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CENTRAFRIQUE : Politique / M. Jean – Serge Bokassa : Que dites –vous du retard entretenu dans la biométrisation des passeports, cartes nationales d’identité, cartes de séjour et des visas ?

26 Août

Il s’appelle Jean – Serge Bokassa, fils de Jean – Bedel Bokassa, l’homme du coup d’état de la Saint Sylvestre du 1er janvier 1966, nationaliste, à ce jour le seul grand bâtisseur de la République centrafricaine, puis empereur de Centrafrique du 04 décembre 1977 au 20 septembre 1979. Ressortissant de la Lobaye, l’une des préfectures les plus peuplées de la République et d’où est originaire son père, ce jeune avec la fougue dans l’âme, s’est lancé dans la course à la présidentielle lors des dernières élections.

Fort de son score obtenu au 1er tour, il n’a pas hésité un seul instant à apporter ses voix au candidat de la rupture et du changement radical et à battre campagne pour le Pr Faustin – Archange Touadéra. C’est donc naturellement en récompense de son soutien à la brillante victoire de celui que les combattants de la liberté ont surnommé « l’homme du 30 décembre 2015 » qu’il lui a été confié, dans le gouvernement Sarandji, la gestion de deux (2) prestigieux et hautement stratégiques ministères de souveraineté, à savoir : le ministère de la sécurité publique, de l’Immigration – Emigration et le ministère de l’administration du territoire. Mais, alors que le peuple centrafricain dans sa grande majorité, tous les combattants de la liberté, tous les démocrates dignes de ce nom et les résistants à l’occupation de la République par des conquistadores, des partisans de la sécession et des criminels de la pire espèce, misaient logiquement sur sa fougue de jeunesse et son ultranationalisme pour trouver des solutions idoines à la crise sécuritaire imposée depuis plus de trois (3) ans à tout un peuple et dont l’une des causes trouve ses racines dans la gestion mafieuse des passeports, cartes nationales d’identité, cartes de séjour et des visas et au – delà dans l’octroi fantaisiste et mercantiliste de la nationalité centrafricaine à des étrangers, grande devra être leur surprise plus de trois (3) plus tard après sa prise de fonction. En effet, au jour d’aujourd’hui, selon des informations dignes de foi et de sources très proches de son cabinet, l’homme ne serait pas tout simplement à la hauteur de la mission qui lui a été confiée et flotterait comme une brindille dans l’étoffe que lui a cousue l’homme de Boy – Rabé.

N’ayant pas visiblement la maîtrise réelle de la technicité puisque son nom et son curriculum vitae ne figurent nulle part dans le panel des experts et autres cadres de ces deux (2) départements, l’homme passerait le plus clair de son temps à user de ses pouvoirs pour empocher les fonds hebdomadaires dont le montant serait de 12 millions de Fcfa, alloués à la gestion de la crise sécuritaire et racketter les commerçants étrangers à la recherche des cartes de séjour.

Afin d’éviter les regards indiscrets de ses collaborateurs, Jean – Serge Bokassa aurait décidé de transférer ses bureaux chez lui à la maison où il recevrait régulièrement ses hôtes, lit les parapheurs et signe les documents de l’Etat. Une manière bien singulière de gérer les affaires de la cité au vu et au su du président de la République et du chef du gouvernement.

Un ministre de la République reclus sur lui – même, qui fuit les bureaux, ne tient pas de réunions de cabinet avec ses conseillers et ses cadres et qui ignore totalement les missions qui sont les siennes à la tête de ces deux (2) départements de souveraineté, à savoir : veiller à la défense de l’intégrité du territoire national, assurer la protection des biens et des personnes, faire préserver les intérêts fondamentaux de l’Etat, et restaurer l’autorité de l’Etat dans nos préfectures, nos sous – préfectures, nos communes et nos villages.

Un ministre qui utiliserait les fonds hebdomadaires de la sécurité mis à sa disposition à des fins personnelles, alors qu’ ils devraient être affectés aux frais de carburant, aux primes globales d’alimentation et à la logistique, indispensables à la recherche et aux recoupements des informations et des renseignements généraux touchant à la vie de la nation. Alors comment ne pas s’étonner que des liquidateurs de la République et des criminels de la pire espèce qui se sont retranchés dans l’enclave du Km 5 ne puissent pas quitter leur lieu de cachette pour être arrêtés, puis libérés à 20 Km de Sibut par des soldats de la Minusca, sans que les forces de défense et de sécurité basées sur l’axe PK 12 – Damara n’aient reçu l’ordre de réagir vigoureusement et qu’aucune enquête gouvernementale n’ait été diligentée par la suite pour établir des responsabilités et sanctionner les auteurs et complices de cet acte de désertion devant l’ennemi ? Alors, comment ne pas assister au regain des hostilités à Birao, Ndélé, Kaga – Bandoro, Kabo, Bria, Bambari, et à Sibut par le redéploiement des éléments de la Séléka et des mercenaires tchadiens et soudanais ?

Comment est – il possible qu’un ministre en charge de la gestion de la sécurité publique et de l’administration du territoire qui, sous d’autres cieux, passe pour l’ombre, les oreilles, la bouche, et les yeux du président de la République, ne puisse pas s’entretenir tous les jours que Dieu avec le président Touadéra, dans un pays non « post – conflicts » mais « in conflicts », sur la crise sécuritaire et y proposer des solutions idoines ? Voilà de pertinentes questions qui posent l’épineux problème du choix et de l’incompétence notoire de ces baroudeurs et surtout de ces hommes politiques de petit calibre qui entourent le président de la République et qui sont dans le gouvernement. Une incompétence qui, en l’espèce ou dans le cas du ministre de la sécurité publique et de l’administration du territoire, a un impact négatif sur la gestion des passeports, cartes nationales d’identité, cartes de séjour et des visas et contribue un peu plus de manière irréversible à la persistance de la crise sécuritaire. En effet, il n’est aujourd’hui de secret pour personne que l’octroi de la nationalité centrafricaine à des sujets étrangers par la délivrance des passeports, cartes de séjour, cartes nationales d’identité, et des visas d’entrée, est l’une des causes de la crise sécuritaire qui secoue l’âme de la République, depuis plus de trois (3) ans déjà.

Depuis la prise du pouvoir par un certain Djotodia, l’enfant du malheur et la nomination d’un certain Nourreldine Adam, à la tête du ministère de la sécurité publique, il a été institutionnalisé une gestion opaque et mercantiliste de ces précieux documents administratifs et une main mise des sujets étrangers ou des entreprises étrangères sur les marchés de leur confection, de leur mise en circulation et de leur délivrance.

C’est ainsi que le marché de la confection du passeport a été attribué à une entreprise étrangère. Au regard des termes de la convention signée entre l’Etat et son partenaire, sur les frais d’obtention du passeport dont le montant est de 50.000 Francs CFA, seule la modique somme de 5.000 Francs CFA est reversé de temps en temps sur un compte fictif ou des comptes supposés être ceux du Trésor, ouverts à cet effet dans les banques commerciales de la place. Un terrible manque à gagner pour l’Etat dont l’essentiel des prestations est ici fourni par ses principaux services et ses propres agents, mais dont la part insignifiante et ridicule dans la répartition des frais n’a jamais ému les autorités en charge de la gestion de la république. Et, comme si l’histoire récente de la République si tragique ne leur a jamais servi de leçons, les autorités en charge de ce secteur continuent de croire et de faire confiance aux étrangers. C’est ainsi que l’on apprend que plus de 400 passeports centrafricains auraient été découverts au Qatar, qu’un certain Abdel Khalil aurait demandé au ministre de confier le marché des nouveaux passeports à un sujet libanais, et qu’un général centrafricain lui aurait présenté un autre sujet jordanien.

Terrible, n’est – ce pas ? Comme si la République ne pouvait pas user de ses services pour gérer ce dossier de passeports et en faire profiter amplement les caisses de l’Etat. Il en est de même pour les cartes nationales d’identité dont la délivrance reste un parcours de combattant pour tout centrafricain digne de ce nom, mais un jeu d’enfant pour tout sujet étranger. S’agissant des visas d’entrée, ce secteur est régi par une autre convention dont les termes ont octroyé des facilités et des exonérations si larges aux ongs internationales que l’Etat n’y perçoit là aussi que des miettes en termes de quotes – parts.

Pour preuve, en juillet 2016, l’Etat n’a recouvré en termes des recettes nées de l’octroi des visas d’entrée que la somme de 3 Millions de Francs CFA sur un total de 15 Millions de Francs CFA d’exonérations. Terrible, n’est – ce pas ? Quant à la gestion des cartes de séjour, elle est devenue depuis le coup d’état du 23 mars 2013, l’apanage d’un groupe de lobbies au sein du ministère de la sécurité publique, du fait des intérêts qu’elles représentent tant pour des sujets étrangers et les gros commerçants de la place que pour les ressources qu’elles génèrent. Ceci étant dit, afin de sécuriser les recettes nées de la confection et de la gestion de tous ces précieux documents administratifs et d’assainir ce secteur en vue de disposer d’une banque de données sur tout centrafricain en âge de majorité et tout sujet étranger présent sur le territoire national, il a été commandé et acquis, sur les fonds du ministère de la sécurité publique, un appareil informatique indispensable à leur biométrisation.

Malheureusement, sa mise en œuvre se fait attendre, malgré la décision du conseil des ministres du 6 août 2016 faisant formellement injonction au ministre de la sécurité publique d’annuler les passeports en cours de validité.

Pourquoi alors ce retard ? Pourquoi cette réticence ? Pourquoi cette hésitation ? Jean – Serge Bokassa a – t – il déjà été corrompu par les groupes de lobbies qui tirent régulièrement profits de cet important secteur d’activités et qui refusent de perdre leurs privilèges dès la mise en œuvre de la biométrisation ? N’a – t – il pas compris que la gestion opaque et mercantiliste de ces précieux documents est l’une des causes de la crise sécuritaire actuelle à travers l’octroi de la nationalité centrafricaine à des mercenaires tchadiens, des jihaddistes et à des criminels de la pire espèce ? Combien de centrafricains devront – ils encore être égorgés par ces mercenaires avant qu’il ne finisse par comprendre qu’assainir ce secteur, c’est refuser à des étrangers d’user de la nationalité centrafricaine pour tuer des centrafricains, violer des centrafricaines, détruire des biens de l’Etat et exiger in fine la partition de notre pays ? Terrible, n’est – ce pas ? A Touadéra et Sarandji hic et nunc de prendre leurs responsabilités avant qu’il ne soit trop tard, car comme l’avait dit Wole Soyinka « un tigre ne proclame jamais sa tigritude, mais bondit sur sa proie et la dévore »

Par Jean – Paul Naïba

 
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Publié par le 26/08/2016 dans Uncategorized

 

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