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CENTRAFRIQUE: Politique / Touadéra, évitez le pire avant qu’il ne soit trop tard !

16 Oct

faustin-archange-touadera
Après plus de six (6) mois de gestion des affaires de la cité par le président Touadéra, élu démocratiquement par une large majorité du peuple centrafricain, le pays de B. Boganda va mal, comme l’avait dit un artiste ivoirien, et même très mal. Car, malgré toutes les formules mathématiques et les thérapies prescrites et administrées, l’état de santé de la République centrafricaine demeure critique et selon l’avis de certains médecins les plus chevronnés, son pronostic vital est suffisamment entamé. A telle enseigne que des voix s’élèvent partout pour demander au président de la République de se réveiller de sa longue nuit de sommeil, enlever l’épais bandeau noir qui lui voile les yeux, se rendre à l’évidence et enfin comprendre que la méthode qu’il a utilisée jusqu’à ce jour, celle de la politique de main tendue aux liquidateurs de la République, et celle de la carotte a déjà démontré ses limites.
Le rubicond de l’horreur a été franchi, au lendemain de l’assassinat lâche et crapuleux du commandant Marcel Mombéka, par les jihaddistes et les égorgeurs du Km 5, le 4 octobre 2016. Un assassinat dont les auteurs seraient connus de tous, et seraient sous la haute protection des forces onusiennes, déployées en Centrafrique conformément aux recommandations et autres résolutions du conseil de sécurité, sous le chapitre 7 de la charte de l’Onu, pour assurer la protection des populations civiles, désarmer par la force toutes les bandes armées et imposer la paix. Des forces onusiennes qui ont finalement fait de cette crise, du fait des ressources dont regorgent le sol et le sous – sol de ce pays, un véritable fonds de commerce, qui ont décidé purement et simplement de collaborer activement avec les seigneurs de guerre et toutes les bandes armées et de les laisser tout simplement faire ou sévir.
C’est ainsi qu’avant que les derniers actes de violences ne cognent à la porte de Bangui et n’ébranlent ce qu’on appelle l’enclave de Km 5, les forces onusiennes sont restées l’arme au pied lorsque les démons de la violence et de la haine ont décidé encore de frapper, il y a quelques jours. A Kaga – Bandoro, Ndomété, Bambari, Kouango, Kouki, Nana – Bakassa, Nana – Boguila, Bocaranga, Koui, etc. Partout les stigmates de la désolation, de malheurs, des ruines, des morts, des larmes et des tombeaux : des tués, des femmes violées, abîmées, torturées et traumatisées à jamais, des habitations et des greniers incendiés, des biens publics et privés pillés, saccagés et emportés, des femmes, des enfants, des personnes de 3ème âge et même des malades à l’article de la mort contraints de quitter leurs villages pour aller trouver refuge en brousse, au risque d’être mordus par un serpent, de boire de l’eau des marécages et de consommer des racines, comme des animaux pour tenter de survivre….
Comme à l’accoutumée, le président de la République qui était en mission à l’extérieur du pays et qui aurait dû convoquer et mettre en place une cellule de crise à l’exemple de ce que les autres chefs d’Etat font quand l’un de leurs ressortissants est victime d’une agression, n’a rien fait et n’a même pas ouvert la bouche pour condamner ces nouvelles exactions et tueries. Pis, dans son discours à la nation au lendemain de son retour, le 6 octobre 2016, il n’a même pas proposé de vigoureuses solutions pour en finir avec le règne de ces seigneurs de guerre et toutes ces bandes armées qui ont mis à coupes réglées la République. Se contentant de dire : « ces actes de barbarie ne resteront jamais impunis. Les auteurs identifiés seront traqués et traduits en justice ». Et ce dernier de conclure en appelant tous ses compatriotes « à la vigilance et une mobilisation pour barrer la route à l’imposture ».
Des mots de désespoir et de dépitement qui sont non seulement loin de rassurer le peuple, mais surtout traduisent l’impuissance du locataire du palais de la Renaissance à en finir avec toutes les bandes armées, à faciliter le retour des milliers des personnes déplacées dans leurs villages et maisons et à imposer la paix.
A cet état d’insécurité généralisé dans les 12 préfectures sous contrôle des bandes armées, s’ajoutent inévitablement la rupture et la perte totale de confiance entre les partis politiques alliés, les Antibalakas et la société civile et l’homme du 30 décembre 2015. En effet, entre les premiers et le président Touadéra, un ressort de confiance s’est définitivement rompu, lorsqu’au lendemain de la publication de la liste des membres du gouvernement Sarandji, des cas avérés d’actes de débauchage ont été constatés et établis et des tripatouillages des listes des personnalités proposées. Sans que le président Touadéra n’ait eu le courage d’y remédier et prendre des engagements pour tenir sa parole, dans le meilleur délai. Aujour’dhui, les leaders des partis politiques, tels que Ziguélé du Mlpc, Tiangaye de la Crps, Amine de l’Undp, Dologuélé de l’Urca qui a accepté de lui tendre la main au nom de la paix et de la reconstruction nationale, et autres ne seraient plus en odeur de sainteté avec Touadéra pour avoir été roulés dans la farine. Et l’une des conséquences de ce divorce est la paralysie au sein de toutes les administrations. Une rencontre avec ces leaders serait une opportunité pour que des vérités soient dites entre les deux (2) entités et que de nouvelles lueurs d’espoirs puissent se poindre à l’horizon.
Entre les deuxièmes et le président Touadéra, l’ingratitude de ce dernier à leur endroit et sa fameuse politique de main tendue aux éléments de la Séléka qui sont des liquidateurs de la République et dont la plupart sont des mercenaires, ont fini par ériger une muraille de méfiance entre les deux (2) parties. En effet, selon des informations dignes de foi émanant des sources très proches du coordonnateur général des Antibalakas, M. Patrice – Edouard Ngaïssona, le président Touadéra aurait accordé des audiences à des seigneurs de guerre, tels que Ali Darass, Al – Katim, Sidiki, Abdoulaye Hissen et autres avec des espèces sonnantes et trébuchantes et des chèques à blanc pour tuer, violer, incendier des villages et des greniers, détruire des biens publics et privés, forcer à la déportation des milliers de personnes, et in fine exiger la partition du pays. C’est ainsi que les Anti – balakas, lors de leur dernière assemblée générale, n’auraient pas hésité à exprimer publiquement et clairement leurs intentions de dénoncer l’ingratitude du président Touadéra à leur égard pour avoir battu campagne pour lui, de se retirer du processus DDR – R, de garder leurs armes par devers eux, de riposter dorénavant à toutes les attaques des éléments de la Séléka, d’exiger la promotion en grade pour tous les éléments des Facas / Antibalakas, et d’accuser la Minusca de l’instrumentalisation de la crise centrafricaine à des fins économiques et mafieuses.
Entre la société civile et le président de la République Touadéra, l’absence réelle d’une politique de la prise en compte et de l’implication de la voix des sans – voix dans l’adoption des grandes décisions a réduit au silence la voix des milliers de personnes déplacées, des fonctionnaires et agents de l’Etat, des retraités, des étudiants, des élèves, des commerçants, des paysans, des sans – emplois, des chefs de quartiers, des maires, etc. Sa politique de timidité, d’hésitation et d’indécision a fini par faire douter toutes ces forces vives de la nation à trouver des solutions aux maux dont souffre la République. Le prouve l’annulation systématique des demandes d’autorisation des marches citoyennes de protestations et dénonciations par le ministre de la sécurité publique. Ce qui n’est autre chose qu’un acte manifeste de caution à la dictature et à l’atteinte au droit de tout un peuple à la défense de ses droits élémentaires par des manifestations pacifiques et citoyennes.
Fort de ce qui précède, le président Touadéra qui ne se retrouve plus et semble ne plus être à la hauteur de ses responsabilités, doit le reconnaitre et faire preuve de sagesse : en convoquant une rencontre avec toutes les forces vives de la nation, avant qu’il ne soit trop tard.

Jean – Paul Naïba

 
1 commentaire

Publié par le 16/10/2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “CENTRAFRIQUE: Politique / Touadéra, évitez le pire avant qu’il ne soit trop tard !

  1. Temy Tomba

    17/10/2016 at 9 h 41 min

    Pendant que le Ministre BOKASSA interdit les marches pacifiques, les bandits criminels tuent tranquillement des innocents centrafricains, lui qui avait dit qu’il ne sera pas le ministre qui compte les morts. Il en compte à la pèle.

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