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CENTRAFRIQUE: Politique : Touadéra et Sarandji refusent de rendre un dernier hommage aux 6 gendarmes tombés au front sous les balles des éléments de Nourreldine Adam  

04 Nov

Profondément angoissé et paniqué par les informations les plus alarmistes qui me parvenaient de Grimari et qui m’annonçaient d’un moment à l’autre la prise de la ville par les éléments de la Séléka et leur marche vers Bangui pour en finir avec le régime chancelant du président Touadéra ou s’arrêter tout simplement à Sibut et demander la partition du pays de B. Boganda et de Jean Bedel Bokassa, j’étais de ces lyriques, c’est –à – dire de ces hommes et ces femmes qui savent lire les signes des temps, perçoivent l’avenir et regardent au – delà de la montagne, et tout comme eux, j’étais convaincu de ce que quelque chose de grave et de criminel allait se passer dans cette ville. Evidemment, je ne m’étais trompé, car dans les minutes qui suivaient, j’allais être informé par le député de Grimari, de l’assassinat crapuleux et odieux des six (6) gendarmes, en mission commandée.
Terrible nouvelle, n’est – ce pas ?
En réalité, selon des informations dignes de foi, au moins 25 personnes, dont six gendarmes, ont été tuées jeudi et vendredi lors d’affrontements entre bandes armées dans le centre de la Centrafrique, où de telles violences se multiplient ces dernières semaines, avant la fin, lundi, de l’opération militaire française Sangaris. « Selon les informations reçues, six gendarmes et quatre civils auraient perdu la vie vendredi matin, lors d’une embuscade sur l’axe Bambari-Grimari. La veille, des affrontements entre éléments anti-balaka et ex-séléka avaient causé 15 morts et un certain nombre de blessés à Mbriki et Belima ou Bélengo, dans les environs de Bambari » (250 km au nord-est de Bangui), a indiqué la force de l’ONU (Minusca) dans un communiqué.
Ce Dimanche, la capitale a procédé aux obsèques nationales des six (6) gendarmes sur la Place d’armes « Martin Lingoupou », en présence des deux survivants. Les dépouilles du Sous-lieutenant Auguste Jocelyn Bisset, des Maréchaux de Logis chef, Alain Mbianaka, Vincent de Paul Yaninida, des 1ères classe Dimitri Paterne Mossaba 2 et A. Mahama et du 2è classe Gustave Eric Kamiss ont été convoyées à Bangui dans la nuit de Samedi. Mais étrangement, ni le président de la République Faustin Archange Touadéra, candidat de la politique de la rupture, ni son premier ministre, M. Simplice Matthieu Sarandji n’on jugé important, au nom de la République, de faire le déplacement de la Place d’armes Martin Lingoupou pour leur rendre un dernier hommage et les décorer à titre posthume pour être tombés au front ou dans l’exercice de leurs fonctions, sous les balles des éléments de Nourreldine Adam. Une absence inexpliquée et inexplicable, injustifiée et injustifiable, remarquée et remarquable. Une absence inattendue de la part de celui qui a été élu par tout un peuple, dont l’arrivée était pourtant programmée et attendue par tous, mais une présence qui ne se confirmera jamais, son téléphone aurait été éteint entretemps.
Du coup, une absence qui, selon les professionnels des médias qui étaient présents à cette cérémonie funèbre, aurait mécontenté tout le monde, les familles éplorées, les collègues ou collaborateurs des défunts et tous les éléments des forces de défense et de sécurité qui étaient venus très nombreux ce jour – là pour exprimer leurs peines et leurs douleurs.
D’abord, des familles éplorées, des épouses attristées, des enfants traumatisés à jamais qui n’attendaient pas très certainement des enveloppes pleines de billets de banque de la part du président de la République Touadéra et de son premier ministre Sarandji, mais seulement quelques mots d’émotion, de réconfort et de soulagement, en ces moments de deuils devant la perte des êtres chers et aimés.
Ensuite, des collègues et des collaborateurs qui n’attendaient pas tous de serrer les mains du président de la République Touadéra et celles de son premier ministre Sarandji, mais seulement quelques mots de soutien moral, d’engagement ferme pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de détermination du gouvernement à retrouver les auteurs de cet assassinat.
Et enfin, le petit peuple qui attendait tout simplement écouter des mots de compassion, de condamnation ferme de cet acte crapuleux, de l’ouverture d’une enquête afin de situer les responsabilités des uns et des autres et déclencher la procédure judiciaire contre les auteurs et les complices de ce crime crapuleux et odieux contre les forces de défense et de sécurité, et de propositions de mesures pour en finir avec le règne de la terreur imposée par toutes les bandes armées.
Tous ont été déçus de l’absence de leur président et de son premier ministre à cette cérémonie d’adieux. Tous ont été déçus du silence de leur président et de son premier ministre, comme ils ont été déçus de leur silence au lendemain des actes de tueries dont sont tous les jours victimes nos populations à Koui, Bocaranga, Kouki, Nana – Bakassa, Nanga – Boguila, Ngakobo, Kouango, Ndomété, Grimari, Kaga – Bandoro.
Il est vraiment grand temps que le président Touadéra et son premier ministre Sarandji puissent prendre exemple sur le président François Hollande. Jugez – en vous – mêmes : « Venu d’Afrique du Sud où il assistait à la cérémonie en hommage à Mandela, le président s’est rendu mardi soir à Bangui, où il s’est recueilli devant les cercueils des deux soldats français tués. « Il était temps d’agir » en Centrafrique, a-t-il dit. François Hollande est arrivé mardi 10 décembre au soir à Bangui pour rencontrer les troupes françaises engagées depuis lundi dans une mission de désarmement des groupes armés en Centrafrique. Lors de cette visite qui ne devrait durer que quelques heures, le président français doit également rencontrer le président par intérim de Centrafrique Michel Djotodia. « Il était temps d’agir » en Centrafrique, a déclaré François Hollande à son arrivée. Sa visite survient alors que l’armée française a subi ses premières pertes. Deux soldats français sont morts dans la nuit de lundi à mardi lors d’un accrochage dans la partie nord de la capitale centrafricaine. François Hollande s’est recueilli devant les cercueils des deux militaires du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres. Le président français a souligné que la mission restait « la même » malgré ces morts. « Elle est dangereuse, on le sait, on le savait mais elle est nécessaire si on veut éviter qu’il se produise ici un carnage », a-t-il déclaré en marge de l’hommage qu’il a rendu à Antoine Le Quinio, âgé de 22 ans, et Nicolas Vokaer, 23 ans. Ces deux soldats ont essuyé des tirs lundi peu avant minuit alors qu’ils effectuaient une patrouille avec leur section près de l’aéroport de la capitale centrafricaine. Ils sont tous deux morts des suites de leurs blessures.
Les soldats français « plus rares dans les rues »
« Les chefs militaires français s’attendaient à ce genre d’incident. Mais la mission continue, même si les Français se faisaient plus rares ce matin dans les rues de Bangui. Seuls les pick-up de la Somac [la force de l’Afrique centrale] se sont montrés », explique Matthieu Mabin, l’envoyé spécial de FRANCE 24 en Centrafrique. Depuis leur arrivée dans la capitale centrafricaine, encore traumatisée par les récents massacres ayant fait plus de 450 morts, les soldats français sillonnent les rues de la ville à la recherche d’armes illégalement détenues par des milices. « L’opération est extrêmement compliquée car la situation politique à Bangui reste très tendue », rapporte Matthieu Mabin. Les autorités de transition, pourtant, s’efforcent de rappeler à la population la nécessité de coopérer avec les forces militaires en présence. « Lorsque le président Michel Djotodia s’exprime, il rappelle qu’il est en accord avec les décisions qui ont été prises par la communauté internationale et qu’il s’y pliera. Comme le fait de demander à ses troupes [les anciens rebelles de la Séléka] de rejoindre les casernes et de rendre leurs armes », rappelle le journaliste.
« Tension palpable »
Dimanche, le ministère français de la Défense a fait état d’une « tension » palpable entre soldats français et certains groupes armés dans les rues de la capitale. Un climat de nervosité dont témoigne, lui aussi, Matthieu Mabin. « Nous avons assisté hier [lundi] à des incidents. Les militaires français ont parfois des difficultés à saisir les armes », précise-t-il. Sur le terrain, la tâche des troupes françaises est d’autant plus difficile que, depuis leur déploiement, les miliciens ont remisé leur uniforme pour des habits civils. Dans les quartiers à majorité chrétienne, la confiscation des armes d’anciens rebelles présumés de la Séléka, pour la plupart musulmans, est accompagnée par des applaudissements (voir reportage ci-dessous). Mais les accrochages restent nombreux, notamment dans certaines zones de Bangui où des civils pillent des magasins appartenant à des musulmans. Sous le regard impuissant des soldats français qui, conformément aux cadres de leur mission, ne peuvent effectuer que des tirs de sommation ».
Aux dernières nouvelles, le président Touadéra et son premier ministre Sarandji auraient eu peur d’être hués par tous ceux qui étaient là pour cette cérémonie. A cause de leur immobilisme, de leur franche collaboration avec les seigneurs de guerre de la Séléka, leur incapacité à mettre un terme au cycle des violences et des tueries ou tout simplement leur refus de réarmer par tous les moyens les forces armées centrafricaines, en contournant les murailles d’interdiction de la communauté internationale.

Jean – Paul Naïba

 

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