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CENTRAFRIQUE: Allocution de L’Honorable Karim MECKASSOUA Président de  L’Assemblée Nationale à la fin de la Session Extraordinaire.

20 Mai
Meckassoua

• Mesdames et Messieurs les Ministres,

• Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de mission diplomatique,

• Mesdames et Messieurs les Présidents des partis politiques et Secrétaires Généraux des centrales syndicales,

• Honorables députés, Chers collègues,

• Mesdames et Messieurs,

En ce jour de clôture de la session extraordinaire de son Assemblée nationale, la République centrafricaine échappe sereinement aux trois années les plus terribles de son histoire. Je dis « années terribles » tant le sang a coulé, tant la démocratie a vacillé, tant l’union des forces vives de notre Nation a fait défaut.

Aujourd’hui réunis en cette enceinte, nous marquons le retour à la normalité. Nos institutions sont légitimes et reconnues, notre pays est attendu, les espoirs du Peuple centrafricain sont immenses. Le retour à la norme constitutionnelle découvre un puissant mouvement populaire. Comme pour la renaissance de notre République, les citoyens centrafricains ont massivement, débattu, participé, voté et espéré.

La charge qui repose sur ses représentants et sur ses institutions est immense. Elle est au principe du mandat confié à l’Assemblée nationale : soutenir la politique de redressement de notre Nation mise en œuvre par le président de la République élu, accompagner le chef du Gouvernement dans ses travaux, permettre à l’Etat de recouvrer son autorité sur tout le territoire de la République.

Plus rien ne sera comme avant. La misère, la mort et la guerre intestine des Centrafricains contre eux-mêmes nous rappelleront à jamais le sens fondamental de notre présence et de notre mandat. Nous savons à quoi nous avons échappé : à l’appétit du mal, à l’administration étrangère, à la mendicité. Relevons la tête : voici la mission de notre Assemblée nationale.

Réunis en session extraordinaire les élus du peuple ont, en toute souveraineté et conformément aux dispositions de la Constitution, mis en place les organes dirigeants de l’institution parlementaire. Le bureau de l’Assemblée nationale est désormais connu. Votre humble serviteur que je suis en est le Président élu. Les huit commissions ainsi que les groupes parlementaires sont constitués représentant toutes les sensibilités politiques de la nation. Ils ont en leur sein élu les dirigeants pour coordonner les activités et diriger les débats.

J’adresse mes chaleureuses félicitations à tous mes collègues élus et responsables qui, je n’en doute point, ne ménageront aucun effort pour être à la hauteur de la confiance placée en eux.

Honorables députés, Chers collègues,

Distinguées personnalités,

Connaissant l’histoire politique de notre pays, nous pouvons dire avec certitude que la démocratie est une conquête majeure du peuple centrafricain depuis ces trente dernières années. Souvent malmenée, elle demeure encore hélas très fragile. Et le chemin vers le progrès humain n’est jamais rectiligne.

Il nous appartient pourtant de rendre irréversible cet acquis majeur que constituent la fin de la Transition et l’élection d’institutions représentatives. Nous devons nous convaincre d’une chose : la démocratie est le rempart contre l’arbitraire, contre l’autoritarisme dont les mauvais souvenirs hantent encore les nuits des hommes et des femmes de notre génération. C’est un puissant facteur du développement national en ce qu’elle favorise l’éclosion des compétences et des talents tant individuels que collectifs.

Aujourd’hui assistée par ses frères africains, et autres amis du monde, demain exemplaire, voici le défi de la République centrafricaine. L’Assemblée nationale n’aura d’autre ambition que d’y apporter son concours.

Je me dois évidemment d’aborder quelques questions de méthode. La démocratie se mesure aussi et surtout aux actes. Ainsi, la majorité gouverne et la minorité s’oppose. La majorité parlementaire à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, gouvernera avec et aux côtés du Premier Ministre Simplice Mathieu SARANDJI. Nous appuierons sans réserve et de toute notre force l’action du Gouvernement qui s’inscrit dans la dynamique du changement. Pour cela nous nous engageons à soutenir fermement et franchement le programme politique du Président Faustin Archange TOUADERA. Sa brillante élection à la Présidence de la République témoigne de l’immense espoir que le peuple centrafricain a placé en lui. Nul n’a intérêt à décevoir l’espoir du peuple. La réussite du Président Faustin Archange TOUADERA sera la réussite du peuple centrafricain tout entier. Nous allons contribuer en ce qui nous concerne, avec tous nos moyens, toute notre force, toute notre intelligence à rendre possible cette réussite.

Nous acceptons avec enthousiasme de jouer le rôle que nous confère le mandat du peuple au sein de la majorité parlementaire. Nous assumerons notre responsabilité en toute loyauté. Quand bien même nous sommes des alliés inconditionnels du Gouvernement, nous sommes et resterons les aiguillons qui feront avancer dans la bonne direction l’attelage de l’exécutif. Je dis « aiguillons », car il y a une direction et nous la connaissons. Je dis « aiguillons » car la démocratie impose une discipline à ses mandants. Je dis « aiguillons » car la critique est une nécessité tandis que l’opposition stérile ferait perdre du temps à notre Nation.

L’opposition a toute sa place dans notre parlement. Elle jouera son rôle librement et en toute responsabilité. Président de notre Institution, je veillerai tout particulièrement aux droits d’expression, d’amendement et d’initiative de l’opposition parlementaire. Je la consulterai le plus souvent possible pour avoir connaissance de sa lecture de la situation nationale ou internationale. Si les voies et moyens peuvent diverger, je ne doute pas un instant que le redressement de notre Etat et le service de notre Peuple font pleinement consensus dans cet hémicycle.

La démocratie, c’est le devoir de la vertu. C’est aussi le droit à la critique. Ces critiques, je ne les redouterai jamais. Devant l’épreuve historique qui nous attend, c’est le Peuple entier qui doit faire entendre sa raison.

Honorables députés, Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

La montée en puissance des personnalités politiques indépendantes lors des dernières consultations doit nous interpeller. En effet, l’Assemblée Nationale est constituée majoritairement des députés sans étiquette, c’est-à-dire n’appartenant à aucun parti Politique. C’est une situation atypique car on ne la trouve nulle part ailleurs. Mais cette situation n’est pas anodine. Elle est en quelque sorte l’expression d’un désamour dont nous devons étudier toutes les causes et les conséquences y compris la manière d’y remédier sans passion. Des partis politiques sous-représentés à l’Assemblée Nationale est en soi une anomalie. Sans partis politiques représentatifs de vastes courants d’opinions, la démocratie reste un vain mot. Alors je vous invite à continuer la réflexion avec une seule question : comment renforcer la démocratie centrafricaine.

Honorables Députés, Chers collègues,

Le mandat du peuple est sacré. Soyons fiers de l’incarner. Soyons dignes surtout de le mériter.

C’est sur ces mots que je déclare close la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale.

Je vous remercie.

Publié par CARnews ou RCAinfos 
 
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Publié par le 20/05/2016 dans Uncategorized

 

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