RSS

CENTRAFRIQUE : SARANDJI LE FRÈRE JUMEAU DU DICTATEUR YAHYA JAMMEH ?

15 Déc

 

Battu dans les urnes à la régulière, le président Gambien Yahya Jammeh tente aujourd’hui de s’accrocher au pouvoir par tous moyens dont la force.

En Centrafrique, la polémique lancée sur la départ de Simplice MLathieu Sarandji au poste de premier ministre révèle la même stratégie : Celle de la terre brulée, celle qui consiste à menacer pour survivre politiquement.

Une question constitutionnelle se pose : un Président de la République peut-il mettre fin aux fonctions d’un Premier ministre qu’il a lui-même désigné?

Constitutionnellement, la fin de fonction du Premier ministre est bornée par l’article 22 alinéas 5 qui dispose :

Le Président de la République est le Chef de l’Etat.

« Le président de la République nomme le Premier Ministre Chef du Gouvernement et met fin à ses fonctions.
Sur proposition du Premier Ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. »

L’article 41 ajoute : « Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, est responsable devant le Président de la République et devant l’Assemblée Nationale.
Il peut être mis fin, à tout moment, aux fonctions du Premier Ministre par le Président de la République ou à la suite d’une motion de censure adoptée à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée Nationale ».

Littéralement, donc, ces textes prévoient l’enchaînement de séquences logiques suivant :

1. le Président nomme le premier ministre choisi et voulu par lui(Élu et détenteur de la souveraineté)

2. Le premier Ministre est responsable devant le président et devant l’assemblée nationale.

3. Le Président met fin aux fonctions du Premier ministre à tout moment;

4. Le parlement peut voter une mention de censure contre le gouvernement pour démettre le premier ministre.

La Constitution a donc prévu qu’un Premier ministre soit « changé » par le président de la République ou chasser par l’assemblée Nationale.

Au vu des réalités politiques, le départ de Sarandji apparaît pratiquement certain et un nouveau premier ministre pourrait être nommé pour former rapidement un nouveau gouvernement

1-Le président de la République avait expliqué au peuple suite à la polémique qu’avait déclenchée la nomination de Simplice Mathieu Sarandji, désigné un premier ministre pour parer au plus pressé en attendant les résultats des législatives.

Or 8 mois après l’installation des députés, la configuration politique du pays étant connue, ce premier ministre de « transition » ne pouvait logiquement plus continuer à diriger le pays.
En réal politique, Sarandji n’était qu’un PM provisoire.

2-Aujourd’hui une nouvelle donne politique « Union Sacrée » a été lancée par le Chef de l’état.
Politiquement pour rassurer ses nombreux alliés et électeurs, Touadera se devrait de nommer une personnalité de cette coalition des alliés comme premier ministre.

3-L’une des situations les plus drolatiques fut d’ailleurs le fait que Sarandji n’est plus en odeurs de sainteté avec la communauté nationale et internationale. Et lorsque l’on sait que la RCA pays post conflit ne dépend que des subsides extérieurs pour fonctionner alors il est évident que la logique s’impose.

4-Le premier ministre suite à la montée de l’insécurité et au quotidien du peuple n’a plus de crédibilité.
Il est par ailleurs sous le feu des critiques pour son style de gouvernance, y compris au sein de son propre camp.

Les indiscrétions laissent présager, s’il n’envisage pas de démissionner, le parlement s’en chargera dans les prochains jours malgré les pressions de certains proches du president ,

La situation que Sarandji serait en train de créer ressemblerait à une sorte de rébellion « de l’intérieur », propre au même camp politique. L’affaire ne manque pas de piment.

Dans la pratique, elle obligerait Touadera à composer avec un premier ministre devenu inamovible..
Autrement dit le president en serait donc réduit à faire contre mauvaise fortune bon coeur, comme Bozizé le fit avec Nicolas Tiangaye.

Faustin Archange Touadera serait-il assez irresponsable pour laisser pourrir la situation en laissant son PM refusé de présenter sa démission et de s’accrocher à son poste ?

Cette tournure extrême des événements serait peu probable, mais Touadera, avec sa logique de fourberie, nous a habitués à la réalisation des improbabilités statistiques.

D’une certaine façon, une telle crise à la tête de l’État constituerait le pourrissement logique, presqu’attendu, d’un quinquennat cataclysmique où tous les cas inimaginables jusqu’ici se sont vus.

Tous ceux qui avaient imaginé que la Centrafrique était tombée au plus bas avec Mahamat Kamoun ont découvert qu’avec Sarandji, on pouvait faire pire en creusant le plancher.

Dans ces conditions, pourquoi ne pas terminer en beauté par une sortie honorable ?

Au plan constitutionnel, le chef de l’état au nom du sacro-saint principe de parallélisme des formes doit démettre cet imposteur que certains croyaient être un grand commis de l’état car en droit, l’autorité qui nomme est bien celle qui démet.

Les intérêts catégoriels, familiaux ou amicaux ne sauraient empêcher le fonctionnement d’un pays.

Simplice Mathieu Sarandji comme son frère jumeau Yayah Jammeh n’a jamais été un démocrate.

PARTIRA, PARTIRA PAS ?

QUI VIVRA ENCORE VERRA.

Bangui, le 15 Décembre 2016
Par Charlie Joseph LARABO

 

 
1 commentaire

Publié par le 15/12/2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “CENTRAFRIQUE : SARANDJI LE FRÈRE JUMEAU DU DICTATEUR YAHYA JAMMEH ?

  1. Henri Pierre Assangou

    16/12/2016 at 21 h 15 min

    Que reproche-t-on au Premier Ministre SARANDI?pourquoi devrons-nous continuellement vouloir déstabiliser le gouvernement,à travers cette institution le pays?Nous venons de sortir d’une situation trés difficile,laissons le temps à l’équipe actuelle de faire ses preuves!Nous pensons que la solution à la renaissance et à son retablissement dans le concert des nations ,n’est pas celui de relever constamment nos responsables,gérer un pays de surcroit post conflit demande un temps,parce que on se retrouve brutalement projeté devant une immense cataclysme et on ne sait par où commencer,il faut lors de la première année faire un inventaire et un audit de tous les maux et les classer par importance de règlement ou de réalisation.
    Aujourd’hui,à notre humble avis la situation sécuritaire et le rétablissement de l’unité du pays sont les deux principaux maux vers lesquels doit être orienté les efforts actuels de notre gouvernement et évidemment,la mise en place de notre administration tant à Bangui que dans nos provinces,nous pouvons considéré les actuels animateurs de notre administration comme une génération sacrifiée.
    Après la mise en place des bases des négociations et fixé une feuille de route et d’orientation claire,alors,nous pensons après une année donc en Mars 2017,le chef de l’Etat pourra envisager de se défaire de certains responsables pour composer une équipe politico-technocrates pour l’aider à l’exécution de cette orientaion!
    Mais démandé le départ de Mr SARANDJI ,nous pensons que c’est retombé dans une erreur administrative,surtout quand on ne nous précise pas clairement ce qui lui est reproché?
    Celui qui viendra doit apprendre,et prendre le temps de connaitre ses dossiers et se faire connaitre sur le plan national et international,s’habituer aux intrigues « POLITICOS »

    J'aime

     
 
%d blogueurs aiment cette page :