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CENTRAFRIQUE: Politique : Touadéra, qui du Gouvernement et de la Minusca doit procéder à l’arrestation des criminels sous mandat d’arrêt international ?

10 Nov

Si le Pr Faustin Archange Touadéra est aujourd’hui royalement assis dans le fauteuil du président de la République, sa brillantissime victoire n’est pas le fruit du hasard. Elle est due à ses alléchantes et très séduisantes promesses de campagne : celles de la politique de la rupture, de la fin de l’impunité, de la sécurisation et de la paix, du redéploiement de l’administration civile et militaire, du retour des milliers des personnes déplacées dans leurs villages et leurs maisons, de la réconciliation nationale, de la cohésion sociale, et du développement de la Rca. Plus de 7 mois plus tard, l’homme du 30 décembre 2015 non seulement peine à déployer le contenu de toutes ses promesses et leur donner effectivement forme dans la vie quotidienne des centrafricains, mais surtout se révèle face à l’épreuve du pouvoir, tous les jours que Dieu fait sur cette terre des hommes, comme un chirurgien sans bistouris ou comme un mécanicien sans caisse à outils.

Incapable de balayer devant sa propre porte et de nettoyer la maison de toute la racaille qui s’y est solidement installée depuis des années et qui a les mains toute pleines du sang de la République, en mettant en place une équipe d’hommes et de femmes sans ancêtre dans la magistrature suprême de l’Etat, nouveaux, compétents, ingénieux et déterminés à mouiller le maillot pour la cause nationale, il s’en remet à la communauté internationale et à l’imagination très fertile et très négative d’un certain Onanga Anyanga qui ne pense qu’à instrumentaliser la crise sécuritaire pour continuer d’en profiter. Et parmi les reproches que lui fait actuellement le peuple centrafricain, de l’est à l’ouest, du sud au nord, figure en première place sa fameuse politique de mains tendues aux liquidateurs de la République. Une politique qui remet fondamentalement en cause l’une de ses tonitruantes, alléchantes et séduisantes promesses faites lors de la campagne électorale, celle de la fin de l’impunité. Autant il a reçu en audience tous les seigneurs de guerre et leur a donné de l’argent et continue de les rencontrer, en leur demandant de l’aider à imposer la paix dans les zones sous leur contrôle, autant il rechigne curieusement à frapper du poing sur la table et exiger des forces onusiennes l’arrestation de tous les criminels sous mandat d’arrêt international, puisqu’il ne peut mettre ou refuse de mettre en place une armée. Cette passivité a duré, telle une éternité, jusqu’aux derniers évènements de Kaga – Bandoro. Jusqu’aux massacres de Kaga – Bandoro au vu et au su des forces onusiennes pakistanaises de la Minusca. En effet, peu avant la publication du rapport de l’Ong HRW pointant un doigt accusateur sur les auteurs et leurs complices de ce massacre, comme pour se dédouaner de son incapacité à réarmer les forces armées centrafricaines et imposer la sécurité et la paix par tous les moyens, le Gouvernement par la voix du ministre des affaires étrangères va exiger de la Minusca l’arrestation de tous les criminels sous mandat d’arrêt international.

En ces termes : « Le Gouvernement centrafricain par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères, Charles Armel Doubane a demandé à la Minusca d’arrêter les personnes sous mandat d’arrêt international. Déclaration faite ce 28 octobre 2016 sur RFI. Depuis trois (03) ans, la République Centrafricaine est secouée par une crise militaro-politique. Pour stabiliser ce pays d’Afrique Centrale, la communauté internationale a déployé la Minusca qui a reçu mandat de protéger la population civile appuyée par l’opération Sangaris. Invité de la réunion internationale à Paris sur les interventions de maintien de la paix en milieu Francophone, le Ministre centrafricain des Affaires Etrangères, Charles Armel Doubane a déploré sur Radio France Internationale (RFI) que les auteurs d’atteinte aux Droits de l’Homme ne sont pas inquiétés par la justice à cause de l’absence de l’autorité de l’Etat dans les zones sous contrôle des groupes armés. Il a demandé à la communauté internationale d’arrêter les responsables de crime sous mandat d’arrêt international. Charles Armel Doubane a demandé à ce que la communauté internationale qui dispose des mandats aide le gouvernement à arrêter les criminels sous mandat d’arrêt international « pour que centimètre après centimètre, nous reconquérons l’espace national centrafricain et que l’autorité s’établisse. Et pour que l’autorité s’établisse sur ces zones-là, nous avons besoin de l’accompagnement et de l’appui de la communauté internationale pour le faire », a dit le ministre centrafricain.

Le chef de la diplomatie centrafricaine a noté que « l’impunité a fait le lit du cycle de la violence, est venu le temps pour l’Etat, appuyé par la communauté internationale de créer les conditions de rupture de ce cycle là. Et cela passe par l’arrestation et il y a une possibilité de neutraliser par la voie judiciaire justement tous ceux qui veulent échapper à l’espace du contrôle régalien de l’Etat». Cette demande relative à l’arrestation des auteurs de crimes par la Minusca intervient quelques jours après l’annonce de la Minusca d’arrêter tous ceux qui sont visés par le mandat d’arrêt à Bria. Laquelle arrestation n’a pas lieu lors de l’assemblée générale de la Séléka. Et quelques jours plus tard, réponse du berger à la bergère, réponse de la Minusca au gouvernement, en ces termes : « La Minusca dans son rapport préliminaire sur la situation à Kaga-Bandoro invite le gouvernement à poursuivre les présumés auteurs des violences qui ont eu lieu du 12 au 15 octobre dans la ville et ses environs, ayant entrainé la mort d’au moins 37 personnes. Cette recommandation intervient deux semaines après les évènements de Kaga-Bandoro qui ont occasionné la mort de 37 personnes, 60 blessés et 10.000 déplacés, selon le document publié par la Minusca. La mission onusienne demande au gouvernement centrafricain « de prioriser la lutte contre l’impunité des abus des droits de l’homme commis récemment et dans le passé à Kaga-Bandoro, notamment en s’assurant que les enquêtes déjà ouvertes arrivent à leur terme et que des poursuites soient initiées dans les meilleurs délais». Cette réaction intervient alors que des organisations des droits humains comme Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme ont proposé de se constituer partie civile afin de défendre les dossiers des victimes de cette crise devant la justice. Ces organisations de défense de droits humains avaient aussi recommandé l’ouverture d’une enquête internationale…… » Voilà une réaction qui contredit la décision du gouvernement qui ne dispose pas d’une armée nationale pour asseoir son autorité sur toute l’étendue du territoire national et qui n’est pas de nature à rassurer tous les combattants de la liberté et de la démocratie !

Une décision qui est de nature à inciter le président Touadéra et son premier ministre à se réveiller de leur longue nuit de sommeil, enlever l’épais bandeau noir qui leur voile les yeux et qui les empêche de bien voir, se rendre à l’évidence et comprendre enfin qu’il est de leur responsabilité de frapper du poing sur la table et de contourner la Minusca qui dispose de la puissance de feux, mais qui refuse d’en user aux fins de ne pas écourter son séjour en Centrafrique, pour rendre opérationnelles les forces armées centrafricaines. Le faire, c’est regarder un certain Onanga Anyanga en face et lui dire droit dans les yeux, comme un certain B. Boganda face au général De Gaulle, que si vous ne pouvez pas arrêter les criminels, nous pouvons le faire en faisant rentrer en jeu les forces armées centrafricaines, capables de neutraliser toutes les bandes armées et de les réduire en cendres. Le faire, c’est aller dans le sens voulu par tout un peuple longtemps soumis et longtemps brimé par tous.

Jean – Paul Naïba

 

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