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CENTRAFRIQUE: Nation / M. Eric Sorongopé – Zoumandji, votre Touadéra n’est pas tout simplement l’homme de la rupture !

16 Oct

touadera
Dans un article intitulé « A propos du « clan » de Touadéra », vous avez cru bon user de votre plume, en qualité de défenseur immérité ou mérité de la famille ou du clan Touadéra, pour exercer votre droit de réponse à un autre article paru un jour plutôt et intitulé « le clan de Touadéra verrouille tout à la Présidence ». Un droit légitime et légal traité avec diligence, courtoisie et respect par la rédaction du journal « Le Démocrate », puisque votre article a été immédiatement publié. Mais, loin de revenir sur la quintessence du contenu de l’article querellé, de remettre en cause ou de contester sans raison aucune votre conception de la famille ou du clan Touadéra, et de polémiquer in fine comme des sourds dans un jeu de dupes, les combattants de la liberté et de la démocratie ont pensé le moment venu pour revenir sur ledit article et saisir cette alléchante opportunité pour rétablir la vérité sur la manière dont le président Touadéra conduit les affaires de la cité.
Afin que nul n’ignore !
Une vérité qui, comme toutes les vérités qui sont éternelles, intangibles et inexorables et comme aimait à le dire de sa voix chatoyante et séduisante feu Ange – Félix Patassé, n’emprunte jamais l’ascenseur pour parvenir au sommet, mais grimpe l’escalier pour arriver au faîte de la charpente, rattraper le mensonge, le terrasser et l’humilier avec une rare élégance. Une vérité qui était sortie de la bouche de Touadéra naguère candidat indépendant en plaine campagne électorale, n’en déplaise aux thuriféraires du régime et aux parents, amis et connaissances qui, assis à la mangeoire et pour des soucis de la panse, matériels, terrestres et mortels, semblent aujourd’hui l’ignorer dédaigneusement et sans gêne. Une vérité qui se résumait en ces mots : candidat de la rupture, du changement et de l’alternance générationnelle.
Que voulait dire alors l’homme qui conduit aujourd’hui à la destinée du peuple centrafricain ? Ne voulait – il pas tout simplement dire que s’il était élu, il ne gouvernerait pas comme l’avaient fait tous ses prédécesseurs et pis, comme l’avait fait son mentor, le général d’opérette, un certain François Bozizé, qui avait fait de tout un pays, un royaume, son royaume, celui de son épouse, de ses innombrables maîtresses, de ses rejetons de fils, de son parti, de ses coreligionnaires, et de ses parents, amis et connaissances ?
Ne voulait – il pas tout simplement dire que s’il était élu, il gouvernerait différemment, non pas avec les mêmes hommes qui étaient aux commandes des affaires de la cité, dont les limites intellectuelles voire physiques sont définitivement avérées, leurs responsabilités établies de manière irréfragable dans des actes de liquidation de la République, et leurs mains pleines du sang du peuple centrafricain, d’une part, et non pas avec les mêmes méthodes, celles des gouvernements parallèles, outrancièrement budgétivores, et composés uniquement d’anciens ministres et d’hommes politiques de petit calibre nommés, sur la base des critères fortement subjectifs, opaques et douteux, à des postes de conseillers à la présidence et à la primature avec les mêmes prérogatives, celles des pratiques irrégulières d’extractions frauduleuses et massives des fonds publics de la caisse de l’Etat et leur allocation à l’exécution des dépenses de prestige que sont les voyages de villégiature à l’extérieur, le versement des frais de missions à des parents, amis et connaissances et l’ouverture des caisses d’avances souvent non justifiées, et celles du pilotage à vue ou de gestion au coup par coup, d’autre part, mais plutôt avec les meilleures perles dans tous les domaines dont regorge la République, sans distinction d’appartenance politique, ethnique et religieuse, en désarmant par la force toutes les bandes armées qui ont pris en otage tout un peuple, en redéployant l’administration civile et militaire sur toute l’étendue du territoire national, en réduisant courageusement le train de vie de l’Etat, en supprimant les privilèges accordés aux anciens dignitaires et à la pègre économique locale, et en investissant les maigres ressources propres dans les secteurs porteurs d’espoirs que sont l’agriculture, l’élevage, les infrastructures de base, les écoles, la santé, et les forages d’eau potable ?
Aujourd’hui, c’est – à – dire plus de six (6) mois après la prise de pouvoir par le président Touadéra, cette vérité non seulement semble loin de prendre forme ou d’être traduite en actes dans la vie quotidienne des centrafricains, mais surtout ressemble fort étrangement à la démagogie et à un mensonge astucieusement conçu et mis en œuvre pendant la campagne électorale pour séduire le peuple et obtenir son choix. Un mensonge qui est aujourd’hui rattrapé par la vraie vérité. Un mensonge qui va être terrassé et humilié par la vraie vérité avec une rare élégance. C’est le constat amer auxquels sont parvenus tous les combattants de la liberté et de la démocratie, depuis la nomination de son premier ministre à sa fameuse politique de main tendue aux bourreaux du peuple centrafricain, en passant par la publication de la liste des membres de son gouvernement suivie de celle des conseillers et chargés de mission à la présidence et à la primature, la paralysie dans le fonctionnement des administrations du fait d’absence de mouvements de personnels, la non – opérationnalisation des forces armées centrafricaines, l’occupation des 12 préfectures par des forces non conventionnelles et le regain des hostilités de fort belle manière. C’est sous cet angle qu’il faut prendre et analyser l’article mis en cause.
Car, pour une large majorité des centrafricains qui ont voté pour le candidat Touadéra, l’homme n’est pas un homme de la rupture, du changement et de l’alternance générationnelle. Il est tout simplement un homme de la politique de la rupture dans la continuité. Un homme qui a préféré prendre les mêmes hommes et user des mêmes méthodes pour commettre plus tard les mêmes erreurs. C’est ainsi qu’il est de notoriété publique que la plupart des conseillers et chargés de missions à la présidence de la République et à la primature dont nous taisons les noms par pudeur, appartiennent à son clan, sont proches de lui et faisaient déjà partie de ses relations, lorsqu’il assumait les nobles fonctions de premier ministre. Des parents, amis, connaissances et pis, des bozizistes, relevant du fameux et très redoutable clan de « TU ME CONNAIS », responsables des dernières tragédies qui se sont abattues sur la République, qui ont lamentablement échoué dans la gestion de leur royaume et qui ont pris leurs jambes à leur cou, abandonnant le peuple à la merci des égorgeurs de la Séléka !
Fort de ce statut, ceux – ci auraient mis en place un système de verrouillage dans la nomination à des hautes fonctions de l’Etat, élaboré et adopté des critères de sélection autres que ceux fixés par les dispositions de la loi portant garantie fondamentale accordée aux fonctionnaires et agents de l’Etat, entre autres l’appartenance au clan et à la famille. C’est ce qui explique tout naturellement les retards constatés depuis plus de six (6) mois, dans la validation des multiples propositions de nominations aux différents postes de responsabilité dans tous les départements ministériels, les sociétés d’Etat, les institutions de contrôle a priori et a postériori, et les entités périphériques.
Fort de ce statut, ceux – ci auraient mis en place un système de rackettages et des pratiques mafieuses d’extorsions des fonds à des opérateurs économiques, investisseurs étrangers et autres partenaires au développement, désireux de s’installer en Centrafrique pour créer des activités génératrices de richesses et créatrices d’emplois, dans l’agriculture, l’élevage, les mines, la forêt, et le commerce, comme vous l’avez si bien dit dans votre droit de réponse, en leur faisant miroiter l’espoir de rencontrer le président de la République. Combien de conseillers et chargés de missions exerçant à la présidence et à la primature n’ont – ils pas été aperçus en compagnie de ces faux ou vrais investisseurs à l’hôtel Ledger Plaza, autour des tables bien garnies ? Combien leur ont – ils ainsi extorqué sans que ceux – ci, fatigués de maints rendez – vous non honorés et se sentant un peu à court, soient bien obligés de repartir pour ne plus revenir ?
C’est cette triste réalité que le journal « Le Démocrate » par la voix des combattants de la liberté et de la démocratie et par celle des guerriers de la plume, a décidé de dénoncer dans l’article contesté. Certes, comme dans tous les pays du monde, il ne peut être interdit au président Touadéra démocratiquement élu, de nommer sur la base des critères de compétence et de qualification avérée, un membre de sa famille à un quelconque poste de responsabilité. Ce droit légitime qui lui est ainsi reconnu, repose sur ses prérogatives constitutionnelles lui faisant obligation de nommer discrétionnairement à des hautes fonctions de l’Etat, civiles et militaires. Toutefois, il n’a pas le droit de s’en servir pour faire de la présidence une propriété privée, celle de sa famille, de ses parents, amis et connaissances.
Or, c’est ce qu’il donne malheureusement l’impression de faire : faire comme son mentor, un certain François Bozizé dont tous les collaborateurs sont revenus aux affaires. C’est cette propension à réitérer les méthodes qui ont fait le lit de tous les maux dont souffre à ce jour le peuple centrafricain et qui ne cesse de secouer et d’enlaidir l’âme de la République, que lui reproche une large majorité des centrafricains, à travers la plume des combattants de la liberté et de la démocratie.
A lui de s’en servir comme l’on se sert d’un miroir pour observer courageusement ses laideurs ! A vous de lui en parler en votre qualité de défenseur immérité ou mérité de la cause de la famille et du clan et l’inviter à tourner le dos à toutes ces formules anciennes qui ont tué la République et assassiné toutes lueurs d’espoirs dans le cœur des centrafricains, comme Thomas Sankara, Jerry Rawlings l’ont fait au Burkina – Faso et au Ghana, et comme le fait actuellement un certain Paul Kagamé, au pays des mille collines !
Jean – Paul Naïba

 
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Publié par le 16/10/2016 dans Uncategorized

 

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