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CENTRAFRIQUE: Nation / Mme Rachel Ngakola nargue et défie Touadéra et Sarandji en refusant de passer le service à Inamo Bangui, 20 mai 2016.

22 Mai
 ngakola

 Il était 14 h 30 mn. Après une journée pas très fructueuse en contacts, en affaires, en évènements et en bière, je suis rentré à la maison pour me reposer. Et le sommeil m’a emporté, profondément. A 15 h 46 mn, je me réveille soudainement et consulte immédiatement mon téléphone. Plusieurs appels en absence émanant des numéros qui ne sont pas disponibles dans mon répertoire, apparaissent. Aussitôt, mon cœur se met à battre la chamade. Une réaction tout à fait normale dans un pays où l’anormalité a été érigée en normalité et où la mort peut vous surprendre suite à un coup de fil.

Après plus de trois (03) décennies de crises récurrentes, il suffit d’un mot mal placé pour que le malheur arrive et que vous trouviez rendez – vous avec la mort. Que s’est – il passé ? Comme dans mes habitudes, je rappelle le dernier numéro et tombe sur un cadre de la douane qui me somme d’alerter la presse et de descendre à la direction générale de la douane et des droits indirects pour couvrir un évènement :

la passation de service entre la directrice générale sortante de la douane et le directeur général entrant. Alors je réussis à mettre la main sur Monsieur Constantin de la RNL qui m’embarque quelques minutes plus tard. Arrivé à destination, je constate que la cour de la direction générale est pleine de véhicules et de motos, dons d’un partenaire au développement. Je rentre sous le hall et je vois des collègues douaniers parmi lesquels des nouveaux promus :

Monsieur Dieudonné Koyangbo, directeur général adjoint, chargé des services internes, un de mes anciens formateurs à la direction de la solde et des pensions dans les années 94 et Monsieur Aubin Koyanga, directeur général adjoint, chargé des services extérieurs, un cadet du Petit Séminaire Saint Marcel de Sibut. Et sur un banc, sont assis Monsieur Sidoine, un autre collègue de longue date, et à côté de lui, Monsieur Frédéric Inamo, le nouveau directeur général, frère cadet du président de la République. Sur ce, je m’avance vers les inspecteurs en charge de cette mission de passation de service et demande à être reçu par le chef de la mission, en ma qualité de communicateur du peuple. Un autre cadet dont je tais le nom par pudeur et respect que j’ai encadré à la direction générale du budget, lorsque j’étais un ancien dignitaire de la République. Refus catégorique. Refus automatiquement contesté par une autre voix, surgit de la bouche de quelqu’un qui se trouvait à ce moment précis derrière moi, qui n’est pas membre de la mission, selon les termes du chef de la mission, mais qui n’a pas hésité à demander à hautes voix que la presse soit tenue informée des circonstances dans lesquelles se déroule cette passation de service.

Après ces quelques moments de tensions, le chef de la mission revient à de meilleurs sentiments, se tourne vers nous et nous rassure de sa disponibilité à s’entretenir avec la presse à la fin de la mission. En réalité, c’était une manière très polie de botter définitivement à la touche la presse, c’est – à – dire et moi et le journaliste de la RNL. Pourquoi ? Pourquoi refuser que les professionnels des médias puissent couvrir une cérémonie de passation de service, afin de rendre compte de la gestion des affaires publiques, au peuple ? Malgré maintes insistances, aucun mot ni de la part du chef de la mission ni de la part du nouveau directeur général qui a communiqué néanmoins, après avoir été investi par un procès – verbal de carence dans ses fonctions, ses coordonnées à Constantin, ne sera dit à la presse. Ne pouvant en savoir officiellement un peu plus sur les circonstances dans lesquelles cette passation de service s’est déroulée, je me suis contenté des informations portées à ma connaissance par quelques douaniers qui étaient là, médusés et hébétés, mais résolument déterminés à assister à cette cérémonie. En fait, Mme Rachel Ngakola a été relevée de ses fonctions, la veille par un décret lu sur les antennes de la radio nationale, et comme le prévoient les dispositions en la matière et afin d’éviter que l’intéressée ne puisse avoir accès à son bureau et jouir de l’opportunité d’emporter ou d’extraire des documents comptables de haute importance, l’inspecteur général des finances a décidé de la prendre de vitesse. C’est ainsi que tôt le matin, alors que le nouveau directeur général était en train de se coiffer, son téléphone a sonné et au bout du fil son interlocuteur de lui demander de s’apprêter pour la passation de service, prévue pour 14 h.

Finalement, c’est à 15 h 30 que la cérémonie a commencé par la notification de l’ordre de mission à Mme Rachel Ngakola. Sur ce, cette dernière s’emporte et refuse de passer le service prétextant de son indisponibilité et proposant de reporter la cérémonie à lundi 23 mai 2016, au plus tard. Une proposition qui est aussitôt rejetée par le chef de la mission. Alors, s’énervant, paniquée et emportée, Mme Rachel Ngakola appelle son mari, le premier ministre sortant, Mahamat Kamoun qui, quelques minutes plus tard, arrive en compagnie d’un élément de la Minusca, l’embarque et sort en trombe. Comme pour lancer à Touadéra et à Sarandji : « Venez la prendre à la maison, si vous avez des couilles » !

Devant cet acte de désobéissance avéré, le chef de la mission n’a de solution que d’ordonner que la porte du bureau soit cassée afin d’avoir accès aux documents comptables et de procéder à la passation de service. Il en sera de même pour tous les autres services sensibles, hormis un seul bureau dont les portes ont été scellées à nouveau, suite au départ du serrurier. Finalement, c’est à 16 h 30 mn que le nouveau directeur général, M. Frédéric Inamo a été installé dans ses fonctions, à la grande joie de tous les cadres et agents de la douane présents dans la cour. Pourquoi Mme Rachel Ngakola a – t – elle refusé de passer le service à son successeur ? Y aurait – il pas anguille sous roche ? N’a – t – elle pas suffisamment le dos cuirassé pour envoyer ce message de défi à Touadéra et Sarandji ? Ne leur a – t – elle pas apporté son soutien, pendant la campagne électorale ? Que feront alors les nouvelles autorités pour laver l’affront subi ? Affaire à suivre….

Jean – Paul Naïba

 
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Publié par le 22/05/2016 dans Uncategorized

 

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