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CENTRAFRIQUE: Politique : Gervais Lakosso et Marcel Mokwapi, premiers prisonniers politiques et personnels de Touadéra

10 Nov

Les combattants de la liberté et de la démocratie l’avaient prédit et annoncé, tels des lyriques dont les pensées vont au- delà des montagnes et dont les regards traversent les collines et sondent les cœurs, le président de la République, Faustin Archange Touadéra n’est pas l’homme de la politique de la rupture, du changement, de l’alternance générationnelle, et de la justice sociale tant promise pendant la campagne électorale. Ils l’avaient dit, lorsque plus de 45 jours plus tard après sa prise de pouvoir, l’homme n’arrivait pas à former son équipe et à trouver des hommes et de femmes compétents, intègres, ayant un sens élevé du devoir national et capables de l’aider à la présidence, à la primature, dans le gouvernement, dans les sociétés d’Etat et les entités périphériques, à tourner le dos aux formules anciennes et à inventer le futur. En réponse, ils avaient été, sur les réseaux sociaux, la cible des thuriféraires du régime et de ces laudateurs ou de ces griots demeurés qui sont toujours prêts à vendre leur âme pour peu que l’on leur promette de quoi à se mettre dans la panse et la poche.

Finalement, les faits leur ont donné ; car non seulement Touadéra n’a ni projets de société fiables pour la République, comme l’ont fait quelques jours après leur prise de pouvoir, Thomas Sankara au Burkina – faso, Jerry Rawlings au Ghana, Paul Kagamé au Rwanda, Macky Sall au Sénégal et Patrice Talon au Bénin, pour ne citer que ceux – là, d’une part, et ni des hommes et des femmes sur qui compter pour la gestion effective des affaires de la cité, d’autre part, mais surtout sa propension à la roublardise a fini par avoir raison de la confiance que certains partis politiques, les Antibalakas, les seigneurs de guerre de la Séléka et les leaders de la société ont placée en lui. Conséquence : regain des hostilités tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.

A Kouki, Nana – Bakassa, Nanga – Boguila, Koui, Bocaranga, Ngakobo, Kouango, Ndomété, etc…. Partout, les mêmes stigmates : des tueries, des incendies de maisons et greniers, des pillages des biens publics et privés, des viols et des déportation des femmes, enfants et personnes du 3ème âge. Sans que le candidat de la politique de la rupture, de la réhabilitation et de la fin de l’impunité ne puisse proposer au peuple des solutions idoines afin de rétablir la sécurité et la paix sur toute l’étendue. Plus de 7 mois après son accession à la magistrature suprême de l’Etat. Une éternité pour les populations civiles abandonnées à elles – mêmes et livrées à la merci des bandes armées sans foi ni loi, martyrisées tous les jours, humiliées et terrorisées sur la terre qui est la leur, celle de leurs ancêtres et de leurs aïeux, par des conquistadores et des égorgeurs. Au vu et au su des forces onusiennes de la Minusca, et pourtant déployées en Centrafrique conformément aux recommandations et résolutions du conseil de sécurité, sous le chapitre 7 de la charte de l’Onu, pour assurer la protection des populations civiles. Une éternité qui durera jusqu’aux derniers massacres de Kaga – Bandoro où le contingent pakistanais de la Minusca, présent dans la ville, a laissé faire et a laissé se commettre des crimes des droits de l’homme et des crimes contre l’humanité.

Au lendemain de ces évènements, l’épais bandeau de la résignation et de la peur qui voilait les yeux du peuple centrafricain et qui l’empêchait de bien voir, va tomber ou arracher avec violence. Soudainement, il se rend à l’évidence, comme s’il venait de goutter au fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, et comprend que c’est lui qui détient le pouvoir et qui l’exerce à travers le choix de ses dirigeants. Dès lors, il peut se lever pour crier sa colère et les démettre s’ils n’agissent pas dans le sens de la défense de ses intérêts, tel que celui d’assurer sa protection telle une mère de poule qui couve ses poussins. Cela s’appelle tout simplement le droit du citoyen à manifester pacifiquement, droit sacré inscrit dans la constitution du 30 mars 2016, sur laquelle le président Touadéra avait prêté serment. Une manifestation à laquelle il participera, le lundi 24 octobre 2016, en répondant massivement à l’appel à l’observation de la journée morte dans la ville de Bangui, lancé par M. Gervais Lakosso, au nom du groupe de travail de la société civile. Malheureusement, au lieu de laisser le peuple jouir de son droit comme cela se passe dans les pays où règne la démocratie, des dispositions vont être prises par les forces onusiennes, lors des opérations de démantèlement des barricades érigées, à cet effet, sur les grands artères, pour agresser les manifestants et utiliser contre eux des armes lourdes, à l’exemple de ce qui s’est passé ce jour – là au quartier Sango où la garde prétorienne du représentant du secrétaire général de l’Onu, l’Imparfait Désiré M. Onanga Anyanga, laissant sur le pavé quatre (4) morts et plusieurs blessés.

Quelques jours plus tard, les combattants de la liberté et de la démocratie seront informés de l’ouverture, par le procureur de la République, d’une enquête judiciaire sur ces évènements. Non pas pour faire la lumière sur les accusations graves pesant sur les éléments de la garde rapprochée de M. l’Imparfait Désiré Onanga Anyanga ayant ouvert délibérément le feu avec des cartouches de 12, 7 sur des populations civiles à mains nues, mais pour mettre la main sur les organisateurs de cette manifestation, à savoir M. Gervais Lakosso, Marcel Mokwapi, Joseph Bendounga, et autres. Une information qui est confirmée depuis deux (2) jours, en ces termes : « RCA : Gervais Lakosso interpellé et gardé à vue au Commissariat du Port pour affaire ville morte. Convoqués au Commissariat du Port à Bangui, Gervais Lakosso, Coordonnateur du Groupe de travail de la Société Civile, et Marcel Mokwapi sont depuis ce lundi 7 novembre gardés à vue. Ils sont maintenus par la police sur l’affaire ville morte, organisée le 24 octobre pour demander le retrait des casques bleus de l’ONU. L’audition de Gervais Lakosso a démarré de 10h à 14h. Il a été convoqué pour enquête administrative sur la ville morte qui a tourné aux drames causant la mort d’au moins huit (8) personnes suite aux tirs des forces de la Minusca.

Selon les sources de la défense de Gervais Lakosso, un mandat d’arrêt a été émis par le Procureur suite à l’affaire, « l’accusant d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, de trouble à l’ordre public, de destruction des biens et de violences ». D’autres sources ont relevé qu’il est reproché à Gervais Lakosso « d’être manipulé par les hommes politiques ». Dans le mandat d’arrêt, Gervais Lakosso, et Marcel Mokwapi, co-initiateur de l’activité devraient être transférés à la Maison d’Arrêt de Ngaragba. Le Procureur de la République, Gislain Gresénguet n’a pas été joignable pour sa version des faits. Une ville morte a été observée suite à la pétition lancée par le Groupe de Travail de la Société Civile pour réclamer le retrait des forces de la Minusca, accusées « de passivité face aux violences dans le pays ».

En agissant ainsi, puisque selon des informations dignes de foi en notre possession c’est sur ses instructions à M. Flavien Mbata, ministre de la justice et garde des sceaux, avant de s’envoler pour la Côte d’Ivoire, Touadéra et ses conseillers viennent de commettre l’irréparable. Ils viennent de violer la constitution et de tuer la démocratie. Ils viennent de prouver qu’ils n’en ont cure de la volonté du peuple dès qu’ils sont déjà au pouvoir. Du coup, ce qui les intéresse, ce sont leurs intérêts et non ceux du peuple centrafricain, même s’il doit mourir tous les jours sous les balles des éléments de la Séléka. Mais, ce faisant, ils viennent de signer leur arrêt de mort, comme Blaise Campaoré qui avait été chassé du pouvoir par une insurrection populaire, lorsqu’il voulait coûte que coûte s’agripper au pouvoir, en modifiant le mandat constitutionnel. Qu’ils se ravisent donc avant qu’il ne soit trop tard, en demandant conseil à Ben Fils Ali et à Abdoulaye Wade. Attention à l’exemple de ce dont ont été capables le « Printemps arabe » en Tunisie et les mouvements Balai Citoyen au Burkina – Faso et Y’en a Marre au Sénégal !

Jean – Paul Naïba

 

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