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CENTRAFRIQUE : Politique / Touadéra frappe un grand coup en baissant les prix des carburants à la pompe.

04 Sep

Touadera

La dégradation considérable du contexte de pauvreté des populations au cours des mois écoulés de l’année 2016, tant à Bangui que dans nos provinces, souligne l’importance de la dernière mesure, relative à la baisse des prix des carburants à la pompe, que vient de prendre le gouvernement, sur instructions du président de la République, Faustin Archange TOUADERA.

En effet, le prix du pétrole a plus que doublé en quatre ans, passant d’un prix relativement faible de 26 dollars le baril en décembre 2001 à un prix de 60 dollars le baril en juin 2005 pour atteindre environ 80 dollars en 2014 soit une augmentation d’environ 130%. Bien que dans certains pays cette hausse considérable ait été tempérée par la variation des taux de changes (en particulier, la faiblesse du dollar par rapport à l’euro), en République Centrafricaine, celle-ci a eu à provoquer des impacts socio-économiques majeurs dans les secteurs de transport, du commerce import et export, etc.

Cette baisse des prix à la pompe est non seulement un sujet sensible, mais surtout un acte éminemment louable et courageux, sur le plan sociopolitique. Car aucun gouvernement n’ a eu la volonté politique de faire baisser les prix à la pompe, de peur de faire face à une résistance sociale de la part des entreprises qui gèrent ce secteur d’activités, et dans le but de soulager la misère ambiante des couches les plus vulnérables de la population centrafricaine. Cependant, si le gouvernement a décidé d’ajuster à la baisse les prix à la pompe, il va sans dire que le trésor public en supportera les coûts, ce qui peut en retour conduire à une réduction des dépenses sociales.

Pour leur part, tous les combattants de la liberté et les démocrates dignes de ce nom marquent leur totale adhésion à cette très importante mesure afin de protéger les ménages pauvres, la RCA étant un pays vaste, pauvre, enclavé et très dépendant des importations de pétrole. A ce propos, il faut souligner que les principales sources d’énergie sont le bois, le charbon, l’hydroélectrique et le pétrole, ce dernier représentant plus de 60% des besoins énergétiques du pays.

En 2014, le gasoil représentait plus de 50% du total, l’essence et le fioul respectivement 20% puis 8% pour le pétrole lampant. A ce jour, la RCA qui sort à peine d’une des crises les plus difficiles de son histoire, demeure dans le monde entier l’un des pays à faible revenu. Sa vulnérabilité mesurée par le ratio des importations nettes de pétrole sur le PIB a atteint plus de 6 % en 2010, comparé à une moyenne de 3,34% pour l’ensemble des pays à faible revenu importateurs de pétrole, et à une moyenne de 3,97 pour les pays enclavés de cette même catégorie. Selon les analyses de la situation par la cellule des experts, la contraction de la demande intérieure de produits importés et locaux, due à la situation d’insécurité sur une partie du territoire, d’une part, et aux impacts de la mesure visant la baisse des prix des carburants à la pompe, d’autre part, permettra de diminuer les importations et d’encourager les exportations. Ce qui nécessite une réduction des dépenses publiques par la réduction des aides et des subventions directes, une politique budgétaire visant à la baisse des dépenses de fonctionnement de certains services publics ainsi que le relèvement des taux d’intérêt et le plafonnement du crédit, pouvant stimuler l’épargne locale pour ainsi stabiliser l’offre de la monnaie. Elle exige également l’unification des taux de change, qui élimine les subventions implicites aux produits bénéficiant du cours de la livre le plus élevé et les distorsions dans l’allocation intérieure des ressources entre les produits.

Enfin, elle requiert de stabiliser les taxes indirectes pour maitriser les revenus de l’État tout en contrôlant la demande intérieure. Pour évaluer les conséquences sociales de ces mesures, il convient de déterminer le niveau de la demande globale : s’il est inférieur à celui de l’offre qui assurerait le plein-emploi, la politique d’ajustement adoptée par le gouvernement permettra peut-être, à court terme, de rééquilibrer la balance extérieure tout en maîtrisant le niveau de l’emploi actuel. Dans l’hypothèse où la demande globale de biens exportables ne diminuerait pas grâce à la hausse des exportations, la demande intérieure de biens non exportables, tels que les services et la construction, baisserait probablement, entraînant une réduction du taux d’activité et des revenus dans ces secteurs.

Par Kassa Mogonda Marcelin

 
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Publié par le 04/09/2016 dans Uncategorized

 

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