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CENTRAFRIQUE  : Insécurité / M. Jean – Serge Bokassa, neutralisez – les ou partez tout simplement !

28 Sep

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Alors que l’on pensait que le calme était revenu dans nos villages, communes, sous – préfectures et nos préfectures, après quelque période d’accalmie suite à la brillante élection du Pr Touadéra à la magistrature suprême de l’Etat, les démons de la violence et de la haine viennent encore de frapper, il y a quelques jours. A Kaga – Bandoro, Ndomété, Bambari, Kouango, Nana – Boguila, Koui, etc. Partout les stigmates de désolation et de malheurs : des morts, des femmes violées, abîmées, torturées et traumatisées à jamais, des habitations et des greniers incendiés, des biens publics et privés pillés, saccagés et emportés, des femmes, des enfants, des personnes de 3ème âge et même des malades à l’article de la mort contraints de quitter leurs villages pour aller trouver refuge en brousse, au risque d’être mordus par un serpent, de boire de l’eau des marécages et de consommer des racines, comme des animaux pour tenter de survivre…. Toujours, au vu et au su des forces onusiennes, l’arme aux pieds, laissant tout simplement le massacre et les violences se commettre….

En face, un gouvernement qui, sans armée ou sans une réelle et ferme volonté d’en avoir par tous les moyens, accepte sans gêne de jouer tous les jours le rôle des sapeurs pompiers, de décompteurs de cadavres ou celui des médecins constatant le décès et obligés d’en délivrer l’acte, à travers la publication des communiqués de presse, lapidaires. C’est ainsi que, faisant suite au carnage qui s’est perpétré à Koui par une branche peuhle de la Séléka, l’on a eu droit à cette information relayée sur les antennes de RNL, en ces termes : « Le gouvernement centrafricain assure que les auteurs des « violences de ces derniers jours dans les localités de Koui et de Kouango seront poursuivis ». Annonce faite le lundi par Jean Serge Bokassa, ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration du territoire. Pour ce dernier, « les régions de l’Ouham Pendé et de la Ouaka ont été le théâtre de violences meurtrières perpétrées par des hommes armés ». Des violences qui auraient fait de « nombreuses victimes et des centaines d’habitations incendiées », selon le membre du gouvernement qui s’estime préoccupé par la situation. « Le président de la République a ouvert un dialogue avec tous les chefs de guerre, il est attaché à toutes les vertus de la guerre »,a rappelé Jean Serge Bokassa, ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration du territoire. Pour ce dernier, « avec le dialogue, nous pouvons arriver à un niveau de compréhension », ajoutant par ailleurs « qu’il est hors de question que cela puisse être interprété comme un mandat donné à un chef de guerre », a-t-il précisé. Tenant absolument à rétablir cette vérité, Jean Serge Bokassa a indiqué que « le chef de l’Etat n’a mandaté aucun chef de guerre » pour faire « quoi que ce soit au nom de l’Etat », qualifiant d’ «une usurpation flagrante, une calomnie honteuse » le fait pour le chef rebelle Sidiki d’annoncer avoir reçu l’aval du chef de l’Etat de contrôler toute la zone nord-ouest sous sa juridiction. Le Ministre a expliqué par ailleurs que le gouvernement « prendra toutes ses responsabilités non seulement par rapport aux actes posés par certains chefs de guerre » mais, également « en rapport aux propos tenus par ces gens » qui, selon Jean Serge Bokassa « ne font qu’ajouter aux charges supplémentaires qui pèsent sur eux ». Comme il fallait s’y attendre, depuis la prise du pouvoir par le président Touadéra, tout se passe comme si la transition continuait tranquillement son bon bout de chemin, malgré la promesse de la politique de la rupture, de la fin de l’impunité, et de la justice sociale tant promise au peuple centrafricain. En effet, Après plus de cinq (5) mois de gestion des affaires de la cité par l’homme du 30 décembre 2015 et son ami et grand – frère, l’autre universitaire, Sarandji, rien n’ a été fait comme l’a si bien souligné avec une rare agressivité un certain Anicet Georges Dologuélé, président de l’URCA, et aucune décision courageuse n’a été prise, ne serait – ce que pour choisir des compétences parmi les plus pointues dont regorge la République, former une équipe d’hommes et de femmes autour des projets fédérateurs, et nettoyer l’écurie de toute la vielle racaille qui s’y trouve en vue de donner un nouvel élan à la nation, longtemps soumise et longtemps brimée par tous, créer de la motivation, mettre un terme à la paralysie qui règne partout et en finir une bonne fois pour toutes avec la crise insécuritaire qui empoisonne la vie dans ce pays, depuis plus de trois (3) ans. Malheureusement, au lieu d’aller irrésistiblement de l’avant, de ramer dans la logique voulue par tous les sans – voix qui lui ont confié la gestion de leur destinée, en tournant résolument le dos aux formules anciennes, en faisant preuve d’imagination et d’esprit de créativité, et en s’attaquant directement et de front aux maux dont souffre la République, Touadéra fait du surplace, hésite, dandine, recule et opte finalement .pour la rupture dans la continuité.

Cette politique d’indécision caractérisée, d’hésitation maladive, de permanents atermoiements qu’il qualifie fort curieusement urbi et orbi de politique de la main tendue, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, aux liquidateurs de la République, aux conquistadores, aux marchands de la mort, aux criminels de la pire espèce que le pays a jamais connus, aux seigneurs de guerre et aux mercenaires de tout acabit, a fini par faire croire à ces derniers qu’ils ont un droit de vie ou de mort sur le peuple centrafricain, sur sa terre, celle de ses ancêtres et de ses aïeux. Ajouté à cela le refus délibéré de la communauté internationale et de la Minusca à user de la force, conformément aux recommandations et résolutions du conseil de sécurité, sous le chapitre 7 de la charte de l’Onu, pour désarmer toutes ces forces négatives et imposer la paix sur toute l’étendue du territoire, toutes les conditions seraient désormais réunies pour que le peuple et certains partenaires sérieux doutent de sa capacité réelle à digérer le pays et que les éléments de la Séléka en profitent pour semer partout la désolation et même mûrir l’espoir d’inquiéter dans un avenir proche son pouvoir. Ne pouvant plus accepter que tous les bozizistes qui ont littéralement mis le pays en coupes réglées et qui ont fait de la République, dans un passé récent, un royaume, celui du général d’opérette, François Bozizé et de sa famille, sont tous revenus aux affaires à la faveur de sa prise de pouvoir et mettant à profit sa très maladroite et inefficace politique de main tendue, au lieu d’user de tous les moyens diplomatiques pour obtenir la levée de la mesure sur l’embargo et réarmer les forces armées centrafricaines, quitte à signer un accord de défense avec la Chine, ceux – ci se sont évidemment rendus à l’évidence et ont compris qu’ils sont tout simplement en territoire conquis.

Fort de cette politique de passiveté, de roublardise et de jeu de quilles, tous les seigneurs de guerre et leurs bandes armées ont alors pris la décision de renoncer au projet DDRR, de relancer les hostilités et de le pousser à la démission. Leur méthode est toute simple : faire régner partout la terreur au point d’amener le peuple qui l’a souverainement élu à une insurrection populaire. Jean – Serge Bokassa, au lieu de passer son temps à lire des communiqués, devrait plutôt se raviser et comprendre que dans une République digne de ce nom, il est formellement interdit de serrer la main d’un terroriste et de négocier avec des bandits et autres preneurs d’otages. On les neutralise tout simplement ou on se tait et on rend le tablier en brave garçon….

Jean – Paul Naïba

 

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