Nommé le 18 juin 2015 en tant que Premier ministre à la suite de tractations entre le président Boni Yayi et l’establishment français, notamment le président français François Hollande, le Ministre des affaires étrangères de l’époque, Laurent Fabius, ami de longue date de Lionel Zinsou, Hubert Védrine, ex-Ministre des affaires étrangères de François Mitterrand et co-auteur avec Lionel Zinsou des 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France (Rapport Védrine-Zinsou), l’homme s’est très vite vu collé l’étiquette de la Françafrique.

Les premiers pas de Lionel Zinsou au Bénin

Les premiers mois de Lionel Zinsou aux affaires se sont révélés moroses. Le Premier ministre s’est fondu dans la masse de l’équipe gouvernementale de Boni Yayi sans pouvoir réellement impacter son action. Deux semaines après sa nomination, le président François Hollande fait une visite officielle au Bénin, la deuxième du genre depuis 1983, après celle du président François Mitterrand. Deux mois plus tard, Lionel Zinsou annonce la signature controversée de la convention de la boucle ferroviaire octroyée au groupe Bolloré malgré le fait que plusieurs parties contestaient cette convention devant les tribunaux en France et au Bénin.

La candidature imposée de Lionel Zinsou

Les suspicions de la classe politique suite à la nomination de Lionel Zinsou se confirment quelques mois après sa nomination. Lionel Zinsou est imposée comme le dauphin du Président Boni Yayi. Il est choisi selon le porte parole des Forces Cauris pour une Bénin Émergent (FCBE) pour assurer la continuité des œuvres du président Boni Yayi. Mais, les partisans du chef de l’État ont du mal à accepter les conditions dans lesquelles l’homme leur a été imposé en violation selon eux des textes qui régissent leur coalition. La fronde est portée par certains caciques du régime notamment, Marcel Alain De Souza, beau frère du président Boni Yayi, Alexandre Hountondji, ex- conseiller du chef de l’État et Karimou Chabi Sika, ancien député et proche de Boni Yayi.

Le bilan du Premier ministre

Lionel Zinsou a été présenté par Boni Yayi comme l’homme qui allait permettre au Bénin de mobiliser les intentions de financement de la Table Ronde de Paris. Mais force est de constater que plus de deux ans après cette rencontre avec les bailleurs de fonds, aucun financement n’a été mobilisé. Plusieurs centaines de millions ont été investies dans l’organisation de cette table ronde sans résultat. Ensuite, le Premier ministre annonce à grands renforts médiatiques le « projet lumière pour tous » dont le but est de distribuer plus de 4 Millions de lampes solaires à toutes les familles béninoises. Le projet est annoncé à la COP21. Mais, très vite ses détracteurs taxent le projet de « gimmick » dont le seul but est de promouvoir l’image de Lionel Zinsou auprès des électeurs. D’autres dossiers vont suivre et entacher la crédibilité du Premier ministre. L’utilisation abusive des moyens de l’État par ses partisans au sein de l’administration publique, la non-démission de Lionel Zinsou de nombreuses instances françaises dans lesquelles il servait avant sa nomination, le refus de dénoncer la gabegie, la corruption et les concours frauduleux du régime Yayi, la signature d’un décret octroyant des primes et crédits d’équipement aux directeurs de cabinets, secrétaires généraux des ministères et leurs adjoints, et ce , de façon rétroactive jusqu’en avril 2006, date de la prise de fonction du président Boni Yayi sont autant de dossiers qui ont mis en doute la crédibilité de Lionel Zinsou.

Le 20 mars 2016, le second tour du scrutin présidentiel aura lieu. Si l’on s’en tient aux résultats du premier tour, la coalition de la rupture menée par le très charismatique homme d’affaires Patrice Talon serait bien positionnée pour remporter le scrutin parce qu’ayant ensemble obtenu la majorité des voix au premier tour, et à en croire les analyses de Jean Baptiste Placca sur l’émission Afrique Presse de Radio France Internationale.

Par : Paul MARIANO

13 mars 2016 02726