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CENTRAFRIQUE : L’HUMILIANT FIASCO DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION À BAMBARI…TOUJOURS PAS DE RESPONSABLES NI DE SANCTIONS ?

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La célébration de la journée mondiale de l’alimentation qui devrait se tenir au mois d’octobre 2018 et plusieurs fois reportée a fait l’objet d’un défi du siècle entre le pouvoir et une frange des groupes armés. Cette occasion festive et annuelle destinée à faire la promotion de la femme rurale est tournée au cauchemar assorti d’un affrontement meurtrier entre les forces loyales appuyées par les forces onusiennes et les groupes armés non conventionnels.
Ce climat d’insécurité a entraîné une débandade incomparable des hauts dignitaires et des invités. Heureusement qu’aucune représentation diplomatique accréditée n’a honoré le rendez-vous et que le Président de la république attendu n’était pas encore sur les lieux. En conséquence de ce qui précède, le gouvernement par voie de communiqué a proclamé un nouveau report de la célébration. Les forces armées centrafricaines soutenues par les forces de la Minusca sont venues à bout des groupes armés sous quarante huit heures pour pacifier le chef lieu de la région n• 6.
Ce malheureux événement qui ne doit se répéter sous aucun prétexte repose la problématique de l’extension de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, de la confiance des collaborateurs du Président de la république ainsi que de l’amateurisme chronique et viral du gouvernement. La surprise du citoyen lambda est grande de constater que ce qui est anormal, paradoxal ailleurs et qui nécessite de mesures urgentes constitue la règle dans le pays de Boganda.
Il est évident qu’après une semaine aucun responsable d’organisation de cette fête n’est inquiété ni sanctionné. Peut être assimilé à un cas de force majeur par le pouvoir, le citoyen lambda s’interroge : Pourquoi à ce jour, aucune responsabilité ni sanction n’est prononcée suite au défi perdu par le gouvernement devant les groupes armés ? En d’autres termes, pourquoi les responsables de ce fiasco ne sont pas identifiés et punis ? Ce silence complice du pouvoir est-il synonyme d’absence de fautes dans la chaîne d’organisation de cette journée mondiale de l’alimentation ? Pourquoi le Président de la république continue de faire confiance aux collaborateurs dont la défaillance notoire de leur mission occasionne la mort de paisible et innocent citoyen ?
L’erreur d’appréciation des organisateurs de cette fête n’est pas une erreur de trop pour déclencher des vagues de sanctions ? Pourquoi une mission précurseur de sécurisation des lieux n’était pas dépêchée à Bambari quelques jours avant ? N’y a-t-il pas des choses à reprocher dans la chaîne de commandement militaire ? Pourquoi ne pas renoncer définitivement à l’organisation de cette fête au lieu d’exposer des vies inutilement ? Le pouvoir qui pilote le pays à vue tire t-il les leçons de chaque événement meurtrier depuis leur investiture ? Comment peut-on expliquer la reprise des hostilités militaires à l’approche des négociations du Soudan ? Et quel est le sort des victimes dans cet imbroglio ? Il est singulièrement important de rappeler que s’il n’y a pas de responsables désignés, le président de la république en assumera l’entière responsabilité morale devant le peuple qui à ce jour est encore docile. Même si les liens qui vous unissent vous empêchent de trouver le coupable idéal, vous êtes sans ignorer qu’on peut aussi être responsables sans commettre soit même une faute : c’est la notion administrative de la responsabilité sans faute basée sur le risque.
C’est la responsabilité de l’Etat du fait des dommages causés par des activités dangereuses. Sur le plan de la jurisprudence, le conseil d’état dans son arrêt de principe Cames rendu le 21 juin 1895 pose le fondement de la responsabilité sans faute. En effet, dans cet arrêt l’Etat était déclaré responsable en l’absence de faute suite à la blessure d’un salarié amputé de la main gauche. Cet arrêt Cames a également été confirmé par l’arrêt Regnault des roziers rendu le 28 mars 1919.
Dans cet arrêt, le conseil d’état a considéré que l’explosion d’un dépôt de munitions causant des préjudices aux voisinages engageait la responsabilité de l’Etat sans faute à prouver.
Pour finir et face à l’incapacité, l’incompétence du gouvernement à faire la lumière sur les tueries de Bambari, nous invitons humblement les parlementaires  à prendre leur responsabilité devant leurs électeurs en interpellant et en auditionnant à tour de rôle les ministres en charge de l’organisation de la journée mondiale de l’alimentation, le ministre de La Défense nationale ainsi que celui de sécurité publique. La mise en place parallèle d’une commission d’enquêtes parlementaires n’est pas aussi exclue. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi.
Paris le 18 janvier 2019
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Bernard SELEMBY DOUDOU 
Juriste, Administrateur des élections.
Tel : 0666830062.
 

AFRIQUE: COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA Banque Africaine de Développement : Perspectives économiques en Afrique 2019 : Des perspectives de croissance qui restent stables, avec une industrie qui devrait mener à la croissance

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  • « L’état du continent est satisfaisant. Les performances économiques globales de l’Afrique continuent de s’améliorer, mais pas assez toutefois pour lui permettre d’affronter ses défis structurels», Adesina.
  • Cinq mesures de politique commerciale pourraient faire gagner à l’Afrique 4,5 % de son PIB, soit 134 milliards $/an.

Abidjan, Côte d’Ivoire, le 18 janvier 2019 – Les performances économiques générales de l’Afrique continuent de se redresser et la croissance du PIB devrait même atteindre 4,0 % en 2019 puis 4,1 % en 2020. Mais pour que les résultats macroéconomiques et la situation de l’emploi s’améliorent, il faut que l’industrie se mue en moteur de croissance, selon le rapport Perspectives économiques en Afrique 2019 lancé ce 17 janvier, par la Banque africaine de développement.

Publié chaque année depuis 2003, ce rapport phare de la Banque africaine de développement présente des données clés sur la performance et les perspectives économiques de l’Afrique.

Cette édition 2019, qui met l’accent sur la façon dont l’intégration régionale contribue à la prospérité économique de l’Afrique, souligne l’importance de l’intégration en matière de coopération commerciale et économique et de fourniture de biens publics régionaux.

Dans son allocution d’ouverture à l’adresse des diplomates, des fonctionnaires, des décideurs politiques et des étudiants réunis dans l’auditorium Babacar Ndiaye du siège de la Banque à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le vice-président principal Charles Boamah a déclaré que, si le rapport fait état de défis colossaux, « l’Afrique a les moyens d’en venir à bout en unissant ses efforts et en supprimant les obstacles à l’intégration et les facteurs de migration ».

Parmi les intervenants conviés au lancement du rapport, figuraient Kanny Diallo, la ministre de la Planification et de la Coopération internationale de la République de Guinée, et Alma Oumarou, ministre et conseiller spécial du président du Niger Mahamadou Issoufou, « champion » de l’Union africaine pour l’intégration régionale.

Le rapport Perspectives économiques en Afrique 2019 procède à l’analyse des progrès en termes de biens publics régionaux, notamment en matière d’harmonisation des cadres de gouvernance financière, d’ouverture du secteur aérien régional à la concurrence, et de facilitation de la libre circulation des personnes, des biens et des services à travers des frontières ouvertes.

Quelques faits saillants :

L’édition 2019 du rapport est axée sur trois domaines : les performances et les perspectives macroéconomiques de l’Afrique ; l’emploi, la croissance et le dynamisme des entreprises ; et les mesures d’intégration en faveur de la prospérité économique de l’Afrique.

Présentant les grandes lignes du rapport, Hanan Morsy, la directrice du Département de la prévision, des politiques macroéconomiques et de la recherche de la Banque, a tenu à souligner que, même s’il y a une hausse de la dette publique en Afrique, « il n’existe aucun risque systémique de crise de la dette ».

Au vu de la croissance de sa population active aujourd’hui, l’Afrique doit créer quelque 12 millions d’emplois nouveaux chaque année pour éviter que le chômage n’augmente. Ce « qui implique un effort d’industrialisation concerté s’appuyant sur l’avantage comparatif des pays », souligne le rapport.

« La croissance entraînée par le secteur manufacturier est celle qui a les plus fortes répercussions sur la création d’emplois », a indiqué Mme Morsy.

Au cœur même de l’intégration africaine, « une Afrique sans frontières constitue le fondement d’un marché continental compétitif et susceptible de devenir un centre d’affaires mondial », relève Perspectives économiques en Afrique 2019.

Ainsi est-il fait mention de l’Accord de libre-échange continental (ALEC) signé en mars 2018 par 44 pays africains, qui offre des possibilités d’avancées substantielles à tous les pays du continent.

« Pour développer les chaînes d’approvisionnement transfrontalières, il est indispensable d’améliorer la gestion douanière et d’adopter des règles d’origine simples et transparentes », est-il également noté.

Concrètement, le rapport identifie cinq mesures en matière de politique commerciale, qui pourraient faire gagner à l’Afrique 4,5 % de son PIB, soit 134 milliards de dollars par an :

  • éliminer tous les tarifs bilatéraux appliqués en Afrique ;
  • maintenir des règles d’origine simples, souples et transparentes ;
  • lever toutes les barrières non tarifaires portant sur la circulation des biens et des services ;
  • mettre en œuvre l’Accord sur la facilitation du commerce de l’Organisation mondiale du commerce, afin de réduire le temps de transit des marchandises lors du passage des frontières et le coût des transactions liées aux mesures non tarifaires ;
  • négocier avec les autres pays en développement pour réduire de 50 % leurs barrières tarifaires comme non tarifaires.

Le rapport Perspectives économiques en Afrique 2019 comble un déficit important en matière de connaissance des économies africaines, grâce à ses analyses systématiques, rigoureuses et comparatives.

Riche d’éléments de référence des plus utiles sur le développement économique de l’Afrique, Perspectives économiques en Afrique est une publication appréciée des chercheurs, des investisseurs, des organisations de la société civile et des partenaires au développement.

Un ensemble complet de projections de croissance mises à jour sera publié en mai 2019, avant les Assemblées annuelles de la Banque prévues à Malabo, en Guinée équatoriale.

Le rapport complet est disponible en ligne, en anglais, en français et en portugais : http://www.afdb.org/aeo
Hashtag officiel : #2019AO
Contact Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec Solange Kamuanga-Tossou, chargée des relations avec les médias – tél. : +225 20 26 29 78, courriel : S.Kamuanga-Tossou@afdb.org
 

CENTRAFRIQUE: LES PARTENAIRES DU PANEL DE L’INITIATIVE AFRICAINE PRÉPARENT LES POURPARLERS DE KHARTOUM

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Bangui, 16 janvier 2019 – La MINUSCA est à pied d’œuvre avec l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) pour préparer la première rencontre officielle entre le Gouvernement centrafricain et les groupes armés, prévue le 24 janvier prochain à Khartoum, sous l’égide de l’UA avec l’appui des Nations unies et de la CEEAC. 

“La MINUSCA contribue à ces préparatifs sur les plans fonctionnel, technique et logistique”, a dit son porte-parole Vladimir Monteiro, rappelant que le rôle politique de la Mission a été renforcé par la Résolution 2448 du Conseil de sécurité notamment à travers la “participation du Représentant spécial du Secrétaire général” dans le Panel des facilitateurs de l’Initiative africaine. La rencontre dans la capitale soudanaise a été annoncée la semaine dernière par le Chef de l’Etat centrafricain lors de la mission de haut niveau en RCA du Commissaire Paix et Sécurité de l’UA, du Secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des Opérations de paix et de ministres de la région à Bangui. 

Lors de la conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole a indiqué que l’opération en cours dans la ville de Bambari était entrée dans une phase dite de consolidation. « La force maintient son dispositif pour la protection de la population civile et multiplie des patrouilles robustes de longues et courtes distances afin de prévenir toute perturbation de la sécurité », a précisé pour sa part le porte-parole militaire, Major Soumana Garanke. Le porte-parole de la Mission a ajouté que cette nouvelle phase va permettre aux populations de retrouver la tranquillité et d’éviter le retour des groupes armés dans la ville, tout en appelant la population à soutenir son action. 

La MINUSCA a également annoncé la poursuite du grand DDRR à Paoua et Bozoum, jusqu’au 18 janvier, ainsi que la reprise des activités du programme de réduction de la violence communautaire avec “le démarrage des cours de formation professionnelle à Bangui, la fin de l’enregistrement des bénéficiaires et collectes d’armes et de munitions à Bria et la tenue des sessions de sensibilisation à Bangassou et Kaga Bandoro”. 

Sur le plan sécuritaire, le porte-parole de la Force, a déclaré qu’outre l’opération militaire des casques bleus à Bambari et d’autres opérations ailleurs en RCA, les soldats de la paix ont mené 2.395 patrouilles de jour comme de nuit sur l’ensemble du territoire centrafricain. 

Pour sa part, le porte-parole de la Police, Capitaine Franck Gnapié, a rappelé la poursuite de la réforme des Forces de Sécurité Intérieure, marquée par la dotation des policiers et gendarmes centrafricains de nouveaux uniformes, d’abord à Bangui puis dans les préfectures. La réforme est soutenue par la MINUSCA, le PNUD et ONU-Femmes, sur financement des Etats-Unis d’Amérique.

 

 

Strategic Communication & Public Information Division

MINUSCA HQ, Bangui, Central African Republic

Mail : publicinformation-minusca@un.org

https://minusca.unmissions.org │

 

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé acquittés, la CPI ordonne leur remise en liberté

La Cour pénale internationale (CPI) a « fait droit aux demandes d’acquittement » de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, prononçant leur libération. Détenu depuis novembre 2011, le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) va donc pouvoir quitter sa cellule de la prison de Scheveningen, à La Haye.

Avec Anna Sylvestre-Treiner à La Haye, Vincent DuhemBaudelaire Mieu et André Silver Konan à Abidjan, et Alain Aka à Paris. 

• La CPI a « fait droit aux demandes d’acquittement » des avocats de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, ordonnant [leur] « mise en liberté ».

• Celle-ci est toutefois suspendue jusqu’au 16 janvier : une audience est programmée lors de laquelle le procureur aura la possibilité d’interjeter appel

• « Il doit être lavé de toute cette humiliation », a réagi Simone Gbagbo

• Alassane Ouattara a « pris acte » de la décision, selon l’un des avocats de l’État ivoirien

13h45 – Quand Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé seront-ils effectivement libérés ?

Selon nos informations, la remise en liberté de Laurent Gbagbo pourrait prendre quelques jours, voire plusieurs semaines. Ordonnée ce mardi par les juges de la CPI, elle a en effet été suspendue jusqu’à l’audience du 16 janvier, lors de laquelle le procureur pourra faire appel des décisions de la Cour.

Cet appel pourrait – ou pas – être suspensif de la décision rendue aujourd’hui. L’ancien président ivoirien et son ex-ministre pourraient donc, le cas échéant, être soumis à une libération conditionnelle.

13h35 – Scènes de liesse à Gagnoa

Danse, scènes de liesse, cris, et chants : Gagnoa – à proximité de Mama, le village natal de Laurent Gbagbo – a également fêté l’annonce de la CPI. « Libéré ! libéré ! », ont ainsi crié quelque 200 personnes, avant de danser sur un terrain de football.

« Je suis content. Il n’a rien fait de mal et il a fait sept ans de prison. C’est important qu’il soit libéré, c’est notre leader », affirme l’un de ses partisans. Dans les rues, les chauffeurs appuyaient longuement sur leurs klaxons pour marquer leur joie, rapporte l’AFP. Un important dispositif policier avait été déployé dans cette ville de 200 000 habitants.

13h30 – Guy Labertit : « Les gens vont ouvrir les yeux »

« C’est un grand soulagement au plan humain. En tant que citoyen français, je repense au rôle qu’a joué l’État français, en particulier sous Nicolas Sarkozy », a réagi Guy Labertit, socialiste français proche de Laurent Gbagbo. « Je pense que les gens vont ouvrir les yeux sur ce qui s’est passé, sur le fait que la France et la communauté internationale n’ont jamais accepté l’élection de Laurent Gbagbo », a-t-il jugé.

13h25 – Guy Dossou Mitokpè (Bénin) : « La CPI est devenue une Cour contre les plus faibles »

« Cette libération est une victoire et une leçon pour la jeunesse », a quant à lui réagi le député béninois Guy Dossou Mitokpè, natif de Bouaké, en Côte d’Ivoire, où il a passé 21 ans de sa vie. « Il est grand temps aujourd’hui que nous nous posions la question de l’opportunité de cette Cour, qui est devenue une Cour contre les plus faibles. »

13h20 – Florent Geel (FIDH) : « On consacre l’impunité totale ! »

PLUS AUCUN RESPONSABLE POLITIQUE OU MILITAIRE DE LA CRISE POST-ÉLECTORALE NE DEVRA RENDRE DES COMPTES

« C’est une décision qui était malheureusement prévisible et à laquelle on s’était évidemment préparé », explique à Jeune Afrique Florent Geel, responsable Afrique à la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

« Mais c’est une décision qui demeure malgré tout décevante, notamment par rapport aux victimes et à la justice. Avec cette décision d’acquittement de la Cour pénale internationale et l’ordonnance d’amnistie prise par la président Ouattara le 6 août 2018 – et confirmée par une loi adoptée par l’Assemblée nationale ivoirienne le 19 décembre 2018 -, plus aucun responsable politique ou militaire de la crise post-électorale ne devra rendre des comptes sur les crimes qui ont été commis. Autrement dit, on consacre l’impunité totale », regrette-t-il.

13h15 – Alassane Ouattara « est calme et prend acte de cette décision » (avocat)

LE PROCUREUR VA FAIRE APPEL. LAURENT GBAGBO POURRAIT ALORS ÊTRE ASSIGNÉ À RÉSIDENCE, PAR EXEMPLE EN BELGIQUE

Jean-Paul Benoit, avocat de l’État de Côte d’Ivoire, a assuré à Jeune Afrique que le président ivoirien prenait l’annonce de cet acquittement avec calme. « J’ai eu Alassane Ouattara au téléphone. C’est un homme que je connais depuis trente ans, et je vous le dis sans langue de bois : le président ivoirien est calme et prend acte de cette décision », a-t-il affirmé.

« C’était l’un des scenarii possibles, et nous nous y étions préparés. Mais je tiens à souligner que la procédure n’est pas terminée. Le procureur va faire appel. Laurent Gbagbo pourrait alors ne pas être libéré et être assigné à résidence, par exemple en Belgique – un pays qui a accepté de l’accueillir. »

« Je ne comprends pas qu’après huit années de détention, des confirmations des charges, des audiences… on s’aperçoive qu’il n’y a absolument rien dans le dossier. Quand j’écoute les juges aujourd’hui, j’ai l’impression que Laurent Gbagbo n’était pas en Côte d’Ivoire pendant la crise et que tout ce qui s’y est passé lui était totalement étranger. Comme s’il n’était pas chef de l’armée, chef de la police, chef de l’État ! », s’emporte l’avocat. Par cette décision, poursuit-il, « la Cour oublie qu’il y a eu plus de 3 000 morts, et que s’il y a eu des morts, c’est qu’il y a eu des responsables. »

13h05 – Joël N’Guessan (RDR) : « Nous devons prendre acte de cette décision de la CPI »

« Nous devons prendre acte de cette décision de la CPI, qui est la plus haute juridiction dans le monde. Je pense que les hommes politiques doivent apprendre à respecter les décisions de justice, quel que soit ce qu’ils peuvent en penser », a déclaré Joël N’Guessan, vice-président du RDR, le parti d’Alassane Dramane Ouattara. « Cependant, je milite pour que nous œuvrions à éliminer les causes qui ont provoqué la mort de 3 000 personnes lors de la crise post-électorale ».

12h50 – Alain Toussaint : « Libres, Gbagbo et Blé Goudé pourront jouer un rôle central »

« C’est une bonne nouvelle et un grand soulagement pour tous les Ivoiriens. C’est aussi une victoire personnelle pour Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, qui sont ainsi lavés de toutes les accusations », a déclaré à Jeune Afrique Alain Toussaint, ancien porte-parole de Laurent Gbagbo.

« Libres, Gbagbo et Blé Goudé pourront jouer un rôle central pour faire avancer la paix en Côte d’Ivoire. Ils vont travailler à la réconciliation des cœurs, à panser les blessures. Le pays a besoin de paix dans la longue période pré-électorale qui s’ouvre », a-t-il ajouté.

12h45 – Jean-Pierre Bemba « ravi » de l’acquittement

L’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba n’a pas manqué de réagir à la décision de la CPI. Acquitté en appel en juin 2018 par la Cour de La Haye, il s’est félicité du jugement : « La justice a tranché, le droit les a innocentés », écrit-il, avant de se dire « ravi de voir [ses] frères Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé acquittés et recouvrer leur liberté ».

Jean-Pierre Bemba avait, dans un premier temps, été condamné par la CPI à 18 ans de prison pour des crimes commis par sa milice en Centrafrique entre 2002 et 2003, avant d’être acquitté, à la surprise générale. Son acquittement avait été perçu comme un camouflet pour la CPI.

Source : Jeune Afrique

 

Sénégal: Le président de la Banque africaine de développement et le président Macky Sall réceptionnent le train express régional de Dakar

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  • 35 minutes pour relier Dakar à Diamniadio contre 1 heure en période de pointe

Dakar, Sénégal, le 15 janvier 2019 – Dakar a aujourd’hui fait un pas de géant pour réduire considérablement les embouteillages et limiter la pollution urbaine. En réceptionnant, hier, les premières rames du train express régional (TER), le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a exprimé toute sa fierté d’avoir contribué au financement de ce « projet remarquable et porteur de transformation ».

« Avec ce train, le Sénégal devient un pionnier en Afrique de l’Ouest dans le développement de systèmes de transport collectif modernes et à grande vitesse », a déclaré Adesina. Le Sénégal est, en effet, le deuxième pays d’Afrique de l’Ouest, après le Nigeria, à se doter d’un système de transport ferroviaire de masse bimode : électrique et thermique.

 « Le TER permettra d’économiser du temps et de l’argent pour le transport en commun, a ajouté le président Adesina. Imaginez : avec le TER, il ne faudra plus que 35 minutes pour faire le trajet Dakar-Diamniadio ! » En période de pointe, le trajet par la route entre Dakar et Diamniadio nécessite plus d’une heure. « Le TER réduira les embouteillages et contribuera à l’atténuation de la pollution atmosphérique urbaine », s’est félicité Adesina.

Le président Macky Sall a insisté, de son côté, sur le caractère historique du projet. « Il s’agit, a-t-il lancé, du tout premier projet ferroviaire du Sénégal indépendant après la ligne Dakar-Rufisque construite en 1883. » Et pour cette première, le Sénégal a choisi de faire un saut technologique. « Nous avons choisi de nous projeter à la pointe du progrès dès l’appel d’offres pour le TER. Toutes les cabines sont climatisées et dotées du Wi-Fi, dans ce train bi-mode électrique et diesel. Les Sénégalais méritent de voyager dans le confort et la sécurité tout en économisant leur temps et leur argent », a-t-il déclaré.

Long de 55 kilomètres, le TER reliera Dakar à l’aéroport international Blaise Diagne en passant par la ville nouvelle dédiée aux affaires de Diamniadio, qui connaît un développement fulgurant. La première phase du projet, financée par la Banque africaine développement, la Banque islamique de développement, l’Agence française de développement, le Trésor français et le Sénégal pour un montant total d’environ 1 milliard d’euros, connecte la capitale, Dakar, au pôle urbain de Diamniadio. Les travaux devraient se terminer en juin 2019. Les travaux de la seconde phase, reliant Diamniadio à l’aéroport international Blaise Diagne, devraient démarrer dans la foulée.

Le président Adesina a profité de l’occasion pour faire part de la volonté de la Banque africaine de développement de financer cette seconde phase.

« Le TER est une victoire pour le peuple, une victoire pour l’environnement, une victoire pour Dakar et sa banlieue, une victoire pour le Sénégal », s’est-il enthousiasmé après avoir effectué le trajet à bord du train.

« C’est le plus grand investissement jamais réalisé par la Banque islamique de développement dans un projet en Afrique subsaharienne, témoignage de notre confiance dans le pays et dans l’intérêt du projet », a déclaré son président, Bandar Al Hajjar.

Le secrétaire d’État français auprès du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, a abondé dans le même sens : « Le Sénégal est un modèle de l’émergence. Avec ce train, vous avez démontré qu’impossible n’est pas sénégalais. Le Sénégal a, aujourd’hui, un train d’avance avec ce choix d’un TER à la pointe de la technologie pour le peuple. »

Avec environ 3 millions d’habitants (et une projection de 5 millions d’habitants à l’horizon 2030), Dakar abrite 25 % de la population totale du pays et 50 % de sa population urbaine sur une superficie correspondant à seulement 0,3 % du territoire national. La mise en place d’un système de transport de masse performant, rapide, sûr et confortable constitue ainsi une réponse structurelle aux défis de développement de la capitale sénégalaise.

La Banque africaine de développement souhaite intensifier ses efforts dans le développement des transports de masse. Elle entend ainsi renforcer la connectivité urbaine en finançant la mise à niveau des réseaux routiers dans les agglomérations et la construction d’infrastructures de transport collectif, à l’image du TER de Dakar. La Banque entend également accroître l’accès au financement des transports en commun, en préparant en amont des projets bancables, dans lesquels elle s’efforcera également d’impliquer des opérateurs privés. Enfin, pour améliorer la mobilité, la Banque africaine de développement partagera les meilleures pratiques dans la conception et la mise en œuvre de systèmes de transport intégré, tout en plaidant pour leur planification dès la conception des schémas de développement urbain, comme elle l’a fait dans le cadre du tramway de Nairobi.

La Banque africaine de développement a appuyé 108 opérations au Sénégal pour un montant total de 1 675 milliards de francs CFA (environ 2,9 milliards de dollars américains) depuis le début de ses opérations dans le pays, en 1972.

Contact médias :

Chawki Chahed, chargé de communication en chef, Département de la communication et des relations extérieures – c.chahed@afdb.org I Tél. :+225 20 26 27 02 I Mob. : +225 75 75 31 20 / Mobile à Dakar jusqu’au 17 janvier 2019 : +221 776 149 302    

À propos du Groupe de la Banque africaine de développement
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) est la première institution multilatérale de financement dédiée au développement de l’Afrique. Elle comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). La BAD est présente sur le terrain dans 29 pays africains, avec un Bureau extérieur au Japon, et contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 Etats membres régionaux.
Pour plus d’information : j.mp/AFDB_Media
 

CENTRALAFRICAN REPUBLICN: CENTRAL AFRICAN REPUBLIC WOMAN RECOGNISED AS LEADING YOUNG PEACEBUILDER BY EUROPEAN COMMISSION

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Martine Ekomo Soignet selected to represent Central Africa Republic in programme to empower, connect and accelerate the work of young leaders preventing violent conflict.

15 Jan 2019, LONDON: Martine Théodora Kessy has been named a One Young World and European Commission Peace Ambassador – an initiative developed to accelerate the efforts of young leaders in preventing and countering violent extremism, building peace, and promoting conflict resolution globally.

Martine has created the youth-led organisation URU which creates a bridge between youth initiatives in the CAR and the national government and international bodies including NGOs and the United Nations.

Martine Théodora Kessy was selected to join the Peace Ambassador network as part of a nationwide search for the world’s most impactful young peacebuilders. In the two years since the initiative was launched, One Young World and the European Commission have identified 120 young leaders from 97 countries building lasting peace. The work of Peace Ambassadors focuses on both the direct and indirect causes of violence – ranging from countering the harmful effects of environmental change to promoting social inclusion.

As a Peace Ambassador Martine Théodora Kessy was invited to participate in the annual One Young World Summit, the global forum for young leaders. Held in The Hague, The Netherlands the Summit brought together 1,800 delegates from every country and sector. Other participants included Mo Ibrahim, Thuli Madonsela, Caroline Mutoko and Nobel Laureate Professor Muhammad Yunus.

In March 2019, the Peace Ambassadors will be gathering again in Kigali, Rwanda, for ‘United Futures: Lessons from Rwanda’, the One Young World Caucus on Preventing and Countering Violent Extremism.

Other One Young World Peace Ambassadors include:

* Satta Sheriff, Liberia – Founder of Youth in Action for Peace and Empowerment, an NGO dedicated to defending and protecting the rights of Liberian children and vulnerable groups. Satta has won numerous awards for her work campaigning for changes to rape laws, promoting children’s rights, and ensuring safe spaces for Liberian girls.

* Irwin Iradukunda, Burundi – A social justice activist leading advocacy work in the fields of human rights and social development. His work focuses on marginalised communities, including the LGBTQI community and sex workers across Africa.

* Achaleke Christian, Cameroon – Founder of Prisonpreneurs, a rapidly-expanding initiative that was established to counter one of the biggest causes of violent extremism: poverty and lack of economic opportunities. It provides employment to young people in prison, many of whom have been radicalised by Boko Haram.

* Ahlem Nasraoui, Tunisia – A nominee of for the UN’s Intercultural Innovation Award, Ahlem is fighting the causes of terrorism in Tunisia through the Young Leaders Entrepreneurs – a nationwide campaign promoting the economic empowerment of at-risk young people. Her hackathons and

mentorship schemes provide opportunities to opportunities to people suffering from unemployment, and the long era of rigid censorship and silencing.

* Hyppolite Ntigurirwa, Rwanda – Hyppo witnessed his father’s murder during the Rwandan genocide at just seven years old, but has chosen to forgive the killers and dedicate his life to advocating for peace. His Be The Peace initiative promotes inter-ethnic friendships, working educate and unite the post-conflict generations in Rwanda.

* Zar Li Aye, Myanmar – A human rights lawyer in Myanmar working to give people a fair trial in a system where 90 per cent of defendants are not allowed a lawyer. With a focus on improving the position of women and LGBTQI groups, Zar Li has lobbied her government to decriminalise homosexual activity and has hosted workshops that bring together lawyers from across Myanmar to improve attitudes to such issues.

Neven Mimica, European Commissioner for International Cooperation and Development, said: “The European Commission is delighted to partner with One Young World on the Peace Ambassador programme for two reasons – firstly, because more than 600 million young people are currently living in fragile and conflict-affected areas across the globe. And secondly, because young people themselves have a crucial role to play in preventing and countering violent extremism, peace-building efforts and conflict resolution.

“The ambition for the Peace Ambassadors is to encourage and empower young leaders to play an active role in building cohesive and peaceful societies – which the European Commission believes is key to achieving sustainable peace.”

Kate Robertson, founder of One Young World, said: “Young people have a pivotal role to play in sparking the new movements that lead to positive change, and in seeing them through. The Peace Ambassadors selected over the last two years are living proof that this is the case.

“They are all doing outstanding work to build a safer and more peaceful world in the face of some of the biggest challenges humanity has ever faced – from the spread of violent extremism to the catastrophic effects of climate change or rising socio-economic inequalities.

“We are delighted to be working with the European Commission on the Peace Ambassadors initiative, which champions the vision and energy of young leaders the world over.”

– ENDS –

For further information, please contact:

Sophie Poston / Jemima Young sophie.poston@wearesevenhills.com / jemima.young@wearesevenhills.com

+44 20 7199 6415 / +44 20 7199 6417

About One Young World:

One Young World is a UK based not-for-profit which identifies, promotes and connects the world’s most impactful young leaders to create a better world, with more responsible, more effective leadership. Its annual Summit brings together 1,800 of the most talented young leaders from across 196 countries to tackle the globe’s most pressing issues, from climate change to conflict resolution.

One Young World is actively supported by a distinguished line-up of Counsellors including Kofi Annan, Prime Minister Justin Trudeau, President Mary Robinson, President Juan Manuel Santos, Sir

Bob Geldof, Archbishop Desmond Tutu, Emma Watson, Paul Polman, Meghan Markle and Professor Muhammad Yunus. One Young World Counsellors work alongside delegates at the global Summits, sharing their collective experience in creating positive social change.

Since launching in 2009, One Young World has built a network of over 10,000 Ambassadors, whose projects have gone on to benefit 17.5 million worldwide. Notable Ambassadors include FGM abolitionist Jaha Dukureh, North Korean defector Yeonmi Park, Federal Deputy of Sao Paulo Tabata Amaral de Pontes, mental health activist Hussain Manawer, Lauren Bush, founder of FEED, and social media star Jérôme Jarre.

The award-winning annual Summit has been named International Conference of the Year on three occasions by C&IT. One Young World also has the largest corporate footprint of any NGO, and is partnered with more than 500 of the world’s leading organisations, many of which are listed by Fortune 500 or FTSE 100.

To date, Summits have taken place in London (2010), Zurich (2011), Pittsburgh (2012), Johannesburg (2013), Dublin (2014), Bangkok (2015), Ottawa

 

CENTRAFRIQUE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU G5

 

Le mercredi 9 janvier 2019, le Président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, a annoncé la tenue prochaine du dialogue inter-centrafricain prévu le 24 janvier 2019 à Khartoum, au Soudan, à l’invitation de l’Union africaine avec le soutien des Nations Unies, dans le cadre de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (RCA). 

Cette annonce fait suite à une visite conjointe de haut niveau du Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine, Smail Chergui et du Secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix. Ils étaient accompagnés de ministres de la sous-région et du représentant de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). 

Le « G5 », groupe d’Etats membres et institutions partenaires de la République centrafricaine, félicite la mission conjointe UA-NU, les pays de la région ainsi que le gouvernement centrafricain pour cet important résultat et renouvelle son engagement et son soutien au dialogue. 

Alors que la communauté nationale et internationale se prépare à organiser ces importantes assises qui visent une paix juste et une réconciliation durable en RCA, le « G5 » note avec consternation la multiplication des provocations et le recours à la violence dans les préfectures de la Ouaka et du Mbomou (Centre et Sud-Est de la RCA). Dans la ville de Bambari en particulier, ces violences injustifiées ont ciblé les populations civiles ainsi que les forces de défense et de sécurité nationales, causant la mort de deux officiers de police et blessant de nombreux civils. 

Dans ce contexte d’escalade injustifiée de la violence, le « G5 » salue l’action robuste menée depuis le 10 janvier à Bambari par la MINUSCA, en coordination avec les forces de défense et de sécurité centrafricaines, pour assurer la protection des populations civiles et mettre fin aux attaques et aux violations commises. Il s’insurge contre ces actes de violence qui sont de nature à ruiner les chances d’une sortie négociée de la crise en RCA. 

Il appelle l’ensemble des parties prenantes centrafricaines à la retenue et à l’esprit de responsabilité. Il les invite résolument à se saisir de l’opportunité offerte par l’Initiative africaine afin de parvenir sans délai à une résolution pacifique et définitive de la crise qui affecte leur pays. 

Le « G5 » exhorte les groupes armés à cesser instamment toutes les hostilités et à s’engager sans réserve et dès à présent dans le processus de dialogue désormais en cours.

 

Bangui, le 14 janvier 2019

Strategic Communication & Public Information Division
MINUSCA HQ, Bangui, Central African Republic
Mail : publicinformation-minusca@un.org
https://minusca.unmissions.org │
 

CENTRAFRIQUE : UN DIALOGUE POLITIQUE SUR INITIATIVE DE L’UNION AFRICAINE EST-IL COMPATIBLE AVEC L’AVANCÉE MILITAIRE ET TERRITORIALE DES GROUPES ARMÉS ?    

Depuis la prise de pouvoir de force en 2013 par les groupes armés coalisés et le retour à l’ordre constitutionnel, des initiatives de paix à travers des dialogues inter-centrafricains ont été organisées avec l’appui et le soutien de la communauté internationale. L’histoire retiendra que nonobstant ces différents accords politiques, l’éternelle crise centrafricaine n’a connu un début de résolution que de s’empirer.
La sécurité ou la stabilité du pays, la réconciliation ou la cohésion nationale dont le peuple a fortement besoin s’éloigne dangereusement laissant la place au doute, à la méfiance des populations sinistrées et à l’indignation. Le nombre des groupes armés a sensiblement progressé avec une occupation territoriale estimée à 80%. Les récentes hostilités militaires de Bakouma et Bambari confirment à suffisance l’impuissance et l’amateurisme du gouvernement, la défiance de la population et par la même occasion la suprématie dans les combats des groupes armés non conventionnels.
C’est dans ce climat délétère et incompréhensible que se profile à l’horizon un nouveau et peut être un dernier dialogue politique abrité par la capitale soudanaise et placé sous l’égide de l’Union Africaine (UA). Ce énième dialogue politique qualifié de la dernière chance est précédé de l’arrivée à Bangui d’une haute mission internationale de paix composée des experts de l’ONU, de l’Union Africaine et des ministres des affaires étrangères des pays de la sous région pour lancer les travaux préparatoires du dialogue tant attendu. Il est important de rappeler qu’un dialogue politique par définition est une discussion minutieuse entre les différents protagonistes en vue d’un compromis en arrondissant les angles. Cet éventuel accord politique passera nécessairement par la cessation temporaire et effective des hostilités militaires sur le terrain.
Contrasté par les propagandes, les tapages médiatiques du gouvernement avec les réalités militaires du terrain en passant par l’issue incertaine du dialogue politique de Karthoum, le citoyen lambda s’interroge : Qu’attend de ce dialogue notre super gouvernement qui ne cesse de se gaver d’autosatisfactions ? Quelle est la particularité de ce dialogue (qui semble mal parti) par rapport aux autres accords non respectés et non appliqués ? Le pouvoir va t-il négocier avec qui et pourquoi si ce n’est un dialogue de sourds ? A l’instar des accords de Libreville de 2012 qui a abouti au partage de pouvoir et au final au coup d’état de 2013, pensez-vous que le dialogue de l’Union Africaine est l’ultime voie de sortie de crise ? Ce sommet n’a t-il pas le parfum du « déjà vu » avec un gouvernement d’union nationale synonyme de cogestion avec les fossoyeurs de la république ? Avez-vous oublié que les mêmes causes placées dans les mêmes conditions produisent les mêmes effets ?
S’agit-il d’un véritable dialogue inter-centrafricains assorti de compromis ou d’un sommet d’imposition de la volonté occidentale ? Ce dialogue va t-il entériner ou donner un fondement juridique au processus de balkanisation de fait du pays entamé depuis fort longtemps ? Au delà toute bonne volonté, peut-on négocier sereinement l’issue de la crise centrafricaine quand les groupes armés non conventionnels sont militairement en pôle position ? Comment des combats avec corollaire la prise de la ville de Bakouma avec de nombreux déplacés peuvent-ils être compatibles avec un dialogue ? S’agissant des interrogations connexes, le sort des échéances électorales de 2020 avec la réélection tant souhaitée et tant proclamée du président de la république se joue t-il maintenant ? Pour clore les séances de questionnement, quelles sont les réelles motivations du choix de la capitale soudanaise pour abriter les pourparlers sachant que son président/dictateur est sous sanction de l’ONU ? Fort de ce qui précède et en attendant l’issue du prochain dialogue politique, nous relevons que le pouvoir a commis une erreur de diagnostic sur la profondeur et la complexité de la crise. La cause qui a contribué à complexifier davantage la crise n’a pas été prise en compte.
En conséquence, le statuquo risque de conduire à un glissement de calendrier des prochaines échéances électorales et à fortiori un pouvoir illégitime qui va rajouter une autre crise à celle déjà existante. Pour finir, nous soulignons que le pourcentage d’échec de ce dialogue politique est supérieur à la moyenne compte tenu des ambitions démesurées des groupes armés non conventionnels et la volonté de non partage du pouvoir par les autorités.
Le président de la république qui est un fin connaisseur des mathématiques et surtout de la géométrie doit comprendre que deux (2) droites parallèles ne peuvent se croiser à l’infini. Pour leur donner une chance de se croiser et d’atteindre son épilogue, les parties prenantes à la crise doivent arrondir les angles c’est à dire mettre de l’eau dans leur vin en vue d’un accord consensuel dans l’intérêt supérieur de la nation. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi. 
Paris le 11 janvier 2019
Bernard SELEMBY DOUDOU 
Juriste, Administrateur des élections 
Tel : 0666830062
 
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Publié par le 12/01/2019 dans Uncategorized

 

CENTRAFRIQUE: LA MINUSCA POURSUIT A BAMBARI L’OPERATION CONTRE DES ELEMENTS ARMES DE L’UPC

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Bangui, 11 janvier 2019 – Depuis le jeudi 10 janvier, la MINUSCA mène, en étroite coordination avec les forces de défense et de sécurité centrafricaines, une opération destinée à rétablir l’ordre et le calme dans la ville de Bambari (centre de la République centrafricaine) en réponse aux provocations continues du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC), notamment des tirs à l’arme lourde en direction du centre de la ville et contre des casques bleus. L’opération baptisée “Bambari sans groupes armés”, a déjà permis la destruction de moyens léthaux et le démantèlement de barricades contrôlées par l’UPC. 

La MINUSCA dénonce toute forme de violence contre les populations civiles et condamne fermement les incidents causés par l’UPC à Bambari. Ces violences surviennent au moment où la République centrafricaine s’engage résolument vers une résolution pacifique de la crise, avec l’annonce par le Chef de l’Etat de l’ouverture officielle des pourparlers de paix, le 24 janvier prochain à Khartoum, sous l’égide de l’Union africaine (UA) et avec l’appui des Nations Unies. 

La MINUSCA appelle les auteurs des violences à placer l’intérêt de la Nation au-dessus de toute autre considération et à s’inscrire dès à présent dans le processus de dialogue. La MINUSCA précise que la force de la loi sera opposée à tous ceux qui œuvrent contre la paix. La Mission tient à porter à leur connaissance qu’ils répondront tôt ou tard de leurs actes devant les juridictions nationales ou internationales. 

La MINUSCA invite toutes les communautés de Bambari et environs à ne pas céder à la panique et aux manipulations. Elle réaffirme sa détermination à continuer à travailler étroitement avec les forces de défense et de sécurité afin de ramener le calme dans la ville. Elle appelle la population à rallier le processus de dialogue afin de rompre définitivement le cercle vicieux de la violence.

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic
Vladimir Monteiro
Spokesperson/Porte-parole
MINUSCA – Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic
Cellphone: + 236 75980772 (also WhatsApp) – 72259932 | Extension : (173) 5545/5506 | Tetra : 10874
E-mail: monteiro6@un.org | Skype : Vladimir.Monteiro4 | Twitter : @MonteVlad
https:// minusca.unmissions.org
 

CENTRAFRIQUE: VISITE CONJOINTE EN RCA DU COMMISSAIRE PAIX ET SECURITE DE L’UNION AFRICAINE, DU SECRETAIRE GENERAL ADJOINT CHARGE DES OPERATIONS DE LA PAIX DES NATIONS UNIES

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MINUSCA – BANGUI, 10 JANVIER 2019 

CONFERENCE DE PRESSE (VERBATIM) Propos introductifs de Smail Chergui, Commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine

Je voudrais vous redire toute notre appréciation pour l’accompagnement que vous faite pour cette œuvre noble au service de la paix et de la sécurité pour nos sœurs et nos frères en République centrafricaine. Je voudrais me réjouir de l’opportunité d’être avec mon ami Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de paix, d’être ensemble pour cette mission qui vise essentiellement, comme on vous l’a indiqué avant-hier, à relancer, à donner une impulsion à l’Initiative africaine pour que réellement, pour que la paix soit une réalité dans ce pays. 

Avant même que nous arrivions ici, nous avons entrepris un certain nombre de contacts importants avec des partenaires essentiels de la République centrafricaine, mais également au niveau du Conseil de sécurité, au niveau surtout des pays de la région, les voisins de la République centrafricaine pour que nous puissions vraiment nous assurer du soutien de tous les amis de la République centrafricaine. 

Je dois aussi saisir cette occasion, pour renouveler nos remerciements à son Excellence le Président, le Professeur Touadéra et son gouvernement, pour d’abord leur disponibilité. Mais avant cela, pour les pas très positifs qu’on a enregistré afin de réellement permettre la mise en œuvre de cette feuille de route de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation dans ce pays. Nous pouvons noter évidement le lancement du DDR, ce geste très important d’inclusivité, quand il s’agit de recruter les nouveaux membres de l’armée, et comme vous le savez, dans un esprit de transparence, le Président a confié cette mission, à la Mission des Nations Unies ici qui en assure le recrutement, en veillant à ce que toutes les couches, toutes les sensibilités de ce pays, toutes les régions soient impliquées, pour que réellement demain, on ait une armée véritablement nationale. Ce sont des gestes que nous apprécions et je voudrais renouveler nos remerciements au Président et au gouvernement pour ce début très prometteur. C’est dans cette atmosphère que nous sommes arrivés ici, Jean-Pierre Lacroix et moi-même. Je dois vous dire qu’hier, nous avons donc eu des entretiens avec une délégation gouvernementale conduite par le Directeur de cabinet de Monsieur le Président de la République, nous avons évidemment été reçus par le Président lui-même, et nous avons été reçus par le bureau du Parlement et nous avons été reçus par le Premier Ministre. 

Ces entretiens nous ont confirmé dans la conviction que nous tous, délégation de haut niveau, le gouvernement, il y a une détermination pour réellement mettre en œuvre et aller de l’avant dans cette initiative. Et c’est dans cet esprit que nous avons décidé que le dialogue pouvait maintenant commencer dès le 24 janvier à Khartoum. Je dois vous clarifier, être très clair que celui qui invite. Celui qui conduit cette négociation, c’est l’Union africaine avec le soutien des Nations unies. Donc, nous serons l’hôte des Soudanais, mais ceux qui auront la haute main sur la négociation c’est l’Union africaine avec le soutien des Nations unies. Donc, soyons très clairs là-dessus. 

Evidemment, je saisis aussi votre présence pour exprimer notre gratitude commune pour cet accueil généreux de la part du gouvernement soudanais. Nous avons à l’occasion de ce séjour et dans nos discussions également abordé les questions clés, parce que nous voulons que la négociation réellement parte sur des bases claires pour tout le monde et que nous puissions conclure cette négociation le plus rapidement possible, parce que nous sommes d’avis que la souffrance des femmes et des hommes de ce pays a été trop longue et que les défis à relever sont énormes. Et donc, en ce début d’année, comme l’a si bien dit mon ami Jean-Pierre, je crois qu’un rendez-vous ferme doit être pris pour la Centrafrique, pour la paix et la fraternité, les retrouvailles entre frères et sœurs autour d’un projet national qui est réellement de faire avancer ce pays, et de lui permettre de retrouver sa place tant au niveau national que dans sa région et donc le continent africain. Je crois que vous avez noté la présence forte des pays de la région à un très haut niveau, au niveau des ministres des Affaires étrangères. 

Nous en avons eu quatre qui étaient présents, et deux qui devaient nous rejoindre, mais pour des évènements de dernière minute nous ne les ont pas eus, mais ils étaient représentés au niveau des ambassadeurs. Je crois que c’est un signal et un symbole extrêmement fort pour dire que la Centrafrique a des amis, a des voisins qui sont impliqués. Et nous avons pu enregistrer au cours de ces échanges, la prochaine convocation des commissions mixtes, Centrafrique-Tchad, Centrafrique-Congo, Centrafrique Cameroun et Centrafrique-Soudan. Je crois que c’est un symbole et à travers la commission mixte, tout peut être mis sur la table et cela va nous aider à avancer et réellement à mettre tout ce qu’on peut réaliser dans ces négociations, lui sécuriser une atmosphère de mise en œuvre sérieuse. 

Chers amis, à l’initiative de mon ami Jean-Pierre, nous avons même décider d’aller au-delà, d’être déjà optimiste par rapport à l’issue de cette négociation et de préparer la communauté internationale à identifier les actions urgentes et prioritaires à engager pour non seulement soutenir l’accord mais également pour la relance économique et sociale de ce pays. Donc aucune question n’a été tabou dans ces échanges. Nous avons réellement abordé toutes les questions, parce que nous sommes encouragés par cette ouverture d’esprit, cette disponibilité, cet engagement renouvelé. Et donc nous avons décidé de convoquer ce dialogue à Khartoum. Encore une fois, le moment est venu aussi de faire appel à vous nos alliés de toujours pour que vraiment, vous puissiez nous aider à passer le message à nos sœurs et frères ici, dans toutes les parties du territoire, quel que soit leur religion, quel que soit leur orientation, que, il est temps que nous puissions tous mettre nos énergies ensemble pour créer des conditions propices à la relance de ce pays frère.

 

Il y a quelque fois de fausses rumeurs qui aboutissent à des catastrophes, nous n’avons plus besoin de ça. Et aujourd’hui, au moment où nous nous engageons dans ce processus de paix, il n’y a plus raison pour qui que ce soit, de continuer à prôner la violence. Qu’il soit ici, ou au Nord, ou partout. Donc, ce sont des actes, ce sont des comportements que nous n’accepterons plus. Il n’y a plus de raison aujourd’hui pour que les gens persistent dans la haine et la création de conditions qui divisent ce peuple. Ce sont tous des Centrafricains. Et donc d’ici je lance un appel à travers vous pour que ce message soit bien pris en compte. Qu’aucune explication, qu’aucune raison ne justifie de violence supplémentaire, ni contre les populations, ni contre les Nations Unies, ni contre toutes les bonnes volontés y compris les humanitaires qui sont sur le terrain.

 

C’est le moment, c’est un moment historique pour que tous, réellement, se serrent les coudes et regardent vers l’avenir de ce pays. Je disais qu’il n’y avait aucune question taboue. Et donc j’ai tenu à associer tous les pays voisins à cet exercice pour que nous puissions traiter de toutes les questions. Je crois pouvoir compter sur vous, alors que nous abordons cette nouvelle année et donc nous, Jean-Pierre et moi-même, avons décidé de partager ce premier moment de l’année avec vous. Une fois de plus, très bonne année et surtout aidez-nous à aller de l’avant.

Merci beaucoup.

 

Propos introductifs de Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint chargé des Opérations de la paix des Nations Unies

Merci beaucoup mon cher Smaïl. Bonjour à tous, mesdames et messieurs. Moi aussi je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année, à vous, à vos proches et évidement aussi meilleurs vœux pour le succès de la République centrafricaine, des Centrafricaines et des Centrafricains. Comme l’a dit mon ami Smaïl, notre venue ici avec les représentants à haut niveau des pays de la sous-région, aussi de l’organisation régionale, la CEEAC, c’est un témoignage d’unité, c’est un témoignage de détermination, c’est un témoignage de notre résolution à faire tout ce qui est possible pour que l’année 2019 soit l’année de la paix en République centrafricaine, l’année où le dialogue va triompher, l’année où la concorde, la quiétude, la réconciliation vont triompher.

 

Evidemment, on peut choisir le scepticisme, mais cela nous mènerait nulle part. Ce qu’il faut, c’est la mobilisation de tous, comme l’a dit Smaïl. Maintenant il y a un cap, c’est le cap du dialogue. Il y a une date pour commencer ce dialogue, c’est le 24 janvier. Il y a une organisation qui est à la manœuvre et qui va convoquer et organiser ces discussions, c’est l’Union africaine. Il y a le soutien total des Nations Unies, il y a une référence commune qui est l’initiative africaine, et il y a un principe qui est fondamental, c’est que ce processus, c’est un processus centrafricain. C’est un processus de tous les Centrafricains.

 

C’est que ce processus c’est un processus de tous les Centrafricains, tout le monde doit être à bord, tout le monde doit se mobiliser pour que ça réussisse. Et c’est pour ça que moi aussi je me joins à ton appel mon cher Ismail, l’appel à la société civile centrafricaine, à vous amis des médias, aux forces vives de la Nation pour que chacun relaie ce message de l’importance de la page qui va s’ouvrir. Cette étape de dialogue, cette étape d’engagement pour de faire en sorte que le pays puisse tourner la page de ces violences. La région est avec nous, la région représentée par les ministres qui sont venus nombreux, ceux qui ne pouvaient pas des raisons vraiment majeures, mais la plupart des ministres étaient avec nous. Et tous ont exprimé une unité totale d’objectif et de vue avec nous et c’est fondamental parce que la République centrafricaine doit retrouver la paix. Elle doit retrouver son rôle légitime en tant que pays acteur de la région et ce processus doit se faire dans le contexte général d’une atmosphère de confiance et de coopération avec les voisins. Je crois qu’hier il y avait cet esprit autour de la table, de même que du côté des autorités centrafricaines, de la part de son excellence le Président de la République, du gouvernement. Nous avons eu des éléments très clairs, des manifestations très clairs de leur volonté de s’engager pleinement. 

Des éléments très clairs qui ont été fournis sur les initiatives prises et envisagés sur les principales questions qui seront celles du dialogue, les principaux enjeux pour la République centrafricaine. L’inclusivité, la justice, la réconciliation, la réorganisation territoriale, la décentralisation. Sur tous ces points nous avons eu des manifestations très clairs d’engagement de la part de nos interlocuteurs centrafricains. 

Alors dans ce contexte il y a d’abord un impératif. C’est qu’au-delà de la nécessité pour tous, de se rassembler autour de l’objectif du dialogue, de faire passer les messages, de la concorde, de la compréhension mutuelle, c’est comme l’a dit Smail Chergui, le caractère inacceptable des violences, bien attendu elles sont toujours inacceptables les violences. Mais dès lors que le cadre vers le dialogue a été nettement fixé avec une échéance, avec l’engagement de tous et l’unité de tous, ceux qui continueraient à utiliser la violence contre les civils, contre nos collègues des Nations unies, contre les humanitaires, contre les Centrafricains et Centrafricaines et contre ce pays, ceux-là prendraient une lourde responsabilité, et donc je me joins totalement à ce message de condamnation ferme des violences d’affirmation même qu’elles sont bien inacceptables. Parce que la violence aujourd’hui, ça veut dire le refus du dialogue, le refus de cette page qui s’ouvre et qui va déboucher sur la discussion de Khartoum le 24. L’autre chose c’est que dès maintenant comme l’a indiqué mon ami Smail, il faut se préparer à soutenir la mise en œuvre de ce que nous espérons sera un accord et mobilisés tous les partenaires internationaux de la République Centrafricaine. Nous avons commencé à le faire, nous les avons rencontrés ce matin, et nous leurs avons dit voilà ce qu’on a fait hier. Mais nous comptons sur vous pour évidemment soutenir ce processus de dialogue. 

C’est un processus collectif dans lequel tout le monde à son rôle à jouer et aussi nous leurs avons dit il y aura un travail important d’appui à faire pour que cet accord puisse être appliqué. Un soutien pratique et matériel nécessaire et pour que les germes du redressement économique de la Centrafrique soient enfin plantés. Je crois que ce message est bien entendu, mais nous allons continuer et veiller à ce que la communauté internationale et partenaires de la République centrafricaine s’organisent pour que ce soutien soit effectif, concret et pratique. Voilà donc chers amis le message que nous souhaitions passer ici. 

Je pense qu’il faut vraiment que tous nous prenions conscience du fait qu’il y’a un moment important, une chance pour la République centrafricaine, encore une fois nous savons bien que les défis sont immenses, que l’essentiel du travail reste à faire, nous savons bien qu’il y’a dans ce pays encore beaucoup de violences. Encore une fois de plus, nous les condamnons avec fermeté. Je le redis, tous ceux qui prendraient la responsabilité d’essayer de faire dérailler ce processus du dialogue prendraient une très lourde responsabilité, je pense que le moment venu ils rendront des comptes. Mais il ne faut pas que cette chance soit perdue, il faut que nous travaillions ensemble à faire gagner la République centrafricaine. Notre unique objectif, c’est le succès de votre pays que nous aimons, auquel nous sommes très attachés. Je parle pour les Nations Unies au premier rang desquels le Secrétaire général des Nations unies, qui avait rendu visite à la République centrafricaine et peuple centrafricain, il y a quelque mois. Il m’a redit l’attachement très fort qu’il porte à votre pays et au succès de la paix en République Centrafrique. Merci 

Smail Chergui : Donc juste une précision si ce dialogue abouti la signature de l’accord aura lieu à Bangui, en présence des Chefs d’Etats de la région, le président Moussa Faki Mohamed lui-même, qui évidemment nous a chargé de transmettre toute sa bonne volonté de soutenir ce processus. Donc je tenais à vous préciser que l’appropriation de ce processus sera totalement centrafricaine, il est bon que vous le sachez aussi. 

Questions des Journalistes 

Radio Ndeke Luka : Quels seront les parties prenantes à ce dialogue ? Parce qu’il n’y a pas longtemps la société civile et les partis politiques réclament de prendre part à ce dialogue.   

Radio Centrafrique : Monsieur le commissaire vous parler ici, il n’y pas un sujet tabou qui n’a pas été discuté. Je voudrais savoir la question de l’amnistie, parce que le soutien de l’Union Africaine compte beaucoup sur l’amnistie. Est-ce que ce sujet a été débattu et maintenu ?  Parce que pour nous il n’est plus question d’amnistié les bourreaux de la République Centrafricaine, alors que certainement ils des mains invisibles derrières cette situation. Parler nous concrètement comme ce n’est pas sujet tabou de la mission. 

Presse Francophone : Quel est le contenu de ce dialogue qui se pointe à l’horizon à Khartoum sur l’initiative de l’Union Africaine ? Plusieurs fois vous été revenu sur cet appel à l’endroit de la presse pour nous demander de vous soutenir. Mais qu’est-ce que vous proposez à cette presse ? 

Le pays : Vous avez mis un accent sur tous ceux s’abstiendront à user de la violence contre la population civile y compris la partie prenante à la résolution de cette crise. Mais pendant que nous sommes ici, depuis ce matin ça chauffe à Bambari, Bangassou, Bakouma. Alors qu’elles seront les mesures prises pour qu’on puisse mettre fin à cette situation ? 

Smail Chergui : La question relative aux parties prenantes du dialogue, c’est évidemment le Gouvernement et les mouvements armés. Ce sont eux qui sont visés par cette initiative. Si vous vous rappelez bien, l’Initiative africaine visait à promouvoir le dialogue entre le Gouvernement et les 14 groupes armés pour qu’il y ait signature d’un accord et que les armes se taisent une fois pour toute, pour que l’on puisse récupérer ces armes, que l’on puisse pour ceux qui sont valides, pour ceux qui remplissent les conditions conformes aux normes internationales également au droit de ce pays, qu’ils puissent éventuellement soit entrer dans le DDR ou trouver une autre fonction. Je crois que ce qui se fait actuellement n’aura plus de raison d’être. C’est-à-dire que l’on aura des gens soit qui choisiront de servir la sécurité du pays et donc qui doivent s’accommoder de toutes les lois et de toutes les conditions, ceux qui choisiront d’aller vers leurs occupations dans le domaine économique etc. C’est là où dans ce cadre de l’accompagnement des résultats de l’accord, nous voulons explorer toutes les possibilités de faire en sorte que le résultat de cet accord soit consolidé sur le terrain en donnant une chance à chacun. La seule chose que nous n’acceptons plus comme nous venons de le dire Jean-Pierre Lacroix et moi-même, c’est la continuation de ces agissements sur le terrain ou la prise en otage des civils, la prise en otage de l’activité économique du pays, ce genre de chose doit s’arrêter tout en notant que dans le cadre de l’action gouvernementale qu’il y ait cette inclusivité, qu’il y ait une chance qui soit donnée à tout citoyen de ce pays pour apporter sa contribution soit au travail politique soit au développement économique et social. 

Je crois qu’il y a de la place pour tout le monde. C’est un pays qui est riche, qui a une population relative réduite par rapport à ces voisins. Je crois que toutes les conditions sont là pour se débarrasser du cercle vicieux qui a rabaissé ce pays pendant toutes ces années. Ce dialogue doit être, franc, il doit être direct. Nous espérons régler ce problème une fois pour toute. Je voulais vous parler ce langage direct, ce langage du cœur de ce que j’attends moi-même de ce dialogue. 

La question de l’amnistie. Je crois pouvoir parler ici aussi au nom de mon ami Jean Pierre qui représente les Nations unies pour rappeler encore une fois que pour les deux organisations, on ne peut jamais tolérer l’impunité. Soyons très clairs là-dessus une fois pour toute. Mus de ces principes, nous allons voir pour pouvoir bénéficier de l’expérience des pays qui sont passés par ce genre de situations très pénibles. Hier, le ministre angolais a fait un exposé sur l’expérience de son pays. Vous voyez la guerre civile qu’a subie l’Angola. Aujourd’hui, c’est le meilleur pays qui a réussi son intégration au point où le ministre des Affaires étrangères qui vient de quitter, le Chef d’état-major de l’armée étaient de l’Unita. On a eu le Congo et le ministre des Affaires étrangères a eu à expliquer la guerre civile par laquelle ils sont passés. Elle était courte mais très violente. Vous avez l’expérience algérienne de ces mouvements terroristes. Vous avez l’expérience tchadienne avec 40 ans de guerre civile. Donc, toutes ces expériences seront mises à la disposition de nos frères ici pour trouver la meilleure formule de promouvoir le dialogue, la fraternité afin de permettre à toutes ces blessures de se refermer. 

En appui à cette approche, il y a le projet de loi dont on a demandé que la mise en œuvre soit accélérée sur la Commission Vérité et Réconciliation. On a des expériences. Nous ne partons pas de nulle part. Il y en a en Colombie. Partout il y a des expériences. S’il y a des leçons, nous les introduirons dans nos discussions mais encore une fois, les victimes ont droit à leur justice. On est très claire là-dessus mais avec ces principes essayons de voir comment trouver une approche qui puisse nous permettre de hâter le rassemblement de ce peuple. Les Centrafricains et les Centrafricaines ont beaucoup souffert. Je rappelais hier dans ma réunion que lorsque l’on venait au lendemain de l’aggravation de la crise, que l’aéroport était plein de personnes déplacées. On atterrissait la peur au ventre de heurter un enfant. Heureusement aujourd’hui, la situation est beaucoup meilleure. On voit que la population a repris confiance et reconstruit des maisons. Les marchés sont achalandés. Il faut que l’on construise sur cet acquis positif.

 

Le contenu du dialogue, je viens de le dire. C’est poser une base solide de ce que doit être le comportement des uns et des autres dans le respect de l’intégrité territoriale de ce pays, dans le respect des institutions légales de ce pays. Ma foi, si tout cela est respecté, le dialogue est ouvert. Je pense qu’il y a assez de richesses, assez de possibilités pour que cette inclusivité et la distribution équitable des ressources parmi tous les citoyens de ce pays soit le ciment qui va réellement renforcer la citoyenneté, le fait de dire « je suis citoyen centrafricain ».

 

On fait appel à la presse, on lui demande son soutien mais de tout temps la presse a été notre alliée. Evidemment, si c’est pour nous dire que vous travaillez dans des conditions extrêmement difficiles, nous sommes solidaires, nous sommes conscients. Je suis sûr que le Représentant ici, Jean-Pierre et moi-même, seront prêts à examiner comment sur le plan de l’exercice de vos fonctions, non seulement pour que vous ayez l’information au niveau de nos bureaux ici mais également comment on peut aller plus loin pour que vous ayez les moyens. Parce que justement c’est important, nous voulons faire face à ces fake-news, à toutes ces rumeurs. Si vous êtes bien équipés, vous pouvez contrôler avant de publier. Vous pouvez recouper ces informations et ça c’est très important pour nous. Une chose qui est facile à faire aujourd’hui à travers vous est de nous aider à passer ce message qu’on en a marre de ces violences. Aujourd’hui comme vous dites ça bouge encore, ce n’est pas tolérable. Ceux qui sont derrière ces agissements doivent comprendre qu’ils seront responsables, qu’ils paieront leurs actes. C’est pour cela que je dis que les Nations unies et l’Union africaine ne tolèreront jamais l’impunité. Quel que soit le temps qui est parcouru, justice sera faite un jour. Jean-Pierre va me compléter par rapport à toutes ces questions mais soyons ensembles.

 

Jean-Pierre Lacroix : Merci mon cher Smail. Je souscris totalement à ce que tu viens de dire sur les différents points. Evidemment, les parties prenantes au dialogue sont celles que tu viens d’indiquer et le soutien des Nations unies sera total et constant. En même temps, si l’on voulait regarder la notion de parties prenantes d’une manière différente moins institutionnelle, il faudrait ajouter que nous sommes tous parties prenantes, toutes les Centrafricaines et tous les Centrafricains sont parties prenantes et doivent être parties prenantes. C’est pour cela que l’effort d’explication, de compréhension de ce qu’est ce dialogue, de l’importance vitale de ce dialogue pour l’avenir du pays, la nécessité d’engager à tous les niveaux, société civile, capitales, régions Nord, Sud, Est, Ouest, formations politiques. Votre rôle chers amis est déterminant dans ce contexte. Vous êtes aussi parties prenantes même si ceux qui directement participent au dialogue sont les représentants du Gouvernement et ceux des groupes armés. Il y a deux niveaux et je crois que la réponse a été totalement donnée.

 

Je crois que sur la justice et la réconciliation je n’ai rien de plus à ajouter. Pour les Nations unies comme pour l’Union africaine, c’est inacceptable. Regardez nos textes fondateurs, regardez ce qui guide notre action de tous les jours. Ce qui a été dit par Smail Chergui et qui a beaucoup été discuté hier, est d’une part qu’il y a cette expérience de très nombreux pays et notamment des pays de la région qui ont souvent, à partir de conflits très douloureux et très meurtriers, ont réussi à reconstruire une communauté nationale de manière inclusive. Il y a différents outils qui sont tous outils, qui sont complémentaires les uns des autres et qui permettront d’aboutir à cet objectif de justice et de réconciliation. Hier, on a parlé de tout ce spectre des outils et ce sont ces outils qu’il faut mettre en place et dont la mise en place est déjà engagée. Qu’il s’agisse des institutions judicaires de ce pays, parce que c’est fondamental qu’elles soient renforcées et qu’elles puissent jouer leur rôle. Qu’il s’agisse de la Commission Justice et Réconciliation qui est sur le point d’être mise en place. Qu’il s’agisse des mécanismes traditionnels qui ont aussi leur rôle. Qu’il s’agisse de Cour pénale spéciale. Il y a tout cet ensemble qui jouera un rôle pour aboutir à cet objectif de justice et de réconciliation dans un contexte qui ne souffre d’aucune ambiguïté qui est celui du refus de l’impunité. 

Juste un mot supplémentaire sur la violence pour redire qu’en tout temps cela a toujours été inacceptable mais quand on voit ce qui s’est passé à Alindao, qui s’est passe à Bakouma avec 12 000 personnes déplacées, ce qui se passe à Bambari alors même que hier le cap était très nettement fixe pour le dialogue. Qu’est-ce que cela veut dire ? Ça veut qu’aujourd’hui, certains souhaiteraient avant même qu’il n’ait commencé, menacent ce dialogue, le mettre en cause, essayer de faire en sorte qu’il n’aboutisse pas, qu’il échoue. Ça, nous ne pouvons pas l’accepter. Nous sommes très clairs et c’est l’Union africaine, ce sont les pays de la région, ce sont les Nations unies, c’est toute la communauté internationale. 

Je le disais, tout a l’heure nous avons rencontré des partenaires internationaux, des membres du Conseil de sécurité, la Banque mondiale, l’Union européenne, tous les partenaires, tous ceux qui sont autour de ce pays, tous tiennent absolument le même langage. Aujourd’hui plus qu’hier, avec cette perspective de dialogue qui s’est ouverte, on ne peut pas tolérer ces violences. Le moment venu, s’agissant des responsables de ces violences, il y aura une reddition des comptes. Alors quand ? Demain, dans une semaine, dans un mois, dans un ? Il y aura une reddition des comptes. Ceux qui remettraient en cause ou choisiraient de se pas s’engager dans ce dialogue prendront une très lourde responsabilité, une responsabilité qui ne passerait pas inaperçue de la part des Centrafricains au premier chef mais aussi de la part des partenaires internationaux. Voilà ce que je voulais ajouter ici. 

Fridolin Wambombo, Guira FM : Monsieur le Commissaire, tout à l’heure vous avez parlé du leadership de cette longue rencontre mais ici en Centrafrique, Khartoum a été présenté comme une initiative russe. On a vu des jeunes porter des tee-shirts pour en faire propagande. Hier quand on apprenait que c’est cette ville qui va accueillir cette rencontre, il y a eu des interprétations. Tout à l’heure vous avez dit que c’est l’Union africaine avec les Nations Unies à ses côtés. Est-ce que vous pouvez être plus explicite par rapport à la position russe qui envisagerait également d’organiser, elle l’a déjà fait, une autre rencontre à Khartoum ? 

Smail Chergui : Très bien. Tout d’abord, je voudrais exprimer notre respect pour ce pays de choisir ces partenaires. Je crois que librement ce pays s’est ouvert à un autre partenaire qui est la Fédération de Russie qui d’ailleurs agit en toute transparence à travers le Conseil de sécurité pour aider les forces et la formation de l’armée de ce pays. S’agissant de ce dialogue, c’est vrai qu’il y a eu une première réunion et nous avons clarifié toutes ces questions. Moi-même j’étais à Moscou début décembre pour dire que nous nous félicitons de toute contribution mais la seule initiative sur la table est l’Initiative africaine. Tous les efforts qui peuvent être menés ça ou là, par qui que ce soit, doivent s’inscrire dans cette Initiative. C’est pour cela que quand le Soudan a suggéré une deuxième réunion, nous lui avons dit d’attendre et que cette initiative étant celle de l’Union africaine, c’est nous même qui allons conduire tous les efforts et les initiatives. Si d’aventure nous avions besoin d’un partenaire quelconque, je crois que nous avons de très bonnes relations avec tout le monde, mais nous n’avons pas intérêt à transposer dans un pays où il y a assez de difficultés, assez de défis, d’autres défis. 

Tous ceux qui veulent aider ce pays sont les bienvenus sur la base de la volonté librement exprimée par ce pays et par les autorités librement élues et qui ont toute la latitude de coopérer avec n’importe quel pays, n’importe quel partenaire. S’agissant de l’initiative de rassembler nos sœurs et frères de Centrafrique, à travers notre Initiative, je pense que cela ne souffre d’aucune ambiguïté. C’est moi-même qui conduirai ces négociations à Khartoum. Khartoum qui sera le pays hôte. Nous sommes en train de mettre en place toutes les conditions qui doivent entourer la participation des mouvements, du Gouvernement et de toutes les façons nous serons très transparents par rapport à la conduite de ce processus ; je l’espère très court car les choses sont assez claires. Les échanges qu’a conduit le Panel avec les mouvements et avec le Gouvernement nous permet de dire que la quasi-totalité des questions ont été déjà clarifiées. C’est un travail fait par vos voisins, par l’Union africaine et par les Nations unies. Ce travail a déjà été mâché. 

Aujourd’hui, je me félicite de ce que nous avons cette offre de recevoir ces entretiens comme nous faisons ces entretiens sur d’autres questions ailleurs. Il ne faut pas à mon avis, faire de liens non constructifs. Il faudra surtout diriger l’énergie, toute l’énergie de tout le monde vers l’objectif recherché. C’est-à-dire, d’amener des citoyens de ce pays à se retrouver autour d’un projet commun qui est l’avenir de leur pays où chacun et chacune a sa place dans le cadre du respect de l’intégrité territoriale, des institutions de ce pays. Je crois que le renforcement de ces institutions est la responsabilité de tout le monde ne serait-ce qu’à travers le comportement quotidien des uns et des autres. 

Soyons très clairs, nous allons à Khartoum. C’est l’Union africaine qui conduit ces négociations avec le soutien des Nations unies et avec toutes les bonnes volontés qui peuvent continuer à nous aider soit d’ici soit d’ailleurs. Nous prévoyons si ces négociations sont concluantes de revenir ici et de signer l’accord ici dans la capitale de la République centrafricaine. C’est pour souligner comme je le disais tout à l’heure l’appropriation par des citoyens de ce pays et par toutes les autorités de ce pays. 

Je pense que c’est le minimum, parce que cette appropriation aussi viendra avec des obligations plus tard pour la mise en œuvre. Et demain telle partie ou telle autre ne va pas me dire, « écoutez, je me sens moins responsable ». Non! Donc du moment que nous ouvrons ce dialogue, j’espère que nous arriverons à un accord. Le vrai travail commence après la signature de l’accord et en cela, que nous avons besoin non seulement de l’engagement, de la fidélité et de la sincérité des uns et des autres. Mes chers amis, ce pays a trop souffert. On a eu combien de conférences ? Combien de réunions ? Combien de partenaires qui sont venus au chevet de la République centrafricaine ? Il nous semble que votre génération a le devoir réellement de clore ce chapitre et ma foi, c’est un pays riche. On a des cadres magnifiques, on a de bonnes volontés, on a une jeunesse, qui en veut. Mais construisons ce pays. Vous d’abord, c’est votre responsabilité en tant que Centrafricains. Mais vous avez quand-même l’avantage d’avoir cette mobilisation exceptionnelle, des Nations Unies, de vos partenaires, de vos frères des pays de la région. Je pense que c’est une occasion à saisir et en cela encore une fois, nos amis des médias, je compte sur vous pour nous aider à passer de ce message. 

Jean-Pierre Lacroix : Merci à tous. Ce qu’il faut retenir, c’est une page vraiment importante, très importante dans l’histoire de ce pays qui va s’ouvrir avec une perspective réelle, pour faire avancer la paix. Beaucoup de détermination et beaucoup d’unité, de tous les partenaires de la République centrafricaine, pour soutenir cet objectif. On a senti très nettement hier, entre nous ça c’est très évident, l’Union Africaine et les Nations Unies, avec les partenaires de la région, tous unis pour soutenir ce processus, soutenir la manière dont doit se faire à Khartoum. Oui, et à l’invitation et sous la supervision de l’Union africaine avec notre soutien total. Ce matin nous rencontrions les partenaires, les membres du Conseil de sécurité, les membres permanents, les autres partenaires et institutions importantes. Tous soutenaient sans réserve ce processus. Il n’y a aucune réserve, aucune suspicion. Je crois que c’est un moment important, justement sur lequel cette unité, cette détermination. 

Il nous appartient tous, je crois, qu’il appartient en particulier aux Centrafricaines et aux Centrafricains d’en tirer le meilleur profit. C’est une chance, certains ont dit, qu’il était plus que temps, certains ont même parler de dernière chance, je n’aime pas trop utiliser ces expressions mais il est vrai que vraiment on a à l’orées de cette nouvelle année, une possibilité sans précèdent de faire vraiment avancer les choses vers la direction de l’après. Je crois que l’heure est à la mobilisation en faveur de cet objectif la mobilisation de tous. Et c’est avant tout un processus centrafricain, un processus, c’est l’affaire des Centrafricaines et Centrafricains. Voilà merci et encore une fois, bonne année à tous et à la Centrafrique. Merci beaucoup.

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