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CENTRAFRIQUE: « LES YEUX DANS LES YEUX, QU’ON SE LE DISE ».

03 Mar
jayandho

Les catastrophes devraient toujours être une leçon de choses. Les pays, les populations, ont une Histoire. Nous, également, nous avons la nôtre, même qu’il faille noter ou constater le manque d’attrait, le soupçonneux manque d’intérêt récurrent des politiques, des spécialistes et autres intellectuels qui se ferment hermétiquement au parcours de notre Histoire, celui de l’identification et de la connaissance de la source de tous nos maux, ainsi que de tous nos errements…

J’ai une très grande Foi en la Renaissance de notre pays, la République Centrafricaine. Nous lui devons toutes nos projections, celles fortes, ambitieuses, mais de raison. Parce que nous devons être pour lui de très grande vision de modernité. Parce qu’en définitive, tous, autant que nous sommes, nous lui devons tout. Nous savons ce que peuvent être des feux de brousse, des tornades, des cyclones, des irruptions volcaniques. N’avons-nous donc aussi jamais vu la vie reprendre le dessus sur une nature blafarde, toute défigurée, parce que dévastée, parce que ravagée?

Croyez-moi, je vous le dis, nous sommes aujourd’hui un peuple qui, de part et d’autre de nos communautés, ne saura pas tout oublier. Le chemin sera long, périlleux, parce qu’il sera encore parsemé d’autres inévitables incidences en ressentis inassouvis. Pour ce faire, chacun et tout le monde devra y mettre sincèrement du sien. Le dire ainsi n’est pas du tout abrasif, ni irresponsable. Bien au contraire, c’est faire montre d’une très grande responsabilité. Et puis, les uns et les autres, nous avons tous bien compris de quoi nous avons été l’objet.

Il ne s’agit plus de vouloir ou de devoir continuer à considérer les centrafricaines et les centrafricains comme étant des enfants voire de grands adolescents. Car, à plus de 50 ans, je ne connais pas encore de mineurs de cet âge-là. Les années d’épreuves et de douleurs nous aurons éveillés, endurcis et rendus matures. L’air du temps témoigne en ce sens d’un parfum très caractériel.
En adultes donc, nous saurons rester un peuple qui saura aller seul au Pardon, à la Réconciliation avec lui-même, dans toute sa diversité. Mais, à la condition non négociable de lui rendre Justice.

La bienveillance divine ne nous a jamais abandonnés. Les forces du mal ayant aussi leur Dieu, fortes des traîtrises et de toutes les lâchetés, elles permirent l’invasion et l’occupation interminable de notre territoire. Toutes les violences, toutes les exactions, toutes les souillures, se sont invitées sur la terre de nos aïeux, se sont abattues et acharnées sur des populations civiles innocentes, mais surtout désarmées… Et nos nouvelles autorités de ne pas pouvoir compter les vies perdues, ainsi que tous les disparus, attendant après la communauté internationale toute aide, tout soutien aux déplacés, aux réfugiés… Il a été question de Paix, de Cohésion sociale lors de l’adresse du 1er décembre 2016 au Peuple centrafricain, des remerciements aux partenaires extérieurs?

L’hommage aux fondateurs de notre nation, aux compatriotes et combattants de la liberté, pour tous les sacrifices consentis, aujourd’hui, au terme de la première année de mandat et de législature, perd à mes yeux et pour ma part de toute sa substance. La communion citoyenne et fraternelle aura été de cet instant. Elle se soigne et se construit, malgré toutes les autres attentes. Par contre, je ne sais pas s’il y a encore un patriotisme chez nos officiels et dirigeants. La question des FACAS n’est pas traitée comme il se devrait, laissant la part belle aux envahisseurs et groupes armés, de continuer de piller, de violer et de tuer…

Comment célébrer la République dans ces conditions? Comment renouveler notre attachement à une prétendue et quelconque Dignité? Je ne sais pas quelle voie à devoir emprunter, de surcroît depuis le passage du FMI et de ses nouvelles mesures tueuses d’homme « acceptées », une fois de plus, au détriment du Peuple centrafricain? La paix, la sécurité, le développement économique et sociale ne seront pas de si tôt… Résolvez tous les préalables et vous commencerez à faire montre de quelque prétention.

Par Jacques Ayandho

 
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Publié par le 03/03/2017 dans Uncategorized

 

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