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CENTRAFRIQUE : Mme DOROTHEE MALENZAPA PARLE DE L’EXPÉRIENCE DE Mme SAMBA PANZA. (Mme Dorothée MALENZAPA, présidente du RESOLEP-FC, ancien ministre )

06 Oct
Publié par CARnews ou RCAinfo le 6 Octobre 2015/ Bruno-Serge PIOZZA & AE
CENTRAFRIQUE : Mme DOROTHEE MALENZAPA PARLE DE L’EXPÉRIENCE DE Mme SAMBA PANZA.
(Mme Dorothée MALENZAPA, présidente du RESOLEP-FC, ancien ministre )

MALENZAPA

Question:Qu’est ce que le RESOLEP – FC ? Que fait-il concrètement?

Réponse:RESOLEP-FC signifie : Réseau de Soutien au Leadership Politique des Femmes Centrafricaines. Il a pour mission de promouvoir le leadership politique et sociétal de la femme centrafricaine. J’en suis l’initiatrice, et la coordonnatrice. Le RESOLEP-FC a été crée à la suite du Colloque de Bangui que j’avais organisé du 11 au 12 Mars 2015, à l’occasion de la journée internationale de la femme, sur le thème : «La place des femmes dans le nouveau paysage politique centrafricain : Enjeux, défis et perspectives », avec l’appui financier de la MINUSCA. Et cela, en partenariat avec le Réseau Francophone pour l’égalité Femme-Homme, dont je suis membre fondateur, et l’Association des Femmes Educatrices pour le Développement en Centrafrique, (AFEDEC), que j’ai créée, il y’a plus de vingt ans.

L’essentiel de la mission du RESOLEP-FC se décline de la manière suivante :
– Rappeler régulièrement les engagements de la RCA à l’égard de la promotion de la femme;
– Suivre l’évolution de la mise en œuvre des textes juridiques relatifs aux Droits des femmes ;
– Œuvrer pour l’accroissement du nombre des femmes dans les instances de prise de décisions ;
– Affirmer le rôle et la place des femmes dans tout processus de développement.

A cet effet, le RESOLEP-FC regroupe six commissions ou groupes thématiques spécialisés de réflexions, de prospectives et d’actions dans des domaines précis, que sont :
– Education, formation, santé, environnement, développement rural et énergie ;
– Démocratie, sécurité, paix et développement ;
– Autonomisation économique des femmes, appui aux femmes rurales, Sciences et nouvelles Technologies ;
– Droits des femmes, lutte contre les violences basées sur le genre et accès à la justice ;
– Pouvoir, participation politique, gouvernance et leadership féminin ;
– Communication et relations publiques.
Toutes les préoccupations qui sous-tendent le développement sont ici prises en compte.

Question:Dans votre dernière déclaration, vous accusez les autorités de la Transition de voir le coup d’ état partout, à qui incombe la responsabilité de ces violences à Bangui et quelles en sont les raisons ?

Réponse:Tout est parti de ce que d’aucuns qualifient de « fait divers » et que nous nommons crime crapuleux, car il s’agit d’une vie humaine ôtée. En effet, un homme a été assassiné et son corps a été transporté du lieu de son assassinat et jeté au quartier combattant d’où il a été transféré, à dessein, au quartier du km5 où vit la communauté musulmane dont il était originaire.
Ce mode opératoire a déjà été utilisé il y’a peu, avec la différence que le corps avait été calciné et les résultats attendus étaient les mêmes : pour une victime, en représailles bon nombre d’autres victimes avaient payé de leur vie dans les mêmes conditions atroces : usage d’armes à feu, d’armes blanches pour égorger, tuer et brûler les habitants.

Puisque les autorités de Transition soutiennent connaître les coupables, pourquoi l’histoire s’est elle répétée ? N’y avait-il pas moyens de diligenter une enquête et, preuves à l’appui, de procéder à l’arrestation des coupables en vue de les traduire en justice?
Mieux : au forum de Brazzaville comme à celui de Bangui, la Recommandation majeure a été faite de procéder aux désarmements des forces non conventionnelles. C’est à cette condition que ceux qui ont représenté les différents éléments armés avaient signé l’Accord de paix. Les autorités de Transition avaient, à l’issue du Forum, un délai d’un mois pour obtenir ce désarmement, au besoin par la force. Qu’en a-t-il été fait ?
Vous conviendrez donc avec nous que ceux qui doivent répondre de la sécurité de la population soient désignés comme les premiers responsables, du fait de leur manque de diligence ou de leur incapacité à accomplir l’une des tâches capitales contenues dans leur feuille de route.

La responsabilité des violences incombent en premier lieu aux autorités de Transition, qui observent la zone surarmée du km5 comme un « no man’s land » où s’arrête l’autorité de l’Etat.

La Résolution 2149 a donné le pouvoir d’user de la force pour rétablir la paix, en désarmant les forces non conventionnelles. Mais le pouvoir de Transition estime qu’il faut laisser cette zone telle quelle, avec toutes les démonstrations récurrentes de forces auxquelles elle se livre, comme pour narguer le reste des citoyens. Vous comprenez alors que la population se sachant vulnérables, avec une armée nationale dépourvue de moyens de la protéger, dans un sursaut de légitime défense, assure vaille que vaille sa sécurité. Loin de nous l’idée de soutenir les atrocités, jamais connues en Centrafrique par le passé, que nous condamnons fermement.

En outre, la Force de la MINUSCA, dans certaines de ses composantes, suscite l’hostilité de la population, du fait de son parti pris en faveur de la population du km5, sans apporter assistance aux autres, lorsque les agressions viennent de ce camp.

A titre d’illustration, le mercredi 29 septembre, dans le quartier de Combattants encore, alors que les éléments de la MINUSCA levaient les barricades érigées pour empêcher les débordements des exactions venant du km5, une grenade aurait explosé. En représailles, les éléments de la SANGARIS, en hélicoptère, ont tiré sur la population civile, sans distinction. Telle est la triste réalité sur le terrain.

La Force SANGARIS a créé, en accord avec celle de la MINUSCA, en violation des Résolutions onusiennes, la pratique « des mesures de confiance » consistant à demander des désarmements volontaires, qui jusqu’à ce jour sont un fiasco.

Question:Le RESOLEP –FC est – il prêt à répondre à l’appel à la mobilisation du « Plus jamais ça» lancé par la Présidente de Transition ?
Réponse:Le RESOLEP – FC est prêt à s’associer aux actions sincères et efficaces, pour conduire notre pays à une paix durable. D’ailleurs les activités jusque là entreprises par notre Réseau le démontrent à suffisance. La cheffe d’Etat de Transition n’en est pas à son premier slogan, elle a d’abord dit être la « mère de tous les centrafricains », une mère fait-elle une distinction entre ses enfants ?

La répression des éléments armés non conventionnels doit se faire de manière identique à l’encontre de tous fauteurs de trouble. Les mesures de protection doivent être les mêmes pour toutes les composantes de la société centrafricaine, dans leurs diversités ethniques, religieuses et culturelles, qui font la richesse de notre Nation et qui nous permettaient jusqu’alors de vivre en harmonie.

Ce n’est pas en réitérant les mêmes comportements qui ont conduit à la déliquescence de l’état et la fracture sociale, tels le népotisme, le clanisme, le favoritisme, que la cheffe d’Etat de transition accomplira le « plus jamais ça ». Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les centrafricains attendaient mieux de cette transition dont le rôle, suivant la feuille de route est de ramener la paix, contrairement au spectacle de gabegie auquel ils assistent, alors qu’ils sont démunis, sans logement et pour nombre d’entre eux, sans espoir ! Nous devons faire très attention avec le pouvoir, qui est une arme à double tranchant.

En effet qu’est ce qu’une Transition? Tout simplement, c’est une période conçue pour apporter des réponses spécifiques, outre le schéma tracé par la feuille de route, aux problèmes de santé, et d’éducation, pour ne citer que ceux-là, qui sont en relation étroite avec cette masse critique de jeunes, qui constituent plus de 60 % de la population, qui sont laissés en rade et qui hélas! N’ayant plus rien à perdre, déferlent dans les rues à la moindre alerte, pour faire ce que nous savons tous et déplorons.

Question:Etes- vous solidaire de l’action de « Temps de bê Africa » qui appelle à la désobéissance civile?

Réponse:La désobéissance civile conduisant à l’inactivité, avec quoi les vaillantes femmes centrafricaines qui sont les premières levées pour rechercher les produits vivriers à porter au marché, nourriront-elles leurs familles ? Cela concerne davantage les fonctionnaires, mais ceux-là aussi, de quoi nourriront-ils leurs familles ? Au reste, face aux tueries, aux déplacements d’un quartier pour un autre, d’un arrondissement pour un autre, les centrafricains ont spontanément accepté de se regrouper pour dire leur raz-le bol de cette Transition, qui ne fait rien pour soulager leurs maux. Singulièrement, c’est celui-là même, à la tête de l’action « temps de Bê Africa » qui va les inviter à se retirer sous des prétextes, non vérifiés, d’infiltration de casseurs !! Où est le sérieux ? Les burkinabè, animés d’une volonté sans faille ont revendiqué et obtenu le respect de leurs Droits à s’autogérer. Nous sommes encore loin de ce schéma faute de réels leaders pétris de patriotisme et d’amour des centrafricains. C’est à l’émergence de telles Femmes-Leaders que nous œuvrons au RESOLEP !

Question:Que peut-être la solution pour un retour au calme?

Réponse:La solution ne peut être que « centrafricano – centrafricaine ». Elle ne peut être qu’inclusive, il faut que tous les protagonistes de la crise aient la possibilité de s’exprimer, afin de trouver ensemble, le meilleur moyen de nous en sortir. Il n’est pas concevable que des étrangers prétendent connaître mieux que «les propriétaires d’un pays », ce qui est bien pour eux. Votre question nous ramène à la sempiternelle préoccupation du désarmement. Aujourd’hui, l’usage des armes est banalisé en Centrafrique et les grenades se vendent au coin des rues, comme des petits pains. Ne peut-on pas, rien que pour la crédibilité des gouvernants, contrôler et mettre un terme à ce désordre?

Nous constatons que les femmes centrafricaines ne parlent plus d’une seule et même voix comme par le passé, que se passe t-il?

Par le passé, les femmes centrafricaines avaient comme adversaires les hommes qui mettaient un frein à leur promotion. Aujourd’hui ce sont les femmes qui, étant au pouvoir, entravent l’émergence de celles qui pourront, à tort ou à raison, leur faire de l’ombre.

Question:Y a t-il une relation entre le RESOLEP, L’OFCA ET LE G23 ?

Réponse:Il s’agit, pour toutes ces organisations, de réseaux d’ONG regroupant plusieurs autres. Nous pensons que là s’arrête la relation. Il faut surtout souligner que le RESOLEP – FC est à un autre niveau de réflexions, qui veut conduire les centrafricaines à s’assumer pleinement.

Question:Ne pensez – vous pas que Catherine SAMBA PANZA est une expérience amère pour l’avenir politique de la femme centrafricaine ?

Réponse:Pour ceux qui pensent que la responsabilité est à géométrie variable, de sorte que les forfaitures des uns puissent entacher la respectabilité des autres, oui !

Mais nous, au RESOLEP – FC, nous prônons la responsabilité personnelle et le mérite est l’un des principes cardinaux du leadership des femmes. La compétence, l’intégrité sont les critères fondamentaux pour le choix de la femme qu’il faut à la place qu’il faut, sans aucune considération restrictive de lien familial, de copinage, de tribu etc.

Sur cette base, puisque la cheffe d’Etat de Transition fait de l’impunité son cheval de bataille, nous pensons donc tout naturellement que le moment venu, sa gestion passera aussi au crible, c’est ce que les centrafricains attendent.

Non! L’expérience de Madame Catherine SAMBA PANZA ne répand aucune amertume pour l’avenir politique de la femme centrafricaine.

Question:S’il y’avait un appel à l’endroit des personnalités nationales et internationales suivantes, Que diriez-vous ?
Catherine SAMBA PANZA
Alexandre Ferdinand NGUENDET
La classe politique d’opposition armée et non
Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, Médiateur de la crise centrafricaine
Monsieur Parfait ONANGA ANYANGA Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, chef de la MINUSCA
Monsieur Laurent FABIUS, ministre français des Affaires étrangères

Réponse:A – Nous conseillons Madame Catherine SAMBA PANZA de soigner son langage, et d’éviter des propos incendiaires, de nature à dresser contre elle l’opinion publique. D’user d’humilité qui la grandirait aux yeux de ses compatriotes qui, dans leur désespoir ne manquent aucune occasion de la fustiger. Nous l’appelons à plus de conséquence. A dire une chose pour faire son contraire, on perd toute crédibilité. Au Mois de Mai 2015, à l’occasion du Forum de Bangui, elle a soutenu sans sourciller devant le Médiateur, le Président Denis SASSOU NGUESSO que les élections devaient bel et bien avoir lieu en Août 2015, lui emboîtant le pas avec confiance, le Médiateur a soutenu cette affirmation. La semaine suivante, à la clôture du Forum, coup de théâtre, une affirmation contraire vit le jour ! Bon enfant, toute la classe politique a accepté d’accorder du temps pour un chronogramme fiable. Depuis, nous allons de chronogramme fiable en chronogramme fiable. Comment la patience des uns et des autres ne serait-elle pas entamée? Le jeu de dupe ne peut prendre indéfiniment pour obtenir ad vitam aeternam, une prolongation de la Transition avec les résultats que l’on constate.
Le peuple centrafricain veut retrouver son équilibre dans un Etat souverain car ce n’est pas lui qui est à l’origine de cette crise importée et qualifiée à dessein de crise communautaire inter-religieux.

B – A Monsieur Alexandre Ferdinand NGUENDET, nos encouragements pour qu’il œuvre par des actions multiformes, pour la réalisation du vœu des centrafricains, de retrouver un Etat de droit. Il doit à ce titre et au nom du peuple centrafricain demander une enquête internationale sur les derniers événements.
Enfin, nous l’exhortons à afficher plus de visibilité et à susciter une meilleure symbiose des idées, susceptibles d’aboutir à des positions objectives au sein du CNT.

C – A la classe politique d’opposition armée et non, nous demandons de ne plus réitérer les erreurs du passé qui est encore proche. Il faut mettre fin aux calculs mesquins, qui ne tiennent absolument pas compte de l’intérêt des citoyens. Derrière tous les schémas proposés, où se situe réellement l’intérêt du peuple ? Telle est la question que nous devons tous nous poser. Elle doit surtout se concerter et parler d’une même voix.

D – Nous sollicitons du Président Denis SASSOU NGUESSO, Médiateur de la crise centrafricaine, une plus grande implication pendant cette fin de Transition, afin de prendre la mesure réelle de la misère du peuple Centrafricain, ainsi que ses désidératas.

C – Nous pensons que Monsieur Parfait ONANGA ANYANGA, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, s’est déjà bien imprégné de la situation centrafricaine et qu’il agira en conséquence.

E – Nous savons tous, selon une citation de feu le Général DE GAULLE, que « la France n’a pas d’amis, mais des intérêts ». Par conséquent, nous demandons aux autorités françaises de tenir compte des nouveaux équilibres régionaux, afin de permettre au peuple centrafricain de jouir de ses richesses, au même titre que les autres.

Bangui, le 05 Septembre 2015
Propos recueillis par Prospert YAKA MAÏDE

 

 

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