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CENTRAFRIQUE: Politique : Touadéra, à quand la distribution des milliards ramenés de Bruxelles à chaque centrafricain et à chaque ménage ?

26 Nov

Dans les taxis et bus, les services et les bureaux, sur les lieux de divertissement et les restaurants, sur les chantiers, dans les églises, les ménages et même dans le lit, il n’ y a aucun sujet qui vaut la peine aujourd’hui d’être abordé et abondamment et âprement discuté que celui du retour triomphal et triomphaliste du président de la République, Faustin Archange Touadéra, au pays, au lendemain de sa brillantissime participation à la conférence des donateurs, organisée, le 17 novembre 2016, à Bruxelles sur la République centrafricaine.

Tel le grand guerrier M’bissibingui, héros du roman de René Maran, écrit quelque part à Grimari dans les années 30 et intitulé « Batouala » dans lequel cet administrateur colonial d’origine martiniquaise, peignait au moyen de la force de la plume et dénonçait avec la violence des lettres, des mots et des phrases, les souffrances infligées aux autochtones de l’Oubangui – Chari par les sociétés concessionnaires, le candidat de la rupture, du changement, de l’alternance générationnelle, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, aurait frappé chez les blancs un grand coup. Comme M’bissibingui, il aurait réussi à terrasser le chef du troupeau des buffles qui avait toujours mis tant en difficultés les chasseurs les plus redoutables de toute la contrée. Il aurait été tellement agile, combatif, agressif et déterminé qu’il aurait réussi à séduire tous ses interlocuteurs et à les convaincre de l’extrême et urgente nécessité d’avoir pitié de lui, de son peuple affamé et meurtri et de son pays, l’un des plus pauvres au monde, et de lui remettre dans des milliers de sacs en banco plusieurs milliards de jolis billets de banque.

Un tel exploit, selon les hommes et les femmes en charge de sa communication, qui non seulement ne pouvait que dépasser en apothéose le sacre des fauves en basket ball, à Tunis en 1987 et le sacre impérial d’un certain Jean – Bedel Bokassa, le 4 décembre 1977, mais surtout se devait d’être célébré de la plus forte belle manière dont la République se devra de s’en souvenir ad aeternam vitam, étant donné qu’au même moment un autre fils de la République, un certain Nzapalaïnga a été élevé à la dignité du premier cardinal, depuis l’accession de la Rca à l’indépendance, et mieux le plus jeune. Pour ce faire, des fonds qui ne sont jamais disponibles pour la prise en charge hebdomadaire et régulière des dépenses de fonctionnement des services hautement sensibles de l’Etat que sont par exemple les hôpitaux, les centres pénitentiaires, les primes globales d’alimentation et les départements ministériels qui manquent de tout et même de bics, vont brusquement sortir de certaines cantines ou tout simplement être prélevés en vitesse sur certains comptes ouverts à cet effet dans les livres journaux de certains banques commerciales de la place, pour être remis à des thuriféraires du régime et à des griots. Dans le but de s’acheter des mégaphones et des sifflets, de trouver de quoi à assurer deux (2) jours de repas en ces temps difficiles, de mener le combat pour la sensibilisation et d’appeler toutes les couches sociales de la population banguissoise à une grandiose mobilisation le jour J, le long des grandes artères. Au besoin et peut – être devant la réticence des uns et des autres, assurer les frais de locations des bus et des véhicules afin de faire drainer le maximum de badauds possible à l’aéroport, moyennant évidemment quelques espèces sonnantes et trébuchantes. Une véritable offensive communicationnelle à la soviétique dont l’équipe du général d’opérette François Bozizé dont Touadéra demeure l’un des parfaits et sérieux lieutenants, en avait fait la preuve, il y a encore de cela quelques années.

A l’arrivée, des hommes et des femmes sortis massivement au bord de l’avenue des martyrs pour applaudir leur héros national et en savoir un peu plus sur le montant exact de l’aide financière acquise. A l’arrivée, des hommes et des femmes qui n’ont pas abandonné pour rien leurs petites activités qui les font survivre tous les jours que Dieu fait sur cette terre des hommes. A l’arrivée, des hommes et des femmes qui sont sortis pour recevoir leur part du butin ramené de la table ronde de Bruxelles, dans des sacs en banco, selon les plus proches collaborateurs du président de la République. Et comme, l’on ne pouvait pas attendre deux (2) jours, après le retour de M’bissibingui de la chasse pour avoir droit à ses quotes – parts de cuisseaux, de boyaux et de succulents tendons de peur qu’ils ne soient faisandés ou qu’ils soient arrachés par les premiers venus, des langues ont commencé à se délier, qui pour exiger le paiement des arriérés des deux (2) mois de salaires de novembre et de décembre 2013, dus aux fonctionnaires et agents de l’Etat, qui pour solliciter l’apurement total des arriérés des créances nettes et exigibles dues aux opérateurs économiques et aux fournisseurs de l’Etat, qui pour demander leur intégration dans la fonction publique centrafricaine, qui pour obtenir hic et nunc le lancement du programme DDRR, qui pour exiger l’achat des armes pour le réarmement des Faca, qui pour quémander des subsides pour le démarrage des travaux de réhabilitation ou de relogement des maisons des milliers de personnes déplacées, qui pour ….

Des demandes auxquelles Touadéra ne pourra pas donner tout de suite des réponses plausibles, rassurantes et convaincantes. Autant M’bissibingui ne pouvait pas distribuer la tête de son buffle et ses carcasses à tous les membres de son village, autant Touadéra devra dans les meilleurs délais rappeler ses collaborateurs à plus de sagesse et de raison et à moins de triomphalisme et de crise de folie hystérique et collective…Afin d’éviter des lendemains qui désenchantent et dont les conséquences d’ordre social risqueront d’être plus difficiles à gérer dans les tout prochains jours. Car, pour tous les combattants de la liberté et de la démocratie, il n’a été obtenu à Bruxelles que des promesses et des annonces qui devront prendre forme au fur et à mesure que les conditionnalités auxquelles sont assujettis leurs décaissements, seront satisfaites et les projets y relatifs bien ficelés. Malheureusement, comme il a été prédit par les saintes écritures que par « faute de connaissance, mon peuple périt » ou dans l’euphorie politicienne, cette évidente vérité n’a pas été dite et soutenue. Il est donc grand temps de mettre d’eau dans le grand verre de whisky devant lequel tout le monde est assis et de faire sienne l’analyse de M. Nditiféi, dans son interview accordée à RJDH, en ces termes : « RJDH : Daniel Nditifeï Boyssembé bonjour : Vous êtes Secrétaire Général du MDIPS, alors la communauté internationale vient d’appuyer la République Centrafricaine à travers la table ronde de Bruxelles. Comment réagissez-vous au geste des partenaires techniques et financiers de la RCA ? DNB : Bonjour monsieur le journaliste.

Comme vous le savez aussi bien que moi, notre pays a vécu et malheureusement continue de vivre des moments très difficiles. Une crise particulièrement grave et aigue, je crois que c’est la crise la plus grave que ce pays ait jamais traversée. Les conséquences sur le plan économique et financier, c’est ce que nous savons tous. C’est que l’Etat est sans moyens, sans ressources financières, pour financer sa politique de sécurité, de relance des activités économiques et ainsi de suite. Donc, il n’a pas de choix que de compter sur ses partenaires traditionnels et c’est ce qu’il a fait en souhaitant se retrouver avec ses partenaires à Bruxelles autour de cette table ronde là. Le résultat finalement est encourageant dans la mesure où l’Etat a demandé trois milliards de dollars, il est revenu avec 2,200 milliards donc ce n’est pas négligeable. C’est une somme importante ! Mais ce que je voudrais dire c’est le reproche que je fais aussi bien au chef de l’Etat qu’à son gouvernement c’est qu’ils ont fait une fixation sur cette table ronde de Bruxelles à tel point que les centrafricains à tort ou à raison, mais je crois à tort se sont dits, bon mais la fin de la table ronde va coïncider avec la fin de nos difficultés. Ce n’est pas vrai, moi je crois qu’il faut qu’on change de discours, que le gouvernement change de discours. Il doit appeler les centrafricains à se mettre au travail. Nous ne travaillons pas dans ce pays-là. RJDH : Donc selon vous le gouvernement est en train d’ouvrir un front social à travers son discours sur l’issue de la table ronde de Bruxelles ? DNB : Il n’ouvre forcement pas un front social, mais je dis qu’effectivement des problèmes pourraient se poser demain si d’aventure tous les pays qui ont des engagements ne les ont pas concrétisé. Parce que vous savez ce qui s’est passé à Bruxelles c’est quoi ? C’est des annonces qui ont été faites, mais il faut du temps pour que ces annonces-là se transformes en espèce sonnantes et trébuchantes pour que finalement le centrafricain puisse effectivement ressentir l’impact dans sa vie quotidienne. Mais quelque fois et malheureusement cela prend du temps. Lorsque les projets sont des projets bien ficelés et pour lesquels nos partenaires se sont engagés à financer, là cela peut aller vite. Mais, je crois savoir que tous les projets qu’on a amenés là-bas n’étaient pas des projets entièrement ficelés. Donc, il va falloir une fois de retour ici à Bangui que les techniciens se mettent à ficeler le projet avant que ceux qui ont fait des annonces puissent envisager la procédure de financement. Et malheureusement quelque fois cette procédure-là est longue et cela dépend des pays.

Des pays où quelque fois, il faut passer par le parlement, d’autres non, tout cela vous voyez ce n’est pas aussi simple que cela, et je dis que même à supposer que d’ici dans les deux ou trois mois qui viennent, le gouvernement centrafricain arrive à recevoir tout cela, soit à la Banque Centrale soit au Trésor, mais cela ne va pas résoudre tous nos problèmes comme vous le savez, nos problèmes sont immenses. Et nous arriverons à résoudre nos problèmes que lorsque les centrafricains vont se mettre une fois dans la tête que c’est par leur travail qu’ils vont arriver à sortir leur pays de la situation dans laquelle nous nous trouvons depuis de longues années. Parce que nous les pays africains, c’est comme cela, nous croyons que ce sont les autres qui vont nous développer. Non ! Prenons l’exemple des pays asiatiques, ils se sont développés par eux même. C’est vrai que certains d’entre eux ont bénéficié de l’accompagnement des pays développés et des institutions telles que le FMI et la Banque Mondiale. Mais nous en Afrique ici, nous pensons que c’est le FMI, la Banque Mondiale, la BAD qui doivent tout faire à notre place. Non ce n’est pas vrai, il faut qu’on change de discours ». Une vérité scientifique inaltérable et intangible, n’en déplaise à tous les thuriféraires du régime et leurs partisans !

Jean – Paul Naïba

 
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Publié par le 26/11/2016 dans Uncategorized

 

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