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CENTRAFRIQUE: DU MAINTIEN DES SANCTIONS ONUSIENNES.

09 Fév

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Cela ne saurait surprendre. Une prorogation des sanctions, même si ne se justifiant plus en soi, était inévitable. Aussi et avant toute chose, n’oublions pas que des événements, au moment de la déferlante coalisée SELEKA, ce furent les autorités centrafricaines de l’époque, en très grande difficultés qui, au nom du peuple centrafricain, prirent l’initiative de faire appel à la France, parce que fortes des accords de défense liant les deux pays. Le gouvernement français mit en avant la nécessité absolue d’une « caution » de l’ONU, celle du Conseil de Sécurité, pour pouvoir intervenir. Ce qu’il avait obtenu, au moyen de résolutions d’une certaine clarté, mais dont leur mise en application réelle et sur le terrain ont été jusque-là d’une assez curieuse ambiguïté. Notons au passage, parce que ce n’est pas sans intérêt, la décision de retrait des troupes SANGARIS de Centrafrique a été unilatérale, du fait seul de la France…

Au quotidien, les conséquences sont donc ce quelles sont, d’arrogance vis-à-vis des nouvelles autorités, de guerres de factions, de crimes et d’assassinats de la part des groupes armés contre les populations civiles. Tout cela, dans une insupportable indifférence générale de la MINUSCA, même si, selon une certaine fréquence par eux observée, les responsables des Forces des Nations-Unies en place justifient leur présence, leur mission, par quelques mises en garde de principe aux groupes armés, par quelques injonctions… Par contre, ces mêmes forces réagissent puissamment, efficacement, lorsque des soldats onusiens sont attaqués… Nous semblons être pris et désespérément enfermés comme dans un traquenard. Nous paraissons ne pas savoir non plus comment pouvoir nous en sortir… Y aurait-il au moins une sinon des raisons à cela?

Assurément, des dernières décennies jusqu’au chaos, les seuls et uniques responsables à cet état de fait étaient les responsables politiques, les responsables parlementaires, la société civile dévoyée, plus que jamais politisée. Comme dans une cour de la maternelle, ils étaient tous autant qu’ils étaient en foire, à la kermesse, et ne se préoccupaient plus de rien… Et tout ceci ouvrit toutes les portes ainsi que toutes les fenêtres à toutes les inconsciences, à toutes les incompétences, à toutes les démissions. Pieds et poings aujourd’hui liés, les marges de manoeuvres semblent nulles. Nous sommes sur une corniche, ne pouvant plus lever la tête ni la baisser: le risque de la bascule dans le vide est énorme, quasi inévitable. Seul le sursaut patriotique de tous, associé à celui des populations, sauvera et préservera ce qui pourra encore l’être.

Le dénouement heureux de la Table ronde de novembre à Bruxelles, comme toutes celles qui auront précédé celle-ci depuis notre accession à l’indépendance politique, ont toujours été sous réserve de certaines conditions, d’ordre politique, structurel et autres, aujourd’hui au moins et au plus
d’ordre sécuritaire. Dans la mesure où ne sommes pas encore des « interlocuteurs », nous ne sommes pas encore prêts d’avoir quelque force, quelque ressource, pour dire et affirmer nos ambitions, défendre nos intérêts. Une grave erreur a été commise, pas impossible, mais difficilement réparable.

En effet, un pays, un peuple, une nation, ne se prive pas sinon jamais de son armée, au risque majeur de ne jamais pouvoir exister voire de disparaître. L’abandon chronique, systématique, de notre souveraineté par les politiques étant devenu de normalité, personne ne saura dans l’immédiat nous faire entendre, ni défendre efficacement les intérêts de notre pays, la République Centrafricaine.

Jacques Ayandho.

 
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Publié par le 09/02/2017 dans Uncategorized

 

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