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CENTRAFRIQUE: APPEL A UNE VEILLE CITOYENNE…

01 Mar
Publié par CARnews ou RCAinfos le 1-3-2016/Bruno-Serge PIOZZA & Aimery ELA
CENTRAFRIQUE: APPEL A UNE VEILLE CITOYENNE…
Maestro DOGUIGUI

Maestro DOGUIGUI

Je voudrais, au nom de cette volonté populaire centrafricaine exprimée récemment à (et au) travers des urnes et à titre purement politique, relever sans ambages les indéniables pièges à la dérive qui guettent déjà mon Pays. Défis qui pointent avec acuité à l’horizon, dès l’orée de l’annonce du nouveau Président de la République.

En effet, tout se présente déjà comme si les leçons du passé n’ont jamais eu de l’emprise ou des incidences sur nos « changements ». Alors il est temps, grand temps que cela change cette fois ci. Et qu’à cet effet, chaque Citoyen Centrafricain s’interroge sur son rôle de gardien de la cité, veillant à ne pas laisser sa victoire se faire faire hara-kiri, afin qu’enfin l’espoir démocratique renaissant soit préservé à jamais.

Plus jamais donc de « silence, on développe ». Il faut développer avec le peuple souverain de Centrafrique qui doit lui aussi rompre avec le culte des Personnalités. Ainsi chacun veillerait au grain à tout ce qui se passe dans notre « cité », maintenant et toujours.

  • Rôle citoyens

Il me semble déjà complètement absurde ce que j’observe présentement. La reprise d’une guerre de positionnement entre les mêmes acteurs pourtant disqualifiés par leur passé, par leur gestion scabreuse des choses publiques. Stop à cette nouvelle course effrénée pour s’en ré-reprendre plein les poches à l’issue de certaines alliances opportunistes avec l’élu. Un poste ministériel par-là, ou au moins une direction par-ci. Le partage du gâteau en un mot, dit-on en jargon politique! Et cela, sur le dos du peuple, qu’ils « utilisent comme des chameaux ». On aura tout compris, si TOUADERA tombe sur cette première lancée de peaux de bananes. Le peuple qui l’a élu attend le salaire de son soutien massif qui ne viendrait certainement des gens qu’il a désapprouvé.

Pourtant, tous rôdent. Ignorent-ils que cette fois les pouvoirs convoités sont posés sur des dynamites ? L’envergure de la tâche. Le manque de moyens pour l’accomplir. Notre souveraineté nationale encore fragile suite à leur échec patent de vision émergente. La quasi-totalité des hommes et institutions subissant encore allègrement par leur faute la portée négative des aliénations de toutes espèces et de la servitude extérieures. Bref, des tâches dont l’ampleur devrait faire réfléchir avant tout engagement, si ce n’est l’aveuglement par le mal saprophile du gain.

Aussi, le truchement de ces alliances électorales par intérêt va permettre certainement à nombre de ces concussionnaires, criminels économiques et de sang, de se mettre à l’abri pour se remettre en selle. Sinon… Attendant voir lequel de ces Alliés, qui serait lui à mesure de refuser un poste ministériel et de se consacrer de manière professionnelle à la gestion de son parti comme opposant véritable afin de mieux veiller sur les dérives éventuelles du pouvoir ou alerter la population sur leur dérive possible. Belle attitude patriotique qu’un avenir proche éclaircira…

Dans une démocratie, l’on ne crée pas un parti politique que pour aller aux élections en vue des postes. Et si l’on connaissait vraiment le rôle citoyen d’un parti politique, on n’est créerait point à tout bord. Un corps de l’opposition aguerrie est tout aussi essentiel pour permettre de faire un contre poids positif et pousser les Gouvernants à faire les meilleurs choix des projets et de prendre les bonnes décisions. L’opposition parlementaire ou extra parlementaire est de ce fait l’œil vigilant du peuple en ce qu’elle permettrait un réel débat démocratique, public et citoyen sur la gestion de l’état. Qu’ils restent dans l’opposition pour garantir cette conscience nationale, nos chers Candidats malheureux. Ils rendraient mieux service à l’état et à la population.

Et s’ils sont de vrais Politiques, qu’ils protègent ce choix du peuple sur TOUADERA en déclinant d’entrer dans ce futur gouvernement de peur de l’influencer par la suite négativement avec des idées sanctionnées et balayées par le peuple souverain. Le corps électoral leur sera gré d’enlever cette grosse épine du pied du nouveau Président contraint de leur devoir reconnaissance malgré lui.

Au Président élu du bas peuple, alerte ! Plus question d’un melting-pot  de « gouvernement d’union nationale », de la « gouvernance collégiale », et tutti quanti…, formes hybrides qui n’ont qu’enfoncé par le passé notre Pays du temps douloureux de Bozizé et exacerbé les rivalités. S’il joue au sentimentaliste oubliant la rigueur qui a fait son charme, il payera net. A-t-il un programme ? C’est celui accepté et voté par les Centrafricains ? Qu’il le déroule librement au cours de ces cinq ans à venir et nous en jugerons. Le Capitaine Thomas Sankara ne l’avait fait qu’en quatre ans…

  • Du rôle de la France et de l’ONU

Je suis de ceux qui pensent que l’ONU ainsi que l’un de ces mentors la France ont bel et bien échoué dans leur mission pacificatrice en Centrafrique. Ces élections à l’arraché ne sont guère un résultat crédible dont se targuerait cette mission. Ni le désarmement attendu, ni ses mesures d’accompagnement n’ont été réalisés. Et c’est cela même qui constitue encore le point névralgique, voire le piège au nouveau régime assorti des urnes. Toutefois, personne ne leur en tiendra rigueur si dorénavant elles acceptent simplement de renoncer à l’hypocrisie et d’aider simplement la RCA à s’en sortir sans diktat tel l’embargo sur les armes, sur le diamant qu’eux-mêmes exploitent.

L’heure a enfin sonné pour la reconstruction de notre pays par ses fils. Le peuple aimerait leur dire merci tout en leur demandant gentiment de nous laisser reprendre la destinée de notre avenir en main. Les Centrafricains ne sont pas des « nuls » : ils ont fait face dans leur histoire à des erreurs, des immaturités et des dérives que toute nation (la France en première) ait connu ou pourrait connaître : la guerre en a été l’aboutissement. Certes les causes de celle-ci sont multiples, endogènes comme exogènes. Cependant, et de grâce, il faudrait absolument nous laisser maintenant prendre les décisions justes, démocratiques et bénéfiques pour notre Pays sans police, ni maternage. L’ONU et la France joueraient toujours un rôle facilitateur, mais plus dictateur. Car nous avons vraiment besoin de leurs aides sur tous les plans dont l’octroi ne devrait pas corrompre, mais libérer.

En définitive, pour que la France recouvre sa crédibilité d’antan en Centrafrique, elle devrait désormais nous la prouver. Son jeu trouble dans notre histoire récente est au vu et su de tout Centrafricain perçu comme insulte à notre dignité nationale qu’il faut laver.

« Premier Gaou n’est pas Gaou, c’est deuxième Gaou est Ngata », dicton ivoirien. Il faut donc moderniser la « Françafrique », indispensable à l’économie de la France… tout en ménageant les Etats Africains nourriciers : plus de politique de la main mise, plus stratégie de la division et de la terre brûlée par des conflits armés savamment planifiés. Bref, nos langues se délient et rien n’arrête un peuple désabusé. « La sagesse vaut mieux que les armes de combat », Ecclésiaste 9 : 18.

 

Vive la renaissance centrafricaine !

Par GUIANISSIO Guillaume Dominique

 
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Publié par le 01/03/2016 dans Uncategorized

 

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