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Archives du 12/08/2017

CENTRAFRIQUE : 13 AOÛT 2017:  » RENONCIATION OU CÉLÉBRATION ? »

Paix

De mes réflexions citoyennes, suite à certaines opinions exprimées ici et là, somme toute toutes légitimes, pour cause de rébellions, d’absence de Forces de Défense et de Sécurité, d’administration sur l’ensemble du Territoire, d’activités génératrices de ressources propres, de foisonnement de groupes armés, d’invasion, d’occupation, de chaos, d’exactions, de pillages, de viols, de désolation,…, il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons pas toujours n’être que d’humeurs, de ressentis…et de défaitisme. La République est comme cet étendard qui, sur tous les terrains de combats, ne doit jamais tomber, ni toucher terre. Parce qu’il est aussi des moments, des situations des plus graves, qui nécessitent et concourent à concurrence de difficultés et de solutions, davantage de gravité, davantage de maturité et donc de responsabilité. Parce que, à la relecture de tous nos malheurs, pas seulement en vertu de certaines de nos croyances, en tant que africains, mais aussi de certaines de nos déconvenues, nous ne sommes peut-être pas que de quelque malédiction, sinon de beaucoup d’irresponsabilité. Parce que le peuple n’a en fait jamais rien demandé d’autre que d’être libre, bien portant, bien nourri, respecté, épanoui et surtout protégé…

Le monde est régi par les signes, selon un certain code. Aurions-nous vécu jusque-là dans une constante illusion? Comment, alors, devoir et pouvoir parvenir au Relèvement et à la Reconstruction de notre pays? Le libre-arbitre sera notre seule et unique voie, pour parvenir à la Paix, la Sécurité et au Développement. Car, il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de ce qui est évident, c’est-à-dire, l’affirmation de soi au quotidien, en toute circonstance. Le Monde, plus que jamais, est une suite arithmétique, algébrique, de nombre d’interdépendances entre les états, les puissances, les anciens et les nouveaux marchés, les continents… L’Indépendance n’est qu’un postulat, rien d’absolu. C’est tous les jours qu’elle se construit, qu’elle s’affirme et s’affine.

Loin de moi, donc, de vous et de tous, cette abominable et fort outrageuse pensée. Après avoir gagné le chaos, perdu tout contrôle sur autant de préfectures et autant de régions, allons-nous maintenant, par-dessus tout, devoir également abandonner voire renier cet autre symbole ultime, la célébration de la proclamation de l’Indépendance. Mise à mal par tous les errements, par tous les manquements de citoyens aussi lâches, traîtres que indignes, serait-il de plus d’honneur et de dignité d’aller jusqu’au bout de l’odieuse idée, pour que cela ne soit qu’un jour ordinaire? La situation nationale actuelle n’est certes pas simple. Les nouvelles autorités centrafricaines entreprennent ce à quoi elles s’essayent et s’attellent depuis le début de leur mandature. Les résultats ainsi que leurs effets commandent à ce qu’elles changent de braquet, mais surtout de direction. Lorsque l’on hérite, en début de mandat, de 80% de contrôle du Territoire, qu’il ne vous reste plus que 20% d’influence territoriale au bout de 16 mois et demi d’exercice du Pouvoir, mathématiquement, stratégiquement, il y a un grave et profond problème, en termes d’équations et de leur résolution… Politiquement, autant pour le pouvoir que pour toute la classe politique, d’ailleurs, c’est désespérément désastreux.

Comme d’aucuns semblent vouloir militer en ce sens, le Refus de célébration voudrait-il dire Renoncement, Abandon de notre Statut de pays indépendant? 

La journée du 13 août 2017 se doit d’être célébrée, avec une extrême gravité, sans aucun faste, avec tout ce qui peut encore nous rester d’Honneur et de Dignité. Comme bien d’autres encore, j’attends, dans une certaine expectative, la nature et le ton du discours politique qui sera prononcé par le Président de la République, Chef de l’Etat, à l’endroit de toutes les centrafricaines et de tous les centrafricains. La force du message, pour le citoyen lambda que je suis, je l’espère, presque fébrilement, à la hauteur sinon à la mesure de notre drame commun et de toutes les attentes qui demeurent encore les nôtres…

J’ose pouvoir penser, mais surtout croire, que l’adresse à la Nation, la Communauté nationale, la Communauté internationale, sera de circonstance, celle de la réaffirmation, sans aucune ambiguïté, de notre Indépendance, de notre Souveraineté… Que les faits, jusque-là des seuls points d’écriture, se traduisent enfin et pour la postérité, par des mots, des postures et des convictions nouvelles, à travers des plaidoyers, au moyen de justes et légitimes revendications…et des actes plus que probants voire concrets. Le parler franc, sincère, peut être des plus amicaux. Il ne remet pas forcément en question les meilleures amitiés…

Le Président de la République, Chef de l’Etat, ce 13 août 2017, jour anniversaire de la proclamation de l’Indépendance du Centrafrique, devrait fondamentalement se raviser et considérer que le Peuple est son « socle ». Parce que le combat pour la Liberté, semblait dire Aimé Césaire, est quotidien.

 

Par Jacques AYANDHO. 

ayandho
 

CENTRAFRIQUE : POURQUOI LA TRANSITION DE SAMBA PANZA N’ÉTAIT PAS PROLONGÉE POUR UNE SECONDE FOIS ?  

  SAMBA
                                                        
La descente aux enfers de la Centrafrique était fulgurante et à atteint son apogée. La communauté internationale a usé de stratagèmes pour destituer à N’Djamena le chef de la seleka et a ordonné au Conseil National de Transition d’organiser une élection inédite le 20 janvier 2014, qui a vu la victoire dictée de Catherine Samba Panza à la magistrature suprême.
En dépit de son amateurisme et de la méthode très critiquée, les autorités de la longue transition de plus de trois ans ont réussi à apaiser les tensions, la haine et surtout la barbarie des hors la loi. On dénombrait un nombre maîtrisé des groupes armés, les pertes en vie humaine ont ralenti, une relative stabilité sécuritaire, sa gestion n’était pas dictée par l’occident car elle a refusé par deux fois qu’on lui impose de premier ministre.
En l’absence de l’armée nationale, les forces onusiennes appuyées par les forces françaises contrôlaient plus de la moitié du territoire national, il y’ avait un semblant de liberté et la population des arrières pays vaquaient librement à leurs occupations. La transition qui normalement devrait expirer le 15 février 2015 avait été prolongée afin de créer les conditions d’une élection crédible, transparente, démocratique et acceptée de tous. Face à la volonté notoire des autorités de la transition de traîner le processus, l’ancien pays colonisateur adoubé par le voisin tchadien a imposé une élection à la hâte alors que les conditions d’une élection crédible n’étaient pas réunies…bref, le pays n’était pas prêt pour organiser une élection digne de ce nom.
La course au pouvoir ouverte est soutenue par tous ceux qui rêvaient au regard de l’accession facile de Samba Panza, ce qui expliquait la trentaine de candidatures. Quelques mois après les élections, les violences se sont intensifiées, presque toutes les préfectures sont embrassées, le volet sécuritaire est totalement abandonné au gré de la Minusca qui lui aussi est dépassée, les groupes armés se sont multipliés et contrôlent les ressources naturelles du pays, le pillage des ressources naturelles avec la bénédiction des autorités révolte, les couches économiques et sociales fragilisées, la santé inexistante, l’éducation reflète les 3% de réussite au baccalauréat…
les choses vont du mal au pire dans l’indifférence totale des nouvelles autorités. Noyé dans ses deux époques diamétralement opposées, le citoyen lambda qui est toujours animé par l’envie de connaître s’interroge : Pourquoi la transition de Samba Panza n’était pas prolongée pour conserver les acquis sécuritaires et épargner quelques morts ? L’immobilisme, le manque d’initiatives et le constat de terrain obligent les centrafricains à regretter la transition ? Peut-on comparer la fin de la transition avec la situation actuelle ? S’il y a un choix à faire, laquelle époque choisirez vous ? Était-il mieux de vivre encore la transition nonobstant ses failles que de vivre le cauchemar actuel ? La transition avait posé les bases de la réconciliation, pourquoi les nouvelles autorités n’ont pas continué sur la même lancée ? Souvenez des textes du serment relatifs à la sécurité et l’intégrité du territoire et prononcés lors de l’investiture ? Le President de la République est-il en harmonie avec ce serment ? Dans la négative, cela n’est-il pas constitutif de haute trahison ? Dans l’affirmative, quelles sont les sanctions possibles ? Les nouvelles autorités tendent à leur deuxième année on ne voit l’ombre de rien, les centrafricains doivent encore attendre ?
Les centrafricains se sont mobilisés en nombre pour les élections parce qu’ils espéraient la paix, surtout un retour rapide de la sécurité. L’espoir s’est effondré. Pour eux, la fin de la transition supposait la fin de l’état d’exception, le retour à l’ordre constitutionnel, la reconquête progressive de l’autorité de l’Etat. Lassé par l’hémorragie et la spirale de violence, le chef de file autoproclamé de l’opposition a décidé de multiplier des offensives sur des médias nationaux et internationaux en ces termes : « le fauteuil présidentiel est vide »ou encore  » Touadera ne fait rien « et il va même faire allusion à un âne dans une formule imagée qui a fait l’objet d’intenses polémiques sur les réseaux sociaux.
Comme cela ne suffisait pas, le secrétaire général adjoint de l’ONU, chargé des opérations a confirmé ces propos en ces termes :  » la RCA manque de leadership dans ses décisions « . Pire, le porte parole du gouvernement a reconnu à demi-mot la perte de repères en ces termes :  » le President de la République est un homme d’action mais parle peu « . Cette petite phrase pleine de sens interroge : appartient-il à un President de la République de faire la communication de ses actions ? Alors, que fait le chargé de mission en communication de la présidence ? En reconnaissant à demi teinte cette faille vitale dans la gestion de la chose publique, le porte-parole du gouvernement ne s’expose t-il pas aux foudres de ses collègues de la présidence ? À notre avis, le President de la République n’est pas le seul comptable de la situation chaotique du pays.
A l’époque de la transition, les conseillers nationaux s’attelaient aux priorités des centrafricains contrairement aux actuels parlementaires, légitimement élus qui se lancent solidairement dans une bataille de positionnement qui oppose le President de la République et le President de l’assemblée nationale dont certains Députés ne connaissent même pas les tenants ni les aboutissants. Ils sont aveuglés et liés par la promesse non tenue de distribution de pickup au lieu de défendre les intérêts de ceux qui les ont installé à la mangeoire.

Pour finir, nous rappelons le President de la République qu’un rattrapage est possible et nous l’invitons de s’investir personnellement, de donner l’impression qu’il est le chef, de changer de gouvernement avec un premier ministre de son choix. Si ce dernier ne s’exécute pas…la confiance du peuple a des limites. Mieux vaut agir maintenant avant que la rue ne vous impose une cohabitation ingérable. Mais attention, ne le dîtes à personne. Si on vous demande, ne dîtes pas que c’est moi. 

Paris le 11 août 2017.  
                          
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Bernard SELEMBY DOUDOU
Juriste, Administrateur des Elections.                                                                                              
Tel : 0666830062
 
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Publié par le 12/08/2017 dans Uncategorized

 
 
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