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CENTRAFRIQUE: Nation : BenAfrique ou la preuve de l’échec patent de la politique de transports de Touadéra

14 Jan

 

Il y a quelques jours, les combattants de la liberté et de la démocratie étaient sur le point de faire publier un article intitulé « M. Touadéra et M. Sarandji, la société BenAfrique est – elle la solution appropriée à la crise de transports ? ». Mais comme si quelque chose d’important les en avait dissuadé et comme il n’y a jamais de hasard sur cette terre des hommes, l’évènement substantiel que tout le monde pressentait, est finalement survenu, ce jour, le vendredi 13 janvier 2017, à Bangui.
En effet, il était 10 h 30 mn, lorsque mon téléphone sonne et je décroche immédiatement. Au bout du fil, un de mes informateurs les plus sûrs qui m’annonce tout de go : grand – frère, un de tes bus vient de prendre feu, à côté du stade municipal. Je lui rétorque de quel bus parle – t – il puisque je n’en ai pas. Et ce dernier de me répondre : l’un des bus de la mairie dont nous avons parlé, il y a à peine deux (2) jours. Quelques minutes plus tard, il fait poster dans ma boite les images du bus en feu et celles du tas de ferraille qu’il en restait. Des images dont j’ai immédiatement fait une large diffusion.
Voilà tout simplement un exemple parmi tant d’autres qui attestent de manière certaine et irréfragable de la preuve de l’échec patent de la politique de transports, proposée par le président Touadéra, candidat de la rupture et du changement, et conduite par son gouvernement placée sous l’autorité directe de son aîné, Simple Matthieu Sarandji, à travers le maire de la ville de Bangui, M. Emile Gros Raymond Nakombo. Une politique qui a consisté à résoudre la crise aigüe de transports que connait depuis plusieurs années la République centrafricaine, en général, et la ville de Bangui, en particulier, par l’attribution du juteux marché de fourniture et de mise en circulation, par la société dénommée « BenAfrique », de nationalité béninoise, des vieux bus ou tout simplement des tacots pour ne pas dire des cercueils ambulants. A l’exemple de celui qui a pris feu, ce vendredi 13 janvier 2017, d’où s’en seraient échappés, avec trop de difficultés, le système électrique ne fonctionnant plus, le chauffeur et le receveur, et dont l’incendie aurait dû faire, s’il était bondé, encore de nouvelles victimes innocentes, en sus de celles qui tombent tous les jours que Dieu fait, sous les balles des conquistadores, des seigneurs de guerre et de toutes les bandes armées qui ont mis le pays en coupes réglées.
Comment deux (2) universitaires de ce rang peuvent – ils en arriver là, alors qu’un soudard qui n’avait pas atteint le niveau d’un élève de la classe de CM2 et obtenu son certificat d’indigène, pour désenclaver son pays au lendemain de son accession à l’indépendance, avait eu l’ingéniosité de créer une société nationale dénommée « Compagnie Nationale de Transports » en abrégé CNTR et l’avait dotée de matériels roulants tout à fait neufs, livrés directement par une société concessionnaire « Renault » ? Pourquoi ne pas en faire autant comme Jean Bedel Bokassa, non seulement en vue de trouver des solutions appropriées aux difficultés de transports, mais surtout d’offrir de l’emploi à ces milliers de jeunes chômeurs qui sont obligés, faute de travail, de recourir au service des armes pour subvenir à leurs besoins, de générer de la richesse nationale et de combattre la pauvreté ? Sont – ils si antirépublicains au point d’accepter aveuglément qu’une société étrangère puisse s’approprier de ce domaine de souveraineté nationale et introduire comme bon lui semble sur le territoire national des cercueils ambulants, sans aucune garantie de sécurité préalable et propositions d’un cahier de charges, bénéfiques aux besoins de la population centrafricaine ? Sont – ils si antirépublicains au point d’accepter de faire de leur pays une des poubelles de la planète ? Se souviennent – ils au moins de l’Affaire du Guichet Unique de Douala dont la gestion a été confiée à un certain Philippe Bocco par M. Dabanga, à l’époque ministre des finances et du budget ? Le moment n’est – il pas venu pour en savoir un peu plus sur la procédure observée par M. Nakombo dans l’attribution de ce juteux marché, comme la presse écrite en parlait déjà ?
Des pertinentes questions qui se passent de tout commentaire mais qui ne peuvent que réconforter les combattants de la liberté et de la démocratie dans leur thèse selon laquelle M. Touadéra et M. Sarandji ne sont pas venus pour changer le visage de la société centrafricaine, mais plutôt pour se changer eux – mêmes et mourir riches. Il ne saurait en être autrement. Le prouve avec force – détails leur propension à effectuer des dépenses de prestige, comme l’atteste l’évolution exponentielle des fonds alloués aux actions présidentielles et gouvernementales, à recevoir des opérateurs économiques douteux et à s’accommoder avec eux.
Et pourtant, avec une petite dose de volonté, de détermination et de courage politique semblable à une graine de sénevé, comme l’avait dit le Maître de la Parole, Touadéra peut innover dans ce domaine et créer les conditions élémentaires pour une renaissance effective du pays. Car, même si la Rca se heurte à de sérieux obstacles dans la réalisation de son réseau de transports, elle possède toutefois des atouts non négligeables qui contribuent partiellement et naturellement à atténuer leurs effets. En effet, toute politique de transports chez nous concerne à la fois et au même degré les liaisons intérieures du pays et celles entre celui- ci et l’extérieur. A ce double titre, l’immensité du territoire centrafricain (623.000 Km2), sa faiblesse démographique et l’insuffisance des capitaux susceptibles d’assurer le financement des grands travaux constituent des obstacles majeurs à la politique de relations d’échanges avec l’intérieur du pays. A cela s’ajoute la difficulté, grande entre autres, au plan des échanges, la continentalité du pays. Bangui, la capitale se trouve à environ 1500 Km de la cote atlantique. Les pluies torrentielles qui couvrent en moyenne et partout 6 à 10 mois de l’année avec des totaux variant entre une moyenne de 500 à 800 m/m posent de sérieux problèmes pour l’aménagement des routes. Sur le plan des échanges entre les pays du continent, la Rca possède un autre atout majeur stratégique : sa position au centre géométrique de l’Afrique. Lorsque les dirigeants du continent décideront de mener une politique d’échanges interafricains, comme celle visant à construire la route transafricaine, il y a plusieurs années déjà, le pays de B Boganda sera vraisemblablement le nœud de la plaque tournante de ces relations. Au point de vue de l’aménagement des réseaux nationaux des possibilités existent aussi. C’est d’abord, la géomorphologie qui pays qui n’offre aucun obstacle important au tracé des routes et autres voies. En effet, la Rca est constituée pour les 2/3 de plateaux en formes tabulaires très facilement accessibles. Quant à la nature du sol, l’abondance des cuirasses latéritiques facilitent énormément tous travaux de construction, à condition bien entendu d’assurer par la suite un entretien permanent. Enfin, du point de vue biogéographique, la majeure partie du couvert végétal est composé de savane très facilement pénétrable, à la différence des régions de l’est sud et du sud ouest, constituées de forêts.
Fort de ce qui précède, depuis plusieurs années, les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, ont conçu et mis en œuvre des politiques de désenclavement du pays, dans tous les domaines : voies routières, voies fluviales et voies aériennes. Ce qui nous intéresse ici et qui a attrait à l’Affaire BenAfrique est particulièrement les efforts réalisés dans le développement des réseaux routiers. Même si les difficultés de tensions de trésorerie de ces dernières années, résultantes des permanentes et récurrentes crises militaro politiques qui ont secoué et ne cessent de secouer le pays, les ont rendues impraticables, des routes et des pistes rurales ont été ouvertes permettant de relier toutes nos préfectures à nos sous – préfectures. Aujourd’hui, avec le retour à l’ordre constitutionnel et la brillantissime élection de Touadéra, candidat de la politique de la rupture, beaucoup d’efforts peuvent encore être faits pour leur entretien pour le développement de nos régions. Pour peu qu’il se souvienne de ce que Jean Bedel Bokassa a fait, à travers la création de la CNTR et l’implantation des subdivisions des travaux publics dans les préfectures et les sous – préfectures pour créer les conditions élémentaires à la relance des activités agricoles et à l’exportation des cultures de rente et vivrières, sources devises et de richesses. Pour peu qu’il tire les leçons de l’Affaire Sonatu et innover en la matière.
Malheureusement, le choix fait par le maire de la ville de Bangui, à travers la mise en circulation des cercueils ambulants, fait douter le peuple de sa capacité à prendre à bras le corps le problème de la crise de transports dans ce pays et à y trouver des solutions idoines et pérennes pour la renaissance tant promise au peuple centrafricain. Un échec patent dont il doit tirer hic et nunc toutes les conséquences avant qu’il ne soit tard. Car, qu’il ne se trompe pas : ce sera à lui et à lui seul de rendre des comptes à ses électeurs.
Jean – Paul Naïba

 
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Publié par le 14/01/2017 dans Uncategorized

 

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