RSS

CENTRAFRIQUE: TOUADERA PROFITE DU VOTE SANCTION D’UN PEUPLE MEURTRI?

04 Jan
Publié par CARnews où RCAinfo le 1-1-2016/Bruno-Serge PIOZZA
CENTRAFRIQUE: TOUADERA PROFITE DU VOTE SANCTION D’UN PEUPLE MEURTRI?

Régea

Le peuple centrafricain n’est plus ce peuple passif, qui vote toujours pour soutenir des dirigeants selon l’argent, la nourriture ou l’ethnie.

Aux urnes, du 30 Décembre 2015, nous avons découvert un peuple mobilisé qui muni d’un pouvoir veut décider d’écrire l’histoire. Son propre histoire.

Les résultats sortis des urnes bien que partiels nous montrent un vote sanction. Le vote sanction est, dans la démocratie représentative moderne, un vote punitif, destiné à manifester son mécontentement aux responsables politiques au pouvoir. Le vote sanction est donc une perversion de la procédure électorale démocratique : au lieu de choisir un projet politique qui lui semble dans l’intérêt général, l’électeur vote pour un représentant ou une liste de représentants parce que c’est le meilleur moyen à ses yeux de se « venger » de politiciens véreux.

Le vote sanction est donc un vote éliminatoire. Il faut le distinguer du vote protestataire qui consiste à voter, par mécontentement, pour les extrêmes. Le vote sanction ne se traduit pas forcément par un vote extrême.

La pratique de ce vote sanction est donc liée à la désaffection des citoyens vis-à-vis des politiciens. C’est un signe de la perte de confiance dans les hommes politiques suite à des affaires de corruption, à des promesses trahies ou encore à de longues périodes de crise qui a secoué le pays.

Le catalogue des catégories des électeurs qui ont “péter les plombs” ou qui se sont exprimé lors de ces élections ressemble à la carte de la Centrafrique actuelle.

Des paysans aux ouvriers, des avocats aux taxis, des chômeurs au commerçants, de tout le corps médical aux pompiers, enseignants… et même gendarmes, des retraités aux débrouillards et aux étudiants, en passant par les ménagères la Centrafrique entière est vent debout, au bord de la crise de nerfs, sans oublier les groupes armés et les victimes des conflits sanglants.

Et, pour parachever le tableau, il faut aussi dire la colère des minorités musulmanes, ces grands mal aimés de ces politicards englués dans leur idéologie de haine, ont sanctionné une classe politique malade et moribonde. Dieu sait pourtant qu’ils sont habitués à être vilipendés, méprisés et bafoués depuis des années, ces cocus de la nation.

Depuis la crise, un bourrage de crâne ininterrompu a peu à peu anesthésié les centrafricain, autrefois réputés pour la vitesse et la qualité de leurs interventions révolutionnaires. La télé, les journaux et les chaînes dociles du service dit public qui racontent n’importe quoi… ont rendu le peuple amorphe… ce qui était le but poursuivi.

Or tout ce matraquage médiatique a oublié que pour être révolté, il suffit d’avoir conscience de la gravité d’une situation. Mais pour faire la révolution, il faut un dessein de remplacement, un objectif vers lequel se mettre en marche, une raison de risquer de perdre le peu que l’on a … en espérant trouver bien davantage à l’arrivée.

Le peuple pendant les heures sombres des tueries, massacres et destructions de ses biens était bien seul face à l’adversité. Les vrais leaders étaient absents ou se cachaient à l’étranger pour fuir les tortionnaires.

Peut-on se détourner des souffrances du peuple et vouloir son bien que lors des élections ? et c’est là que le bât blesse: où que l’on regarde, c’est le désert… à l’exception de quelques personnalités telles Joseph Bendounga, Jean Serge Bokassa, Gervais Lakosso, Faustin Archange Touadera qui eux n’ont pas fui le pays, qui sont restés au côté du peuple meurtri.

Nos responsables-coupables n’ont rien à proposer, mais leur sport favori c’est de créer la crise. Déjà, beaucoup s’agitent car quelques tirs d’armes ont été entendus vers le 6e arrondissement, fief du candidat désiré Kolingba.

Pour cause les premiers résultats partiels confirmaient dimanche l’avance d’un outsider, Faustin Archange Touadéra (candidat indépendant) sur ses rivaux, d’après des résultats partiels portant sur un quart des électeurs inscrits.

Ces suffrages décomptés pour l’ensemble du pays et l’étranger représentent 522.514 voix.

Ancien Premier ministre (2008-2013) de l’ex-président François Bozizé renversé en 2013, Faustin Archange Touadéra, avec 120.838 voix, devance pour l’instant largement l’un des favoris Anicet Georges Dologuélé (68.547 voix), ancien Premier ministre d’Ange-Félix Patassé qui a reçu le soutien officiel du parti de Bozizé, ainsi que Désiré Kolingba, fils d’un ancien président, qui a reçu 39.952 voix.

Martin Ziguélé, autre poids lourds de cette présidentielle souvent présenté comme le candidat de la France, et qui fut l’un des principaux opposants à l’ex-président Bozizé, totalise quant à lui 27.381 voix, et arrive cinquième derrière Jean-Serge Bokassa, un autre fils d’ancien président, avec 33.956 voix.

Ces chiffres proviennent à la fois de Bangui (où 76% des votes ont été comptés), de huit provinces sur 16 ainsi que de l’étranger (16% des résultats traités), où de nombreux Centrafricains réfugiés et expatriés ont voté.

Bien que partiels, ces résultats confirment les premières tendances annoncées samedi pour la seule la capitale centrafricaine, qui faisaient état d’une courte avance pour l’outsider Touadéra, créant la surprise à Bangui.

Surprise car le système hermétiquement bouclé, et les technocrates-idéologues-prédateurs abusant du peuple sont matraqués et rien ne s’oppose donc à ce que nos apprentis-sorciers continuent à jouer à “chiche, que je te fais peur” en brandissant de faux-dangers en graves soupçons de fraudes. Le peuple doit rester très vigilant et mobilisé contre les mauvais perdants.

Quel schéma suivra la Centrafrique ? Le schéma malien ?ou le schéma burkinabé ?

QUI VIVRA ENCORE VERRA.
Bangui, le 04 Janvier 2016
Par Charlie Joseph LARABO

 

 
Commentaires fermés sur CENTRAFRIQUE: TOUADERA PROFITE DU VOTE SANCTION D’UN PEUPLE MEURTRI?

Publié par le 04/01/2016 dans Uncategorized

 

Les commentaires sont fermés.

 
%d blogueurs aiment cette page :