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CENTRAFRIQUE: Politique : A quel jeu veut jouer Touadéra, à travers ces nominations pêle – mêle, quelques jours seulement après Bruxelles ?

30 Nov

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Telle est la question qui fuse des lèvres des centrafricaines et des centrafricains plus politiques, plus analystes et plus réservés aux actes que pose le président de la République, depuis sa brillantissime élection à la magistrature suprême de l’Etat. Un président qui a été élu, ne l’oublions pas, sur la base d’un certain nombre de promesses ; celle de la politique de la rupture, celle de la fin de l’impunité, celle de l’alternance générationnelle, celle de la sécurisation du pays par la restructuration des forces armées centrafricaines et le redéploiement de l’administration civile et militaire sur toute l’étendue du territoire national, celle du retour des milliers de personnes déplacées dans leurs maisons et villages, celle de la réconciliation nationale, celle de la cohésion sociale et celle de la renaissance de cette terre qui a vu naître un certain B. Boganda et pour laquelle il s’est battu jusqu’au prix de sa vie, le 29 mars 1959, dans un mystérieux accident d’avion. Une question qui a toute son importance et sa raison d’être, depuis que l’homme de Boy – Rabé, qui à la surprise de tous ceux qui ont placé en lui toute leur confiance et qui ont cru qu’il devait aller vite, s’est curieusement moulé dans la politique de la rupture dans la continuité, a commencé peu avant et après Bruxelles à apposer son sceau et son seing, pêle – mêle, au bas des décrets portant nomination ou confirmation des fonctionnaires et agents de l’Etat à divers postes de responsabilité dans les différents départements ministériels.

Une rupture soudaine avec la politique de la rupture dans la continuité, érigée en mode de gouvernance depuis plus de 7 mois, qui ne peut évidemment que susciter des interrogations. Pourquoi ne l’avait –il pas fait au moment où tout le monde s’y attendait le plus ? Pourquoi ne l’avait – il pas fait comme cela se passe dans ces pays où les hommes politiques régulièrement élus arrivent avec leur équipe, leurs hommes et leurs méthodes afin de marquer les esprits, d’attirer l’attention et de donner forme à court, moyen et long terme, aux grandes lignes matricielles des projets de société sur la base desquels ils ont été choisis ? Pourquoi le fait – il maintenant, c’est – à – dire, comme nous l’avons déjà souligné un peu auparavant, peu avant et brusquement après son retour de la fameuse table ronde de Bruxelles ? L’homme met en place ses hommes C’est l’une des réponses que les combattants de la liberté et de la démocratie ont trouvée aux pertinentes questions ci – dessus évoquées. En effet, selon des informations dignes de foi en notre possession, l’une des multiples conditionnalités auxquelles sont ou seront assujettis les décaissements de l’aide financière de 2,3 milliards de dollars, c’est la mise en place d’un gouvernement de large ouverture qui doit être dirigé par un homme politique, c’est – à – dire une personnalité issue d’une organisation politique ayant une assise nationale et des représentants siégeant à l’assemblée nationale, de renommée internationale, et connu pour sa rigueur et sa maîtrise totale des règles de l’orthodoxie financière. Un gouvernement qui doit s’ouvrir aussi aux leaders politico – militaires ayant adhéré au programme DDRR et déterminés à œuvrer pour la paix, la sécurisation du pays et la réconciliation nationale. Un gouvernement où doivent siéger de véritables professionnels, ayant le savoir – faire et le comment – faire pour pouvoir travailler dans le cadre de l’absorption de ces fonds dont les annonces ont été tant faites. Surpris donc par cette injonction et pressé par le temps, l’homme est obligé de prendre au plus vite les dispositions pour placer ses hommes, amis, parents et connaissances. C’est pourquoi, ces derniers temps, la radio Bangui est préoccupée par la lecture des décrets portant nomination ou confirmation des fonctionnaires et agents de l’Etat à des postes de responsabilité aux ministères des finances et du budget, de l’économie, du plan et de la coopération internationale, de l’environnement, des eaux, forêts et pêche, de la communication, de l’éduction nationale, etc… Des nominations qui comportent néanmoins, même si elles avaient été sérieusement préparées, discutées et adoptées en conseils des ministres, trop d’écueils, trop d’imperfections et trop d’anomalies qui leur ôtent finalement tout caractère de sérieux, de sincérité et de crédibilité. Comme les combattants de la liberté et de la démocratie l’ont relevé, au lendemain de la publication du décret n°16. 386 du 11 novembre 2016 portant mouvement du personnel au ministère des finances et du budget, ce ne sont pas des critères de qualifications, de compétences, de solides expériences professionnelles et du respect des plans de carrière qui ont servi de repères à ces nominations. Ce sont plutôt des critères d’appartenance politique, sectariste, régionaliste, claniste, clientéliste et favoritiste qui ont primé.

Des critères qui ont fait privilégier des hommes politiques de petits calibres et leurs suppôts, des thuriféraires du régime et leurs laudateurs, des parents, amis et connaissances, et enfin des personnels hors statut, c’est – à – dire des hommes et des femmes inconnus du fichier de la fonction publique dont la prise en charge financière mensuelle devra inévitablement grever le budget de l’Etat ou faire augmenter sensiblement la masse salariale. Ce qui risque de susciter dans les jours à venir une réaction musclée de la part des partenaires au développement.

L’homme fait un clin d’œil à la communauté internationale et Sarandji et fait verrouiller les marges de manoeuvre du nouveau PM…. Il n’est de secret pour personne que toutes ces mesures visent à donner un début de solutions aux conditionnalités ayant trait au renforcement des capacités des différents départements ministériels qui auront une responsabilité plus ou moins directe ou indirecte dans l’élaboration des projets à ficeler et la gestion des fonds tant annoncés, lors de la table ronde de Bruxelles. C’est pourquoi, des mouvements des personnels ont été opérés dans la précipitation aux ministères des finances et du budget et de l’économie, du plan et de la coopération. Par ces actes, autant l’homme voulait par là faire un clin d’œil à la communauté internationale, autant il était plus ou moins obligé, puisqu’il est définitivement établi qu’il doit se séparer de son aîné Sarandji, de faire placer tous ses hommes et leur donner suffisamment à manger, afin que la cause de la famille continue d’être valablement défendue, d’ici un an ou deux ans. Mais, en agissant ainsi, c’est – à – dire en procédant à des mouvements tous azimuts dans les différents départements ministériels, Touadéra lance un message selon lequel il veut non seulement nommer, en lieu en place de Sarandji, un homme politique de petit calibre qui lui sera entièrement soumis et disposé à faire sa volonté, mais surtout prendre les dispositions pratiques pour empêcher le nouveau premier ministre de nommer ses hommes à lui, sur des postes hautement sensibles afin de lui permettre d’assumer avec efficacité et efficience sa mission.

Voilà ce que les combattants de la liberté et de la démocratie ont retenu de ces mouvements de personnels. Des mouvements derrière lesquels se cache un double calcul : donner l’impression de prendre des mesures allant dans le sens des recommandations issues de la table ronde de Bruxelles, mais en réalité se saisir de cette opportunité pour placer dans l’administration des parents, amis et connaissances, et des personnels hors statut et plus coûteux, et créer les conditions de difficile collaboration avec le nouveau locataire de la primature. La communauté internationale est donc avertie et le nouveau premier ministre aussi….

Jean – Paul Naïba

 

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