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CENTRAFRIQUE: Politique : M. Touadéra, qu’est ce que M. Sarandji a fait pour mériter d’être maintenu au poste de Premier Ministre, Chef du Gouvernement ?

10 Déc
touadera

Telle est la question que se posent depuis quelques jours, de sources généralement sûres et dignes de foi, les proches du président Touadéra, les états – major des différents partis politiques tant de la majorité présidentielle que de l’opposition, les représentations diplomatiques, les chancelleries et les principales organisations internationales présentes en Centrafrique. Une question qui heurte et dérange tant sa réponse peut susciter de l’espoir ou du désespoir à l’horizon. Une question qui pose le problème d’une probable reconduction imminente du locataire de l’immeuble – Pétroca, selon certaines indiscrétions émanant des sources proches de la primature, d’une part, et qui serait de nature à remettre fondamentalement en cause une autre information relevant cette fois – ci directement des entrailles des entrailles de la présidence la République, selon laquelle le candidat de la politique de la rupture ne peut plus continuer de recourir à l’indécision, l’hésitation et à l’atermoiement, et l’immobilisme qui ont caractérisé la gestion des affaires de la cité par le gouvernement Sarandji, d’une part, depuis plus de 7 mois.

Il ne peut plus avoir droit à des excuses, en continuant de faire endormir ad aeternam vitam la conscience de l’opinion nationale et internationale et en cachant ses faiblesses, ses laideurs et ses infirmités derrière l’histoire de l’urgence de l’intervention chirurgicale de la table ronde de Bruxelles et celle du miracle du relèvement du pays par les milliards des donateurs, par un coup de bâton. Il est aujourd’hui tenu d’agir, de poser des actes, et de montrer ce dont il est réellement capable, en tant que président de la République en vue de tenter de donner un tant soit peu forme à toutes ses kyrielles de promesses qu’il a faites et de rassurer effectivement le peuple. Pour ce faire, selon ces mêmes sources, il devrait prendre d’ici la fin de la semaine de grandes décisions : celle de nettoyer la maison de toute la racaille qui s’y trouve encore, afin de mieux accueillir la mariée ou celle de créer, à travers de nouvelles nominations, les conditions élémentaires pour une bonne gouvernance politique, celle de nommer un nouveau premier ministre, celle de mettre en place un gouvernement de large ouverture et composé des politico – militaires et de vrais technocrates, celle de prendre toutes les mesures de dernière rigueur pour la sécurisation du pays, la neutralisation par la force de toutes les forces non conventionnelles qui n’ont pas adhéré au programme DDRR et qui écument la République, celle devant concourir au redéploiement de l’administration civile et militaire dans nos villages, communes, sous – préfectures et préfectures, celle de favoriser le retour des milliers des personnes déplacées dans leurs maisons et leurs villages, et celle de créer un environnement de paix, de quiétude, de réconciliation nationale et de cohésion sociale, sans lequel aucune initiative louable pour un développement durable ne peut être possible.

Un nouveau premier ministre pour remplacer Sarandji La mise en œuvre des litanies des promesses faites lors de la campagne par le candidat Touadéra, selon les sources sus – indiquées, ne pourra être effective que si celui – ci ne doit plus hésiter à prendre « hic et nunc » son courage à deux mains pour demander gentiment à M. Sarandji de rendre son tablier afin d’éviter élégamment qu’il ne soit obligé de le démettre. Il ne peut plus et ne pourra plus le garder trop longtemps à ce poste. Au risque de s’attirer les foudres des différents partenaires au développement qui n’en veulent plus, celles des partis politiques ayant des assises assez confortables à l’assemblée nationale et entretenant avec lui des relations d’alliances, et celles des masses populaires qui ne peuvent plus et ne veulent continuer d’entendre parler des milliards de Bruxelles sans nourrir l’espoir d’en voir la couleur un jour et de les palper. En effet, pour dire vrai, M. Sarandji a échoué et a même lamentablement échoué. Indépendant, n’appartenant à aucune organisation politique, structurée, dynamique et disposant des organes de relais à l’intérieur du pays, et sur le plan international, n’ayant pas des accointances fort soutenues avec certains hommes des réseaux et de puissants groupes de pressions, cet universitaire ne pouvait pas mieux faire que ce qu’il a pu faire, en 7 mois de gestion : composer un gouvernement de cooptation et de débauchage sur fonds des critères de remerciements pour le partage des miettes laissées par le régime de la transition. Totalement déconnecté des besoins prioritaires des populations et de la République et n’ayant pas à sa disposition à la tête des différents départements ministériels des technocrates rompus et chevronnés, ce fameux gouvernement d’incompétences ne pouvait que conduire le pays droit dans le mur et n’aura réussi à poser aucun acte qui puisse mériter de son existence et justifier d’une probable idée de reconduction de son chef. Tout au plus, le peuple et l’histoire ne garderont de ce gouvernement que l’opération « Toumba Zendé » ou « Opération Ville Propre » dont on avait déjà entendu parler sous le régime du MLPC, il y a aujourd’hui plusieurs années déjà. Comme si le rôle d’un premier ministre et ceux des ministres de la République devaient se résumer à la collecte des ordures dans les différents quartiers de Bangui, uniquement. Comme si l’homme et ses ministres avaient tout simplement ignoré que cette mission relève d’une institution de la République, placée sous l’autorité directe du ministre de l’administration du territoire, la mairie, et qu’il suffisait de mettre un peu d’ordre dans sa méthode de gestion pour trouver une solution idoine aux problèmes d’insalubrité dans la capitale. Et encore une opération qui s’est éteinte d’elle – même, à peine eût – il été annoncée trompettes et tambours battant…..Franchement, hormis cette opération, qu’est – ce que M. Sarandji a posé concrètement comme acte éminemment courageux et politiquement louable qui puisse aujourd’hui militer en faveur de sa tacite reconduction ? Rien. Absolument, rien. Même pas une action de la taille d’une petite aiguille pouvant être interprétée comme prélude à la réalisation des kyrielles des promesses faites par son mentor au peuple. Pour éléments de preuve irréfragable, de la restructuration des forces armées centrafricaines à la mise en œuvre du plan de relèvement du pays, en passant par la cessation des hostilités, la neutralisation des seigneurs de guerre et de toutes les bandes armées, le retour des milliers des personnes déplacées dans leurs maisons et villages et le redéploiement de l’administration civile et militaire sur toute l’étendue du territoire national, aucune action courageuse même celle dont l’exécution n’est pas assujettie à la mobilisation des fonds, n’a été posée. Pis, aux dernières nouvelles, les évènements se surchargent et s’enchevêtrent pour devenir inextricables, avec la montée de l’insécurité dans l’Ouham – Pendé, la Ouaka, la Haute – Kotto, sans compter la Nana – Gribizi et l’Ouham.

A moins que Touadéra veuille se suicider politiquement, il n’a aucune solution plausible en vue que celle de le faire partir illico presto ou de démettre dans le meilleur délai. Créer un nouvel ordre politique national Non seulement le départ de M. Sarandji n’est plus à négocier et ne doit plus être à l’ordre du jour, mais surtout son maintien pour la mise en place d’un Gouvernement Sarandji II aura le mérite de faire enflammer la situation du pays. Il est donc impératif pour l’homme de Boy – Rabé de le comprendre, d’assumer sa responsabilité et de s’assumer. Cette décision tant attendue et tant souhaitée aura le mérite de créer un nouvel ordre politique national en sa faveur. D’abord, ce nouvel ordre politique, comme son nom l’indique, lui permettra de renouveler sa confiance avec les leaders de certains partis politiques qui lui ont massivement apporté leurs indéfectibles soutiens, avant pendant après l’entre deux tours des élections présidentielle et législatives, mais qui n’ont pas été satisfaits, chacun à la hauteur de sa contribution ou de sa dimension en tant que force politique siégeant réellement à l’assemblée nationale, et qui n’ont pas du tout accepté que leurs militants aient été débauchés ou qu’il leur ait été affecté des départements de petit calibre, alors qu’ils s’attendaient tout naturellement à avoir la charge d’assurer la gestion d’un ministère de souveraineté.

A moins qu’il veuille en faire à sa tête et qu’il ne soit pas un stratège politique, l’opportunité lui est ainsi offerte en or pour y choisir le nouveau premier ministre afin de trouver une réponse à l’une des multiples conditionnalités des donateurs dont la satisfaction doit servir de porte d’entrée aux premiers décaissements des milliards tant promis et tant attendus : un homme politique à la tête de l’exécutif, appartenant à une organisation politique ayant de solides représentations à l’assemblée nationale, et donc jouissant de la légitimité populaire, et connu pour sa maîtrise réelle de la technicité et sa rigueur. Ensuite, autant ce nouvel ordre politique sera indéniablement pour lui un terreau substantiel, plein de sels minéraux indispensables à une très forte probabilité pour sa reprise en mains de la situation socio politique et sécuritaire, autant il lui servira de socle indestructible et de point de départ à une énième et dernière tentative de négociation avec toutes les bandes armées favorables au programme DDRR et tous les seigneurs de guerre, évidemment de nationalité centrafricaine, les plus retors et les plus résistants à sa politique de main tendue. Pour n’avoir pas été directement consultés avant la composition du gouvernement Sarandji et ne se reconnaissant pas dans la personne de ceux – là qui ont été retenus par l’utilisation de la méthode de débauchage, tant dénoncée et tant décriée, l’opportunité serait donc là pour les ramener à la raison, calmer leurs ardeurs, au nom du rassemblement, et obtenir d’eux les personnes de leur choix à rentrer dans ce gouvernement de large ouverture. En retour, il aura toutes les raisons de demander à la communauté internationale et à la Minusca de recourir à la force pour neutraliser les récalcitrants, car ils n’auront plus droit à des excuses, et imposer la sécurité et la paix. Enfin, ce nouvel ordre politique aura pour lui le mérite incontesté et incontestable de lui permettre d’extraire de son premier gouvernement tous les bras cassés qui s’y trouvent, non pas sur la base des critères objectifs de compétences, de savoir – faire et de comment – faire, mais surtout sur la base des critères subjectifs de cooptation, de marchandage et de manœuvres politiciennes, et de l’ouvrir grandement, tout en prenant soin d’éviter revenir sur des individus dont les noms heurtent et dérangent encore la conscience des centrafricains et dont les consciences sont négativement surchargées des malheurs de tout un pays, à tous ces technocrates qui sont nombreux dans ce pays, dont les noms et les CV figurent bel et bien dans les fichiers de la fonction publique ou de leur département d’origine, et qui émargent mensuellement sur le budget de l’Etat.

Un tel choix aura non seulement le mérite de booster la dynamique en perte de vitesse depuis longtemps dans nos différentes administrations, mais surtout permettra de vider des fichiers du personnel de l’Etat tous les personnels hors statut dont la prise en charge financière mensuelle par la direction de la solde n’a fait que et ne fera grossir exponentiellement la masse salariale. Un vrai clin d’œil à tous les partenaires au développement. Un vrai clin d’œil à tous ceux qui détiennent encore des armes et dont la capacité de nuisance demeure réelle. Un vrai clin d’œil aux leaders des partis politiques alliés et ceux de l’opposition qui ne cessent d’être à ses côtés. Un vrai clin d’œil à toux ceux qui croient que tout est encore possible dans ce beau pays qu’est la République centrafricaine. A Touadéra d’entretenir cette flamme de la liberté, du courage et de la responsabilité dont la chaleur et la densité devront aller grossissant, telle la loi du mouvement ancrée de manière éternelle, intangible et inexorable dans la dynamique de la Création. « Qui n’avance pas recule », n’est – ce pas ?

Jean – Paul Naïba

 
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Publié par le 10/12/2016 dans Uncategorized

 

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