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Archives du 16/05/2016

CENTRAFRIQUE : INTERVIEW EXCLUSIVE DU COORDONNATEUR NATIONAL DE L’UNDP

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CARNEWS : Monsieur ELA Aimery, Bonjour, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Aimery ELA : Bonjour. Je suis Aimery ELA, Juriste , Coordonnateur National du parti UNDP.

CARNEWS : La publication des résultats de la législative donne l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), votre formation politique en première position avec treize députés élus. En tant qu’acteur de la scène politique centrafricaine, quelle lecture faites-vous de cette victoire?

Aimery ELA : Je vous remercie. 13 députés aujourd’hui parmi lesquels 2 femmes élues au premier tour.Qui aura imaginé que l’UNDP qui fait partie des nouveaux nés de la scène politique ait atteint ce niveau en un temps record ?
Il y’a un adage qui dit «On n’est jamais premier par hasard ».

Dès la création du parti un travail colossal a bien été abattu .C’est d’ailleurs dans un contexte de crise que nous avons travaillé inlassablement.

Permettez-moi de rappeler quelques actions réalisées par le parti en moins de trois années d’existence :
Aujourd’hui nous totalisons 17 Fédérations, 82 Sous-fédérations et des centaines de Sections, de Comités de base et organes affiliés (Organisations des Femmes et de la Jeunesse du Parti) créés à travers tout le pays. On y ajoute aussi la Coordination des Experts du Parti.

Ensuite, sur appui financier de son Président Fondateur, le Parti avait assuré la formation de courte durée à l’intention de ses cadres à Douala et de longue durée à Yaoundé au Cameroun. Plusieurs militants du Parti avaient, eux aussi bénéficié sur place à Bangui des séries d’échanges avec les experts camerounais en vue de renforcer leurs capacités. Plusieurs artistes et responsables des quotidiens ont bénéficié d’un appui financier substantiel du Président Fondateur en ce qui concerne la mise en valeur de leur programme tant à Bangui qu’à l’extérieur ;
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Enfin, nous avons organisé des primaires dans toutes les circonscriptions pour designer nos candidats aux législatives. Ces primaires ont permis à nos militants et militantes de choisir leurs représentants aux législatives.

A mon humble avis, l’UNDP est le seul parti politique qui avait instauré les consultations populaires à la base pour designer ses candidats.

CARNEWS : Votre parti semble susciter l’engouement des populations. Quel est votre secret ?

Aimery ELA : Comprenez simplement que le peuple nous a vu à l’œuvre et a fait confiance à la philosophie du parti basée sur la RÉVOLUTION VERTE.

Je voudrais au passage saluer la fidélité et la loyauté de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui travaillent chaque jour avec engagement et détermination pour mener à bien et avec conviction, le projet UNDP.
C’est le seul parti politique à investir vraiment auprès de la population en prenant en charge, plusieurs malades et d’autres cas sociaux (déplacés internes).

CARNEWS : La candidature de Michel Amine, le président du parti avait été invalidé pour des démêlées judiciaires. Ne regrettez-vous pas ces élections sans Amine Michel?

Aimery ELA : Regret Non pas du tout. Du gâchis pour la démocratie oui.

Il faut comprendre que la candidature de notre président soutenue d’ailleurs par le peuple a été invalidée à tort ; Tout le monde a compris qu’il s’agissait des manœuvres pour freiner l’élan du parti mais comme le dit un adage, on n’endigue pas le progrès. L’UNDP c’est le progrès

J’ai sous les yeux l’arrêt de la Cour et le certificat de non appel délivrés par la justice centrafricaine à propos de cette affaire.
Condamné en première instance et quoique la condamnation n’ait pas été de nature à empêcher Amine Michel à jouir de ses droits civiques et politiques, tout a été fait pour qu’il ne soit pas candidat à la présidentielle. Connaissant ses droits, Amine Michel a interjeté appel.

C’est ainsi que la Cour d’Appel de Bangui qui est composée d’hommes de toges qui savent dire le droit, a débouté les juges du TGI.

. Tout au long de ce dossier, nous avons toujours affirmé que Michel AMINE ne se reprochait rien. Par conséquent, les vraies raisons de ces tracasseries d’antan se trouveraient ailleurs

CARNEWS : Dans un communiqué de presse que vous venez de publier, vous dénoncer l’entrée au gouvernement d’un militant de l’UNDP qui sera suspendu de toutes activités au sein du parti. Pourquoi une telle démarche?

Aimery ELA : Parce que pour nous, l’UNDP est un parti qui fonctionne à base des textes. Nous avons dit dans notre document que l’entrée d’un cadre du Parti dans un Gouvernement est soumise par sa désignation ou sa proposition formellement motivée par le Président – Fondateur et le Bureau Politique.

Or dans le cas d’espèce, nous constatons que ni le président ni le parti n’ont proposé ce frère pour faire partie du gouvernement Sarandji au nom de l’UNDP.

Alors par voie de conséquence, il est du devoir du bureau de la coordination nationale de prendre des mesures disciplinaires qui s’imposent.

CARNEWS : Certains militants frondeurs bouderaient votre bureau aux motifs qu’il ne serait pas légitime.Et les dissidents ont crée l’UNDP RÉNOVÉ. Qu’en dites vous ?

Aimery ELA : Cela est un faux débat dont je me refuse de commenter.L’UNDP est un parti respectueux des lois de la République et évite de céder à toute provocation de « quelque nature que ce soit.La dénomination UNDP est enregistrée au ministère de l’administration du territoire en conformité avec les lois de la République.Donc si des personnes qui n’ont ni titre, ni qualité et en violation de la loi se permettent de tenir des réunions en brandissant le nom UNDP, c’est pénalement poursuivable.

S’agissant de la légitimité du bureau de la Coordination.

Je dis que le tout premier congrès du parti a investi le président Michel Amine. En cette qualité, Amine reste et demeure le seul détenteur de la légitimité à travers son investiture par le premier congres du parti.

Mr le Journaliste, ces individus qui s’agitent ne sont simplement que certains anciens membres des instances provisoires du parti qui ont été dissoutes par le president.

Et certains membres de ces comités provisoires dissouts croient faire de la résistance.

D’ ou tirent ils leur légitimité puisqu’ils avaient été nommés par Michel Amine. Seul, le president Amine investit par le congres détient la légitimité au sein de l’UNDP jusqu’à preuve contraire.

Comme tout parti politique, l’UNDP ne peut tolérer un tel désordre car le parti est régit par des textes fondateurs et des valeurs que chaque militant est tenu de respecter.

Nous sévirons contre tout militant et militante qui tenterait de faire obstruction aux textes du parti.

D’ores et déjà certaines mesures disciplinaires ont été prises à l’encontre de certains militants faute d’obéissances aux lignes du parti..

Ne pas l’admettre, ne pas le comprendre, ne pas prendre à sa juste mesure cette position, serait une faute politique définitive.

Pour revenir sur le dernier volet de votre question, le bureau de la coordination nationale dont je dirige est actuellement, le seul organe légitime du parti. Pourquoi spéculer en distillant des fausses informations ?

CARNEWS : Monsieur le coordonnateur quel est votre programme pour les prochains mois ? Vos projets ?

Il me semble aujourd’hui essentiel de réaffirmer clairement que notre vision c’est l’horizon 2021.

Notre approche du problème centrafricain, notre projet ont suscité une mobilisation si spontanée, si déterminée et si intense de notre peuple.

Cette adhésion est d’autant plus exceptionnelle qu’il faut continuer le travail à la base. Cette vision 2021 est une chance pour notre pays.

J’ai la conviction qu’il marque l’amorce d’un profond renouveau.
C’est pourquoi l’UNDP poursuivra ses vastes projets de développement à la base dans les préfectures, sous-préfectures, villages, communes et arrondissements afin de couvrir l’ensemble du territoire .

CARNEWS : Monsieur Amine Michel est accusé de favoriser son ethnie au sein du parti .Que pensez-vous de ces accusations ?

. J’ai entendu ces allégations dans certaines presses de la place. Tous ont tendance à dire que les parents de Michel Amine se sont accaparés du parti.

Nous avons un problème dans ce pays c’est la médisance et la calomnie. Comme si c’était une tare que nous portons. Comme si c’était une maladie. Ces allégations sont propagées partout pour ternir l’image de l’UNDP et de son président fondateur.

En tout cas le président Amine Michel que je connais, n’a pas cette mentalité en ce que je sache.

La vérité est que Michel Amine est un rassembleur. Regardez la représentativité du parti lors des récentes élections législatives.

L’UNDP a présenté des candidats de l’Est à l’Ouest du Nord au Sud du pays.

Notre parti regorge en son sein de milliers de jeunes, femmes, adultes et de tous horizons et de toutes confessions.

Moi-même qui vous parle, je n’ai aucun lien de parenté avec Michel Amine. Pourtant, c’est à moi qu’il a fait confiance pour diriger le parti.
Alors pourquoi taxer cet homme de tribalisme ?
Les aspects que nos détracteurs soulignent nous éloignent de l’essentiel

CARNEWS : Pour vous, c’est quoi l’essentiel ?

Aimery ELA:L’essentiel, c’est la situation de notre pays. Suite aux conflits fratricides qui ont déchiré notre pays, il nous faut, sans attendre, nous relier, nous accorder et bâtir un socle commun.

L’essentiel pour notre parti c’est le quotidien difficile et intenable des centrafricaines et des Centrafricains.
Et le seul parti politique qui s’en soucie aujourd’hui c’est l’UNDP de Michel Amine.Je pense qu’il ne faut pas nous distraire.

CARNEWS : Lors des élections du président de l’Assemblée Nationale , les députés de l’UNDP sont loin d’avoir suivi à la lettre les consignes du président Amine Michel qui dans une lettre adressée depuis Brazzaville préconisait de voter pour Martin Ziguelé.
Alors que le mot d’ordre était clair, c’est Abdou Karim Meckassoua qui a été élu. Avez-vous le contrôle de vos parlementaires ? N’est-ce pas de l’indiscipline ?

Aimery ELA :Écoutez, je crois savoir qu’après les élections générales, un indépendant a été élu président de la République, chef de l’état en occurrence le professeur Faustin Archange Touadera.

Ce contexte nous a amené en tant que parti politique a pensé qu’il faut bien soutenir un politique au perchoir de l’assemblée nationale. C’était le sens du soutien apporté au candidat Ziguélé.

.Le président Amine a écrit une lettre interne pour donner les orientations au parti. Le message que nous avons transmis aux députés UNDP était clair et sans équivoque. C’est tout. On est en démocratie c’est notre vision et nous la défendons.

Concernant nos députés, avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?
Notre groupe parlementaire regroupe actuellement tous les députés UNDP sans exception qui siègent à l’Assemblée Nationale.

CARNEWS : Pendant l’élection du bureau de la nouvelle Assemblée Nationale. Karim Meckassoua a été élu au perchoir. Des soupçons de corruption ont émaillé cette élection. Quelle est votre réaction ?

Aimery ELA : Nous avons eu malheureusement des informations sur des soupçons de corruption avant et pendant l’élection du bureau de la nouvelle Assemblée Nationale.

Si ces allégations sont vraies, nous pensons que c’est déshonorant pour un pays qui renoue avec la démocratie. Vous conviendrez avec moi que ces soupçons touchent l’instance qui est censée contrôler la nation dans tous les domaines. C’est très grave.

Maintenant, il faut chercher à établir la vérité sur ces allégations avant de prendre des mesures.

Le président Faustin Archange Touadera et son gouvernement doivent situer l’opinion nationale sur cette affaire en ouvrant des enquêtes qui pourront nous dire réellement ce qui s’est passé.

CARNEWS : Certains de vos parlementaires sont soupçonnés d’avoir reçu de l’argent de Abdou Karim Meckassoua ? Qu’en dites-vous ?

Aimery ELA: Tout le monde sait depuis l’affaire Koudoufara, la tentation forte et terriblement humaine de se prostituer politiquement ou de débauchage. Cela doit pourtant cesser dans ce pays car le peuple en a beaucoup souffert.

Bien attendu à l’UNDP, nous ne sommes pas des opportunistes politiques.Le parti n’a jamais demandé à un député de prendre de l’argent chez quiconque.

Si certains de nos députés seraient impliqués dans ce genre de comportement rétrograde, le parti avisera.Toutefois, attendons les enquêtes.

CARNEWS : Quelle sera la prochaine étape pour l’ UNDP ?

Aimery ELA : Tout parti politique a vocation à conquérir le pouvoir et à l’exercer. Je fais remarquer que le suffrage massif acquis à notre parti aux législatives, aurait pu nous installer au pouvoir n’eut été le harcèlement judiciaire inique doublé des manipulations contre notre candidat.

Notre ambition et celle de la multitude qui nous soutient, est de gouverner, ce qui nous permettra d’instaurer en Centrafrique, l’Etat de droit, la démocratie et la bonne gouvernance ainsi que le respect des droits et libertés des citoyens.

Pour cela tous les moyens légaux à notre disposition seront mis à contribution et, croyez-moi, nous entendons en faire un usage sain et judicieux lors des prochains scrutins à l’horizon 2021.

CARNEWS : Avez-vous un message à lancer aux militants de l’UNDP ?

Aimery ELA : Je demanderais aux militants et militantes de l’UNDP de rester calme, serein, vigilant et mobilisé. Le parti à travers le bureau de coordination nationale dont je préside prépare actuellement le congrès.

Mais c’est une impérieuse nécessité pour relever le parti. Nous devons savoir exprimer ce que nous voulons comme un parti digne et responsable.

A nous d’identifier nos problèmes, de savoir délibérer librement et collectivement pour apporter les solutions convenables à nos aspirations profondes.

C’est pourquoi, il est temps de resserrer les coudes pour réorganiser le parti afin d’atteindre les objectifs dont nous nous sommes assignés.

CARNEWS : Quel est votre mot de la fin ?

Aimery ELA : Notre dernier mot reviendrait à ce que nous sommes optimistes car le meilleur est à venir.

Propos recueillis, le 13 Mai 2016
Par Jocelyn PENDA KILO

 

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CENTRAFRIQUE: Association Egalité Pour Tous (E.P.T)

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CENTRAFRIQUE: CONVOCATION A LA CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA MINUSCA

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Le Bureau de la communication et de l’information publique de la MINUSCA vous invite Mardi, 17 mai 2016, à la cérémonie de lancement du Comité national pour la prévention du génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et toutes les formes de discrimination et à la formation de ses membres.

  AVIS MEDIAS

Avis aux médias : Lancement du Comité national pour la prévention du génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et toutes les formes de discrimination

Qui ?

MINUSCA

 Quand ?

Mardi, 17 mai 2016 à 10h30

Où ?

Hotel Ledger, Bangui.

 

 

CENTRAFRIQUE: Politique / Quand la République n’est gérée que par Touadéra, Grébada et Sarandji

touadera

C’est ce que les centrafricains murmurent aujourd’hui, chuchotent et se disent, dans les taxis et bus, les bureaux et les lieux de services, les restaurants et les débits de boisson, sur les marchés et même dans les églises. Une triste réalité pour une grande majorité des centrafricains qui ont cru au candidat indépendant Touadéra et qui ont massivement porté leurs voix sur sa modeste personne, pour leur avoir fermement promis le changement et la rupture. Des mots qui tardent à prendre effectivement forme, à moins de 55 jours du bilan de ses 100 premiers jours de gestion des affaires de la cité.

Une triste réalité qui se justifie par une certaine hésitation, une certaine indécision et une certaine timidité qui caractérise l’homme du 30 décembre 2015, dans sa prise de décision. En effet, il n’est aujourd’hui de secret pour personne que depuis sa prise de pouvoir, le 30 mars 2016, Touadéra brille par une certaine indécision dans l’effectivité ou l’entièreté de l’exercice du pouvoir de l’Etat, à travers une prompte diligence dans la prise des actes de nominations et d’affectation de ses hommes de confiance sur les postes stratégiques du pays, pour une mainmise réelle et totale sur la gestion de l’appareil de l’Etat. De la présidence de la République à la primature en passant par les services hautement sensibles de l’administration et les entités périphériques, non seulement l’homme du 30 décembre 2015 peine lourdement à convaincre par des nominations d’hommes de compétence, d’intégrité et de haute probité morale, mais surtout donne l’impression de se chercher et de ne pas s’être suffisamment préparé à gérer la République, sitôt investi dans ses fonctions.

Comme l’avait fait au Benin, Patrice Talon qui, quelques heures seulement après la cérémonie de sa prise de pouvoir, avait rassuré ses compatriotes de sa capacité à écrire l’une des pages glorieuses de leur pays, en nommant son premier ministre, en mettant en place son gouvernement, et en nommant ses hommes sur les postes stratégiques de l’Etat, dans l’administration, les sociétés d’état, et les entités périphériques. Et cela en moins d’un jour ! Un exemple de politique de rupture et de changement. Une politique qui est passée par le départ des médiocres et leur substitution par des méritocrates. Malheureusement, au rebours de la capacité d’homme d’état dont avait fait preuve Patrice Talon, Touadéra apparait aux yeux d’une grande majorité des centrafricains comme un inexpérimenté qui n’arrive même pas, plus de 45 jours après sa prise de pouvoir à constituer son propre cabinet et à rendre opérationnelle avec des experts chevronnés la première institution de la République qu’est le secrétariat général de la présidence. De l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays, c’est bien pour la première fois que le nom du nouveau secrétaire général de la présidence de la République n’est pas connu plusieurs jours après la publication du décret portant nomination du directeur de cabinet !

De l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays, c’est bien pour la première fois que le nom du nouvel inspecteur général d’état et celui du nouvel inspecteur général des finances ne sont pas connus, plus de 45 jours après la prise de pouvoir d’un nouveau président !

De l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays, c’est bien pour la première fois que le nom du nouveau directeur général du trésor et de la comptabilité publique et celui du nouveau caissier principal, gestionnaires des fonds publics, tenanciers du portefeuille de l’Etat et principaux collaborateurs du président de la République tardent à être rendus publics, plus de 45 jours après la prise de pouvoir d’un nouveau président !

De l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays, c’est bien pour la première fois que les nom du nouveau directeur général de la douane et des droits indirects, du nouveau directeur général des impôts et des domaines, du nouveau directeur de la direction générale du Budget, du nouveau directeur général des marchés publics, du nouveau secrétaire permanent près l’autorité des marchés publics, et du nouveau directeur général de l’agence nationale d’investigations financières, ne sont pas connus, plus de 45 jours après la prise de pouvoir d’un nouveau président !

De l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays, c’est bien pour la première fois que le nom du nouveau chef d’état – major des armées et celui de ses adjoints ne sont pas connus, plus de 45 jours après la prise de pouvoir d’un nouveau président !

De l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays, c’est bien pour la première fois que le nom du nouveau procureur général près la cour d’appel et celui du nouveau procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bangui ne sont pas connus, plus de 45 jours après la prise de pouvoir d’un nouveau président !

De l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays, c’est bien pour la première fois que le nom du nouveau directeur général de la documentation et des archives de l’Etat, et celui du nouveau conseiller en communication à la présidence de la République ne sont pas connus, plus de 45 jours après la prise de pouvoir d’un nouveau président ! A quand donc la prise réelle de pouvoir de Touadéra ?

Cette prise de pouvoir n’est – elle pas, après la cérémonie du 30 mars 2016, le contrôle des services stratégiques de l’Etat par ses hommes, pour la mise en œuvre de son programme politique et de son projet de société ?

Comment Touadéra peut – il user de la plénitude du pouvoir, s’il n’est pas en mesure de contrôler l’armée, la police, la gendarmerie, les régies financières, les sociétés d’Etat, les communes et les préfectures ?

Un long attentisme et un interminable atermoiement qui font douter bien des centrafricains de la capacité réelle de leur président à se glisser dans la peau d’un Chef d’Etat, et à disposer, à son service, d’un panel d’experts déterminés à l’aider à asseoir sa politique de la renaissance, dans le domaine de la sécurisation, du désarmement, de la relance économique, de la restauration de l’Etat, et de la reconstruction nationale. Une bien triste réalité qui ne cesse de heurter la conscience de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui ont fait confiance à Touadéra pour sa promesse de politique du changement et de rupture, mais qui sont obligés d’assister la mort dans l’âme à la mise en œuvre d’une politique de continuité, de collaboration et de coopération avec le maintien en poste de tous les liquidateurs de la République. Conséquences : démotivation totale à la présidence de la République où les dossiers s’amoncellent dans les parapheurs, zèle des anciens dignitaires et gestionnaires des régies financières, et pourtant responsables d’odieux actes de détournements des deniers de l’Etat, à l’exemple de la direction générale de la douane où la loi portant bancarisation des recettes de l’Etat a été bancorisée, et paralysie des services substantiels de l’administration.

En somme, la République n’est gérée à ce jour que par Touadéra, Grébada et Sarandji. Et en face, d’un côté, des hommes et des femmes qui attendent tout naturellement et impatiemment d’être relevés de leurs fonctions, et de l’autre, une marée de cadres opprimés et frustrés qui attend logiquement et impatiemment à prendre leur place, afin de redonner de la vigueur et de la vitalité à la République. Parmi eux, de milliers de cadres des partis politiques qui ont apporté leur indéfectible soutien au candidat Touadéra. Mais, que disent donc leurs plus proches collaborateurs de toutes ces inquiétudes et de toutes ces indécisions dont les conséquences sont déjà palpables sur le fonctionnement de la République ?

Pour certains, après la crise née de la composition du gouvernement, l’homme du 30 décembre 2015 voudrait bien se donner un temps de réflexion et d’enquête sur les hommes à nommer à ces postes de responsabilité. Pour d’autres, au nom de la réconciliation, Touadéra rechignerait à dérouler sa politique de la rupture qui ne serait pas vue d’un bon œil par les anciens dignitaires et une partie de la communauté internationale.

Des explications qui sont loin de convaincre les sentinelles de l’espoir qui veulent plus d’agressivité de la part de l’homme du 30 décembre de 2015 et qui lui proposent comme solution de sortie plus d’esprit d’humilité, d’initiatives, et de franche collaboration avec tous ses alliés, parmi lesquels l’UNDP de Michel Amine qui, arrivée en tête des législatives, dispose, plus que tous les autres partis, de cadres chevronnés dans tous les domaines de compétences et d’expertise. A Touadéra de s’assumer hic et nunc et de comprendre qu’il ne lui reste que plus de quatre années à la tête de la République et que le bilan de ses 100 premiers jours sera un test à hauts risque pour le restant des jours à venir et de son quinquennat !

Par Jean – Paul Naïba

 

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