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CENTRAFRIQUE: Politique / Mr. Touadéra, ayez le courage de démettre votre gouvernement ou de vous démettre vous – mêmes !

07 Oct

faustin-archange-touadera

Personne ne pensait qu’il allait être choisi par tout un peuple pour gérer son destin. Personne ne misait sur sa victoire à la dernière présidentielle. Personne ne s’attendait à ce qu’il se retrouvât au 2ème tour, comme l’homme du 30 décembre 215, et être le challenger d’un certain Anicet Georges Dologuélé, président et candidat de l’URCA, plus expérimenté, plus technique et plus politique. Mais, contre toute attente et tout calcul politicien, comme dans l’histoire du roi David, il est devenu l’élu de la nation, à l’issue d’une élection libre, régulière, transparente et crédible.

N’en déplaise à ceux qui continuent de crier à une élection assassinée. Un choix qui a tout simplement reposé sur l’adhésion massive de toutes les forces vives de la nation, à savoir retraités, fonctionnaires et agents de l’Etat, travailleurs du secteur privé, commerçants, paysans, étudiants, élèves, et sans – emplois, à son programme politique et son projet de société. Candidat de la politique de la rupture, de la fin de l’impunité, de l’alternance générationnelle, de la justice sociale, de la réconciliation nationale, de la cohésion sociale, de la sécurité et de la paix sur toute l’étendue du territoire national, Touadéra a plus que séduit et a réussi à fédérer une grande majorité de la population centrafricaine, autour de ces valeurs universelles qui fondent tout Etat ou toute République digne de ce nom. Et fort de ses cinq (5) années passées à la primature et fier d’avoir conçu et mis en œuvre une politique rigoureuse d’assainissement des finances publiques qui lui a permis de démanteler les réseaux mafieux des pratiques de détentions de quittances parallèles, débancoriser et bancariser la perception et la gestion des recettes de l’Etat, de faire face à l’exécution régulière des charges régaliennes de l’Etat, et de payer les salaires mensuels, les pensions et les bourses, il ne fallait pas plus à ce professeur d’université pour avoir raison de Dologuélé, rattrapé par les affaires de sa mauvaise gestion quand il assumait les fonctions de ministre des finances et du budget et de premier ministre, sous le régime du feu président Ange – Félix Patassé.

C’est ainsi qu’il prêtera serment le 30 mars 2016 et s’assiéra élégamment et royalement dans le prestigieux et très convoité fauteuil du président de la République. Conformément aux dispositions de la constitution lui faisant obligation de nommer un premier ministre ayant ensuite la charge de composer un gouvernement capable de mettre en œuvre son programme politique et son projet de société, le Pr. Touadéra n’hésitera pas un seul instant à porter son choix sur la personne d’un autre professeur d’université, M. Mathieu Simplice Sarandji, son ancien directeur de cabinet quand il assumait les fonctions de premier ministre et son directeur de campagne à la dernière présidentielle. Quelques jours plus tard, ce gouvernement sera effectivement mis en place. Mais, au lieu d’un gouvernement de combat, de compétences les plus pointues et de qualifications les plus recherchées, un gouvernement composé d’hommes et de femmes ayant la maîtrise réelle de la technicité et capables de s’entourer d’experts qualifiés et chevronnés, en vue de traduire en actes les promesses tant faites et tant attendues, à court, moyen et long terme, le mathématicien se rebiffera en mettant en place un club de bras cassés et un gouvernement de débauchage, de baroudeurs politiques de petit calibre guidés uniquement par les soucis de leur panse, et un gouvernement de parents, d’amis et de connaissance, sur fonds de remerciements pour services plus ou moins rendus.

Première erreur politique aux conséquences incalculables : non respect manifeste de la parole donnée, pratiques de débauchage de militants, mécontentement généralisé dans les partis politiques alliés et crise de confiance ouverte et béante. Même s’il l’a reconnue et s’est engagé à la corriger après les résultats d’une évaluation des 100 premiers jours de gestion de ce gouvernement – promesse qu’il n’a pas encore tenue à ce jour-, le mal est fait et le tort difficilement réparable. De ce qui précède, nul n’est besoin d’être prophète pour prévoir l’incapacité éhontée d’un tel gouvernement à prendre des initiatives politiques éminemment courageuses et louables et adopter un programme cohérent de leur mise en œuvre et d’évaluations régulières, en vue d’en finir effectivement avec l’insécurité généralisée par le désarmement forcé de tous les seigneurs de guerre et leurs éléments qui ont mis à coupes réglées toute la République, le redéploiement de l’administration civile et militaire, et le lancement du fameux projet DDRR. En lieu et place de cette politique de fermeté et de robustesse tant promise et tant souhaitée par tous, à l’endroit de toutes les bandes armées et des forces onusiennes qui, en l’absence des forces armées centrafricaines, ont reçu mandat du conseil de sécurité, sous le chapitre 7 de la charte de l’Onu, d’assurer la protection des populations civiles mais qui préfèrent jouer le rôle du médecin intervenant après la mort partout où elles sont basées, à l’initiative du président Touadéra, son gouvernement va concevoir et mettre en application une politique de main tendue, semble – t – il dans le cadre de la recherche de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, aux bourreaux et aux égorgeurs de tout un peuple, une politique de collaboration avec les ennemis de la République, et une politique de complicité qui est aujourd’hui considérée par une large majorité des centrafricains, comme un acte de haute trahison, susceptible d’appel à sa démission.

Une politique de faiblesse, de garantie et de caution à toutes les bandes armées qui, sous prétexte d’aider le président à rétablir la sécurité dans les préfectures sous leur contrôle, vont s’en servir allégrement pour tuer des paisible populations, d’incendier des habitations et des greniers, de violer des centrafricaines, de détruire les biens publics et privés, de racketter, de lever l’impôt et de percevoir les taxes fiscales et douanières, en lieu et place des agents des régies financières. En est la plus parfaite illustration, le regain des hostilités à Kaga – Bandoro, Ndomété, Bambari, Kouango, à Bocaranga, Koui, et tout récemment à Bangui par l’assassinat lâche et crapuleux du commandant des forces armées centrafricaines, Marcel Mombéka. Deuxième erreur politique aux conséquences incalculables : collaboration avec des assassins et bourreaux, mécontentement généralisé au sein de la population et une autre crise de confiance qui risque de se métamorphoser en une véritable insurrection populaire si rien n’est fait d’ici là pour neutraliser tous les fauteurs de troubles. Autant l’absence d’une politique de fermeté et de robustesse à l’endroit de toutes les forces négatives et déstabilisatrices, a servi de terreaux substantiels à la reprise des hostilités et de l’insécurité, autant l’indécision, l’hésitation et l’atermoiement et pis, la propension des nouvelles autorités à faire revenir au pouvoir tous les bozizistes qui caractérisent la gestion des affaires de la cité par le président Touadéra, ne peuvent pas rendre possible le redéploiement de l’administration civile et militaire et mettre un terme à la paralysie actuelle, constatée dans toute l’administration. En effet, après plus de cinq (5) mois, dans tous les départements ministériels, les sociétés d’état et toutes les entités décentralisées et périphériques, le désengouement, la pâleur, la démotivation et le découragement se sont substitués, il faut le dire, à l’engouement, la fièvre, la motivation et la soif du changement qui se lisaient sur le visage de tous les fonctionnaires et agents de l’Etat, les travailleurs et toutes les forces vives de la nation, au lendemain de l’éclatante victoire de Touadéra.

A telle enseigne que dans tous les centres de prise de décisions engageant la vie de la nation, les états – majors des partis politiques, les services centralisés et décentralisés de l’Etat, les comités de soutiens à la candidature de Touadéra et la société civile, règnent désormais un total blocage et un attentisme anxieux. Un total blocage dans le traitement des dossiers, l’allocation optimale des ressources, et la réalisation efficace et efficiente des différentes prestations de services, indispensables à la mise en œuvre du programme politique sur la base duquel le candidat Touadéra a été élu. Ce qui crée du coup de la méfiance vis – à – vis des partenaires traditionnels de la Rca. Troisième erreur politique qui s’est traduite par le refus de procéder à des nominations, la volonté délibérée de reconduire aux affaires de la cité les bourreaux de tout un peuple, l’absence des experts aux travaux préparatoires de la fameuse table ronde de Bruxelles et la mise à l’écart des partenaires traditionnels. Il n’en faudra alors pas plus, à travers la mise en place d’un gouvernement sur la base de critères subjectifs, l’alimentation de la crise sécuritaire par l’adoption de la politique de main tendue ou de collaboration avec l’ennemi, le refus de procéder à la redynamisation de l’administration par des nominations à des postes de responsabilité, et la mise à l’écart des partenaires traditionnels, pour faire douter d’abord la communauté internationale du fait de sa confiance à un premier ministre débouté par tous et du retour des bozizistes à la présidence de la République et à la primature, et ensuite le peuple, de la capacité réelle du président Touadéra à faire bouger les choses, à faire renaître la vie dans nos villages et quartiers, à rassurer l’opinion nationale et internationale, à donner la confiance aux contribuables et aux investisseurs et à créer l’espoir dans les cœurs de tous les combattants de la liberté et de la démocratie, à travers l’instauration d’une ère nouvelle, celle de la rupture, celle de l’impunité, celle de la sécurité, celle de la paix, celle d’une vraie et véritable justice sociale et celle d’une coopération agissante et fructueuse pour tous les pays amis.

En conclusion, et nonobstant la confiance qu’il a exprimée à l’endroit de son gouvernement, lors de la rencontre avec les centrafricains de la diaspora où il a formellement reconnu qu’il n’est pas encore venu non seulement le temps de le critiquer, mais surtout de le changer, considérant les derniers évènements tragiques qui ont secoué l’âme de la République et vu l’incompétence notoire et avérée du gouvernement Sarandji à y répondre promptement et efficacement, le président Touadéra doit se réveiller de sa longue nuit de sommeil, enlever l’épais bandeau noir qui lui voile les yeux et qui l’empêche de bien voir, se rendre à l’évidence et comprendre que ce gouvernement de bras cassés a déjà lamentablement échoué et qu’il lui est aujourd’hui fait obligation de le démettre ou de se démettre lui – même avant qu’il ne soit trop tard. Car, un coq, le chef de la basse – cour, qui ne chante pas n’en est pas un. Et tout comme Jésus – Christ a accompli sa mission salvatrice en trois (3) années sur la terre des hommes, il n’en a pas fallu plus à un certain Thomas Sankara pour faire de la Haute Volta le Burkina – Faso ou le Pays des Hommes Intègres.

Par Jean – Paul Naïba

 

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