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CENTRAFRIQUE: Insécurité / La responsabilité de Touadéra et de Sarandji dans le film de ce qui s’est passé cette nuit – là à 20 Km de Sibut Bangui, vendredi 12 août 2016.

28 Août
MIAR

Il était 21 heures passées de la nuit, lorsque M. Alpha Gounoumoudjou, agent comptable à la Sodeca, qui habite à 500 m de la barrière du PK 12 sur l’axe Damara, s’arrête au poste de contrôle de la sortie Nord de Bangui. Alors qu’à cette heure de la nuit, la barrière grouillait d’hommes en tenue et de monde aux alentours, fort curieusement à cet instant précis, il n’y a aucun élément des forces de défense et de sécurité en vue, ni devant, ni derrière, ni à droite et ni à gauche. Comme si un évènement venait de se passer ou était sur le point de survenir, les forces de défense et de sécurité s’étaient évaporées dans la nature ou s’étaient tout simplement cachées, on ne sait jamais. Un véritable silence de cimetière. Aucun chien errant à la recherche d’un os sur les immondices.

Après quelques coups de klaxons, un élément des forces armées centrafricaines va sortir de son lieu de cachette et poser la question à notre chauffeur sur sa destination. Mais, avant qu’il ne finisse de lui répondre qu’il rentrait chez lui à la maison, son interlocuteur a déjà disparu, ayant aperçu au niveau du Camp du RDOT, les phares d’un convoi de véhicules se dirigeant à vives allures vers la barrière. M. Alpha Gounoumoudjou qui pensait tout naturellement que l’élément de faction était allé prendre consigne pour revenir procéder à la levée de la barrière, sera surpris quelques instants plus tard d’apercevoir derrière lui les phares d’un convoi de six (6) véhicules, avec des hommes lourdement armés à bord. Comme s’il allait son bon bout de chemin, le premier véhicule contourne la voiture de M. Alpha Gounoumoudjou, force la barrière et s’en va. Il sera suivi immédiatement des autres véhicules et leurs dangereux et méchants occupants.

La barrière ayant été forcée et ne voyant aucun élément de faction aux alentours, l’agent comptable de la Sodeca met le pied sur l’accélérateur et passe à son tour la barrière. Mais, au moment de faire des manœuvres pour prendre l’axe de Damara, il va être arrosé à bout portant par des tirs en provenance du sixième, le prenant peut – être pour un véhicule banalisé des forces de défense et de sécurité se lançant à la poursuite des fuyards. Résultats : vitre du côté du chauffeur brisé avec des éclaboussures sur le chauffeur, trois (3) impacts des tirs sur le véhicule toujours du côté du chauffeur, et des traces d’une balle affleurant le conducteur à la tête. Vivant et sain et sauf, miraculeusement. Quelle chance ? Sans le savoir, M. Alpha Gounoumoudjou venait d’être, cette nuit – là, c’est – à – dire, le 12 aout 2016 à 21 heures passées, la première victime de la fuite organisée des criminels du Km 5. Le convoi des six (6) véhicules des criminels fuyards forcera sans encombre avec des détonations d’armes, successivement les barrières de PK 26, de Damara et de la sortie de Damara, mais sera accueilli avec une farouche et déterminante résistance par des soldats de la Minusca, à quelques kilomètres de l’entrée de la commune de Galafondo, sise dans la préfecture de la Kémo.

En effet, informé par les autorités nationales de cette belle échappée des égorgeurs et des criminels du Km 5, le haut commandement de la Minusca, conformément à son mandat qui lui fait formellement obligation de venir en appui aux forces de défense et de sécurité, à la demande des autorités légitimes, a promptement réagi en alertant son bataillon, basé à Sibut. S’étant solidement prépositionnés à l’entrée de la commune de Galafondo, ces soldats de la Minusca ont pratiquement mis en déroute les occupants du convoi des véhicules. Devant la supériorité et la puissance de leurs feux, M. Abdoulaye Hissen, le chef de cette bande de criminels fuyards est descendu de son véhicule et s’est dirigé vers eux pour des pourparlers. Après plusieurs heures d’âpres discussions et au vu d’un ordre de mission dûment délivré par les services de la présidence de la République, les soldats de la Minusca vont procéder à la libération de ceux dont les noms figurent sur le précieux document, et à l’arrestation des autres. Il s’en suivra aussitôt la saisie des véhicules et des armes en leur possession. Une véritable poudrière. Le bilan des échanges de tirs est d’un mort et de deux (2) blessés du côté des criminels fuyards. Fort de son ordre de mission sur lequel figureraient son nom et ceux de ses principaux lieutenants, Haroun Gaye et Tidjiani, avant de partir à pied vers sa destination avec quelques armes en sa possession, Abdoulaye Hissen aurait désigné cinq (5) éléments pour enterrer le cadavre et assister les deux (2) blessés.

A ceux – là, s’adjoindraient quatre (4) autres éléments ; ce qui donnerait le nombre de neuf (9) prisonniers remis aux autorités judicaires pour nécessité d’enquête et poursuites. Voilà, tels que détaillés, les faits qui se sont déroulés à quelques kilomètres de Sibut, lors de la fuite organisée des criminels du Km 5. Fort de ce qui précède, l’analyse minutieuse de ces faits ne peut que conduire tout naturellement le peuple centrafricain, par la voix des guerriers de la plume et des combattants de la liberté, à demander des explications aux deux (2) têtes de l’exécutif sur leur responsabilité directe ou indirecte dans la planification, l’organisation et l’exécution de la fuite de ces criminels de la pire espèce.

En effet, selon des informations dignes de foi en notre possession, le président de la République, Faustin – Archange Touadéra, dans le cadre de sa politique de main tendue aux seigneurs de guerre et aux bandes armées, avait successivement reçu en audience, au palais de la Renaissance, le seigneur de Bambari, le mercenaire peuhl acquis à la cause de Baba Ladé, Ali Darass, convoyé comme du bétail dans un avion par les soldats de la Minusca de Bambari à Bangui, et le roitelet du Km 5, Abdoulaye Hissen avec ses principaux lieutenants, Haroun Gaye et Mahamat Tidjiani. Lors de cette audience, le candidat de la politique de la rupture, du changement, de la fin de l’impunité, de la cohésion sociale, de la réconciliation nationale et de la paix, ne serait pas passé par quatre chemins pour demander à ses hôtes d’adhérer au processus DDRR, sans aucune condition. Si le mercenaire peuhl d’origine nigérienne, Ali Darass, ne sachant ni s’exprimer en français, ni parler sango, n’avait tout naturellement d’autre réponse à donner que celle d’adhérer au programme DDRR, le centrafricain Abdoulaye Hissen, quant à lui, aurait tout simplement demandé au président Touadéra de l’aider à l’aider, en lui délivrant un ordre de mission en bonne et due forme, pouvant lui permettre de se déplacer, de quitter en toute quiétude la capitale, et d’aller à la rencontre de ses éléments qui sont à l’intérieur du pays, afin de les sensibiliser à accepter d’adhérer massivement audit programme ; ce à quoi, le président aurait immédiatement donné son accord.

Malheureusement, la suite des évènements allait totalement échapper au contrôle du locataire du palais de la Renaissance. En effet, une fois arrivés au Km 5 dans leur bastion et après un compte rendu fidèle à leurs éléments parmi lesquels des mercenaires, Abdoulaye Hissen et ses principaux lieutenants auraient été tout simplement contraints, sous la menace d’armes, d’abandonner leur projet d’effectuer ladite mission en avion pour emprunter la voie terrestre, histoire de permettre à leurs mercenaires de quitter la ville. Tout se serait bien déroulé, puisque leurs complices et leurs pions dans l’entourage immédiat du président de la République, dans le gouvernement, à l’état – major des armées, à la gendarmerie et à la police auraient beaucoup manœuvré en faveur de l’abandon total de leurs postes de contrôle par les forces de défense et de sécurité, sur l’axe Bangui – Damara – Sibut, si les soldats de la Minusca, alertés, n’avaient pas vigoureusement réagi à quelques kilomètres de la commune de Galafondo. Alors, de qui se moque – t on, au plus haut sommet de l’Etat ? Où est donc la politique de la rupture, du changement et de la fin de l’impunité ? La fin de l’impunité doit – elle passer par des rencontres ou des contacts permanents avec les bourreaux du peuple centrafricain ou ne doit – elle pas passer tout simplement par leur arrestation pure et simple ? En recevant ces criminels fuyards du Km 5 au palais de la Renaissance et en leur serrant les mains pleines du sang des centrafricains et des centrafricaines, le président de la République ne s’est – il pas du coup lui aussi sali les mains et rendu complice de leurs crimes ?

Voilà des pertinentes questions auxquelles le président de la République n’a répondu que par le silence. Un silence assourdissant qui trahit aujourd’hui sa collaboration avec ces seigneurs de guerre et qui ne saurait être accepté par le peuple centrafricain. Car, même s’il s’est avéré par la suite que l’ordre de mission brandit par les criminels fuyards se serait révélé un vrai faux, il doit sur cette affaire des explications à ce peuple qui l’a élu et qui veut vivre en paix sur cette terre qui est la sienne.

Quant à son premier ministre, il doit tout simplement noter l’incompétence notoire et avérée de ses ministres de la défense nationale et de la sécurité publique qui n’ont rien pu faire pour empêcher cette fuite, qui ont même laissé faire et qui n’ont pris aucune disposition pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les forces de défense et de sécurité qui ont commis, cette nuit-là, le délit de désertion devant l’ennemi soient recherchés, identifiés et sanctionnés vigoureusement. Qu’il en tire donc toutes les conséquences en les démettant hic et nunc de leurs fonctions et qu’il cesse de divertir le peuple centrafricain en s’en prenant à la Minusca dont le mandat n’est que de venir en appui aux forces de défense et de sécurité et de soutenir les efforts des autorités légitimes dans l’accomplissement quotidien de leurs nobles missions en faveur de la sécurisation du pays.

Par Jean – Paul Naïba

 

 

 
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Publié par le 28/08/2016 dans Uncategorized

 

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