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CENTRAFRIQUE: Insécurité : M. Touadéra et M. Onanga, qu’attendez – vous pour neutraliser les bandes armées qui ont encerclé la ville de Paoua ?

26 Nov

La nouvelle est connue des plus hautes autorités en charge de la gestion de la sécurité dans ce pays, depuis plusieurs jours déjà, avant même que le président Touadéra ne puisse effectuer le déplacement de Bruxelles. Elle est même connue des forces onusiennes basées dans cette ville et qui, selon de gentilles indiscrétions très proches de la Minusca et du cabinet de M. l’Imparfait Désiré Onanga Anyanga, non seulement auraient alerté les responsables du haut commandement militaire, mais surtout leur auraient demandé la conduite à tenir. Comme toujours, et ce qui ne surprend plus personne, sans réaction de leur part.

Le haut commandement attend, à ses habitudes, jouer le médecin après la mort ou donne tout simplement l’ordre à ses forces déployées sur le terrain de rester l’arme aux pieds. Ce dont il ne cesse de faire montre chaque fois que les bandes armées relevant de la Séléka frappent, tuent, violent, incendient des maisons et des greniers, détruisent des biens publics et privés, et font contraindre des milliers de personnes, c’est – à – dire femmes, enfants et personnes de 3ème âge, à trouver refuge en brousse ou sur des sites des déplacés. Il en était ainsi hier à Kouki, Nanga – Boguila, Nana – Bakassa, Bambari, Grimari, Kaga – Bandoro, Ndomété, Ngakobo, Kouango, Koui, et Bocaranga où des hommes ont été tués, des femmes violées, et leurs habitations brûlées et entièrement détruites, Il en est ainsi dans la Haute – Kotto, à Bria où deux franges (2) armées de la Séléka s’affrontent depuis quelques jours, avec des conséquences en vies humaines, sur des populations civiles, au vu et au su des forces onusiennes déployées dans cette zone, et sans que les autorités en charge de la gestion de la sécurité ne puissent réagir. Il en était ainsi hier dans l’Ouham – Pendé où la ville de Koui a été attaquée par des bandes armées sous le commandement d’un certain Sidiki, au nez et sous la barbe du contingent camerounais de la Minusca. Il en était ainsi hier à Bozoum où ce même contingent s’est purement et simplement retiré de la ville, abandonnant la population à son triste sort et à la merci des bandes armées. Il en est ainsi aujourd’hui dans les villages environnants à la ville de Paoua, encerclée par des bandes armées, une fois de plus, acquises à la cause d’un certain Sidiki et d’un certain Armel Sayo, connus de tous et qui jouissent tous les deux d’une certaine capacité d’imparabilité, au vu et au su des forces onusiennes. Cette situation d’insécurité généralisée dans l’Ouham – Pendé, peu avant et au lendemain de la tenue de la Conférence de Bruxelles, doit vivement interpeller le président Touadéra et M. Onanga, en charge de la gestion de la sécurité. Que toutes mesures relatives à la recherche de la paix et de la sécurisation du pays, soient reportées avant cette rencontre avec les bailleurs de fonds, peut se comprendre et être excusable. Mais, qu’au lendemain de cette Conférence sur l’avenir de la République centrafricaine où des engagements fermes ont été annoncés pour soutenir financièrement ce pays, des dispositions ne soient pas prises avec courage et vigueur pour neutraliser toutes les forces non conventionnelles et les bandes armées qui ont pris en otage tout un peuple depuis plus de 3 ans, ne peut plus être accepté par tous. Il est donc grand temps que le président Touadéra puisse frapper du poing sur la table, tenir un langage de fermeté à M. Onanga, et lui demander d’assurer effectivement la protection des populations civiles, en usant de la force pour commencer par neutraliser toutes ces forces nuisibles. En attendant, la ville de Paoua est abandonnée à elle – même, martyrisée et traumatisée, au vu et au su de la Minusca, et sans que ses dignes fils, à savoir Dologuélé et Ziguélé, députés de Bocaranga I et II, ne puissent s’assumer et assumer leurs responsabilités, comme l’avaient fait héroïquement un certain B. Boganda. En attendant, le martyr de la ville de Paoua se poursuit de la manière telle que décrite par un confrère de la presse écrite, en ces termes : « Paoua, l’une des cinq villes de la Sous-Préfecture de l’Ouham-Péndé, considérée comme la capitale économique et multiculturelle de la région du Nord-Ouest, se retrouve actuellement encerclée par des miliciens armés.

L’enjeu pour ces derniers, prendre le contrôle totale de la ville de Paoua et de sa région pour en faire leur base arrière et éventuellement conquérir d’autres villes importantes du Nord menacées par d’autres groupes armés présents dans la région notamment celui du Camerounais Siddiki ou le FDPC d’Abdoulaye Miskine signalé déjà dans la Nana-Mambéré. Pendant ce temps, la population, victime naturelle de ce genre de pratique, se demande s’il existe réellement des Autorités dans ce pays? Si en 2014 un Commandant camerounais de la MINUSCA, affecté dans la Sous-Prefecture de Paoua, réprimait d’une manière violente la présence de toutes les personnes armées jugées dangereuses dans la ville de Paoua et ses environs, depuis sa réaffectation à Bossangoa et son retour dans son pays, toutes les donnes ont changées. Les Combattants de la Révolution Justice (RJ) cantonnés vers Bémal à quelques kilomètres du Tchad, se retrouvent curieusement à seulement 10km de Paoua sur l’axe menant à Bossangoa depuis près de deux ans. Comme si cela ne suffisait pas, les éléments de la Séléka, entre temps très loin de Paoua vers Kabo, Batangafo et Sido centrafrique, se retrouvent eux aussi à 10km de Paoua sur l’axe menant à Bétoko, grâce à leur accord avec la RJ. Pendant ce temps, sur l’axe Péndé -Ndime puis sur l’axe menant à Bozoum, les Combattants dissidents de RJ occupent ce secteur.

Dépourvus des moyens logistiques, ces derniers sont souvent considérés comme des éléments d’autodéfense des villages qu’ils occupent grâce à leur patois. Depuis une semaine, la Révolution Justice et son alliée, Séléka, très gênées de voir en face un groupe rival percevoir à lui seul les recettes générées par les droits de passage appelés dans leur jargon « Droits d’escorte », ont décidé d’attaquer leur positions pour en faire leurs points de contrôle. Après l’échec de la négociation menée par la MINUSCA, les combats se sont éclatés entre le groupe dissident de la RJ d’une part, et la coalition RJ-Séléka d’autre part. Durant trois jours de combats occasionnant une dizaine des morts en majorité des civils, les Combattants de la RJ et leurs alliés de la Séléka ont pu prendre le dessus sur leur rival dans le village Gouzé, à environ 18km de Paoua sur l’axe de Bozoum. Selon nos informations, ces éléments de RJ-Séléka érigent non seulement des barrières en triplant les « droits d’escorte » rendant la vie ainsi dure aux conducteurs, mais commentent surtout des véritables crimes de guerre et crime contre l’humanité. Ainsi, Le 16 novembre dernier, alors que ces malfrats poursuivent les habitants jusqu’à leurs champs en leur demandant de sortir, d’autres violent collectivement une jeune fille lycéenne de 18 ans. Un autre garçon lycéen de 17 ans environ, de retour à Paoua après avoir parti se ressourcer en vivres dans son village à Gouzé, a été froidement abattu.

Pour l’heure, ils ne laissent aucun couloir humanitaire et poursuivent leur politique de la terre brulée. Un village Toulara où sont retranchés certains éléments d’auto-défense de Gouzé, a été attaqué.Dans la ville encerclée de Paoua, c’est l’inquiétude qui domine. Tout comme à Bozoum où la population dort la nuit en brousse suite à des rumeurs de l’arrivée imminente de la Séléka dans la ville. Tous les villages situés entre Bozoum et Paoua sont vidés de leurs habitants et les circulations des véhicules de commerce deviennent rares. Rappelons qu’entre 2005-2009, la population de cette Sous-Préfecture de l’Ouham-Péndé, notamment celle de Paoua et ses environs, avaient énormément souffert de la barbarie de la rébellion de Jean-Jacques DÉMAFOUTH dénommée APRD basée dans cette Sous-Préfecture. Des éléments de la Garde Présidentielle (GP) de François BOZIZE qui s’affrontaient régulièrement avec les Combattants de l’APRD, accusaient à l’époque tous les natifs et les groupes d’autodéfense locaux en quête de sécurité pour leurs communautés de complices de ces derniers.

Conséquence, ils menaient des attaques à l’encontre de la population civile, mettaient le feu à des milliers d’habitations civiles, commettaient des exécutions sommaires généralisées et abattaient illégalement des civils. Des véritables crimes de guerre et crime contre l’humanité ont été commis par ces éléments de la Garde Présidentielle, d’où le surnom de « Bouché de Paoua » attribué en fin de mission à l’un des lieutenants. Ces affreux souvenirs psychodramatiques, loin de disparaître dans la mémoire collective des habitants de cette région, semblent se répéter aujourd’hui par les combattants de la RJ et de la Séléka. En l’absence totale de l’autorité de l’Etat due à l’incompétence avérée des nouvelles autorités et le pouvoir de nuisance de certains compatriotes dans le vol et tuerie, seul, le Tout Puissant, désormais doit descendre sur le sol centrafricain afin de sauver cette nation en perdition ». Terrible, n’est – ce pas ?

Jean – Paul Naïba

 

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