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CENTRAFRIQUE: Kaga – Bandoro / Le film du massacre des centaines de personnes déplacées sous l’œil moqueur du contingent pakistanais de la Minusca….

18 Oct
seleka

Après quelques mois d’accalmie, faisant suite à la prise du pouvoir du président Touadéra, démocratiquement élu, et au retour à l’ordre constitutionnel, la République centrafricaine renoue soudainement avec des actes de tueries et de violences inouïes. Partout, dans les 12 préfectures sous leur contrôle et où ils sont désormais majoritaires après leur déportation de la ville de Bangui par les soldats de l’opération Sangaris et certains organisations à buts humanitaires, les éléments de la Séléka sont passés à l’offensive, continuent de passer à l’offensive, et semblent décider à en découdre avec le pouvoir de Bangui. A Koui, Bocaranga, Bambari, Kouki, Nana – Boguila, Nana – Bakassa, Kouango, toujours les mêmes stigmates de la désolation, de malheurs, des ruines, des morts, des larmes et des tombeaux : des tués, des femmes violées, abîmées, torturées et traumatisées à jamais, des habitations et des greniers incendiés, des biens publics et privés pillés, saccagés et emportés, des femmes, des enfants, des personnes de 3ème âge et même des malades à l’article de la mort contraints de quitter leurs villages pour aller trouver refuge en brousse, au risque d’être mordus par un serpent, de boire de l’eau des marécages et de consommer des racines, comme des animaux pour tenter de survivre….

Parmi toutes ces villes attaquées et secouées par des violences d’une rare barbarie des plus inhumaines et des plus abominables, la tragédie vécue par Kaga – Bandoro a défrayé et continue de défrayer toutes les chroniques. En effet, située à plus de 305 Km de la ville de Bangui, dans le nord – est, le chef – lieu de la Nana – Gribizi et ses villages environnants sont devenus le sanctuaire des démons de la haine et des buveurs de sang. Jugez – en vous –mêmes ! Kaga – Bandoro, 16 septembre. Les éléments de la Séléka attaquent une position des Anti – Balakas, à Ndomété, sis à 10 Km. Les forces onusiennes du contingent pakistanais restent l’arme aux pieds, refusent de réagir, et laissent le massacre se commettre ! Une tragédie qui se passe de tout commentaire. Deux (2) jours plus tard, les langues ont commencé à se délier et le bilan des combats de s’alourdir. Un véritable massacre qui s’est déroulé sous les yeux et à la barbe des forces onusiennes, déployées en Centrafrique, conformément aux recommandations et résolutions du conseil de sécurité et dotées d’un mandat robuste, celui de recourir à la force pour assurer la protection des populations civiles ! C’est ainsi que, selon des informations dignes de foi en notre possession, plus d’une vingtaine de personnes auraient perdu la vie, en trois (3) jours, lors de ces actes de violences inouïes et aveugles, plusieurs blessés et des victimes dont le pronostic vital est sérieusement entamé, des femmes violées et égorgées, l’hôpital régional de la Nana – Gribizi pillé et des malades violentés et contraints de prendre leurs jambes à leur cou, des ongs à but humanitaire saccagées, l’église catholique assiégée et pillée, des édifices publics et privés attaqués et détruits, etc. Parmi les victimes, M. Ngaté, le chef du village de Ndomété, la première autorité de l’Etat, M. Lagony, un brave cultivateur, connu de tous, et un certain Bigao. Des sources sûres, le village Ndomété gardera pour longtemps les stigmates de cette attaque : des maisons et des greniers brûlés, des commerces pillés et saccagés, des biens publics et privés emportés, des animaux domestiques froidement abattus, et des hommes, des femmes, des enfants et des personnes du 3ème âge contraints de trouver refuge en brousse, en cette période de saison pluvieuse, avec le risque d’être mordus par des serpents, de boire l’eau des étangs et de consommer des racines pour tenter de survivre comme des animaux…..A telle enseigne que le village n’est qu’un champ de cimetière et un tas de ruines en fumée. Aucune âme qui vive ! Aucun chien errant ! Aucun chant de coq ! A l’heure où nous mettons cet article sous presse, nonobstant le communiqué lapidaire de la Minusca qui n’est qu’une aubade funèbre et une vraie insulte à la mémoire des tués et de toutes les victimes de cette barbarie humaine et apocalyptique et la déclaration du ministre de la sécurité publique, ce sont toujours les conquistadores, les liquidateurs de la République, les enfants du malheur, les buveurs de sang, et les marchands de la mort de la Séléka, sous le haut commandement d’un certain Al – Katim qui contrôlent la ville et ses environs. Kaga – Bandoro, 12 octobre. Les violences qui ont éclaté ce mercredi à Kaga-Bandoro dans la Nana Gribizi ont déjà occasionné la mort de 6 personnes dont l’un des présumés voleurs. 29 blessés parmi lesquels 17 cas graves ont aussi été enregistrés. Les affrontements ont opposé la force onusienne aux ex-Séléka. Selon les témoignages, le vol du groupe électrogène de Radio Kaga (la radio locale) est à l’origine de ce regain de tensions.

Ce cambriolage à main armé a été perpétré par un groupe de quatre personnes. En représailles de la mort de l’une d’entre elles, des habitants ont été prises à partie. « Nous avons une situation de crise à Kaga-Bandoro à l’issue d’un braquage qui s’est soldé par le meurtre d’une personne apparemment de confession musulmane qui serait un ex-Séléka. A partir de ce moment, il y a eu un dérapage. Les ex-Séléka ont décidé d’entreprendre des actions de représailles, mais la force est sur le terrain », a témoigné Renner Onana, chef de Bureau de la Minusca à Kaga-Bandoro. Le site des déplacés de l’évêché et certaines habitations ont été systématiquement brûlés. Paniquée, une partie de la population s’est abritée sur le tarmac de l’aérodrome de la ville. Le contingent Burundais s’emploie à sécuriser Kaga-Bandoro. « On est en train de gérer la situation du mieux possible. La population s’est réfugiée aux alentours des installations de la Minusca, et tout ceci est en train d’être géré par le bureau », a précisé l’onusien. Une déclaration qui approuve de manière formelle et irréfragable la thèse selon laquelle les forces onusiennes n’ont joué partout où elles sont déployées en Centrafrique et ne joueront que le rôle des sapeurs – pompiers et des décompteurs des cadavres. Comme il a été mentionné ci – dessus, l’attaque du site de la ville de Kaga – Bandoro abritant des populations civiles, c’est – à – dire des hommes, des femmes, des enfants et des personnes du 3ème âge, sans armes et devant obligatoirement être protégés par les forces onusiennes, est confirmée par plusieurs sources dont l’une des plus crédibles est la source religieuse. Au vu et au su de la Minusca dont les éléments n’ont une fois de plus rien pu faire ou ont tout simplement décidé de laisser le massacre, les exactions et les horreurs se commettre. Le massacre des gibbons ! Comme il a été mentionné ci- dessus et après des investigations menées par les combattants de la liberté et de la démocratie, le deuxième massacre programmé de la population de Kaga s’est déroulé de la manière suivante : Le mercredi 12 octobre, 3 h 30 mn. La radio catholique, dénommée « La Voix de la Kaga » est attaquée par quatre (4) voleurs. Leur cible : le générateur qui alimente le fonctionnement de la station communautaire, en vue de la rendre inopérationnelle et l’empêcher d’émettre, dénoncer les exactions régulièrement commises par les égorgeurs de la Séléka dans cette partie de la République et d’en tenir informé le monde. Un vol qui se soldera par un échec, la mort d’un des voleurs et deux (2) cas de blessés. 4 h 55 mn. Le dernier rescapé réussit à franchir le pont de la rivière Nana et arrive à sa base. Celle des éléments de la Séléka qui contrôle toute la rive en face de celle où se trouvent l’administration et la base de la Minusca ; ce qui réconforte les combattants de la liberté et de la démocratie dans leur thèse d’un acte de sabotage et de bâillonnement de la presse afin d’éviter que ne transparaissent des informations plus ou moins fondées sur la mise en œuvre d’un imminent plan de déstabilisation de la République. 6 h 30 mn.

Ayant constaté l’échec du « vol du générateur » de la radio « la voix de la Kaga », le haut commandement de la Séléka, réuni en conseil extraordinaire, décide, à la majorité de ses membres présents, d’une réaction punitive exemplaire. Afin de frapper les esprits en faisant couler suffisamment de litres de sang pouvant contenir dix (10) fûts et à la manière de ce que font les terroristes et les jihaddistes un peu partout dans le monde, des cible sont retenues : le site des personnes déplacées dans l’enceinte de l’évêché, l’évêché lui – même, l’église catholique de la Nativité, et évidemment la radio « La Voix de la Kaga ». 7 h 00. Aussitôt décidée, aussitôt la mission, chargée de l’exécution du massacre s’ébranle et franchit le pont. Positionnées à l’entrée, les forces onusiennes du contingent burundais, au nombre de cinq (5), réagissent. Mais, alors que sur les cinq (5) éléments de faction, trois (3) veulent réagir pour empêcher le passage de la barrière, les deux (2) autres vont être pris à partie et littéralement submergés par les éléments de la Séléka, au vu et au su des éléments du contingent pakistanais qui, prépositionnés un peu en retrait et en nombre supérieur, non seulement vont curieusement rester l’arme au pied au lieu de prêter main forte à leurs collègues en difficultés, mais surtout faire signe de la main aux éléments de la Séléka d’avancer, contraignant ainsi le contingent burundais pris au piège à appuyer sur la gâchette, laissant une victime Séléka par terre, pour se dégager. 7 h 15 mn. Après le retrait des forces burundaises de leur check – point et de toutes leurs barrières dans la ville et la détonation des coups de feu, c’est la panique généralisée sur le site des personnes déplacées, situé dans l’enceinte de l’évêché non loin de la maison des sœurs. C’est le sauve – qui – peut et vite à cet abri. Alors, va commencer le massacre et un pillage systématique de l’évêché, de l’église catholique, de la radio « La Voix de la Kaga » et celui des administrations. De la manière la plus minutieuse et précise. D’abord, des hommes, des femmes, des enfants et des personnes du 3ème âge mitraillés à bout portant, dans leur fuite, et courant vers l’aire de l’aérodrome. Ensuite des hommes, des femmes, des enfants et des personnes surpris dans leurs huttes de fortune, malades ou dans l’incapacité de partir comme les autres, froidement abattus ou brûlés tout simplement à vifs.

Enfin, des enfants abandonnés à eux – mêmes, des yeux troués et déchiquetés, la tête fracassée contre des arbres, ligotés dans les arbres à la merci des insectes et aux pieds desquels des tas de feux allumés…..Pour finir, le pillage des institutions se trouvant aux alentours, à savoir l’évêché, l’église, la radio, les écoles et tous les services de l’Etat et les bureaux visités un à un….C’est ainsi que le directeur du centre pédagogique régional qui, était en réunion, va être abattu avec trois (3) instituteurs. S’en suivront d’autres actes de graves crimes, d’atteintes aux droits humains, dans toute la ville de Kaga – Bandoro et les villages environnants, sous contrôle de la Séléka, et l’assassinat de cette vieille femme de 90 ans, épouse d’un pasteur, celui de l’église Mid – Mission, Mme Yvonne Baganda, aveugle, décapitée sur l’axe Mboto. Une journée de massacre en bonne et due forme. Jeudi, 13 octobre. 8 h 00 mn. Des renforts de la Séléka arrivent de Kabo, traversent la rivière Nana, encore au vu et au su du contingent pakistanais de la Minusca, prennent possession de l’autre rive où se trouvent le site des déplacés, l’évêché, l’église catholique et les institutions administratives, vidés de leur population et s’installent dans les locaux du Lycée. A leur vue, les femmes et les enfants, à leur tour, décident de quitter la ville. Mais, suite aux plaintes des éléments de la Séléka, ils vont revenir sur leur décision. Une fois de retour dans la ville, ceux – ci, alors qu’ils prenaient, chacune et chacun, la direction de leur maison, vont subitement être regroupés dans une grande concession afin d’être mieux protégés, semble – t – par leurs bienfaiteurs et protecteurs. Mais, fort heureusement, comme Dieu est toujours avec ses enfants dans les situations de détresse les plus difficiles, quelques minutes plus tard, alors que les éléments de la Séléka étaient une fois de plus en conclave pour décider de quelle mort allaient succomber ces familles de gibbons et leurs progénitures, va arriver vers eux un élément de la Séléka, un petit messie, leur criant de se sortir de cette concession, de cette très probable chambre de concentration, et de s’enfuir. Vers la liberté et la dignité ! Dans cette fuite, des femmes et des enfants vont se retrouver à jamais prisonniers dans bousculades, et finalement qui ne s’en élèvera jamais, qui s’en sortira avec des membres inférieurs ou supérieurs brisés ou fracturés et qui obligés tout simplement de se faire prisonniers, à la merci des égorgeurs de la Séléka.

Aux dernières nouvelles, des quatre (4) femmes qui étaient gravement blessées et qui devaient être évacuées sur Bangui, une succombera dans l’avion et la dépouille mortelle ramenée à terre, et trois (3) autres arrivées à destination et hospitalisées à l’hôpital communautaire. 9 h 30 Les éléments du contingent burundais décident alors, quoique en minorité numérique, de passer à l’action, suite à la mort d’un des leurs ou de deux (2) d’entre eux et devant la résistance des éléments de la Séléka. Et la nouvelle du bilan de leur offensive d’être publiée pompeusement : 12 morts du côté des éléments de la Séléka, 37 morts et plusieurs blessés du côté de la population civile. Des chiffres qui sont loin de refléter le vrai bilan du massacre de la population de Kaga – Bandoro, abandonnée par tous et livrée à la merci des criminels de la pire, sous la protection des forces onusiennes du contingent pakistanais. Un film qui doit se passer de tout commentaire et consacre de la manière la plus irréfragable la responsabilité de la Minusca via le contingent pakistanais dans le massacre de Kaga – Bandoro et du pillage de l’évêché, de l’église de la Nativité et de la radio « La Voix de la Kaga ».

Jean – Paul Naïba

 

 

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