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Archives du 20/03/2016

Tchad : le combat de Zouhoura pour que « justice soit faite »

 
Violée par 5 garçons issus de la jeunesse dorée tchadienne, elle a porté plainte, brisant la loi du silence. Elle témoignait vendredi à Paris.
La jeunesse tchadienne a manifesté son soutien à Zouhoura, contraignant le régime à arrêter ses agresseurs.
La jeunesse tchadienne a manifesté son soutien à Zouhoura, contraignant le régime à arrêter ses agresseurs. © AFP/ ALAIN JOCARD
 

Bénin: des électeurs mobilisés pour le second tour de la présidentielle

 
 Des affiches de campagnes pour le deuxième tour de la présidentielle, le 17 mars 2016, au Bénin.UTOMI EKPEI / AFP

Jour de vote au Bénin, où 4,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 20 mars pour le second tour de l’élection présidentielle. Ils doivent choisir entre le Premier ministre Lionel Zinsou et l’homme d’affaires Patrice Talon, pour succéder à Thomas Boni Yayi, qui achève son deuxième mandat. Leur écart est faible, à l’issue du premier tour et le suspense reste entier. Dans les bureaux de vote de Cotonou et Abomey-Calavi qui ont ouvert ce matin, les électeurs semblent déterminés à faire valoir leur voix.

Dans le centre de vote de l’école de Fidjrossé-centre, un quartier populaire non loin de l’aéroport de Cotonou, le premier votant a glissé son bulletin dans l’urne à 7h pile. Même chose dans un autre quartier populaire, à la sortie de Cotonou. Des petites files d’attente se sont formées et vont sans doute grossir en fin de matinée, après la messe du dimanche matin.

Tout est en place. Sur le bulletin unique, la photo et le logo des deux finalistes. Les représentants des deux candidats sont bien présents, ceux de la Cour constitutionnelle aussi.

Lors du premier tour, à cause des polémiques sur la distribution des cartes d’électeurs, de nombreux Béninois étaient assez inquiets en début de journée. Puis l’inquiétude s’était peu à peu dissipée. Aujourd’hui on ne ressent aucune appréhension particulière mais au contraire une grande sérénité chez les électeurs. Ils sont « impatients d’accomplir leur devoir citoyen », comme ils aiment à le dire. Ils ont tous fait leur choix, ils semblent sûrs d’eux, mobilisés, déterminés et vigilants.

Vote à Abomey-Calavi

Calavi est la commune la plus peuplée du Bénin et se trouve dans le département qui compte le plus d’électeurs, plus de 700 000. Au centre de vote de la Liaison du peuple, dans l’enceinte de la mairie de Calavi, les 11 bureaux de vote ont tous ouvert à 7h, ou un petit peu après. Ils sont installés à l’extérieur dans une grande cour à l’ombre des arbres. Tout le matériel est là.

Les représentants des deux candidats sont aussi présents dans tous les bureaux de vote. En revanche, pas les représentants de la Cour constitutionnelle. Ils ne sont donc pas partout.

Et les électeurs eux sont déjà sortis, nombreux. Dès 6h30, ils attendaient. Parmi ces électeurs matinaux, des dames bien habillées venues avant d’aller à la messe, des amis en tenue de sport qui reviennent de leur activité et beaucoup de jeunes qui restent maintenant dans la cour de la mairie pour discuter.

Selon plusieurs présidents de poste de vote, le nombre de votants est plus élevé qu’à la même heure au premier tour il y a quinze jours.

Suspense total

Le scrutin s’annonce très ouvert. Seulement 100 000 voix séparent les deux finalistes. Les deux candidats ont donc tous les deux des chances de l’emporter. L’actuel Premier ministre, Lionel Zinsou, arrivé en tête du premier tour avec 27,11 % des suffrages et l’homme d’affaires Patrice Talon, arrivé en seconde position avec 23,52 %.

Lionel Zinsou, le candidat de la continuité, est soutenu par les trois principaux partis du pays. Mais face à lui, l’homme de la rupture, Patrice Talon, semble maintenant tenir la corde puisqu’il a obtenu le ralliement de plus d’une vingtaine de candidats malheureux du premier tour : notamment celui du patron des patrons, Sébastien Ajavon, le troisième homme d’Abdoulaye Bio Tchané et de l’ancien Premier ministre, Pascal Irénée Koupaki.

Lors du premier tour, les électeurs ont prouvé qu’ils ne suivaient pas forcément les consignes de vote, qu’elles viennent de leurs partis politiques ou de leurs leaders. Le suspense reste donc entier. Les Béninois attendent tout simplement de vivre un grand moment de démocratie et ils en sont plutôt fiers.

Source : RFI

 

CONGO-BRAZZAVILLE: Les Congolais aux urnes pour une présidentielle sans télécommunications

 
Des électeurs consultent un panneau d’affichage devant un bureau de vote dans le quartier de Poto-Poto à Brazzaville, le 20 mars. © Manu Pochez/RFI

Les bureaux de vote ont ouvert à 7h, heure locale, ce dimanche, au Congo-Brazzaville. Neuf candidats sont en lice pour ce premier tour de l’élection présidentielle, dont le président sortant Denis Sassou-Nguesso et le général Jean-Marie Michel Mokoko. Ce scrutin devrait se dérouler sans ni téléphone ni accès à Internet, les autorités ayant imposé un black-out depuis 1h du matin.

A 7h ce matin, l’envoyée spéciale de RFI se trouvait devant l’école primaire de La Poste dans le quartier de Poto-Poto à Brazzaville. A cette heure, les votants ne s’étaient pas encore déplacés dans ce bureau de vote, dont le responsable n’était lui-même pas encore arrivé. Sur le trottoir, le panneau avec la liste des électeurs faisait état de 953 inscrits dans cet établissement.  

Les jours d’élection est ce qu’on appelle « journée ville morte » au Congo. Seuls les véhicules dûment accrédités circulent. Mais cette fois, c’est un peu plus vrai que d’habitude puisque les autorités ont décidé un black-out sur les communications depuis une heure du matin environ, et cela devrait durer jusque demain soir. Ni accès à Internet, ni téléphone, à l’exception d’une liste de numéros triés sur le volet.

Une élection que les observateurs qualifient pourtant de plus ouverte que les précédentes dans la mesure où, contrairement aux deux dernières élections présidentielles, l’opposition a décidé de jouer le jeu.

Mais contrairement aussi à octobre dernier : la campagne qui avait précédé le référendum constitutionnel – qui permet aujourd’hui à Denis Sassou-Nguesso de se représenter -, avait été émaillée de violences et l’opposition avait boycotté le scrutin. Or cette campagne-ci s’est déroulée globalement dans le calme.

Cette fois donc, neuf candidats sont en lice. L’un d’entre eux doit d’ailleurs voter ce matin à 10h dans ce bureau de vote. Il s’agit du général Jean-Marie Michel Mokoko. Ce dernier fait d’ailleurs partie des cinq candidats de l’opposition qui se sont engagés à se ranger derrière celui qui arriverait en tête.

Polémique sur les observateurs

N’ayant aucune confiance dans la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) chargée de publier les résultats, ces cinq candidats du pacte anti-Sassou ont créé une « commission technique » parallèle pour surveiller le scrutin.

L’opposition, qui compte avoir des délégués dans chaque bureau du pays, voulait y photographier à l’aide de téléphones portables les procès-verbaux afin de compiler ses propres résultats et de pourvoir les comparer à ceux publiés au niveau national. La coupure des communications devrait sérieusement limiter sa capacité à le faire.

Par ailleurs, jugeant que les conditions pour un scrutin transparent et démocratique ne sont pas réunies, l’Union européenne a renoncé à missionner des observateurs électoraux. L’Union africaine, elle, en revanche, a répondu présente. Mais l’essentiel des observateurs accrédités seront issus de diverses organisations de la société civile congolaise, bien que trois associations de poids manquent à l’appel.

Source : RFI

 
 
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