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CENTRAFRIQUE : DJOTODIA est isolé, ses jours à la Présidence sont comptés et certains de ses coéquipiers cherchent à sauver leur mise tant qu’il en est encore temps.

27 nov

CENTRAFRIQUE : DJOTODIA est isolé, ses jours à la Présidence sont comptés et certains de ses coéquipiers cherchent à sauver leur mise tant qu’il en est encore temps.

Par Maria MALAGARDI Le 27 Novembre 2013

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Qui parle avec Michel Djotodia ? Alors qu’une intervention africaine et française se prépare en Centrafrique avec la bénédiction de l’ONU, le Président de transition apparaît de plus en plus isolé. Certains de ses proches de passage à Paris ne savent même pas à qui il faut s’adresser à l’Elysée ou au Quai d’Orsay pour évoquer la situation en Centrafrique. Les autorités françaises, visiblement, préférent dialoguer directement avec le Premier Ministre, Nicolas Tiangaye, reçu lundi par Laurent Fabius et seul représentant du nouveau pouvoir centrafricain invité au sommet du 6-7 décembre consacré à la sécurité en Afrique. 

Aujourd’hui ce dernier est donc plus que fragilisé, réellement ostracisé par la communauté internationale. Il n’a jamais été reconnu par l’Union africaine, ni par la France qui se prépare à intervenir en Centrafrique. Certes, Michel Djotodia, un temps diplomate au Soudan, n’a pas réussi à ramener la sécurité dans son pays neuf mois après son arrivée. Un échec réel mais qui ne doit pas faire oublier que dans ce pays qui connaît aujourd’hui des affrontements intercommunautaires d’une ampleur inédite, la dérive est ancienne : dans de larges parties du territoire national, grand comme deux fois la France, l’ordre et la sécurité sont depuis de nombreuses années des notions théoriques.

’extrême nord du pays qui jouxte le Soudan et le Tchad a ainsi été baptisé «le triangle des Bermudes» par les humanitaires présents en Centrafrique : «une zone sans routes, sans sécurité, où personne ne sait ce qu’il se passe», confiait ainsi le responsable d’une ONG à Bangui en septembre.

A l’Est, une autre vaste zone échappe également à tout contrôle. C’est là qu’aurait trouvé refuge Joseph Kony, le sinistre leader de l’Armée de résistance du Seigneur, un mouvement mystique et sanguinaire né en Ouganda à la fin des années 80. Le Président Djotodia a affirmé la semaine dernière être en négociation avec le vieux leader supposé malade de cette rébellion. Sans convaincre l’ONU et surtout Washington qui depuis 2008 offre cinq millions de dollars de récompense pour sa capture.

Or à Bangui, nombreux sont les observateurs persuadés que des forces américaines et ougandaises sont à pied d’œuvre depuis lontemps dans l’Est de la Centrafrique. Avec réticence, certains proches du pouvoir actuel centrafricain reconnaissent également que la nouvelle rébellion qui a renversé Bozizé n’a jamais pu avoir accès à toute la zone. Ces informations, qui ne sont pas vérifiées, soulignent cependant la complexité d’un pays qui reste un vaste no man’s land où personne ne sait réellement ce qui se passe en dehors de la capitale.

PÉTROLE

Une réalité d’autant plus inquiétante que la Centrafrique, pays gigantesque et sous-peuplé (4,5 millions d’habitants) est aussi misérable que potentiellement très riche : or, diamants, mais aussi pétrole aiguisent les appétits. La fragilité du pouvoir actuel renforce ainsi une tendance «chez certains à prendre leur part du gâteau tant qu’il est encore temps» affirme un bon connaisseur du pays. Rien de nouveau sous le soleil centrafricain : depuis son indépendance en 1960, ce pays a connu un record de coups d’Etat et de rébellions armées qui ont toujours fait prospérer les trafics au bénéfice d’une minorité.

Aujourd’hui, dans l’entourage de l’actuel Président, qui affirme toujours vouloir se retirer en 2015, on redoute que l’intervention onusienne en préparation ne provoque en réalité un nouveau changement de régime. Mais le véritable homme fort du pays ne se trouve peut-être pas au Palais présidentiel : Nourredine Adam, un officier qui a fait ses classes en Israël et a servi à Abou Dhabi, semble être le seul à avoir encore quelque autorité sur les seigneurs de guerre qui ont pris le pouvoir en mars. Or, après avoir été ministre de la Sécurité, il a cédé sa place pour un poste plus discret : la direction des renseignements intérieurs. Une carte essentielle dans un pays qui semble parfois aussi impénétrable que la forêt qui entoure une capitale aux allures de ville du Far West.

Par Maria MALAGARDI Le 27 Novembre 2013

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3 Commentaires

Publié par le 27/11/2013 dans Uncategorized

 

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3 réponses à “CENTRAFRIQUE : DJOTODIA est isolé, ses jours à la Présidence sont comptés et certains de ses coéquipiers cherchent à sauver leur mise tant qu’il en est encore temps.

  1. C.A.R News or R.C.A News

    29/11/2013 at 18 h 58 min

     

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