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Archives du 02/08/2016

CENTRAFRIQUE: Réunion Transfrontalière – République du Tchad-République Centrafricaine-Haut-Commissariat des Nations Unies pour Les Réfugiés pour la préparation du cadre du rapatriement des Réfugiés Centrafricains.

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COMMUNIQUE FINAL : BANGUI, LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE  1-2 août 2016

Les 1 et 2 août s’est tenue à Bangui, à l’hôtel Ledger Plaza, une réunion transfrontalière entre la République du Tchad, la République Centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés sur le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant en République du Tchad.
Les Chefs des Délégations étaient respectivement :
– M. Bakhit Youssouf Idriss, Directeur Général Adjoint au Ministère de l’Administration du Territoire, pour la République du Tchad;
– M. Babingui Michel, Inspecteur Central au Ministère de la Sécurité Publique pour la République Centrafricaine;
– M. Kouassi Lazare Etien, Représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés en République Centrafricaine,
– M. Leonidas Nkurunziza, Représentant Adjoint en charge de la Protection pour le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés au Tchad. La liste des participants est en annexe au présent communique.
La réunion avait pour objet essentiel l’examen des préalables en vue de l’éventuel rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant au Tchad. Après les discours de bienvenue et de remerciement, les différents chefs de délégation ont présenté la situation politique et sécuritaire dans les deux pays.
A l’issue des interventions des chefs des délégations, des présentations des différents points à l’ordre du jour et des débats, les participants ont adopté les recommandations et modalités suivantes pour préparer le cadre de la signature ultérieure d’un accord tripartite pour le rapatriement des réfugiés centrafricains :
1. Identifier, ouvrir et sécuriser les couloirs humanitaires entre le Tchad et la République Centrafricaine et en informer les acteurs humanitaires et les candidats aux retours spontanés.
2. Renforcer le partage d’informations entre le Tchad et la République Centrafricaine sur les mouvements transfrontaliers des réfugiés.
3. Poursuivre le déploiement des cadres de l’administration locale dans les zones de retour de réfugiés.
4. Informer régulièrement les réfugiés centrafricains sur la situation sécuritaire et les services sociaux de base disponibles dans les zones de retour.
5. Poursuivre les séances de sensibilisation à la cohésion sociale dans les camps de réfugiés et les zones de retour.
6. Assurer une présence des forces de défense et de sécurité dans les zones de retour.
7. Mettre en place les mécanismes pour la libération des maisons, terres et propriétés illégalement occupées.
8. Mettre en place un cadre de coordination pour mener les activités de cohésion sociale transfrontalière.
Les trois parties ont convenu :
– d’un chronogramme pour la signature de l’accord tripartite
– des préalables pour le lancement d’un rapatriement volontaire
Les parties reconnaissent que les réfugies qui opteraient de rentrer sans assistance seront autorisés à le faire à leur propre rythme et leurs propres moyens.
Les participants se sont félicités du bon déroulement des travaux dans un climat empreint de fraternité, de cordialité et de parfaite compréhension. La délégation de la République du Tchad et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés ont remercié les autorités de la République Centrafricaine pour toutes les facilités offertes et pour l’accueil chaleureux qui leur ont été réservés.

Fait à Bangui, le 2 août 2016

 

Source : Service de communication de la MINUSCA pour CARnews ou RCAinfos
 

CENTRAFRIQUE : CONFÉRENCE DE PRESSE HEBDOMADAIRE DE LA MINUSCA

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Le Bureau de la communication et de l’information publique de la MINUSCA vous invite demain, mercredi 03 août 2016, à sa conférence de presse hebdomadaire. La MINUSCA fera le point sur l’exécution des Projets à impact rapide dont les objectifs sont de favoriser la cohésion sociale, la protection des civils et la restauration de l’autorité de l’Etat, des tâches contenues dans le nouveau mandat de la Mission.

AVIS MEDIAS

Avis aux médias : Conférence de presse

Qui ?

Guy Saizonou

Fonctionnaire principal chargé des Affaires civiles

Quand ?

Mercredi 3 août à 11h00

Où ?

Salle de conférence, au siège de la MINUSCA, Bangui (RCA)
PK4, Avenue Barthélémy Boganda

 

CENTRAFRIQUE: COMMUNIQUE FINAL DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFÉRENCE DES CHEFS D’ÉTAT DE LA CEMAC

 

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A l’invitation de Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée Équatoriale, Président en exercice de la
Communauté, la Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC s’est tenue le 30 Juillet 2016 à MALABO au Centre
des Conférences Internationales de SIPOPO. Cette session extraordinaire a eu pour principal objet l’examen de l’état des négociations de l’Accord de Partenariat Économique (APE), entre l’Union Européenne et la Configuration Afrique Centrale.
Ont participé à cette session :
Son Excellence Faustin Archange TOUADERA, Président de la République Centrafricaine ;
Son Excellence Denis SASSOU-N’GUESSO, Président de la République du Congo ;

Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République Gabonaise ;
Son Excellence Philémon YANG, Premier Ministre, Chef du Gouvernement du Cameroun, représentant son Excellence Paul BIYA, Président de la République ;
Son Excellence Albert PAHIMI PADACKE, Premier Ministre, Chef du Gouvernement du Tchad, représentant son Excellence Idriss DEBY ITNO, Président de la République.

Prenait également part à cette session extraordinaire, Son Excellence Homero SALVATERRA, Ambassadeur en Guinée-Equatoriale de la République Démocratique de Sao-Tomé et Principe, pays non membre de la CEMAC faisant partie de la Configuration Afrique Centrale des négociations de l’APE. Messieurs Abdoulaye BATHILY et TABU ABDALLAH MANIRAKIZA, respectivement Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique Centrale et Secrétaire Général Adjoint de la CEEAC, prenaient part à cette session en qualité d’observateurs.

Cette Conférence au sommet a été précédée par la deuxième session extraordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC) tenue le 27 juillet 2016 à Malabo.
La cérémonie solennelle d’ouverture de la Conférence des Chefs d’Etat a été marquée tour à tour par le mot de bienvenue du Représentant de Madame le Maire de MALABO, le message du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique Centrale, l’allocution du Président de la Commission, Monsieur Pierre MOUSSA et le discours d’ouverture de Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée Équatoriale, Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC.

AVANT d’aborder les points inscrits à l’ordre du jour, les Chefs D’État et de Gouvernement ont adressé leurs sincères et chaleureuses félicitations à Son Excellence Faustin Archange TOUADERA, pour sa brillante élection aux hautes fonctions de Président de la République Centrafricaine. Ils se sont félicités du retour à l’ordre constitutionnel et réitéré leur soutien total au processus de normalisation et de consolidation de la paix et de la sécurité dans ce pays frère.
PASSANT à l’examen de leur ordre du jour, les Chefs d’État et de Gouvernement ont échangé sur la question de l’état des négociations de l’Accord de Partenariat Économique (APE), entre l’Union Européenne et la Configuration Afrique Centrale.
A ce sujet, la Conférence a pris acte du rapport du Comité Ministériel des Négociations APE (COMINA) tenu le 22 juillet 2016 à Libreville.
TENANT compte de la signature par le Cameroun d’un APE dont le démantèlement tarifaire est fixé au 04 Août 2016, la Conférence a rappelé l’importance d’examiner la proposition du texte juridique élaboré sur la base de cet APE, et validé lors de la dernière réunion du COMINA.

Elle a exhorté le Parrain des négociations, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, à entreprendre les démarches nécessaires auprès des Autorités du Cameroun, de concert avec la partie européenne, en vue de poursuivre les négociations dans un esprit de solidarité entre les États. Les conclusions de ces négociations devraient permettre d’aboutir à un Accord régional complet, équilibré et équitable au plan commercial et financier, capable d’accompagner le développement de la région.
A cet égard, la mise en place d’un mécanisme de compensation des pertes de recettes liées à l’ouverture des marchés d’Afrique centrale, à travers l’absorption de l’Impact Fiscal Net (IFN), devra être inscrite parmi les priorités des négociations.
POURSUIVANT leurs travaux, les Chefs D’État et de Gouvernement se sont montrés préoccupés par la situation politique prévalant en République Démocratique de Sao-Tomé et Principe. Ils ont lancé un vibrant appel à l’ensemble des acteurs politiques afin de parachever sereinement le processus électoral en cours.De manière générale, la Conférence a appelé les acteurs politiques ainsi que les différentes parties prenantes, à faire preuve davantage de maturité politique et de modération dans leurs propos, lors des échéances électorales.
ABORDANT la question de l’exécution de la feuille de route du Président en exercice de la CEMAC, les Chefs D’État et de Gouvernement ont félicité Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO,

Président de la République de Guinée Équatoriale, pour les différentes mesures prises en vue de la mise en œuvre des conclusions de leur dernier sommet tenu à Libreville le 06 mai 2015.

EN CE QUI CONCERNE la finalisation du Programme des Réformes Institutionnelles de la CEMAC (PRI), la Conférence a décidé de reporter son examen à sa prochaine session.
S’AGISSANT de la conjoncture économique et financière en zone CEMAC, les Chefs d’État et de Gouvernement ont relevé le caractère particulièrement préoccupant de cette situation, en raison de l’effondrement des cours des matières premières. La Conférence a décidé de la mise en place d’un Programme de Réformes Économiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC), placé sous la présidence de son Excellence Denis SASSOU-N’GUESSO, Président de la République du Congo. Ce Programme s’appuiera sur un Comité de Pilotage (COPIL) comprenant les représentants de certaines structures communautaires et des États membres.
EN CE QUI CONCERNE la situation de la République Centrafricaine (RCA), la Conférence s’est félicitée de l’initiative de l’organisation d’une table ronde des Bailleurs de fonds à Bruxelles le 17 novembre 2016. En vue de l’accompagnement politique et économique de cet État, la Conférence a exhorté les États membres, la communauté internationale ainsi que les partenaires techniques et financiers, à soutenir cette initiative et à mettre en œuvre un plan d’engagement plus robuste des forces déployées sur le terrain. A cet effet, la Conférence a adopté le principe de l’admission des éléments des forces armées centrafricaines dans les différents centres d’instruction des États membres de la CEMAC.
La Conférence a également décidé :
1. d’apporter un soutien supplémentaire de quatre milliards de francs CFA à cette République sœur, à la charge du Cameroun, du
Congo, du Gabon et de la Guinée Équatoriale, en vue du démarrage de son programme de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (DDR) ;
2. de rétrocéder à la République Centrafricaine le remboursement de l’avance faite aux États sur le Fonds Spécial d’Intégration, soit cinq milliards de Francs CFA ;
3. de charger la BDEAC de jouer un rôle particulièrement actif dans le financement de projets mentionnés au Programme de Relance Économique du Gouvernement de la République Centrafricaine ;
4. de l’octroi, par la Banque centrale, d’une avance exceptionnelle de neuf milliards de francs CFA ;
5. de la consolidation de la dette de la RCA envers la Banque centrale ;
6. d’étudier la création d’un fonds fiduciaire propre à la remise à flot des secteurs sociaux de base et à la relance des secteurs économiques prioritaires ;
7. d’ériger un Observatoire de Crises qui soit en mesure d’accompagner le relèvement de la République Centrafricaine mais qui soit tout aussi appelé, pour l’avenir, à faciliter le règlement des conflits qui pourraient survenir au sein de la Communauté.

Les Chefs d’État et de Gouvernement ont pris acte des remerciements de Son Excellence Faustin Archange TOUADERA, pour le soutien multiforme et la solidarité que les autres États de la CEMAC ont témoignés à la République Centrafricaine durant toute la période de crise.

Par ailleurs, la Conférence a décidé d’attribuer les postes ci-après au sein de la BEAC aux États membres concernés, à pourvoir suivant les procédures en vigueur :
1. Gouverneur : République du Tchad, à partir de janvier 2017 ;
2. Vice-Gouverneur : République du Cameroun ;
3. Secrétaire Général : République gabonaise ;4. Directeur Général du Contrôle Général : République centrafricaine ;5. Directeur Général de l’Exploitation : République du Congo ;6. Directeur Général des Études, des Finances et des Relations Internationales : République de Guinée-Equatoriale.Au sujet du poste de Président de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC), la Conférence a décidé del’attribuer à la République de Guinée Équatoriale au terme du mandat du Président actuel.
AU TITRE des mesures individuelles, la Conférence a entériné la nomination de Madame ENAW née Judith EFUNDEM AGBOR, de nationalité camerounaise, au poste de Secrétaire Général de la CICOS.

ABORDANT la question relative à la grippe aviaire, la Conférence a pris acte des résultats de la consultation régionale d’urgence tenue à l’initiative de la CEBEVIRHA à Douala (Cameroun), du 20 au 22 juillet 2016.

Les Chefs D’État et de Gouvernement ont instruit la Commission et la CEBEVIRHA de prendre toutes les dispositions nécessaires, à l’effet de mettre en œuvre le plan de contingence et de communication pour la prévention et le contrôle de la grippe aviaire en zone CEMAC.

AVANT de clore leurs travaux, les Chefs D’État et de Gouvernement ont réitéré leur solidarité autour des candidatures sous régionales uniques aux postes de Directeur Général de l’ASECNA et de Directeur du Département Afrique du FMI.
Les Chefs D’État et de Gouvernement ont félicité la Commission de la CEMAC et le Conseil des Ministres de l’UEAC pour l’excellente qualité des dossiers élaborés et présentés à leur examen.

Les Chefs d’État et de Gouvernement ont exprimé leurs sincères remerciements à leur Frère, Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée Équatoriale, pour ses actions multiformes en qualité de Président en exercice de la Conférence. Ils ont aussi manifesté leur reconnaissance à son Gouvernement et au Peuple équato-guinéen, pour l’accueil hautement chaleureux et fraternel, pour les délicates attentions dont chacun a été l’objet en terre équato-guinéenne ainsi que pour la généreuse hospitalité qui leur a été réservée tout au long de leur séjour à MALABO.
Les travaux de la Session Extraordinaire des Chefs d’État de la CEMAC se sont déroulés dans une atmosphère de sérénité et d’entente cordiale de compréhension réciproque et de fraternité.

Fait à Malabo, le 30 juillet 2016
Pour la Conférence

Le Président en exercice

Teodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO

 

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CENTRAFRIQUE :LA JEUNESSE HONORE LA MÉMOIRE DE Jean Bedel BOKASSA.

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L’histoire de la Centrafrique ne disparaîtra pas. Le 4 décembre 1977, les yeux du monde entier se tournaient vers la Centrafrique. Sur les rives de l’Oubangui, Jean-Bedel Bokassa était sacré empereur, dans un faste inconcevable.

Plus de cinq cents journalistes ont pris d’assaut les rives de l’Oubangui pour couvrir « l’un des plus grands événements du XXe siècle ». La glorification d’un homme, le couronnement d’une vie, le sacre de l’absurde. Dans un Palais omnisports de Bangui entièrement drapé de rouge, cinq mille invités en tenue d’apparat attendent Jean-Bedel Bokassa. Un trône avait été construit à son image :Un aigle aux ailes déployées dans le soleil, emblème de l’empire… Près de 3 tonnes de bronze doré, 3,10 m de haut et 4,20 m d’envergure… Un décor digne de Cinecitta.

1-Un manteau de huit mètres de long et 785 000 perles…
L’empereur arrivait enfin. Majestueusement, il foula le tapis rouge jusqu’à son trône. Là, il revêtait un improbable manteau : 8 m de long, 785 000 perles, 1,3 million de boules de cristal et d’or… L’épée, la ceinture, le sceptre : rien n’est oublié. « Papa Bok » s’était coiffé de la couronne impériale, inestimable pièce réalisée par le joaillier français Arthus-Bertrand et sertie des plus belles pierres du pays. La plus grosse fait 58 carats. Vive l’empereur !

2-Un sacre napoléonien
Bangui nageait en pleine épopée napoléonienne. Tout etait fait pour rappeler ce « petit caporal » dont Bokassa, ancien capitaine de la « Coloniale » (vingt-trois ans de service dans l’armée française, dix-sept médailles et la Légion d’honneur en prime), louait la grandeur et l’intelligence.

Même la date de la cérémonie, le 4 décembre, se veut l’écho de ce 2 décembre 1804 qui vit le sacre de Napoléon Ier en la cathédrale Notre-Dame de Paris. C’est à la cathédrale Saint-Paul de Bangui que Bokassa Ier, lui, se rendra en carrosse pour entendre la messe en latin. Le soir venu, lors du banquet, le « sang du christ » coulera à flots : 40 000 bouteilles des meilleurs crus d’Alsace, de Bourgogne et de Bordeaux, 24 000 bouteilles de champagne…

3-40 000 bouteilles des meilleurs crus d’Alsace, de Bourgogne et de Bordeaux.
À près de 57 ans, Jean-Bedel Bokassa touche au sommet de sa vie. L’ascension aura duré douze ans. Le 1er janvier 1966, moins de deux ans après être rentré au pays, le colonel Jean-Bedel Bokassa renverse David Dacko, premier président de la République centrafricaine, et s’empare du pouvoir.

De tous les pouvoirs. En 1972, il est « président à vie ». Deux ans plus tard, il est promu maréchal. Le 4 décembre 1976 enfin, à l’issue d’un congrès extraordinaire du Mouvement pour l’évolution sociale en Afrique noire (MESAN), le parti unique auquel tous les Centrafricains âgés de plus de 18 ans sont contraints d’adhérer, l’empire est officiellement proclamé. Un an plus tard, Bokassa Ier est sacré.

4-Plus de 7 milliards de francs CFA
Vingt-cinq ans après, le faste déployé ce jour-là paraît toujours aussi révoltant. La « plaisanterie » aurait coûté plus de 7 milliards de F CFA de l’époque (près de 140 millions de francs français), soit le cinquième du budget annuel de l’empire.

Un empire qui, en 1976, accusait un déficit de près de 2 milliards de F CFA. Un empire dont les sujets manquaient de tout. Interrogé par Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach, deux journalistes français venus l’interviewer à la veille du sacre, Bokassa avait répondu : « On ne peut pas créer une grande histoire sans sacrifices. »
CENTRAFRIQUE :LA JEUNESSE HONORE LA MÉMOIRE DE BOKASSA. : taxes, nouveaux impôts, dons obligatoires… Bien sûr, leur « générosité » ne devait rien à leur passion pour le dictateur !

5-« On ne peut pas créer une grande histoire sans sacrifices. »
Le reste, c’est-à-dire l’essentiel, fut généreusement fourni par la France de Valéry Giscard d’Estaing, que Bokassa appelait son « cher parent » et qui finira par le lâcher. En septembre 1979, les troupes françaises débarquèrent à Bangui pour renverser « l’empereur », en visite officielle en Libye.

Reste que le ridicule de ce grand barnum du 4 décembre laisse dans la bouche un goût de cendre. Pourquoi, moins de vingt ans après la décolonisation, le chef de l’État français – et ceux des pays africains, d’ailleurs -, tout en se gardant d’honorer personnellement l’invitation, a-t-il laissé Bokassa donner de l’Afrique une image aussi pitoyable ?

Aujourd’hui 40 ans après ce sacre, beaucoup de centrafricains sont encore nostalgiques de ce grand homme politique et cette époque glorieuse. A ce temps, tous les centrafricains reconnaissent que le pays s’était développé, était craint dans le monde. Toutes ces prouesses grâce au génie de bâtisseur de Jean Bedel Bokassa,

Pour illustrer ce regret et rappeler ce souvenir, les jeunes du groupe PETROLES RCA ont construit sur un fond propre un monument en souvenir de cette période devant l’omnisport à Bangui, lieu jadis du couronnement de l’empereur Jean Bedel Bokassa en 1976.

Cette initiative des jeunes pour attirer les touristes étrangers qui ne connaissent que ce pays grâce au nom de l’empereur.
Une jeunesse consciente est un fer de lance du développement d’un pays.

« Les jeunes représentent l’espoir et non pas un danger », avait déclaré le Secrétaire général des Nations Unies Ban ki Moon.
Il existe encore dans ce pays des groupes innombrables de jeunes qui veulent combattre la pauvreté pour faire avancer le pays.

Nous saluons ces héros et, en particulier ces héroïnes », pour cette initiative.

Espérant que nos autorités apporteront leur modeste contribution en habillant ce fauteuil historique.

QUI VIVRA ENCORE VERRA

Bangui, le 01 Aout 2016
Charlie Joseph LARABO

 

RDC: Le calvaire des danseuses de Koffi Olomidé, la star de la rumba congolaise

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© Courtesy of Koroga Festival Koffi Olomide entouré de ses danseuses sur la scène du festival Koroga, à Nairobi en mars 2016.

Intégrer la troupe de danseuses de Koffi Olomidé a longtemps fait rêver les jeunes filles des quartiers populaires de Kinshasa. Et cela relevait du privilège que d’être choisie par le «patron». Qu’importe si une taquinerie en vogue dans cette mégapole de plus de dix millions d’habitants voulait qu’une dame vêtue de façon sexy soit «habillée comme une danseuse de Koffi». Car le roi de la rumba congolaise fait partie de ces légendes contemporaines africaines qui a vendu des millions d’albums, adulé par son public et courtisé par des chefs d’Etat de la région. Son visage rond et rieur, ses costumes élégants ou extravagants, ses chansons romantiques ou vulgaires et ses pas de danse ont fait de lui une icône du continent.

Interdit de séjour en France

Mais au-delà de sa voix douce, ses fans ont redécouvert une violence brute. Vendredi 22juillet, Koffi Olomidé vient d’arriver à l’aéroport de Nairobi avec sa troupe lorsqu’il porte un coup de pied à l’une de ses danseuses. «Quelques secondes d’égarement», s’est justifié l’artiste dans un message d’excuse.

Mais la scène, filmée, a irrigué les réseaux sociaux. Arrêtée par les autorités kényanes, la vedette congolaise est expulsée et voit son concert prévu à Lusaka annulé. De retour à Kinshasa, il est hué à son arrivée, est placé en détention le 26juillet puis libéré sous caution quatre jours plus tard. «J’ai subi, j’ai compris», écrit-il sur sa page Facebook dans la foulée. Depuis, il poste des «selfies», entourés de sa famille et de Fally Ipupa, autre grand nom de la musique congolaise qui a fait ses classes dans le groupe de Koffi Olomidé, Quartier Latin.

Pourtant, Koffi Olomidé n’en est pas à sa première frasque. Celui qui a été le premier chanteur africain à faire salle comble à Bercy en2000 est désormais interdit de séjour en France.

Antoine Christophe Agbepa Mumba, de son vrai nom, reste visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice française en2009 et renouvelé en2012. «L’instruction est encore ouverte, la procédure n’a pas été clôturée et l’enquête se poursuit», indique-t-on au tribunal de grande instance de Nanterre.

La star franco congolaise, née il y a soixante ans à Kisangani, la grande ville du nord du pays, est poursuivie en France pour «viol sur mineure de quinze ans», «séquestration», «aide à l’entrée et au séjour d’une étrangère en France», «conditions de travail ou d’hébergement contraires à la dignité humaine».

Les faits se sont déroulés entre 2002 et 2006 sur des danseuses parfois mineures et aux parcours de vie perturbés par la perte de leurs parents dans la première guerre du Congo (1996-1997), la misère et la violence familiale. Après avoir été contrôlées sans papier à Lyon où elles se trouvaient pour un concert, trois d’entre elles se sont décidées à témoigner devant les juges, avec le soutien du Comité contre l’esclavage moderne.

«Viols» réguliers

Leurs récits parfois décousus décrivent un envers du décor sordide, dont le théâtre principal est une maison louée par l’artiste en banlieue parisienne, à Asnières (Hauts-de-Seine). Durant les tournées françaises, c’est là que sont hébergées les danseuses dont la plupart sont venues illégalement en France, munies de passeports d’autres individus fournis, disent-elles, par Koffi Olomidé. Un détail frappe les enquêteurs: «les portes et surtout les fenêtres étaient munies de verrous de nature à les empêcher de quitter les lieux», lit-on dans le dossier judiciaire que Le Monde Afrique a pu consulter.

Une danseuse y relate son quotidien lors des tournées françaises de Koffi Olomidé:

«Dès que le concert était terminé, on devait rentrer à la maison, à Asnières. On était gardées par trois vigiles. On était quatre dans la même chambre, on n’avait pas le droit de sortir sans autorisation. Je ne pouvais pas téléphoner, même à ma mère. On était payé 100euros pour un concert de minuit à six heures de matin. On était forcées de coucher avec lui: il appelait un vigile pour qu’il amène une danseuse à l’Etap Hôtel».

Puis elle décrit la brutalité sexuelle de l’un des pères de la rumba congolaise également redouté pour ses pratiques mystiques: «il fait de la magie, des trucs bizarres, il nous soufflait sur le corps».

Lorsque ce n’était pas à l’hôtel, les «viols» se déroulaient parfois dans le studio d’enregistrement ou dans les toilettes d’un supermarché d’Asnières, se souvient une autre danseuse âgée de quatorze ans à l’époque des faits.

«Il m’a demandé de l’accompagner faire des courses. (…) Il m’a demandé de déposer le caddie, que j’aille aux toilettes et que je ne ferme pas la porte. Après, il est venu. (…) Il m’a dit que je me tourne et a fait rentrer son truc. (…) J’avais mal. Il m’a dit “ne crie pas” parce qu’il y avait des gens à côté».

Celles qui se refusaient à lui étaient renvoyées. Souriantes et avenantes sur scène, les danseuses étaient en fait «humiliées», «salies», régulièrement «violées» par celui qui n’a pas hésité à se présenter comme un défenseur du droit des femmes. Lorsqu’elles tombaient enceintes, Koffi Olomidé les contraignait à avaler des «cachets blancs», raconte l’une d’entre elles. Ce qui provoquait des fausses couches. Parfois, la situation médicale empirait. Et il était contraint de les emmener à l’hôpital où elles étaient admises sous l’identité d’Aliane Olomidé, son épouse.

Le roi de la rumba reste populaire

Ces danseuses ont aussi vécu enfermées dans la maison à Kinshasa de la mère du chanteur, dans le quartier résidentiel de Ma Campagne. Là encore, elles vivaient sous la surveillance permanente de vigiles, terrorisées et à la merci du «boss». À côté de cette maison-prison, il y a un hôtel au nom de crustacé où les vigiles amenaient des danseuses contraintes d’assouvir les pulsions de la star qui les y attendait, entièrement nue. Les viols étaient réguliers et brutaux, selon les témoignages consultés par Le Monde Afrique.

La plupart d’entre elles adulaient pourtant Koffi Olomidé. Pouvoir danser dans sa troupe, l’accompagner dans ses tournées à l’étranger, était un conte de fée pour des Kinoises belles, talentueuses et désargentées.

L’artiste franco congolais a été mis en examen et ne peut plus fouler le sol français où il serait immédiatement incarcéré.Sa défense met en avant des failles de l’enquête. «Le dossier judiciaire est très bizarre, avec l’une des plaignantes qui a menti sur son âge, s’étant présentée comme mineure, ce qui s’est révélé faux, pointe Me Emmanuel Marsigny, l’avocat parisien de Koffi Olomidé. Le dossier ne repose que sur des accusations qui ont permis aux accusatrices de rester sur le territoire français où elles étaient entrées illégalement».

Or cet épisode judiciaire n’a pas égratigné la popularité de Koffi Olomidé, même s’il a également été condamné à trois mois de prison avec sursis à Kinshasa pour avoir violemment frappé son producteur en 2012. Pour le coup de pied de Nairobi, il est poursuivi par la justice congolaise. Mais la danseuse violentée n’a pas souhaité porter plainte. Il reste dangereux de s’attaquer au roi de la rumba moderne, porté au pinacle par la rue comme par le gouvernement congolais qui l’a décoré en décembre 2015 de la médaille du mérite des arts, des sciences et des lettres.

 

Source : AFP/Le Monde

 
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Publié par le 02/08/2016 dans Uncategorized

 
 
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