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CENTRAFRIQUE Politique :  Samba – Panza laisse à Touadéra un champ de mines très explosives

30 Mar

Lorsqu’elle avait été désignée comme chef d’état de la transition par les membres du conseil national de la transition, en janvier 2014, Mme Samba – Panza était l’espoir de tout un peuple. Un peuple martyrisé, torturé, violé et mis à genoux sur sa propre terre par des hordes des mercenaires tchadiens et soudanais, et contraint de trouver refuge en brousse ou sur des sites des milliers de personnes déplacées et d’y vivre tout simplement comme des animaux.

A ce titre, elle avait pour missions de sécuriser le pays, de restructurer les forces armées centrafricaines, de désarmer par la force les seigneurs de guerre et les bandes armées, de restaurer l’autorité de l’Etat, de favoriser le retour des milliers de personnes déplacées dans leurs villages, et d’organiser in fine des élections démocratiques, libres, inclusives, transparentes, régulières et crédibles. Mais, après plus de deux (02) années d’une gestion plutôt très clanique, très familiale, très amateuriste, très hasardeuse, très opaque et très chaotique des affaires de la cité, quel bilan Mme Samba – Panza laisse – t – elle aujourd’hui derrière elle ? Un pays en paix ? Un peuple plein d’espoirs ? A – t – elle royalement ouvert la voie en politique à toutes les femmes centrafricaines ? Son bref séjour à la tête de la République n’ a – t – elle pas plutôt fondamentalement contribué à ternir à jamais l’image de la femme centrafricaine, en tant que gestionnaire de la République ?

Que retiendra enfin l’histoire de la gestion de cette femme ? Celle d’une combattante de la liberté, d’une mère de la nation ou celle d’une mère poule, d’un chef de famille ? De quel legs héritera son successeur ? Voilà de pertinentes questions que les centrafricains se posent de l’est à l’ouest, du sud au nord.

Pour elle, tous ses laudateurs patentés et toutes ces hordes d’arrivistes qui ont connu leurs heures de gloire sous son règne, à quelques jours de la fin de son mandat à la tête de la République, l’intéressée a le sentiment du devoir accompli et n’a pas hésité un seul instant à en faire état.

En effet, dans une interview accordée à Jeune Afrique, la cheffe d’Etat de la transition a daigné saisir l’opportunité qui lui est offerte pour faire le bilan de sa gestion. De ses relations avec un certain Djotodia, l’enfant du malheur, le liquidateur de la République, et l’égorgeur de tout un peuple, à la nomination de sa fille, une certaine Sappot, comme ambassadeur de la République centrafricaine près la République soeur de la Guinée Equatoriale, en passant par l’Angolagate ou l’affaire du détournement du don angolais à laquelle devra être très certainement greffée, dans le cadre de l’audit de la transition, l’affaire de distribution entre parents, amis et connaissances de l’enveloppe de 2 milliards de Francs CFA, destinée aux travaux de réhabilitation des bâtiments administratifs à l’intérieur du pays, Mme Samba – Panza n’est pas passée par quatre (04) chemins pour s’appesantir brièvement sur les faits qui ont marqué son passage à la tête de la République, avec à l’arrivée le sentiment du devoir accompli. Un devoir qui s’est accompli par l’organisation effective des élections législatives et présidentielle, le 30 décembre 2015.
Mais, pour tous les combattants de la liberté, les résistants à l’asservissement de tout un peuple sur sa propre terre par des conquistadores et des prédateurs de la pire espèce, et les sentinelles de la démocratie, Mme Samba – Panza aura laissé, derrière elle, le 30 mars 2016, un véritable champ de ruines, un Etat en lambeaux et un peuple anxieux. Un champ de mines dont héritera l’homme du 30 décembre 2015, le président Faustin Archange Touadéra.

En effet, de toutes les missions qui lui avaient été assignées, dès sa prise de fonctions, en janvier 2014, seule celle relative à la tenue des élections démocratiques a été réalisée, et encore, il faut le souligner avec force et fermeté, sous de très fortes pressions de la communauté internationale et des forces vives de la nation. Par contre, toutes les autres missions, ayant trait à la sécurité, au désarmement forcé de tous les seigneurs de guerre et des bandes armées, à la restructuration des forces armées centrafricaines, à la restauration de l’autorité de l’Etat, et au retour des milliers de personnes déplacées ont purement et simplement été bottées à la touche et soigneusement mises au placard. De vraies bombes explosives à désamorcer avec minutie et attention par le président Touadéra !

A cela devront inévitablement s’ajouter une économie totalement exsangue et sous perfusion des différents partenaires au développement, la non – intégration des professeurs – vacataires de l’enseignement du supérieur, des intégrations des milliers de farfelus et du personnel hors statuts dans la fonction publique par des nominations de complaisance, des arriérés de créances dues à des fournisseurs de l’Etat, des arriérés des quotes – parts dues aux fonctionnaires des régies financières, des arriérés des pensions, des bourses et des frais de vacations et des arriérés de deux (02) mois de salaires, ceux des mois de décembre 2013 et de janvier 2014 dus aux fonctionnaires et agents de l’Etat. Autant d’actes d’indélicatesse qui ont finalement suscité de mouvements de grève et de mécontentements, encore pendants, au ministère de l’enseignement du supérieur et au ministère des finances et du budget. Un panier à crabes dans lequel le président Faustin Archange Touadéra sera obligé de plonger les mains. Un véritable champ de mines sur lequel l’homme du 30 décembre 2015 sera contraint de marcher, au péril de sa vie, s’il veut réellement avancer et traduire en actes l’espoir qu’il a incarné et qu’il a réussi à susciter dans les coeurs de tous les oubliés de notre pays. Un nid de serpents à sonnettes dans tous les départements ministériels, les administration centrales et décentralisées et les sociétés d’Etat qu’il faudra neutraliser dans un meilleur délai avant toute action.

En somme, c’est plutôt à l’homme du 30 décembre 2015 qu’il appartiendra la lourde responsabilité de résoudre les questions de l’occupation de nos villages, nos communes, nos sous – préfectures, nos préfectures et de nos quartiers par des hordes des bandes armées et des tueurs à gages. En somme, c’est à l’homme du 30 décembre 2015 qu’il appartiendra la lourde mission de restructurer les forces de défense et de sécurité, de restaurer l’autorité de l’Etat, et de faciliter le retour des milliers des personnes déplacées dans leurs maisons et villages. Une mission combien difficile à réaliser en un temps record afin d’éviter le mécontentement de tout un peuple, usé depuis plusieurs années par des promesses stériles !
Dès lors, l’on ne peut noter ici qu’un éclatant échec de la gestion de la transition par Mme Samba – Panza et tous ses compagnons de route, et pis, une terrible volonté de mettre des cailloux dans les souliers de son successeur. Une femme qui avait cru, comme tous ses prédécesseurs l’ont fait, que son heure à elle était arrivée pour s’en mettre plein le ventre et la poche, faire pérenniser son pouvoir par tous les moyens et notamment à travers des nominations de ses hommes dans tout l’appareil de l’Etat, et qui n’avait pas hésité à préférer jouir goulûment des délices du pouvoir que d’oeuvrer à faire renaître la vie, la paix et le vivre ensemble partout où ces valeurs ont été mises à rudes épreuves par les liquidateurs de la République.

De l’affaire du don angolais aux bradages des biens de l’Etat en passant par les nominations de complaisance à des postes de responsabilité, y compris celle de sa fille dont le nom ne figure pas dans le fichier du personnel et des hauts cadres du prestigieux ministère des affaires étrangères, Mme Samba – Panza s’est beaucoup plus révélée comme une mère poule qu’une mère de la nation, comme un chef d’un clan qu’une combattante de la liberté.

Une reine des côtes dont les mains et la bouche sont pleines du sang de tout un peuple et dont l’odeur sanguinolente et sanglotante la suivra jusqu’à la fin de ses jours sur cette terre des hommes. Une prédatrice qui, par son échec cuisant, vient de barrer à jamais la route à l’accès de toute autre femme centrafricaine à la plus haute fonction de l’Etat. Pour très longtemps !

Jean – Paul Naïba

 

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