’état n’est-il pas dans le contexte actuel une absurdité politique ?

Autrement dit, Changer de président va-t-il régler le problème centrafricain ?

QUI VIVRA ENCORE VERRA

Bangui, le 25 Aout 2017

Par Charlie Joseph LARABO

 

Source : Page FCBK Centrafrique
 
 
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