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CENTRAFRIQUE: Nation / Pourquoi un indépendant au perchoir de l’Assemblée Nationale

24 Avr
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Pensez – vous que le président Touadéra est si bête, si nain politiquement et surtout si sclérosé démocratiquement qu’il est décidé ou déterminé à confier le perchoir de l’assemblée nationale à un leader d’un parti politique ?

Telle est la question qui ne cesse de fuser, tous les jours que Dieu fait sur cette terre des hommes, des lèvres des centrafricains. Dans les taxis et bus, les restaurants et débits de boisson, sur les chantiers et dans les bureaux ou sur les lieux de service, dans les églises et aux marchés, l’on n’entend murmurer que cette interrogation. Un sujet à débats.

Une question brûlante de l’heure tant le titulaire de ce poste aura la lourde responsabilité d’assurer la vacance du pouvoir en cas d’indisponibilité ou du décès du président de la République. En effet, après l’investiture du nouveau président de la République, la nomination du premier ministre et la promulgation du décret n°16.222 mettant en place le gouvernement, il ne reste plus que la constitution de l’assemblée nationale pour que toutes les trois (3) grandes et principales institutions de l’Etat soient fonctionnelles : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Même si le processus électoral en ce qui concerne les élections législatives n’est pas encore terminé, du fait de l’annulation des résultats des législatives dans dix (10) circonscriptions et de leur reprise dans les prochains jours, la bataille pour le poste le plus prestigieux, celui du président de l’assemblée nationale, la deuxième (2) institution de la République, a déjà commencé.

A ce sujet, selon des informations généralement dignes de foi en notre possession, au moment où nous mettons sous presse cet article, plusieurs candidats parmi lesquels des leaders des partis politiques, des députés et anciens candidats malheureux à la présidentielle, indépendants, se sont déjà officieusement inscrits sur la liste. Leurs noms sont connus de leurs fanatiques et dans leurs différents états – majors et circulent sous les manteaux dans les milieux autorisés. Pour certains, il s’agirait de Martin Ziguélé, président du Mlpc, Anicet Georges Dologuélé, président de l’Urca et de Karim Meckassoua, candidat indépendant. Pour d’autres, il s’agirait de Jean Symphorien Mapenzi, Béatrice Epaye, et autres, tous députés indépendants. Afin de rassembler, de leurs côtés, le plus grand nombre possible des députés, issus des partis politiques, les leaders du Mlpc et de l’Urca, candidats à ce poste, auraient déjà pris langue avec les entités poursuivant les mêmes buts que leur organisation, en vue d’élaborer et de constituer une plateforme commune et plus forte politiquement. Ce faisant, ceux – ci, minoritaires individuellement mais majoritaires collectivement, veulent tout simplement prendre leur revanche sur le destin, au lendemain de leur débâcle dans les urnes ou du rejet de leur candidature par tout un peuple, reprendre leur place de prédilection dans la société, et jouer pleinement leur rôle : celui d’animer la vie politique, de conquérir le pouvoir et de gérer les affaires publiques. Y parviendront – ils ?

Dologuélé et Ziguélé, tous les deux (2) originaires de l’Ouham – Pendé, féroces bêtes politiques, redoutables manœuvriers et fins négociateurs, auront – ils l’appui nécessaire du président Touadéra, pour assouvir leurs desseins et caresser le rêve de s’asseoir un jour dans le fauteuil du président de l’assemblée nationale ? Même si le président de l’Urca, Anicet Georges Dologuélé, pour avoir contraint le président Touadéra au second tour de la dernière présidentielle, et obligé de jouer le rôle du leader de l’opposition, est loin de bénéficier de ce coup de pouce, quelle garantie disposerait aujourd’hui Martin Ziguélé pour vraiment en profiter ? Voilà de pertinentes questions qui se bousculent dans la tête des centrafricains mais des questions auxquelles l’homme du 30 décembre 2015 aurait déjà trouvé de réponses adéquates, selon des sources proches de son cabinet. Pour ces sources, très avisé et très prudent, ce dernier ne serait pas disposé à accepter sur le perchoir de l’assemblée nationale un homme politique aux expériences rompues et solides, de peur non seulement de le voir lui succéder en cas de vacance de pouvoir pour cause d’indisponibilité, mais surtout de lui créer toutes les pires tracasseries politiques afin de lui ravir le pouvoir ou tout simplement de rendre sa gestion ingouvernable. Cette démarche visant à écarter du perchoir de la deuxième institution de la République tout leader d’un parti politique ambitieux ou toute féroce bête politique reposerait aussi sur le rejet de toute la classe politique par le peuple centrafricain. Un rejet total dont la démonstration a été effectivement faite, dans nos villages et nos quartiers, lors des dernières élections présidentielle et législatives où la majorité des candidats investis par leur parti politique ou leur organisation n’ont récolté que des scores oscillant entre 0% et 6%, du fait de leurs responsabilités plus ou moins avérées et établies dans la tempête des malheurs et de violences inouïes qui s’est abattue sur la République, ces trois (3) dernières années. Alors, soutenir becs et ongles, officieusement ou officiellement la candidature d’un leader de parti politique à ce poste, dans ce contexte de crise de confiance généralisée entre le peuple, détenteur du pouvoir souverain réel et les hommes politiques qui sont censés être ses représentants, mais qui l’ont trahi et livré la République à des hordes des criminels de la pire espèce, serait scier la branche d’arbre sur laquelle les nouvelles autorités sont assises. Si l’on devait s’en tenir à ces arguments, il serait tout naturellement illogique que l’homme du 30 décembre 2015 ne puisse apporter une quelconque caution à la candidature d’un certain Martin Ziguélé au poste du président de l’assemblée nationale. Un refus qui serait du coup considéré comme une véritable gifle ou un terrible acte d’ingratitude pour son incommensurable et déterminant soutien à Touadéra, au second tour de la présidentielle, dans l’Ouham – Pendé face à Anicet Georges Dologuélé. Mais en politique, cela s’appelle du « real politik » ou du pragmatisme politique qui consacrerait à la longue l’assassinat des partis politiques, selon les observateurs aguerris de la vie politique centrafricaine. Exit les prétendants de la politique politicienne, place donc aux candidats indépendants ! Parmi les plus en vue, figure en première place, c’est – à – dire celui dont on parle beaucoup, un certain Karim Meckassoua, candidat indépendant malheureux à la dernière présidentielle. Sa méthode ? L’achat pur et simple des députés indépendants, à grands coups d’argent.

Ceux-ci sont certes assez nombreux mais au nombre insuffisant pour lui permettre de postuler confortablement. S’ensuit alors inévitablement le débauchage à coups de millions de francs cfa des députés issus des partis politiques. C’est ainsi que, selon des informations émanant de sa propre direction de campagne, pendant le second tour, il aurait remis des fonds politiques de campagne, à leur demande individuelle, à certains candidats et députés de l’Undp, en tête des résultats provisoires des législatives avec un total de 14 députés et postulant encore dans neuf (9) circonscriptions sur les dix (10) annulées. Une méthode qui risque de lui coûter trop cher dans la mesure où le député n’est pas propriétaire de son siège qui demeure, aux termes des dispositions du règlement intérieur de l’assemblée nationale, l’apanage exclusif du parti ou de l’organisation qui l’a investi. Ce qui signifie tout simplement que n’ayant pas préalablement obtenu l’aval du bureau de la coordination nationale de l’Undp ni l’accord de son président – fondateur, Michel Amine, Karim Meckassoua ne pourrait jamais, dans sa bataille pour le perchoir de l’assemblée nationale, bénéficier de l’appui politique des députés de l’Undp et serait donc victime d’une escroquerie ou d’une arnaque de la part de ceux qui lui ont soutiré de l’argent entre-temps. Et même s’il devait les avoir tous avec lui, qui lui dit que les députés indépendants acquis financièrement à sa cause voteraient coûte que coûte pour lui le moment venu ? Une question dont la réponse nécessite une grande capacité d’analyse et de fertilité stratégique. Par contre, il y aurait dans le rang des députés indépendants, candidats à la présidence de l’assemblée nationale, un élu de la nation dont nous taisons le nom, membre de la mouvance présidentielle qui bénéficierait déjà officiellement, pour ceux qui sont dans les entrailles des secrets de la présidence de la République, et officieusement, pour les milieux autorisés, de l’appui inconditionnel de l’homme du 30 décembre 2015.

En fin stratège et ayant la faveur de plus d’une cinquantaine de députés indépendants, cet élu indépendant qui a érigé son état – major à Boy – Rabé, à côté du domicile du président, ne dort pas et aurait réussi déjà à mobiliser plus de quatre vingt quatre (84) députés de la nation autour de sa plateforme commune, avec une répartition des postes à ses alliés dans le futur bureau de l’assemblée, l’administration parlementaire, le prochain gouvernement, les sociétés d’Etat, et dans les entités périphériques ou administrations déconcentrées. Si l’on devait organiser aujourd’hui l’élection pour le perchoir de l’assemblée nationale, il l’emporterait haut les mains, dès le premier tour. Fort de ce qui précède, et à l’allure où vont les choses, s’ils ne font pas preuve d’esprit d’initiative, de rassemblement et d’engagement, en vue d’obtenir le pardon du peuple et de lutter clairement pour son bien – être, les partis politiques, appelés à occuper l’espace politique et à l’animer, couriraient le gros risque de s’effacer, de disparaître et d’abandonner l’arène politique et la gestion de la République à des indépendants. Pendant longtemps pour ceux qui ont obtenu au moins un représentant à l’assemblée nationale, et ad aeternam vitam pour les médiocres qui n’ont obtenu que des 0 !

Par Jean – Paul Naïba

 

 
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Publié par le 24/04/2016 dans Uncategorized

 

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