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CENTRAFRIQUE: Politique : Quand Touadéra, Sarandji, Gouandjika et Dondra ignorent les cadres des Partis politiques alliés dans le mouvement du personnel du ministère des finances et du budget

12 Nov
faustin-archange-touadera

Gobongo, 11 novembre 2016. Il est 19 h 45 mn, alors que je suis à la maison, mon téléphone sonne. Je décroche. Au bout du fil, un opérateur économique qui s’exclame en ces termes : « Elle est partie, celle qui avait refusé de payer mes créances, malgré les instructions claires et précises du premier ministre, Sarandji et qui avait enfoui mon dossier dans son tiroir. Suis la radio, mon grand ». Le temps d’allumer mon poste – radio, je tombe net sur le contenu du décret, relatif à la direction générale des impôts et des domaines. Enfin, le mouvement du personnel du ministère des finances et du budget tant attendu est tombé. Plus de 7 mois après la prise de pouvoir du candidat de la rupture, du changement et de l’alternance générationnelle, alors que le peuple tout entier l’attendait un peu plutôt, c’est – à – dire au plus tard un mois après la mise en place du gouvernement. Pour permettre tout simplement au nouveau président de la République de rentrer dans l’exercice de la plénitude de son pouvoir : le pouvoir financier. Celui qui dans l’ordre de la stratification des pouvoirs dévolus à un chef d’Etat prime sur tous les autres. Celui qui permet au président de la République d’avoir une idée plus moins claire sur le plafonnement journalier, hebdomadaire, mensuel et annuel des ressources propres de l’Etat, générées par les différents services des régies financières, à savoir la douane, les impôts, et la perception communément appelé le trésor public et devant être allouées aux dépenses de fonctionnement quotidien de la République.

Des services hautement stratégiques dont la gestion partout dans le monde ne peut être confiée qu’à des professionnels non seulement chevronnés, compétents et ayant la maîtrise réelle de la technicité, mais surtout capables de confiance, de disponibilité et du sens élevé du devoir national. Des hommes et des femmes qui sont invités à prendre le petit – déjeuner avec le président, le jeûner et le dîner. Des hommes et des femmes capables de mettre à la disposition du président et du gouvernement des informations et des moyens dont ils ont besoin pour donner forme aux multiples promesses sur la base desquelles le peuple a décidé de leur confier l’administration de sa destinée. C’est pourquoi, dans tous les pays du monde où l’administration existe et fonctionne et où les gouvernants sont respectueux de leurs obligations, celles de rendre régulièrement des comptes à leurs gouvernés, ceux – ci sont tenus dès les premières heures de leur prise de pouvoir de nommer leurs hommes de confiance à ces postes de souveraineté : à la direction générale de la douane et des droits indirects – ce qui a été fait avec célérité -, à la direction générale des impôts et des domaines, à la direction générale de la comptabilité publique et du trésor, à la direction générale du budget, à la direction générale des marchés publics, à l’agence nationale d’investigation financière et à l’inspection générale des finances.

Pourquoi alors, le président Touadéra avait – il attendu si longtemps ? N’avait – il pas immédiatement à portée de la main des professionnels au sens noble du terme, c’est – à – dire des cadres et experts issus des différentes écoles de formation des régies financières, ayant de solides expériences, maîtrisant les difficultés auxquelles est quotidiennement confronté ce département de souveraineté et capables d’y répondre efficacement et en temps réel avec des solutions idoines, pour laisser si longtemps le temps au temps, donnant ainsi même suffisamment l’occasion à des intrus arrivés par effraction dans la maison, en la faveur de la transition, de contester son autorité ou celle de son premier ministre, et d’achever d’assouvir leurs desseins machiavéliques ? Pourquoi a – t – il attendu la veille du départ de la mission – précurseur et technique pour la conférence de Bruxelles, pour rendre public ce fameux décret ? Pourquoi n’a – t – il pas attendu le retour de cette mission, puisque la vie elle – même est suspendue dans ce pays jusqu’aux résultats de cette fameuse conférence ? Pourquoi cette précipitation ? Y a – t – il vraiment péril en la demeure qui puisse justifier la confection de ce décret, en moins de 48 heures, par deux (2) individus ayant plus ou moins la confiance du premier ministre qui en a posé la question au ministre des finances et du budget, M. Henri – Marie Dondra, à la veille de son départ pour Bruxelles, et dès leur retour de la cérémonie d’installation des douaniers à la barrière du Pk 26, route Damara ? Telles sont de pertinentes questions qui fusaient, le samedi 12 novembre 2016, des lèvres des cadres et agents du ministère des finances et du budget qui se bousculaient pour percevoir leurs quotes – parts.

Des questions auxquelles devront répondre inévitablement les deux (2) individus précités mais dont nous taisons les noms jusqu’à lundi prochain, le premier ministre et son ministre des finances et du budget. Mais, dores et déjà, le contenu de ce fameux décret qui a été conçu dans la précipitation, qui comporte des doublons, c’est – à – dire des agents affectés sur deux (2) postes à la fois comme s’ils pouvaient jouir du don d’ubiquité et du savoir et qui n’ a nullement tenu compte de la qualification requise, des expériences et de l’enquête de moralité des heureux promus. Du cabinet du ministre à l’inspection générale des finances, en passant par toutes les directions générales concernées par ce fameux mouvement, des voix s’élèvent pour dénoncer son caractère de cooptation, de copinage, de sectarisme, de clanisme, de clientélisme et de favoritisme. Pis, dans les partis politiques alliés du président Touadéra, la colère gronde et risque de faire mal et même très mal. En effet, selon des informations dignes de foi en notre possession au moment où nous mettons sous presse cet article, les différents états – majors des partis politiques qui ont soutenu la candidature de l’homme Touadéra, qui continuent de le soutenir aujourd’hui, qui ont signé avec lui un accord politique relatif à la constitution du groupe parlementaire dénommé « Cœurs Unis », et dont les cadres sont purement et simplement ignorés dans ce mouvement, sont vraiment décidés à lui demander des comptes. Parmi ces partis politiques alliés, un expert de l’UNDP de Michel Amine, qui est la première force politique du pays avec ses 14 députés à l’assemblée nationale, composés de toutes les régions, de l’est à l’ouest, du sud au nord, lance devant ses collaborateurs devant le bloc – finances : « Ce mouvement est non seulement un manque de respect au président Michel Amine, mais une flagrante violation de l’accord politique signé entre le président de notre groupe parlementaire, M.Augustin Yangana – Yahoté et M Koba, relatif à la Plateforme « Cœurs Unis » en faveur du président Touadéra . C’est pour la 4ème fois que Touadéra lui fait une virgule dans le dos. D’abord, en débauchant un bras cassé dont le nom ne figure pas dans le panel des experts de l’UNDP pour en faire un ministron. Ensuite, en nommant, pour le compte de notre parti dans le cabinet du premier ministre, une femme incapable d’écrire son nom, au poste chargée de missions aux affaires asociales. En ignorant tout simplement encore l’UNDP et ses experts dans le mouvement du personnel de l’Education nationale.

Enfin, en refusant de consulter ni le président Michel Amine ni la coordination avant la reconduction tacite de l’équipe familiale d’un certain Robert Moïdokana, à l’ITIE, et pis, en ignorant de tenir compte de nos propositions dans le mouvement du ministère des finances et du budget où l’UNDP regorge des hauts cadres dont l’expertise n’est pas à démontrer. C’en est trop et c’est maintenant que cette méthode qui vise à fragiliser le parti, doit être vigoureusement dénoncée par le président Michel Amine et la coordination. Car, l’UNDP n’a pas besoin de Touadéra pour exister et de peur de perdre tous nos cadres dont les propositions de nomination n’ont jamais été prises en compte depuis plus de 7 mois, et une large majorité de nos militants qui sont tués tous les jours en provinces, la coordination et le président Michel Amine doivent réagir, en faisant de la révision de ce mouvement tronqué du ministère des finances, un préalable à la poursuite de notre partenariat. Ne dit – on pas que dans tout accord politique, ce sont les intérêts qui priment ? Où sont alors nos intérêts, si ce n’est par la participation effective de nos cadres à la cogestion des affaires de la cité avec Touadéra ? ».

Voilà une vive réaction qui sonne comme un avertissement et qui doit siffler fort dans les oreilles de M. Koba, président de la plateforme « Cœurs Unis », de M. Gouandjika, ministre – conseiller près les organisations nationales, détenteur d’une des copies de la liste de propositions des cadres de l’UNDP, de M. Sarandji, premier ministre détenteur lui aussi d’une liste de propositions et de M. Touadéra lui-même qui ne cesse de rassurer le président Michel Amine de sa volonté à travailler ensemble pour l’avenir de la Rca, en tenant compte de toutes ses orientations. Cette entraide ne doit – elle pas passer inévitablement par un partage d’intérêts et une main tendue aux experts de l’UNDP ? Affaire à suivre…..

Pascal Koyabanga

 

 

 

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