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CENTRAFRIQUE : ZIGUELE : L’HISTOIRE RETIENDRA ?

06 Jan

ziguele

 

Le président Faustin Archange Touadera veut ils s’oxygéner ?

Telle est la grande interrogation que se pose actuellement le Centrafricain lambda face aux folles rumeurs de la prochaine nomination de Martin Ziguélé au poste de futur Premier Ministre.

Qu’y a de nouveau à ces rumeurs ?

Pour rappel, le 1er avril 2001, Martin Ziguélé est nommé Premier ministre par le président Ange-Félix Patassé.

Son premier gouvernement, dit « d’action et de combat » (GAC), rendu public le 6 avril, compte au total vingt-quatre membres, dont lui-même, deux ministres d’État, seize ministres et cinq ministres délégués.

Il doit affronter plusieurs problèmes urgents et délicats dont le premier est celui du cumul par les fonctionnaires centrafricains de 25 à 30 mois d’arriérés de salaires, véritables patates chaudes laissées par le précédent gouvernement dirigé par Anicet Georges Dologuélé

Moins de deux mois après sa nomination, Ziguélé doit affronter la tentative de coup d’État du 28 mai 2001 du général André Kolingba, ancien dirigeant du pays. Une fois la situation rétablie, le président Patassé lui renouvelle sa confiance, et Martin Ziguélé procède à un remaniement de son gouvernement le 30 août 2001.

Le 16 janvier 2003, le gouvernement est remanié une nouvelle fois. Le 15 mars suivant, un coup d’État dirigé par le général François Bozizé, accompagné à Bangui par des mercenaires étrangers principalement tchadiens, renverse le président Patassé, alors que celui-ci rentrait d’un sommet des chefs d’État de la CEN-SAD tenu à Niamey au Niger. En juillet suivant, Ziguélé est autorisé à partir en exil en France.

Ziguélé se présente à l’élection présidentielle du 13 mars 2005 comme candidat indépendant, soutenu par le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).

Avec 23,53 % des voix, il se place en seconde position derrière François Bozizé et se qualifie pour affronter ce dernier au second tour le 8 mai suivant. Avec seulement 35,4 % des voix, il est largement battu par François Bozizé qui est élu avec 64,6 %.

En juin 2006, lors d’un congrès extraordinaire, Ziguélé est élu président du MLPC à titre provisoire, en remplacement d’Ange-Félix Patassé, exclu du parti. Le 23 juin 2007, il est reconduit dans ses fonctions.

De nouveau candidat lors de l’élection présidentielle du 23 janvier 2011, il ne termine qu’en troisième position avec seulement 6,8 % des voix.

Principal opposant politique durant les deux quinquennats de François Bozizé,avec le Front de l’Annulation et de Restauration de le démocratie(FARD).

Avec ce titre, il prendra part aux pourparlers de Libreville.L’opposition démocratique, le gouvernement Bozizé et la Seleka rentrent de Libreville avec une feuille de route. Ce sont les fameux accords de Libreville qui prévoient :
– le maintien de François Bozizé au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat en 2016,
– la formation d’un gouvernement d’Union nationale avec un Premier ministre issus de l’Opposition démocratique,
– des postes ministériels stratégiques à la Coalition Seleka (dont celui du ministre de la Défense jusqu’alors poste de Bozizé et de son fils Francis).
– l’organisation d’élections législatives dans un délai de 12 mois pour pallier le problème de cette Assemblée nationale monocolore…
– Le retrait de toutes les forces militaires étrangères de la Centrafrique à l’exception des forces de la Fomac (Force multinationale de l’Afrique centrale). (Référence faite aux forces sud-africaines qui protègent le pouvoir de Bozizé).
La force de maintien de la paix en Centrafrique sera par ailleurs reconfigurée, et appuiera l’application de ces accords.
– Enfin l’interdiction aux membres du gouvernement de la transition de se présenter aux futures élections.

Le 17 janvier 2013, Bozizé organise une réunion au palais de la Renaissance avec toutes les entités ayant pris part aux pourparlers de Libreville ainsi qu’avec la societé civile. A la suite de la réunion, Nicolas Tiangaye est nommé Premier ministre.

15 mars 2013 : Bozizé célèbre en grandes pompes au stade de Bangui, les festivités marquant sa prise de pouvoir par les armes en mars 2003.

A cette occasion, des représentants de la jeunesse, des musiciens, des associations prononcent des discours de soutien à l’homme fort de Bangui. Il réaffirme sa volonté à se représenter aux prochaines élections.

Le 17 mars 2013, la Seleka lance un ultimatum de 72 heures au président Bozizé pour la mise en application complète des accords de Libreville qui prévoient entre autres le départ des forces sud-africaines, la libération de tous les prisonniers politiques, et la levée de toutes les barrières dans la ville de Bangui.

Une mission de médiation conduite à Sibut pour calmer le jeu tourne à la séquestration. Les éléments de la Seleka retiennent cinq ministres de la délégation à Sibut. Il s’agit de : Christophe Gazam-Betty, ministre de la Communication, Michel Djotodjia, vice Premier-ministre, ministre de la Défense, Mohamed Daffahne, ministre des Eaux et forêts, Amalas Amias Aroune, ministre du Commerce et Herbert Djono Ahaba, ministre de la Recherche minière. Une simple stratégie pour ne pas les exposer aux représailles qui vont suivre. Car ce sont tous des Ministres représentants la Seleka au gouvernement.

Le 20 Mars la Seleka annonce reprendre les hostilités suite à l’expiration de l’ultimatum et le 24 Mars ils prennent Bangui suite à un assaut éclair.

Le 31 Mars Formation d’un nouveau gouvernement, Nicolas Tchangai est maintenu au poste de Premier Ministre.

Au lendemain de la prise du pouvoir par la Seleka, Martin Ziguele Chef de file de l’Opposition démocratique a déclaré : « Un coup d’Etat n’est jamais une bonne nouvelle pour la démocratie, mais pour ce cas si (… ) Pour un coup de force qui a causé si peu de pertes en vies humaines, on ne peut que s’en féliciter…»

En disant ces mots Ziguelé se voyait déjà président dans les 18 prochains mois. C’était sans compter avec les 20 000 hors la loi qui avaient éjecté Bozizé.

Il prend la tête d’un groupement politique dénommé l’Alliance démocratique des forces pour la transition après le renversement du président Bozizé par la Séléka le 24 mars 2013.

Il se présente à l’élection présidentielle de 2015 et arrive quatrième du premier tour avec moins de 11% des voix.

La nomination d’un premier ministre selon la constitution relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’état et pourquoi pas Ziguélé ?
Ziguélé premier Ministre de Touadera ?

La politique a ses raisons que la raison ne connait pas.

QUI VIVRA ENCORE VERRA.

Bangui, le 06 Janvier 2016
Par Charlie Joseph LARABO

 
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Publié par le 06/01/2017 dans Uncategorized

 

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